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Nigeria

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Avec un PIB de 405,4 Mds EUR en 2016, le Nigéria était la première puissance économique d’Afrique devant l’Afrique du Sud. en 2017, le Nigéria a enregistré une croissance de 0,8% en glissement annuel contre une contraction de 1,6% en 2016. Cette sortie de récession a été en partie permise par le rétablissement du secteur pétrolier (production autour de 1,9 Mbj). En 2018, le FMI table sur une croissance de 2,1%.

Le Nigéria reste un des pôles de croissance parmi les plus prometteurs d’Afrique. Comptant plus de 190 millions d’habitants, il est la première puissance démographique du continent devant l’Égypte et pourrait détrôner les États-Unis au troisième rang mondial d’ici 2050, avec près de 400 millions d’habitants. Entre 2003 et 2013, le taux moyen de croissance de 6% par an, bien que largement fondée sur le pétrole, a permis d’engager une modification structurelle de son économie : aujourd’hui, de source nigériane, le secteur des hydrocarbures représente 8,7% du PIB, les services représentent 52,7% du PIB porté notamment par les services financiers et les télécommunications, l’agriculture constitue un quart du PIB. Le pays connait par ailleurs un développement du secteur manufacturier (près de 9% du PIB), notamment dans les secteurs du ciment (1er producteur africain), de l’agro-industrie et de l’équipement électrique et pétrolier.

Avec 22 milliardaires et 34 000 millionnaires en USD recensés, ce pays à fort potentiel, n’en est pas moins un des plus inégalitaires au monde, classé 152ème sur 187 pays pour son niveau de développement humain (avec un IDH de 0,527 qui une fois ajusté aux inégalités, tombe à 0,328) ; les autorités estiment à 61% la part de la population vivant avec moins d’un dollar par jour. Le climat socio-économique précaire et les déséquilibres géographiques internes au pays contribuent à la dégradation du climat sécuritaire dans les zones les plus défavorisées à l’image du conflit armé avec la secte Boko Haram qui bien que militairement maîtrisée, reste une menace dans le Nord-Est du pays.

Le Nigéria continue de connaitre les effets du contre-choc pétrolier depuis le début 2014 au premier rang desquels la baisse des recettes d’exportations (constituées à 90% de pétrole brut) et des revenus budgétaires (75% des revenus procèdent des industries des hydrocarbures) qui témoignent d’une dépendance pétrolière encore forte. Elu en mars 2015, date saluée comme marquant la première alternance démocratique sans heurts de ce grand pays, le Président Buhari qui avait fait de la lutte contre Boko Haram et la corruption sa priorité politique s’est trouvé confronté à deux autres dossiers pressants, la crise économique et l’extension des actions de sabotage des installations pétrolières dans le Delta du Niger. Le gouvernement a publié début 2017 un Plan de redressement et de croissance économique (ERGP) qui expose sa politique de court et moyen terme pour sortir de la crise et construire une croissance plus durable et inclusive.

Sur le plan de nos relations bilatérales, le Nigéria est notre premier partenaire commercial en Afrique subsaharienne avec un volume d’échanges de 3,6 Mds EUR en 2017. Avec un stock d’IDE de 6,5 Mds EUR en 2016, la France est l’un des principaux investisseurs au Nigéria, 1er récipiendaire de nos investissements en Afrique subsaharienne. Ces investissements sont nombreux dans le domaine pétrolier mais ne sont pas limités à ce secteur (BTP, électricité, etc.). Si l’environnement des affaires reste difficile (le pays se classe au 145ème rang du classement Doing Business 2018 après avoir enregistré un bond de 24 rangs), marqué par une corruption endémique (148ème  pays sur 180 pour l’indice de perception de la corruption du Transparency International, en recul de 12 rangs), et un fort déficit d’infrastructures de transport et énergétiques, les débouchés pour les entreprises françaises sont très nombreux : importantes réserves de gaz et de pétrole, autres ressources minérales, développement du secteur agricole, réactivation d’une industrie manufacturière locale, construction et réhabilitation des infrastructures du pays (électricité, transport, assainissement, etc.), croissance de la demande de services (financiers, télécommunications, etc.) et de biens finis.

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