La Knesset assouplit la législation en faveur du crowdfunding

Le recours au crowdfunding pour le financement des startups a explosé début 2017, s’élevant à 173 M$ au premier semestre et dépassant de 73% le total de 2016. La principale plate-forme israélienne, OurCrowd, qui fait partie des leaders mondiaux, a couvert 58% de ces levées de fonds. Tenant compte de cette tendance, la Knesset a décidé d’assouplir, à partir de janvier 2018, les conditions d’accès à ce mode de financement via des plates-formes : les entreprises non listées, qui ne pouvaient jusqu’à présent recevoir des fonds que de la part d’un nombre limité d’investisseurs agréés, pourront ouvrir leur capital ou obtenir des prêts auprès des particuliers. Ces derniers pourront également se voir offrir des possibilités d’investissement en portefeuille. Afin de contrôler la prise de risque, les nouvelles dispositions imposent cependant des plafonds d’investissement en fonction des revenus et de la diversification des participations.

Israël devrait réclamer le paiement de taxes à Google et à Facebook

S’inspirant des lignes directrices de l’OCDE pour la lutte contre l’érosion des bases fiscales (BEPS) et de la jurisprudence européenne sur la taxation d’Apple en Irlande en 2016, la Tax Authority israélienne projette d’émettre une réclamation fiscale envers Google et Facebook à l’horizon d’un an. Par ailleurs, le Gouvernement israélien a renforcé en 2017 les incitations fiscales pour les multinationales effectuant des activités de R&D en Israël, ce qui est le cas de l’ensemble des géants du numérique, portant le taux de leur impôt sur les sociétés à 6%. Cette mesure visait en particulier à inciter ces entreprises à enregistrer en Israël la propriété intellectuelle générée. Plusieurs cabinets d’avocats doutent de la capacité à mettre en œuvre ce projet de taxation de Google et Facebook dans l’état actuel de la législation israélienne.

Brèves de l’écosystème

  • [Fundraising, exits] Après des levées de fonds records sur les neuf premiers mois de l’année, 3,8 Md$, les 550 M$ levés enoctobre laissent penser que le niveau de 2016 (4,8 Md$) sera atteint ou dépassé en 2017.
  • [IA] L’israélien Mellanox, leader mondial des technologies d’interconnexion de serveurs à haute performance, annonce un partenariat avec NEC pour le développement de plates-formes matérielles de calcul pour l’intelligence artificielle.
  • [M&A, e-marketing] La plate-forme de marketing video israélienne Innovid a annoncé l’acquisition de Taykey, qui développe un outil d’analyse en temps réel sur l’audience des sites webs. Fondée en 2008, Taykey avait jusqu’à présent levé 32 M$ et déposé 14 brevets concernant notammment le traitement automatique du langage. Innovid a quant à elle été fondée en 2007 et a levé 65 M$ à ce jour.
  • [Fundraising, social media] Spot.IM, dont les outils sont utilisés par 70% des grands médias américains, a levé 25 M$ en série C auprès d’Insight Venture Partners, d’Altair VC et Norma Investments (Roman Abramovich). Basé à New York, Spot.IM a été fondé par deux israéliens et fournit des outils d’interaction de type „réseau social“ pour des plates-formes média en ligne traditionnelles.
  • [Exit, e-commerce] Visualead, qui offre des outils de réalité virtuelle et de réalité augmentée pour la distribution et le e-commerce, a été acquis par Alibaba pour 40 M$. Les technologies de Visualead sont déjà utilisées par de nombreuses grandes marques (Coca Cola, orange, BMW, Yves Saint-Laurent, etc.) et ont été remarquées dès 2013 sur le marché chinois.
  • [media] Deezer est désormais disponible en Israël, avec notamment une offre sans publicité à 19,90 shekels par mois (moins de 5 euros).
  • [telecom] Les équipementiers indiens des télécoms s’appuient sur la technologie de bakchaul sans fil de l‘israélien Ceragon, qui a obtenu à ce jour plus de 100 M$ de contrats en Inde sur le deuxième semestre de 2017. La plate-forme IP-20 de Ceragon a notamment été retenue en raison de sa flexibilité vis-à-vis de l’augmentation rapide du nombre d’usagers et du volume de données échangées.
  • [M&A, blockchain] Le rapprochement entre Natural Resource Holding et le canadien Backbone Hosting Solutions (Bitfarms) fait entrer l’entreprise de Roei Sabag dans le marché des monnaies virtuelles. Suite à cette annonce, le cours de Naturel Resource sur le TASE s’est envolé de 3000% pour atteindre un market cap d’environ 550 M NIS.

Focus sur l’écosystème israélien de l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle fait incontestablement partie des tendances fortes de l’écosystème israélien de l’innovation. Parmi les startups les plus en vue, une partie significative ont été fondées entre 2010 et 2014. Mobileye, qui peut être rattaché à cette catégorie, a été fondé en 1999. Le développement et la diffusion de l’usage de l’intelligence artificielle au sein de l’écosystème a donc commencé son essor avant que l’IA ne soit regardée en tant que telle comme un ensemble de technologies transverses et, depuis environ deux ans, comme une tendance orientant fortement les investissements et la communication des entreprises. L’étude d’un analyste du VC Magma Venture Partners en 2017 estime le nombre de startups développant et intégrant des technologies d’intelligence artificielle dans leurs produits à plus de 430 et leur valorisation totale, à partir des levées de fonds à ce jour, à 3,5 Md$. L’article note en outre que les fonds levés entre janvier et août 2017 par ces entreprises, s’élevant à plus de 800 M$, dépassaient déjà le total des levées de fonds dans l’IA par les startups israéliennes en 2016 et représentent une augmentation d’un facteur 15 en 5 ans.

Parmi les nombreuses « pépites » israéliennes qui se développent dans le domaine, on peut notamment citer :

  • Cortica, fondée en 2007, a pour ambition de développer des technologies de reconnaissance d’images aux performances comparables à la vision humaine. L’entreprise développe des algorithmes d’apprentissage non-supervisé, s’appuyant sur 260 brevets. Dans les marchés visés, notamment le véhicule autonome, ses technologies permettent d’obtenir des résultats appropriés dans les cas où les technologies actuelles atteignent leurs limites. Les domaines d’applications s’étendent également à la reconnaissance d’images satellitaires ou médicales. L’entreprise a levé à ce jour 70 M$ et compte développer également des produits pour le consommateur.
  • Deep Instinct, fondée en 2014, se présente comme la première entreprise à appliquer le deep learning à la cybersécurité, c’est-à-dire à développer en propre des algorithmes de classification de ce type à des fichiers en vue de détecter des codes malveillants. L’entreprise a levé 32 M$, avec notamment la participation de Nvidia.
  • Twiggle, fondée en 2014 par des anciens de Google Israël développe des capacités de reconnaissance sémantique pour les sites de e-commerce. Cette technologie permet d’élargir fortement l’espace des requêtes de consommateur que les moteurs de recherchent peuvent analyser de manière pertinente. L’entreprise a levé 35 M$ et compte parmi ses investisseurs Softbank, Alibaba et Naspers.

Panorama AI Israel

Panorama des startups israéliennes de l’IA. Source : Daniel Singer, 2017