Plate-forme pétrolière

L’Azerbaïdjan dispose des 20èmes réserves mondiales prouvées de pétrole (0,4% en 2015 selon le rapport BP) et des 25èmes réserves mondiales prouvées de gaz (0,5% selon le même rapport), avec un potentiel offshore non exploré encore substantiel. L’essentiel de la production d’hydrocarbures est située offshore, et en particulier sur le champ de  Azeri-Chirag-Guneshli (ACG) qui représente 75% de la production nationale de pétrole et 45% de la production de gaz. Ce champ est exploité par la société nationale d’hydrocarbure SOCAR en association avec le Groupe BP. Ce contrat, signé en 1994, est souvent décrit comme le « contrat du siècle » de l’Azerbaïdjan. BP a obtenu en septembre 2017 une extension de l’exploitation d’ACG jusqu’en 2050.

Contrat du siècle

Une production pétrolière à la baisse

La production de pétrole a tendance à diminuer régulièrement depuis quelques années. En 2016, l’Azerbaïdjan a extrait 41 Mt de brut contre 41,5 Mt en 2015. On prévoit 38,3 Mt en 2017. On pourrait remonter à 39 Mt l’année prochaine mais, sauf à trouver et exploiter un nouveau champ, il sera difficile d’augmenter fortement la production nationale. Le pic de l’extraction pétrolière a probablement été atteint en 2010 avec 50 Mt. L’objectif du gouvernement est de stabiliser la production autour de 42 à 43 Mt par an.

L’Azerbaïdjan exporte son brut à travers 3 oléoducs : (i) l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) de 1776 km, ouvert en 2005, qui le relie à la mer Méditerranée (ii) l’oléoduc Bakou-Novorossisk de 1335 km qui le relie depuis 1977 à la Mer Noire par la Russie ; et enfin (iii) l’oléoduc Bakou- Supsa, 835 km, qui le relie depuis 1999 à la Mer Noire par la Géorgie.

Une production gazière à la hausse

La production de gaz s’est élevée à 29,367 Mds m3 en 2016 contre 29 Mds m3 en 2015 et devrait rester quasi stable en 2017 avec 29,5 Mds m3 (+0,8%). Elle a en revanche très largement progressé depuis 2006 (avec à peine 9 Mds m3). Grâce à l’exploitation du champ gazier Shah Deniz, situé en mer Caspienne, l’un des plus grands sites découverts au cours de ces 20 dernières années, l’Azerbaïdjan est devenu exportateur net de gaz depuis 2007 alimentant la Géorgie, la Russie, la Turquie et l’Iran. Mais le pays a aussi fortement augmenté sa consommation intérieure et ses exportations faiblissent. En 2017, il a même signé un contrat d’importation avec Gazprom. Pour cette raison-là, le gouvernement veut rapidement développer l’extraction.

Le gaz naturel est exporté par plusieurs gazoducs : dont le (i) Bakou-Tbilissi-Erzurum dit South Caucasus Pipeline (SCP) de 690 km mis en service en 2006 pour alimenter la Grèce et la Turquie; (ii) le Bakou(Gazi-Magomed)-Astara vers l’Iran de 1475 km ouvert en 2006 (iii) ; et le Gazi-Magomed-Mozdok (Russie) de 240 km ouvert en 2009 (à flux réversible). Le passage au gaz permettra de maintenir à long terme les revenus issus des hydrocarbures.

À l’avenir, la production de gaz est appelée à soutenir la croissance économique du pays et à remplacer peu à peu la rente pétrolière : l’Azerbaïdjan espère ainsi élever sa production à 54 Mds m3 par an dès la mise en exploitation de la 2ème phase de Shah Deniz, de l’exploitation des gisements d’Absheron (confiée à TOTAL en 2016) et puis de ceux d’Umid et Babek. Dans cette perspective, la priorité majeure de l’Azerbaïdjan est la mise en œuvre du corridor gazier sud, destiné à acheminer vers la Turquie et l’Europe le gaz provenant de Shah Deniz, situé en mer Caspienne. Il nécessite la constitution sur environ 3 500 km d’un réseau interconnecté de 3 gazoducs : le SCPX (extension du SCP existant), le Transanatolien (TANAP) et le Transadriatique (TAP). SOCAR est impliquée dans chacun de ces gazoducs. L’ensemble du projet de corridor, production et transport, représente des investissements de 48,5 Mds USD dont près de 13 Mds USD pour l’Azerbaïdjan. Les premières livraisons de gaz en Turquie pourraient intervenir dès la fin de 2018 et en Europe dès le début de 2020.

Une volonté de développer le secteur de la transformation

  • Un secteur du raffinage obsolète

En aval, différents projets ont été lancés pour tirer une meilleure plus-value de la production nationale. L’Azerbaïdjan a hérité du système soviétique de spécialisation et disposait d’une industrie du raffinage et de la pétrochimie mal développée. Ainsi, l’actuelle raffinerie H.A. de Bakou fait l’objet d’une réhabilitation de 910 M USD pour parvenir à produire des carburants aux normes Euro5.

  • Des projets ambitieux dans le secteur de la pétrochimie

La rénovation de l’usine d’AZERIKIMYA est en cours (320 M USD) pour porter d’ici 2019 ses capacités annuelles de productions d’éthylène à 300 000t et celles de propylène à 180 000t.

La construction d’une nouvelle unité appelée SOCAR POLYMER a été approuvée (350 M EUR) pour produire 180 000 t de polypropylène par an. La production a commencé en 2017 comme prévu. Elle fournira également 120 000 t/an de polyéthylène haute densité (HDPE) à partir de 2018.

Un projet d’unité de polyéthylène et de propylène à partir de gaz naturel, baptisé GPC, est en cours de lancement près de Bakou (Garadagh). Un nouveau complexe pétrochimique devrait lui être associé. La moitié de la production de GPC devrait être exportée, principalement vers la Turquie et la Chine. Il devrait bénéficier de financements chinois.

Les principaux acteurs

SOFAZ
Le fonds pétrolier souverain, SOFAZ, constitué en 1999, héberge une partie des recettes procurées par la vente d’hydrocarbures (34 Mds USD d’actifs en 2016). Il est chargé d’investir à l’étranger pour assurer des revenus futurs au pays. Il reverse également chaque année des contributions financières au budget national. Il peut par ailleurs investir sur le marché intérieur dans des secteurs dits stratégiques, dont celui des hydrocarbures, et il finance ainsi une partie des investissements de SOCAR.

AIOC (BP)
Le principal producteur du pays reste le consortium AIOC (Compagnie Opératrice Internationale d’Azerbaïdjan) dirigé par BP et composé de Chevron, Inpex, Turkiye Petrolleri, ExxonMobil, SOCAR, ITOCHU et Hess.

SOCAR
La compagnie nationale de pétrole SOCAR participe à toutes les activités liées au secteur pétrolier et gazier en Azerbaïdjan. La majorité des activités d’extraction s’effectue sous forme d’accords de partage (PSA) avec des entreprises étrangères : à 80,2% pour le pétrole et à 76,2% dans le gaz. SOCAR est partie à tous les PSA et représente le gouvernement dans ces contrats. A ce jour SOCAR a signé 32 PSA avec des compagnies étrangères et ne réalise que 20 % de la production azerbaidjanaise de pétrole en propre. En 2016, SOCAR a affiché des actifs consolidés de 26 Mds USD. Au 1er janvier 2017 SOCAR a réalisé 4,49 Mds USD d’investissements à l’étranger dont 3,3 Mds USD pour la seule Turquie. Depuis 2008, SOCAR détient 51% de PETKIM, entreprise pétrochimique de Turquie et à ce titre participe au projet de construction de la raffinerie STAR (mise en production prévue en 2018).
 
SOCAR a créée en 2011 l’école supérieure du pétrole, Baku Higher Oil School, pour la formation en anglais  d’ingénieurs hautement qualifiés et à ce titre entretient des programmes de coopération avec un certain nombre d’universités étrangères et de compagnies pétrolières internationales. Avec le Groupe TOTAL notamment, a été mis en place un système de bourses de formation.

STATOIL
Le groupe norvégien est le deuxième investisseur de l’Azerbaïdjan avec un montant de 6,5 Mds USD. Il est actif avec BP sur le champ d’ACG et a signé fin 2017 un contrat d’exploitation du champ de Karabakh estimé à 100 Mt. Il est partenaire de l’oléoduc de BTC.

TOTAL
Le groupe TOTAL est présent depuis 20 ans en Azerbaïdjan. Ce fut d’abord sur des licences d’exploration puis par une prise de participation dans l’oléoduc BTC et enfin par la signature en 2016 d’un accord d’exploitation du champ gazier d’Absheron en association paritaire avec SOCAR. Il s’agit pour l’entreprise d’un investissement d’environ 500 M EUR. Le premier forage devrait avoir lieu en janvier 2018 et la production est prévue pour 2019. TOTAL explore d’autres possibilités de collaboration dans le secteur gazier.

Salon Oil&Gas
Chaque année début juin est organisé à Bakou l’évènement majeur du secteur : le Caspian Oil&Gas qui combine des pavillons d’exposition et des conférences internationales.