Accueil » Ressources » La direction générale du Trésor » Les services économiques à l'étranger » Togo
 

Togo

Les zones de compétences de ce site sont: Bénin

Le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest (56.785 km2 pour 6,6 millions d’habitants) situé entre le Ghana et le Bénin. Il forme un couloir vers les pays de l’hinterland, Burkina Faso en premier lieu, mais aussi vers le Niger et le Mali qui sont avant tout desservis respectivement par le Bénin et la Côte d’Ivoire

Il est situé dans la zone tropicale humide offrant toutefois des savanes arborées plus sèches à l’extrême nord.

La situation économique du Togo a pâti de la grave crise sociopolitique qui a commencé en 1991 et a entrainé une suspension de l’aide de nombreux partenaires multilatéraux et bilatéraux. Cette aide a repris progressivement à partir de 2007, ce qui a permis notamment de commencer à remettre en état des infrastructures qui s’étaient beaucoup dégradées.

La stabilisation de la situation politique et le retour des bailleurs de fonds internationaux à partir de 2007 a permis la relance de la croissance du PIB, avec une moyenne de 4,7% entre 2009 et 2013. Le taux de croissance, de 5,4 % en 2013 et 2014, devrait s’établir à 5,3% pour 2015 selon les dernières prévisions. Les services du FMI prévoient 5,2 % de croissance en 2016, sous l’impulsion de la production agricole, des services de transport liés au commerce international et de l’impact positif de l’amélioration de l’infrastructure des transports sur l’activité économique privée. La croissance devrait se maintenir autour de 5 à 6 % dans les prochaines années.

Avec un revenu estimé à 570 $/habitant en 2015 (2 507 $ en PPA), le Togo fait partie des pays les moins avancés (PMA). En termes d’IDH, il se situe au 162eme rang sur 188 du rapport 2015 du PNUD. En termes de climat des affaires, le Togo est classé 154me sur 189 dans le rapport Doing Business 2017 (juste devant le Bénin classé 155ème).

Selon les statistiques nationales, le secteur primaire représenterait 40,7% du PIB en 2015,  et emploierait plus de 75% de la population active. La production de coton se rétablit lentement après une longue crise (100 000 T de coton graine sur la campagne 2016/2017 donnant 42 000 T de coton fibre contre respectivement 81 000 T et 34 000 T en 2015/2016), les recettes d’exportations restent moins importantes qu’auparavant : elles représentent 46,1 M€ en 2016 (et une part de 7,1%), contre 108 M€ en 2010. Ces recettes sont sensiblement moins importantes que celles des pays producteurs voisins, notamment du Bénin (159 M€ en 2016) ou du Burkina Faso (354 M€ en 2016).

Le secteur secondaire (18,7 % du PIB), longtemps affecté par une dégradation de la situation des industries extractives, enregistre une reprise des investissements. Le début de l’exploitation du phosphate Togolais en 1961 en avait fait le moteur de l’économie. La production atteignait environ 3 millions de tonnes dans les années 1990 (40 % des recettes du pays) ; elle a ensuite progressivement chuté jusqu’à environ 800 000 tonnes en 2008. Avec 73,4 M€, les phosphates représentent 11,4 % des recettes d’exportations en 2016. Un appel d’offre international pour l’exploitation d’un important gisement de phosphates carbonatés et la construction d’une unité de production d’acide phosphorique a été remporté en septembre 2015 par un consortium sino-israélien, l’investissement devrait représenter 1,4 Md USD mais n'est pas encore effectif.

Le secteur tertiaire représente officiellement 40,6% du PIB en 2015 et sans doute plus si l’on tient compte de l’économie informelle liée au commerce international. Une activité de services s’est développée autour du Port de Lomé. La mise en service en octobre 2014 du troisième quai de Bolloré et de la nouvelle darse de Lomé Container Terminal, issue du groupement entre le second armateur mondial MSC et China Merchant Holding International, font du port de Lomé une plateforme de transbordement de premier plan. En raison d’une conjoncture régionale peu favorable, l’activité du port hors transbordement est cependant orientée à la baisse depuis 2013, les volumes étant passés de 7,73 millions de tonnes en 2013 à 7,573 MT en 2014 et 7,311 MT en 2015, soit une baisse cumulée de 5,4% entre 2013 et 2015. L’année 2016 s’afficherait à nouveau en baisse de 15,6%, avec une activité hors transbordement de 6,1 MT (13,6 MT en ajoutant les 7,4 MT transbordées).

La situation des finances publiques demeure fragile malgré l’amélioration de la collecte des recettes et les efforts des autorités pour maitriser les dépenses courantes. Les charges de la loi de finance 2017 se caractérisent par une forte augmentation des remboursements de la dette intérieure (+116%) qui atteignent 337 Mds FCFA. Ces charges de trésorerie contraignent le Togo à trouver de nouvelles sources de financement en 2017.

Concernant la dette publique, le point d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint fin 2010. En a résulté quasi-immédiatement un allègement global de 1,8 Mds USD, représentant 82 % de la dette extérieure en nominal. En termes de ratio par rapport au PIB, la dette extérieure est passée de 81,4% en 2007 à 17,2% en 2010.

Le Togo s’est rapidement ré-endetté, notamment au cours des dernières années pour réaliser ses grands chantiers d’infrastructures, tant auprès de bailleurs et créanciers internationaux qu’avec des banques locales et sur le marché régional. Le ratio dette publique/PIB, estimé à 58,4% fin 2014 par le FMI, atteindrait fin 2016 80,4% selon les services du FMI, un niveau très supérieur à la moyenne des pays à faible revenu d’Afrique Subsaharienne.

Le Togo n’avait plus d’accord avec le Fonds Monétaire depuis fin 2011. Un accord au niveau des services a finalement été trouvé en janvier 2017 ; il a été adopté par le Conseil d’Administration du FMI en mai 2017. Cet accord devrait accompagner une nouvelle phase dans le développement du pays.

La Facilité Élargie de Crédit donne accès au Togo à 120 % de sa quote-part (soit 241 M$) sur les trois ans. La programme vise à réduire ce déficit budgétaire pour assurer la soutenabilité de la dette de long-terme et des équilibres extérieurs, à remettre l’accent sur la croissance durable et inclusive, et à remédier aux faiblesses existantes dans le secteur financier, caractérisé par une sous-capitalisation (notamment et principalement des deux banques publiques, dont les services du FMI estiment que les besoins en recapitalisation pourraient s’élever à près de 4% du PIB) et un ratio de Prêts Non Productifs (PNP) proche des 20%.

Il devrait permettre d’améliorer les indicateurs financiers dès 2017, avec notamment une réduction de 4% de PIB des dépenses d’investissement sur ressources internes. Le programme anticipe que cette baisse soit plus que compensée par une hausse des investissements privés, permettant une croissance du PIB de 5,0% en 2016, à 5,4% en 2019.

Ressources

  • Togo : Commerce exterieur 2016 - 13/07/2017

    Le commerce extérieur du Togo est resté stable en 2016, la baisse des importations en valeur de 0,6% étant compensée par une progression modeste des exportations (+1,0%), conduisant à une contraction du déficit (-1,7%), ramené à 904 M€. La baisse ...

  • Commerce bilatéral franco-togolais en 2016 - 13/07/2017

    Des exportations en diminution, principalement sous l’effet d’opérations de courtage de produits pétroliers, les importations restent faibles En 2016, la forte diminution de nos exportations vers le Togo (-48,1 % à 295,9 M€), imputable à la baiss...