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Paraguay

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Le Paraguay est la plus ouverte –commercialement- des cinq économies du Mercosur. Son PIB a atteint 28 Mds USD en 2016, pour une population de 6,6 millions d’habitants, soit un revenu par habitant de 4 000 USD). L’économie paraguayenne repose largement sur le secteur agro-industriel, et dans une moindre mesure sur la vente d’électricité à l’Argentine et au Brésil (via deux barrages binationaux, situés respectivement à Yacireta, dans le sud du pays, et à Itaipu). L’électricité représente ainsi un quart des exportations du pays. Le pays se place au 112ème rang mondial sur 188 en termes de développement humain, avec un IDH évalué à 0,679 en 2015.

1. L’économie paraguayenne, très volatile, a enregistré ces dernières années des taux de croissance record

Particulièrement dépendante de la production et des exportations agricoles, l’économie du Paraguay est très vulnérable aux facteurs climatiques, sanitaires et à la volatilité des cours. De fait, la volatilité de la croissance paraguayenne a été ces dernières années parmi la plus forte des pays de la région du Cône sud : si sa moyenne ne se démarque pas significativement des pays voisins (+5% par an sur la période 2007 – 2014), l’évolution de l’activité apparaît très heurtée, de -3,9% en 2009 à 13% en 2010,  puis de -1,3% en 2012 à 13,6% en 2013, avant de revenir à un niveau plus modéré.

2. Bien qu’affectées par la baisse des prix de ses exportations, les perspectives de croissance demeurent positives, portées à court terme par le secteur de la construction et le développement d'unités d'assemblage

a/ Le Paraguay est une petite économie ouverte dépendant fortement de sa production agricole, 70% des exportations étant agroalimentaires. Les exportations du secteur primaire participent en moyenne à 20% du PIB, dont 13% pour la seule filière soja. Après une décennie de forte croissance (5% en moyenne, avec une année record à plus de 14% en 2013) soutenue par des termes de l’échange favorables, les perspectives de développement économique du Paraguay devraient se stabiliser autour des 4% ces prochaines années (4,3% prévu en 2016, 3,6% en 2017 selon les dernières estimations du FMI). Le niveau d’activité, qui avait pâti notamment d’un choc des termes de l’échange et d’une situation de crise au Brésil et en Argentine, principaux partenaires commerciaux du Paraguay, semble ainsi se réactiver.

b/ Des facteurs autonomes de croissance se sont constitués ces dernières années, contribuant dans une certaine mesure à une diversification de la structure productive et plaçant l’économie paraguayenne dans une situation relativement favorable par rapport à la région du Cône sud. Le développement d'unités d'asemblage ( « maquilas »), pour notamment les véhicules (motos) et aussi textile, ainsi que l’essor du secteur de la construction contribuent ainsi positivement à la croissance alors que les cours du soja demeurent à des niveaux « plancher ». En situation d’ajustement de ses partenaires commerciaux, le moindre coût de la main-d’œuvre paraguayenne et une inflation stabilisée conduisent à des relocalisations de sites au Paraguay, depuis le Brésil notamment.

3. La situation des comptes publics paraguayens apparaît saine

a/ Depuis la crise économique de 2001/2002, le défaut sélectif et le recours à un programme FMI (2003-2005), les finances publiques ont été gérés de manière prudente avec plusieurs années d’excédent budgétaire (un léger déficit est apparu récemment) et un niveau de dette publique relativement bas, à 21% du PIB en 2016. Le Gouvernement Cartes a fait voter une loi de responsabilité budgétaire en 2013 introduisant un plafond de déficit, non contraignant, fixé à 1,5%. En 2016, le déficit s’est établi à 1,5% du PIB, après -1,8% en 2015, la première année budgétaire de « test » de cette nouvelle disposition législative (le décret d’application de la loi avait été adopté courant 2014). Le ministre des Finances avait justifié ce dépassement par des recettes inférieures aux prévisions (non-concrétisation de l’appel d’offres pour la 4G, arriérés de paiement de l’Argentine sur ses achats d’électricité en provenance du barrage de Yacireta). L’objectif de 1,5% de déficit a été réaffirmé dans le projet de loi de finances 2017.

b/ Dans le prolongement de la stratégie d’ouverture du Président Cartes, les autorités paraguayennes ont procédé à plusieurs émissions de titres obligataires en dollars ces dernières années, à des conditions financières favorables à moyen-terme, et pour des volumes importants (notamment, l’émission de 1 Md$ à 30 ans réalisée en août 2014 représente près de 3,5% du PIB, soit environ le double du déficit budgétaire annuel enregistré ces dernières années)[1].  Une nouvelle émission d’un montant de 500 M$ a été réalisée en mars dernier à un taux de 4,7% à dix ans.

4. L’inflation est maîtrisée au Paraguay, signe de la crédibilité de la Banque centrale. 

a/ L’objectif d’inflation des autorités monétaires (rythme annuel de 4,5%, avec marge de +/- 2%) est atteint depuis plusieurs années, et les tendances récentes confirmement la crédibilité de la politique de la Banque Centrale (l’inflation annuelle s’établissait à 3,4% en mai 2017). En 2015, la dépréciation d’environ 20% du guarani a été contenue par des interventions, mesurées, de la Banque centrale (BCP) sur le marché des changes.

b/ Si la politique monétaire s’était durcie au début de l’année 2016, la BCP ayant augmenté le taux directeur à 6%, cette dernière est repassée à des conditions monétaires plus accommodantes. Le taux directeur est ainsi passé à 5,75% en mai, puis à 5,5% en juillet. L’assouplissement des conditions monétaires a été rendu possible par une maitrise efficace de l’inflation. Le taux de change s’est apprécié en termes réels ces dernières années, mais le coût salarial au Paraguay demeure compétitif. Les revenus en dollars des exportateurs de produits agroalimentaires, soja notamment, sont stérilisés par la BCP qui retire les liquidités injectées par ailleurs via l’émission de papier monétaire, à des taux de court terme de l’ordre de 6%. Le taux directeur est demeuré inchangé à 5,5% depuis près d’un an.

5. La concurrence bancaire limitée rend ce secteur profitable  

a/ Quatre groupes bancaires privés dominent le marché du crédit au Paraguay. Les deux banques publiques du pays jouent un rôle mineur sur le marché du crédit. Le secteur des coopératives au Paraguay, qui fédère environ 20% des dépôts, échappe à ce stade très largement au contrôle du régulateur national, l’INCOOP, et constitue une vulnérabilité.

b/ Selon la Banque centrale, le faible développement du marché des futures ne permet pas au secteur exportateur de se couvrir correctement contre un risque de change guarani/dollars[2], si bien qu’un important marché du crédit en devises s’est développé au Paraguay. Avec la baisse des entrées de dollars et les interventions de change, les crédits en devises aux exportateurs devraient diminuer.  Le niveau des réserves apparaît à ce stade confortable (25% du PIB en 2016, en hausse de deux points par rapport à 2015, représentant environ 8 mois d’importations).

[1] En août 2015, l’Etat a réalisé sa troisième émission, de 280 M USD à 8 ans à un taux d’intérêt annuel de 4,15%. Celle-ci fait suite aux émissions de janvier 2013 (500 M USD ; 10 ans ; 4,625%, taux d’intérêt record pour la première émission d’un pays latino-américain sur les marchés internationaux) et d’août 2014 (1 Md USD ; 30 ans ; 6,10%). Bien qu’en progression, le niveau d’endettement du pays reste faible (environ 22% du PIB). 

[2] 80% des coûts des exportateurs serait libellé en dollars.

Ressources

  • Actualité économique et financière du Paraguay, du 16 au 22 juin - 25/07/2017

    Le Paraguay pourrait imposer une taxe de 15% sur les exportations de soja À l’image des « retenciones » argentines, le Paraguay pourrait à son tour imposer une taxe de 15% sur les exportations de soja. La proposition doit être étudiée au Sénat ...

  • La banque mondiale au Paraguay - 22/07/2017

    I. Chiffres & infos clés Encours (T1 2016) 476 M USD (BIRD), 468 M USD (IFC) Engagements 2015 : 101 M USD Stratégie en cours 2015-2018 (900-1100 M USD) Secteurs prioritaires Le renforcement de la résilience de l...