L'état sanitaire est relativement alarmant en Hongrie, la population étant particulièrement sujette aux maladies cardiovasculaires, pulmonaires, au diabète et au surpoids. En 2014, l’espérance de vie à la naissance était de 75,9 ans en Hongrie, soit 4,7 ans de moins que la moyenne des pays de l’OCDE. Le secteur public de santé se caractérise par des tentatives de réformes multiples et désordonnées qui restent inachevées. Il en ressort une grande incertitude quant aux perspectives de long terme sur le plan sanitaire. Reste que le secteur privé, structuré autour d’un réseau de cliniques privées en développement et d’une industrie pharmaceutique de pointe, présente des opportunités pour les entreprises françaises désireuses de développer leur activité en Hongrie.

Secteur public

  Hongrie OCDE
Dépenses publiques 4,8% du PIB 6,5% du PIB
Nb de lits d'hôpitaux 698/100 000 hab. 495/100 000 hab.
Espérance de vie à la naissance 75,9 ans 80,6 ans
Mortalité infantile 4,5/1000 naissances 3,9/1000 naissances

 

Dépenses publiques de santé Dép publiques de santé

Le système public de santé n’a pas encore réussi à solder l’héritage communiste

Le modèle communiste « Semashko » fondé sur un fort centralisme, une gratuité totale de l’accès aux soins et une prépondérance très nette de l’hôpital, reste culturellement très présent. Les gouvernements libéraux des années 1990 ont tenté de transférer la propriété des hôpitaux aux collectivités locales, en espérant transférer avec les dépenses d’investissement le coût politique de la fermeture des établissements non rentables. Ce fut un double échec : les collectivités locales n’ont pas fermé d’établissement et se sont considérablement endettées pour investir dans les hôpitaux. La dette des hôpitaux a atteint 60 Mds HUF (200 M€) en 2015.

Le système public de santé peine à se réformer et ne présente aucune perspective de long terme

Le gouvernement Orbán a porté une réforme du système de santé en 2011. Le plan « Semmelweis », qui visait une rationalisation des lits hospitaliers et une réorganisation des régions sanitaires autour des bassins de population, a été abandonné en 2014. Le GYEMSZI, un organisme chargé de la coordination de l’offre de soins en lien avec les nouvelles régions sanitaires, n’a pas pu aller au bout des restructurations annoncées. Par suite, la coordination de l’offre de soins a été transférée à la Caisse d’assurance maladie (OEP) qui s’est révélée incapable d’en assumer la responsabilité. Dernièrement, le premier ministre Orbán a annoncé vouloir supprimer l’OEP et intégrer les compétences en matière d’offre de soins au ministère de la santé. Le calendrier électoral hongrois laisse néanmoins penser que toute restructuration en profondeur du système de santé ne pourra survenir avant 2018.

Les incertitudes quant à l’avenir du système public de santé restent entières

Les défis sont nombreux et les réponses pour le moins incertaines :

  • le départ de personnel médical n’a pas faibli (1169 médecins et 567 infirmières en 2015) ;
  • la pratique des compléments de rémunération officieux reste culturellement très ancrée ;
  • les hôpitaux publics sont mal équipés, en particulier dans le domaine de l’imagerie médicale ;
  • les pratiques de prévention sont très peu développées ;
  • l’intégration de l’OEP au ministère de la santé soulève de nombreuses questions et oppositions.

Secteur privé

Industrie pharmaceutique :

  • Contribution au PIB : 5%
  • Part du chiffre d’affaires réalisé à l’export : 83%
  • Nombre d’employés : 15 000
  • Nombre de patients en essais cliniques : 20 000

L’offre de soins privée connait un développement progressif

Le secteur privé se développe principalement dans les spécialités qui ne nécessitent pas un investissement initial important, c’est-à-dire quasi exclusivement en soins ambulatoires (cardiologie, oncologie, centres d’urgence, chirurgie traumatique, chirurgie plastique et chirurgie dentaire). On notera qu’une réforme prévoit d’opérer une séparation stricte des services public et privé de santé. Jusqu’à présent, certains services privés étaient hébergés par des hôpitaux publics moyennant une rétribution financière.

L’industrie pharmaceutique est un pilier de l’économie hongroise

Historiquement forte, l’industrie pharmaceutique hongroise s’est davantage développée à la suite des privatisations ayant suivi le changement de régime en 1989, la qualité de la main d’ouvre locale attirant les grands groupes internationaux. Le potentiel de développement du secteur est encore important : la demande intérieure est forte tandis que le rapport qualité/prix de la main d’œuvre en fait un « pays atelier » de choix pour la fabrication des médicaments, la réalisation d’essais cliniques et la R&D. Par sa localisation géographique, la Hongrie est par ailleurs une plateforme de distribution privilégiée en Europe. Le marché est ainsi majoritairement tourné vers l’export (83% du chiffre d’affaires en 2014). A noter que l’industrie est principalement structurée autour de groupes pharmaceutiques étrangers (cf. tableau ci-dessous).

Principaux acteurs

Chiffre d’affaires en 2015 (M€)

Nombre d’employés

TEVA Gyógyszergyár   pays

918

3 007

Richter Gedeon   pays 

911

5 259

Hungaropharma   pays

853

674

Phoenix Pharma   pays  

772

588

Chinoin (Sanofi)   pays

551

1 588

Sanofi-Aventis   pays

547

244

Egis Gyógyszergyár (Servier)   pays

415

2 901

Euromedic-Pharma   pays

186

38

Bayer Hungária   pays

169

220

Novartis   http://www.sommeil-au-naturel.com/wp-content/uploads/2010/07/drapeausuisse.jpg

146

184