TokyoLe Japon est un marché mature et exigeant, mais également – pour les entreprises qui parviennent à s’y développer – un marché d’opportunités marqué par un besoin fort de transition vers une société plus durable. Les territoires japonais se trouvent en effet à la croisée d'enjeux et défis multiples : vieillissement de la population, compétitivité internationale, transition bas-carbone,  adaptation au changement climatique...

Observé par ses voisins, impliqué dans de nombreux projets d’export d’infrastructures, le Japon reste en outre un influent prescripteur dans la région Asie-Pacifique et au delà.

Malgré son image de pays de haute technologie, le Japon a besoin, pour assurer sa transition vers une société résiliente et bas-carbone, des compétences d’entreprises étrangères : les entreprises japonaises seules ne disposent pas de l’ensemble des composantes nécessaires. Les entreprises françaises des secteurs de l’énergie, de l’environnement, des transports, et plus généralement de la ville durable, peuvent développer de fructueux partenariats.

Quelques exemples de succès

Bien que les entreprises françaises des secteurs du luxe, de la mode et de l'agroalimentaire soient celles qui bénéficient de la plus large reconnaissance au Japon, plusieurs grandes entreprises françaises du secteur des infrastructures ont réussi à s’implanter au Japon.

Parmi les exemples les plus significatifs, Vinci Airports a obtenu en 2016 et 2017 les concessions des aéroports d’Osaka et de Kobe ; Veolia est présente depuis les années 2000 dans le secteur de l’eau et depuis 2015 dans les énergies renouvelables ; Airbus s’installe progressivement dans les flottes des compagnies japonaises ; Air Liquide, plus ancienne entreprise française sur le sol japonais, y développe désormais ses activités dans l’hydrogène-énergie ; le groupe Bouygues se positionne sur l'énergie solaire.

Au-delà des grands groupes, les PME et startups françaises se développent également ; de façon non exhaustive, citons les exemples d’Ideol sur l’éolien en mer (démonstrateur financé par l’agence japonaise NEDO), Ciel&Terre sur le solaire flottant (plusieurs dizaines de réalisations au Japon), Navya et ses navettes autonomes (partenariat avec SB Drive, filiale du puissant opérateur télécom Softbank), TMS qui fournit des véhicules de chantier multi-services à plusieurs groupes de BTP japonais, Energy Pool qui apporte à TEPCO son savoir-faire pour l’effacement électrique… Le modèle dans lequel une PME ou startup française apporte une innovation technologique et/ou économique pour travailler avec un grand groupe japonais fait ses preuves.

Principales tendances de fonds

Lors de votre phase d’approche du marché japonais, il peut vous être utile d’inscrire vos solutions - et la façon de les présenter – dans les grands mouvements définis par le gouvernement, les collectivités et la société japonaise. En matière d’énergie, environnement, transport et ville, on peut notamment citer les tendances suivantes.

  • Reconnaissance des Objectifs de Développement Durable de l’Agenda 2030 de l’ONU : les ODD (SDGs en anglais, acronyme également repris en japonais) sont de plus en plus intégrés par le gouvernement, les collectivités et les grandes entreprises dans leurs stratégies et leur communication. Relier vos solutions aux ODD vous permet de capter plus facilement l’attention des donneurs d’ordre.

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  • Une transition énergétique compliquée mais nécessaire : le Japon n’a pas encore trouvé la recette parfaite pour combiner ses exigences d’indépendance énergétique, de maîtrise du coût de l’énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Sa dernière feuille de route, publiée à l’été 2018, est critiquée - notamment pour la place qu'elle continue d'accorder au charbon et pour les ambitions limitées sur les énergies renouvelables. Pour autant, il ne fait pas de doute que sera nécessaire une transition vers davantage d’énergies renouvelables, une efficacité énergétique renforcée, des réseaux et du stockage modernisés (smart-grids, hydrogène…). La demande dans ces secteurs ne peut que croître et les savoir-faire développés pour la transition énergétique en France et en Europe sont bienvenus.
  • Des villes en transition, en réponse au vieillissement de la population et aux exigences environnementales : les villes japonaises sont parmi les premières au monde à être confrontées simultanément à ces multiples défis, auxquels s’ajoutent ceux de la résilience aux catastrophes naturelles (dans un contexte de risque climatique croissant). La politique Compact City + Network du gouvernement vise à remodeler l’urbanisme des villes moyennes et s’accompagne de nouveaux besoins (transports, aménagement, construction services urbains…). Le gouvernement cherche également à relier les politiques d’urbanisme aux ODD, par exemple à travers l’initiative SDG Future City, et à développer le recours aux partenariats public-privé - modèle pour lequel l'expertise française est reconnue.
  • Un secteur investissement-finance de plus en plus conscient des enjeux du développement durable : tandis que certains acteurs industriels de secteurs clés comme celui de l’énergie peinent à entrer pleinement dans une logique de transition bas-carbone, les investisseurs et acteurs financiers japonais sont de plus en plus conscients des risques que représentent des investissements dans des projets non compatibles avec le développement durable. Dans le domaine de l’énergie par exemple, ils se tournent ainsi progressivement vers les renouvelables au détriment des centrales thermiques.
    • En savoir plus : Note : Les investisseurs japonais se tournent vers le développement durable (à paraître – automne 2018)
  • Priorité aux « infrastructures de qualité » et aux technologies avancées : en réponse à la concurrence chinoise sur les pays tiers, le Japon met en avant la qualité de ses infrastructures et sa supériorité technologique (parfois perçue à l’excès comme solution universelle). Mettre en avant votre capacité à contribuer à des projets d’infrastructures de qualité – sur pays tiers avec des partenaires japonais, comme sur le marché domestique lui-même – peut être utile.
  • Vers une « Société 5.0 » fortement basée sur les technologies de l’information et de la communication : le gouvernement cherche à impulser un mouvement vers un nouveau modèle de société, dite « 5.0 », qui bénéficierait des avancées de l’intelligence artificielle, de l’internet des objets et du big data, pour répondre aux enjeux sociétaux, économiques et environnementaux. Les solutions de ville durable, mobilité intelligente, smart grids, etc. intégrant ces technologies pourront plus facilement trouver leur place.
  • Un contexte politique favorable suite à l’accord commercial Europe-Japon : l’Union Européenne et le Japon ont signé à l’été 2018 un ambitieux accord de partenariat économique, dont l’objectif est de développer les échanges commerciaux dans de nombreux secteurs, incluant les transports, l’énergie, les marchés publics… Au-delà des barrières techniques que cet accord va permettre d’assouplir, il s’agit également d’un signal politique fort sur lequel les entreprises françaises peuvent s’appuyer pour promouvoir leurs ambitions de développement au Japon.

France - Japon

Des acteurs pour vous aider

SERLe service économique régional de Tokyo (Direction Générale du Trésor) développe la coopération économique et institutionnelle franco-japonaise pour la finance, l’agroalimentaire, l’énergie, l’environnement, les transports, l’industrie, les technologies de l'information. Il suit la politique économique et commerciale du Japon, et diffuse des informations à travers divers évènements organisés au Japon, ainsi par son site internet (notes, études, actualités). Par son action menée en lien avec les ministères des deux pays, il vise à créer un terrain favorable aux affaires pour les entreprises françaises. Dans les domaines susmentionnés, il travaille en particulier avec les Ministères français de la Transition Ecologique et Solidaire, de la Cohésion des Territoires et de l’Economie. Du côté japonais, il travaille avec le MLIT (aménagement, infrastructures, transports), le METI (économie, commerce, industrie, également en charge de l’énergie) et le MOE (environnement).

Business FranceLa relation avec des partenaires japonais est essentielle au développement d'une activité au Japon, en particulier dans les domaines de l'énergie, de l'environnement et de l'aménagement. Il est en effet pratiquement impossible de développer une activité dans ses secteurs sans s'allier à une entreprise locale. Les bureaux de l'agence publique Business France au Japon, implantés à Tokyo et Osaka, vous accompagnent à chaque étape de votre développement à l'exportation : pour identifier vos prospects et partenaires potentiels, organiser votre prospection, vous informer sur les conditions d'accès au marché, vous conseiller sur votre implantation locale... L’action de Business France est coordonnée avec celle du service économique régional.

Autres appuis possibles :

  • L’Union européenne apporte un appui à l’export des entreprises françaises, notamment via son programme EU Gateway qui couvre les domaines du transport ferroviaire, de l'énergie verte, de l'eau et de l'environnement.
  • Pour les startups, le hub French Tech Tokyo vise à faciliter l'introduction sur le marché japonais, auprès d'entreprises partenaires, d'investisseurs, d'organismes publics
  • La CCI France-Japon, réseau privé rassemblant 600 entreprises, propose de son côté un programme d’appui commercial « Comité entrepreneurs », accessible sans condition d’adhésion préalable.
  • Certaines collectivités japonaises proposent également un appui, à l'image de la Métropole de Tokyo avec ses programmes Access Tokyo et Invest Tokyo.

En savoir plus sur le marché japonais des secteurs énergie, environnement, transport, construction

Le pôle développement durable du service économique régional de Tokyo met à disposition en accès libre sur internet ses notes et études, décryptant les grandes tendances et actualités des politiques et du marché japonais :

Il publie également toutes les deux semaines une revue d’actualités, basée sur la presse japonaise, diffusée sur le site internet du SER de Tokyo et par une liste de diffusion par mail.