Situation économique de la Hongrie
Une situation conjoncturelle toujours bien orientée

L’année 2017 a été l’année d’une croissance économique soutenue avec une augmentation du PIB de 4% selon l’office des statistiques hongrois, en ligne avec les prévisions gouvernementales (4,1%), dont les estimations pour 2018 font désormais état d’une croissance de l’ordre de 4,3%. Le rebond de l’activité économique en 2017 est principalement dû au net accroissement de l’investissement dans un contexte de consommation accélérée des fonds européens (2014-2020) et d’une économie régionale très dynamique. Ce mouvement est général et concerne aussi bien l’Etat, que les entreprises et les ménages.

Tendances observées au premier trimestre 2018

Après le ralentissement de l’activité économique observé en 2016 (2,1%), 2017 a été l’année du rebond avec une croissance du PIB de 4,0%, en ligne avec les prévisions du gouvernement. Le 1er trimestre 2018 s’aligne avec les performances dynamiques observées au 4ème trimestre 2017 avec une augmentation du PIB de 4,4 %.

Pour 2018 et les prochaines années, les estimations gouvernementales, reprises par le programme de convergence, font désormais état d’une croissance à 4,3% en 2018, puis d’une stabilisation de la croissance (2019 : 4,1% ; 2020 : 4,0% ; 2021 : 4,2% ; 2022 : 4,1%). Le gouvernement hongrois a donc modifié à la hausse ses perspectives économiques, convaincu que la reprise durable de la demande intérieure et les bons fondamentaux de l’économie, sont en mesure de palier la diminution progressive des fonds européens. A ce stade, les institutions financières internationales et les observateurs économiques ne partagent pas les objectifs ambitieux du gouvernement : elles considèrent que l’économie a atteint sa pleine puissance du fait des contraintes des capacités productives et de la baisse des fonds européens pour la période financière 2014-2020. Le consensus des observateurs repose sur une croissance décélérant progressivement à 3%, voire 2,5% d’ici 2022.

Facteurs principaux de la croissance

La consommation des ménages : selon l’office des statistiques, les revenus des ménages sont en très forte expansion (+13% en 2017, après +6,2% en 2016) du fait principalement des mesures d’augmentation du salaire minimum, et d’un pouvoir de négociation accru lié au manque de personnel qualifié. L’augmentation en termes réels, serait ainsi proche de 10,3%. L’augmentation des revenus des ménages devrait se poursuivre en 2018 sur un rythme moins dynamique du fait de la décélération des salaires (à fin mars 2018, la hausse des salaires nets réels atteint 9,1% en g.a.). Dans ce contexte porteur, et du fait du retour de la confiance, la consommation des ménages (+4,7% en 2017) continue de monter en puissance : + 5,6% au 1er trimestre 2018, après + 5,4% au dernier trimestre 2017, en ligne avec les prévisions gouvernementales (+5,2% en 2018).

L’investissement continue d’exercer un puissant effet de levier sur l’activité ; après un recul de 15% en 2016, consécutivement à l’évolution défavorable des flux européens, la formation brute de capital fixe a augmenté de 16,8% en 2017. Les prévisions ambitieuses du gouvernement (+ 12,8% en 2018 et +7,5% en 2020) sont étayées par le résultat du 1er trimestre 2018 avec une augmentation de + 25,9%, soit + 17,1% en glissement annuel. La plus forte hausse a été enregistrée dans le secteur de la construction (+26% en g.a.). Si le secteur des infrastructures est porté par les financements européens, le secteur de la construction résidentielle est quant à lui dopé par les taux de TVA préférentiels accordés jusqu’à fin 2019 et par les programmes d’aides aux familles avec enfants.

En 2017, le commerce extérieur, malgré une tendance à l’accroissement plus rapide des importations (+11,4%) que celle des exportations (+8,4% avec 100,7 Mds EUR en 2017) a connu un excédent commercial de 8,2 Mds EUR contre 9,7 Mds en 2016. Cette accélération des importations est imputable à l’augmentation de la consommation et des investissements et devrait dégrader en conséquence le surplus de la balance courante de 5,5% en 2016 à près de 4% en 2017. Les performances respectives des importations et exportations du premier trimestre 2018 ont été en demi-teinte avec une progression respective de + 3,8% et 3,5% confirmant que l’industrie hongroise est très proche de ses capacités maxima de production.

 Le secteur bancaire est désormais un relais solide de l’activité

Après 9 années difficiles, la structure du bilan des banques s’est assainie et le retour du crédit vient renforcer la croissance économique. Les banques hongroises ont désormais une capitalisation renforcée (CET1 supérieur à 18%) et leur rentabilité financière (ROE) est supérieure à 17,6%.  Le stock des créances douteuses a ainsi été divisé par trois et atteint désormais 5,4% du total des créances détenues. Le crédit aux entreprises a ainsi augmenté de 10,4% en 2017 (+11,4% pour les PME) et celui à l’attention des ménages a augmenté de 2,7% en 2017. Cette tendance favorable du fait de la compétition accrue entre les établissements financiers devrait persister en 2018.

Un marché du travail tendu, mais favorable aux salariés

Le taux de chômage décroît continuellement tout en abaissant son seuil-plancher. Le taux de chômage à fin avril 2018 s’élevait à 3,7% (177 900 chômeurs) sans doute proche du chômage structurel. Le salaire brut moyen mensuel a atteint 331 500 HUF (1012 EUR) fin avril 2018, soit une hausse de 11,3% en termes nominaux en g.a. Le salaire moyen net mensuel s’établit à 220 500 HUF (691 EUR) mensuels. Le salaire minimum général en 2017 reste toutefois encore faible (brut : 138 000 HUF/445 EUR) en dépit des augmentations de 15% et 8% de 2017 et 2018.

Les finances publiques : un assainissement au rythme imposé par le gouvernement

Le solde budgétaire annuel reste inférieur à 3% (2016 -1,8%, 2017 -1,7%, 2018 -2,4%, 2019 -1,8%). L’année 2018, et ce conformément aux prévisions initiales, devrait enregistrer une détérioration du déficit à 2,4% du fait des préfinancements par l’Etat des projets sur financements communautaires. Le déficit budgétaire sur les 4 premiers mois de 2018 a atteint 3,39 Mds EUR selon les dernières estimations du ministère des Finances, soit 79,5% du niveau cible fixé pour 2018. Le ratio dette publique sur PIB est en baisse, (2016 : 76,2%, 2017 : 73,6%, 2018 : 73,2%, puis 69,6% en 2019, pour atteindre 59,7% en 2020, conformément à l’engagement lié à la règle constitutionnelle d’opérer une réduction graduelle du ratio (règle dite du 1/20).

L’inflation se rapproche inexorablement de l’objectif cible de la Banque centrale (+3%). L’accélération de l’inflation, de 0,4% en 2016 à 2,1% en 2017, devrait se poursuivre en 2018 et atteindre 2,5% selon les prévisions du programme de convergence. L’augmentation des prix observée à fin mai (+2,8%) est essentiellement imputable à l’augmentation du prix de l’énergie (+9,5 en g.a.) et dans une moindre mesure à celle des produits alimentaires (4,5% en g.a.), l’inflation sous-jacente étant estimée à +2,4%.

Les taux d’intérêt restent toujours à leur plus bas historique, et s’avèrent négatifs en termes réels. Le taux de base de la Banque centrale de Hongrie est inchangé à 0,9% depuis mai 2016, et la facilité de dépôt est quantitativement encadrée. Le taux de change, qui était d’une très grande linéarité (zone de transaction entre 305 et 315 forints pour un euro) a été impacté par le mouvement de défiance à l’égard des marchés émergents. Le Forint a ainsi atteint, le 21 mai, son cours le plus bas depuis deux ans : 320 HUF pour 1 EUR. Un niveau aussi faible de la devise hongroise n’avait pas été atteint depuis juin 2016 (322 HUF). Toutefois, le maintien d’un solde positif de sa balance courante et la réduction du déficit budgétaire et de la dette publique devraient contribuer à la stabilité du Forint dans la zone de transaction observée jusqu’à présent.