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Sainte Lucie

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De passé colonial marginalement français et essentiellement britannique comme la plupart des Etats de la région, Sainte Lucie est la plus grande économie de la zone monétaire UMCO (Union Monétaire de la Caraïbe Orientale), avec une population de 173 000 habitants et un PIB estimé à 1,385 Md USD en 2016. Le pays présente une croissance molle sur le long terme, avec deux récessions consécutives en 2013 et 2014. L'économie dépend très largement du tourisme, fait qui se vérifie à travers le poids dans le PIB en 2016 du transport (14 %), de l’hôtellerie et restauration (24 %) et plus indirectement la construction (6,5 %) qui est pour beaucoup liée aux investissements touristiques. Après une croissance de +0,8 % en 2016 et +1,8 % en 2015, la croissance économique en 2017 devrait être faible, à +0,5 %, portée par la construction et l’agriculture.

Depuis la crise financière, Sainte Lucie connait des difficultés économiques qui mettent en évidence ses fragilités. Le tourisme apporte directement et indirectement 67 % des recettes budgétaires, synonyme de dépendance totale à la conjoncture des quelques marchés anglo-saxons qui pourvoient l’île en visiteurs (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, Caraïbes anglophones). Le nombre de visiteurs a dépassé le million pour un record historique en 2014 mais avec deux tiers de touristes de croisière qui apportent moins de devises que l’hôtellerie. Par ailleurs, l’introduction d’une taxe aéroportuaire en 2017 menace la croissance des arrivées de touristes sur l’île. Le secteur agricole basé sur la banane a progressivement disparu depuis l’ouverture tarifaire des années 2000 et tient un rôle très marginal en dépit du potentiel de l’île (épices, cacao). Le très modeste centre financier « offshore » est déclinant. Après plusieurs années de croissance atone, inférieure à 1 % depuis 2009, l'activité aurait modérément accéléré en 2015 (+1,6 %). Le taux de chômage est toujours élevé à près de % en 2016. Sainte Lucie enregistre depuis plusieurs années un déficit budgétaire exceptionnellement élevé et significatif du chantier structurel qui attend le pays. Ce déficit s’est creusé depuis 2009 pour culminer à -9,2 % du PIB en 2012. Il n’a pu être ramené qu’à -2,6 % du PIB en 2015 mais il est augmenté à -3,9 % du PIB en 2016. Le gouvernement du Premier ministre Allen Michael Chastanet, mis en place en 2016, compte beaucoup sur le lancement d’un programme de citoyenneté par l’investissement pour étoffer les caisses de l’Etat et stimuler l’investissement d’origine étrangère. Ce sera notamment nécessaire pour juguler la hausse de la dette publique, qui a passé la barre des 80 % du PIB en 2015 et s’établit à 82 % du PIB fin 2016. Elle conserverait une trajectoire ascendante selon les projections du FMI.

Mi-2016, le gouvernement a annoncé être parvenu à un accord avec DSH Caribbean Star Ltd, filiale de DSH Ltd, investisseur hongkongais, pour un investissement hôtelier de 2,6 Md USD, soit près du double du PIB. Le projet nommé « Perle des Caraïbes » s’étendra sur 280 hectares au sud de l’île et comprendra une marina, un champ de course, un centre commercial, un casino, une zone franche et plus de 1500 villas et appartements. Le gouvernement souhaite lier les octrois de passeports pour investissement à ce projet, considérable à l’échelle de l’île, mais qu’il convient de mettre à l’épreuve de la réalité.

En 2016, le pays devient la 107ème juridiction à signer la Convention Multilatérale pour l’Assistance Administrative Mutuelle en matière fiscale. Sainte Lucie a établi l’échange automatique d’information avec les Etats-Unis dans le cadre de la loi FATCA. Elle a signé des protocoles d’entente avec 32 juridictions pour l’échange d’informations fiscales.