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Pakistan

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Sixième pays le plus peuplé au monde avec 195 M d’habitants, le Pakistan a enregistré une décélération de son rythme de croissance pour s’établir à 4 % entre 2010 et 2017 contre 4,7 % entre 2000 et 2009 et 4,5 % entre 1990 et 1999 quand 7 % seraient nécessaires pour faire face aux impératifs d’une croissance démographique toujours vigoureuse (environ 2 % par an, soit le taux le plus élevé de la région). Doté d’un PIB par habitant de 4 704 USD en parité de pouvoir d’achat, le Pakistan se situe dans la catégorie des pays à revenus moyens inférieurs selon la typologie de la Banque Mondiale. Alors que le pays se trouvait en quasi-cessation de paiement en 2013, la situation apparaît désormais stabilisée grâce au Programme de prêt qui a été conduit par le FMI au cours de ces trois années et dont la conclusion est intervenue en septembre 2016 (6,4 Mds USD).

Le gouvernement s’est principalement attaché à consolider les grands équilibres macroéconomiques, tant internes qu’externes. Ainsi, le déficit de l’Etat fédéral est passé de 8,4 % du PIB en 2012/13 à 4,3 % en 2016/17 grâce à une nette amélioration de la collecte fiscale, la réduction des subventions, les privatisations et la restructuration de certaines entreprises publiques. Au terme de l’année 2015/16, la dette publique équivalait à 66,6 % du PIB, dont 21,3 % pour la dette extérieure. Au plan externe, les réserves de la Banque centrale ont été reconstituées, passant de l’équivalent d’un mois d’importations en 2013, à plus de quatre mois en juin 2017. Les transferts des migrants (de l’ordre de 20 Mds USD en 2016/17), qui historiquement contrebalançaient le déficit commercial, ne remplissent désormais plus ce rôle en raison du ralentissement économique que rencontrent les pays du Golfe où résident la moitié des 10 M de Pakistanais émigrés et de la forte progression des importations.

En dépit de progrès enregistrés sur le plan sécuritaire et la fourniture d’électricité aux industries, l’investissement privé demeure particulièrement faible (11,9 % du PIB au terme de l’année 2016/17 contre 23 % en 2008) ainsi que le niveau d’IDE qui représentent moins de 1 % du PIB et ce, en dépit du lancement des premiers chantiers chinois dans le cadre du Corridor économique sino-pakistanais – CPEC. Ce projet, qui vise à relier la Chine à la mer d’Arabie, envisage 62 Mds USD d’investissements au Pakistan dont 34 Mds USD seront dédiés au secteur énergétique. La principale épine dans le pied du pays reste son caractère incertain tant au niveau politique (politique intérieure et extérieure) qu’économique, ce qui fait chuter le classement du Pakistan dans la plupart des études mesurant le climat des affaires.

A plus long terme, le Pakistan demeure une terre d’opportunités. Doté d’une démographie très dynamique (60 % de moins de 20 ans, 245 M d’habitants à horizon 2030), il a déjà vu émerger une classe moyenne de 25 M de consommateurs solvables. De nombreux secteurs, pour certains déjà très dynamiques (télécommunications et banque notamment), recèlent d’importantes opportunités compte tenu des besoins de développement du pays : énergie, eau, gestion des déchets, transports, agroalimentaire. Plusieurs projets d’envergure devraient rapidement débuter à la faveur de la reprise de l’aide octroyée par les bailleurs de fonds et du CPEC. Qui plus est, les autorités pakistanaises ont su conserver un régime des investissements attractif : totale convertibilité de la roupie, libre rapatriement des bénéfices et dividendes.

Au plan bilatéral, le seuil des échanges commerciaux entre la France et le Pakistan s’est élevé à 1,3 Md EUR en 2016 (avec un déficit de 220 M EUR en défaveur de la France). Le Pakistan est notre deuxième client en Asie du Sud après l’Inde alors que nous sommes son 6ème fournisseur au sein de l’UE (après l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique). Nous y exportons principalement des turbines électriques, des produits pharmaceutiques et des produits laitiers et fromagers. Sans surprise, nos importations en sa provenance sont composées aux ¾ de produits textiles. Enfin, une trentaine d’implantations françaises étaient recensées au Pakistan fin 2016. Présentes dans la plupart des secteurs clés de l’économie pakistanaise, elles représentent un stock d’IDE de 1,3 Md EUR, génèrent un chiffre d’affaires de 2,1 Mds EUR et emploient 5 000 personnes. Il est par ailleurs à noter que la COFACE a élargi sa couverture depuis janvier 2015 et couvre désormais les contrats du secteur privé et du secteur public jusqu’à 50 M EUR par projet.

Ressources

  • [ASIE DU SUD] Lettre d'Asie du sud - Mai 2016 - 05/07/2016

    Inde – Le marché des drones (p. 1) Pakistan – Adoption de la nouvelle politique pakistanaise de développement du secteur automobile (p. 3) Sri Lanka – Le pays est-il prêt à relever le défi énergétique (p. 7) Bangladesh – Le bilan des OMD et la ...

  • [ASIE DU SUD] Lettre d'Asie du sud - Avril 2016 - 05/07/2016

    Inde - Les relations Inde/Chine: entre besoins de coopération et rivalités (p. 2) Pakistan - La Chine, un partenaire privilégié (p. 6) Bangladesh - Une présence chinoise croissante (p. 11) Sri Lanka - Un partenaire important pour la route de la...