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Panama

Le Panama, petite économie de près de 4 M d’habitants, bénéficie d’une situation géographique avantageuse l’ayant incité à se spécialiser dans les services (près de 80% du PIB). L’économie repose sur trois piliers : la Zone franche de Colón (2ème plate-forme de redistribution de biens de consommation au monde), le Centre Bancaire International (93 banques - 118 Md USD d’actifs, soit 227% du PIB) et les services maritimes (Canal et infrastructures portuaires et de logistique, pavillon de complaisance, etc.). Le Panama capte 5% du commerce maritime mondial (hors pétrole) et 31% du commerce Asie-Pacifique/côte Est des États-Unis ; on peut désormais y ajouter, comme facteur d’expansion, le hub aérien des « Amériques » de la compagnie Copa Airlines, entreprise fleuron du pays.

Malgré sa taille, le pays centre-américain abrite plusieurs grands projets, ce qui en fait un marché convoité par les investisseurs étrangers : le 3ème jeu d’écluses sur le Canal de Panama a commencé ses opérations commerciales en juin 2016 avec en corollaire des projets portuaires et de ponts; métro de la capitale avec un plan directeur de 4 lignes d’ici 2025 (la 2ème ligne à un avancement de 45% à la mi-2017). Cette croissance économique s'appuyant sur les investissements publics et le commerce extérieur a rapidement repris malgré un ralentissement suite à la crise de 2008-2009. Le PIB est passé de 13 Md USD en 2003 à 55 Md USD en 2016. Le PIB/hab. nominal (13 654 USD en 2016), est l’un des plus élevés d’Amérique latine : en parité de pouvoir d’achat, il est le 2ème d’Amérique latine, de 23 000 USD, derrière celui du Chili. Le pays a enregistré un taux de croissance de plus de 8% en moyenne sur la dernière décennie et +5,8 % en 2015. En 2016, la croissance a ralenti à +4,9 %. Cela s’explique principalement par la baisse d'activité de près de 10% du Canal et de la Zone Franche de Colon liée au ralentissement économique international et particulièrement de ses voisins. La croissance devrait être supérieure en 2017, prévue à +5,8 % par le gouvernement et le FMI. Elle serait portée par l’activité du Canal élargi, le projet minier (d’une valeur de 5,5 Md USD, Minera Panama, filiale du canadien First Quantum ; finalisation attendue pour 2018) ainsi qu’un grand nombre de projets d’investissements. Le pays étant dollarisé (absence de Banque centrale et donc de politique monétaire), seule la politique budgétaire permet d'influer sur une croissance  qui est revenue de la surchauffe. Les équipes du FMI ont notamment plaidé depuis 2014 pour un resserrement budgétaire afin de calmer la hausse des prix, l'endettement public et les déficits du compte courant,  récurrents mais en diminution (-5,8 % du PIB en 2016 pour -6,5 % en 2015). Bénéficiant de la hausse du dollar, l’inflation, traditionnellement faible, mais qui s’était inscrite en hausse depuis 2005, est revenue à 0,7 % en 2016. Elle devrait, cependant, accélérer en 2017, avec la remontée des prix du pétrole, autour de  2 % selon le FMI.

Le « plan quinquennal » d’investissements publics 2015-2019 (19,5 Md USD), vise à alléger la dépendance de l’économie vis-à-vis du Canal et à faire du pays un centre régional de logistique multimodal et « multi-secteurs » (développement de « clusters »), mais aussi une plate-forme régionale de développement des affaires compétitive. Si les activités autour du Canal restent l’un des meilleurs atouts du pays, l’essor de nouvelles filières est à l’ordre du jour : le tourisme et le secteur minier (cuivre, surtout).  Malgré la promulgation d'une loi de responsabilité budgétaire qui fixe  entre autres un objectif d'excédent primaire, un seuil maximum de déficit budgétaire de 1% du PIB et une dette publique maximum de 40% du PIB, le Panama peine à respecter cette loi et a multiplié les exemptions. Les autorités ont créé en 2012 un « fonds souverain », initialement abondé à hauteur de 1,2 Md USD par l’actuel Fonds fiduciaire au développement (FFD) puis, dès 2015, par les revenus excédentaires du canal (au-delà de 3,5% du PIB) qui n’atteindront pas ce seuil fatidique avant 2021 au mieux. En 2016, la dette publique représente 39 % du PIB. Elle est sur une trajectoire descendante selon les projections du FMI. La dette est en lien avec la dynamique de croissance (grands chantiers, investissements et consommation privés), dans un contexte de déficit budgétaire en réduction sensible, à 1,9 % du PIB en 2016 (après -2,3 % PIB en 2015).

Sur le plan externe, les déficits extérieurs devraient diminuer à mesure que les grands travaux publics s’achèvent. Le déficit du compte courant est largement financé par les IDE (9,5 % du PIB) qui sont les plus élevés de la région Amérique centrale (44% du total régional) et les 7èmes à l’échelle de l’Amérique latine (après le Brésil, le Mexique, le Chili, la Colombie, l’Argentine, le Pérou). Les IDE se sont élevés en 2016 à 5,2 Md USD (+16 % par rapport à 2015). Au 1er trimestre 2017, ils atteignaient 1,315 Md USD, soit en hausse de +10,3 % par rapport à la même période un an plus tôt.

Le pays a poursuivi son ouverture au commerce mondial en signant de nouveaux accords de libre-échange (ALE) avec des partenaires de premier plan (Pérou, États-Unis, Canada, Colombie, zone AELE, Mexique) ainsi que l’important accord d’association UE-Amérique centrale, dont le volet commercial est entré en vigueur en août 2013. L’ALE signé en 2014 avec le Mexique lui ouvre la voie à une adhésion à l’Alliance du Pacifique, néanmoins l’accord avec la Colombie n’est toujours pas ratifié. Par ailleurs, l’OMC a donné raison à Panama pour la dispute commerciale concernant les droits douanes imposés par la Colombie sur les produits de la Zone franche de Colon. Enfin, un autre accord a été finalisé avec Israël et les négociations Amérique centrale-Corée du Sud sont stabilisées et en attente de signature.

Si le Panama a largement dominé les classements de la croissance en Amérique latine au cours de ces dernières années, une grande partie des bénéfices de cette croissance a été captée par les catégories les plus aisées de la population. Le taux de pauvreté est certes en baisse (22,1 % de la population en 2016 contre 23 % en 2015), mais les inégalités restent élevées en matière d'éducation, de santé et d'accès aux services basiques, en particulier dans les provinces autonomes à majorité indienne. La mise en place d'un développement plus durable bénéficiant à un plus grand nombre reste un défi à relever. Le ralentissement de la croissance en Amérique latine, couplé au resserrement nécessaire des dépenses publiques font également peser une nouvelle contrainte sur le pays.

La transparence financière reste un enjeu de poids pour le Panama qui dépend fortement des investissements étrangers et a su créer un centre financier crédible et performant. Les révélations des « Panama Papers » ont dévoilé les pratiques des avocats d’affaires panaméens et le pays a été rétabli sur la liste française des Etats non coopératifs. Les effets « réputationnels » directs sur l’économie panaméenne sont pour l’heure très limités. Ces évènements ont cependant conduit les autorités à réagir. Panama a ainsi ratifié la convention d’assistance administrative mutuelle pour l’échange d’informations fiscales et deux lois fondamentales pour permettre la transparence financière sont entrées en vigueur. L’évaluation du GAFILAT en 2017 va mesurer l’engagement du pays pour faire face aux risques de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Enfin, à l’issue de la procédure accélérée d’examen par le Forum mondial de l’OCDE, en 2017, le Panama a provisoirement obtenu une notation largement conforme, qui écarte de façon temporaire le risque d’inscription sur une virtuelle liste noire internationale.

 

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- 28/09/2016