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Niger

Ce pays est rattaché à la zone de compétence du site suivant : Côte d'Ivoire

Le Niger, vaste pays enclavé, avec un le deuxième IDH le plus bas du monde, un PIB par habitant de 412 USD par jour et la plus importante croissance démographique (3,9%), fait face à un défi de développement considérable. La montée en puissance de la menace terroriste et la baisse du prix de l’uranium, principal poste d’exportation nigérien, a pesé sur les finances publiques et contraint le pays dans la poursuite de ses réformes. Toutefois, les perspectives de croissance restent favorables tandis que le Niger poursuit la mise en œuvre de réformes et bénéficie d’un fort soutien de l’aide extérieure.

Sur le plan politique, les dernières élections présidentielles et législatives se sont déroulées en février/mars 2016. Le président sortant Mahamadou Issoufou a été réélu et son 2ème mandat quinquennal court jusqu’en 2021.

L’économie nigérienne, basée essentiellement sur l’exportation d’uranium et l’agriculture, apparaît comme structurellement volatile. Vaste pays enclavé et semi-désertique, le Niger a le deuxième IDH le plus bas du monde (devant la RCA), un PIB de 6,37 M€ en 2016 (7,5 Md USD) et un PIB par habitant de 412 MUSD par jour. L’économie repose sur l’agriculture (42,3% en 2016) et sur l’exploitation des ressources minières et notamment de l’uranium qui représente deux tiers des exportations.

Couplée à la faiblesse des cours du pétrole et de l’uranium, la situation sécuritaire et l’affaiblissement de partenaires commerciaux majeurs (notamment le Nigéria) pèse sur la situation économique. La croissance (+5,2% en 2017), portée essentiellement par les revenus issus de l’agriculture, est absorbée par une forte démographie (+3,9% par an). L’inflation serait de +1,3% en 2017. Le déficit de la balance des paiements devrait baisser à 13,4% du PIB en 2017 (contre -15,5% en 2016 et -20,5% en 2015) grâce à la hausse du prix des exportations de produits pétroliers, une hausse des exportations d’uranium et la baisse des importations pour financer des grands projets d’infrastructure.

La gouvernance défaillante et les tensions sécuritaires alimentent des sous-performances fiscales et une situation d’urgence budgétaire chronique. Alors que les besoins liés à la situation sécuritaire et de précarité continuent de peser sur le budget, les dépenses d’investissements, passées de 17,1% à 12,1% du PIB en 2016, sont la principale variable d’ajustement pour contenir le déficit (7,4% attendus en 2017 après 6,5% en 2016 et 9,1% en 2015).

L’historique du pays en matière de service de la dette est alarmant. Pourtant le Niger a bénéficié d’un effacement progressif de sa dette dans le cadre de l’initiative PPTE (pays pauvres très endettés) entre 1996 et 2004, et le pays avait déjà obtenu des restructurations de dettes souveraines auprès du Club de Paris à huit reprises avant cela. Par ailleurs, le pays est en situation d’arriérés vis-à-vis de la France pour un montant de 2,07 M€, tandis que d’autres pays membres du Club de Paris ont signalé des arriérés du même ordre.

Dans ce contexte la trajectoire d’endettement actuelle du Niger est préoccupante. Le Niger est à ce jour classé par le FMI en risque modéré de surendettement : néanmoins sa dette publique est en nette accélération, ayant presque doublé depuis 2013 pour atteindre 46,7% du PIB en 2016 et 51,1% projeté pour 2017. Bénéficiant d’une aide financière du FMI d’un montant équivalent à 134 M$ dans le cadre du renouvellement du programme FEC (facilité élargie de crédit) pour une durée de trois ans en janvier 2017, le Niger est soumis à de strictes limites en matière d’endettement.

L’Union européenne est le premier contributeur d’aide au développement au Niger (le Niger est le 7ème pays bénéficiaire au titre du FED). Le 11ème Fonds européen de développement (FED) prévoit d’allouer au Niger dans le cadre de son Programme Indicatif National (PIN) un montant de 686 M€ sur la période 2014-2020, avec 596 M€ d’enveloppe initiale et 90M€ d’aide additionnelle, dont 151 M€ ont été décaissés en 2016. Le Niger bénéficie également du programme indicatif régional (PIR) Afrique de l’Ouest, dont le montant total s’élève à 1.150 M€ entre 2014 et 2020, et de fonds du budget communautaire (78 M€ en 2016, fonds d’urgence principalement).

De son côté, la France effectue - via l’Agence Française de Développement essentiellement - un important effort en dons et en prêts concessionnels à destination du Niger : le Niger a bénéficié en 2016 de 66 M€ d’aide au développement bilatérale composée pour plus de moitié de dons (38 M€) dont 8M€ d’aide budgétaires globales (ABG) et de prêts (28 M€). Le Niger est le 2ème bénéficiaire de prêts concessionnels (28 M€) parmi les pays de la zone Franc derrière le Cameroun en 2016. Par ailleurs, le Niger est le 2ème bénéficiaire d’aide budgétaire globale de la zone Franc (8 M€) derrière la République centrafricaine (8,7 M€) en 2016. De 2014 à 2017, 36% des ABG lui ont été versées (soit 31 M€ sur 85M€). Au printemps 2017, l’allocation en urgence d’une nouvelle ABG de 10M€ confirme la priorité donnée à ce pays.

Mi-2017, le Niger a finalisé l'élaboration de son Plan de Développement Economique et Social 2017-2021 (PDES II), un exercice de planification économique qui constitue la première déclinaison quinquennale de la Stratégie de Développement Durable et de Croissance Inclusive qui définit la vision du Niger à l’horizon 2035 (SDDCI 2035). Dans le cadre de la "Conférence de la Renaissance" tenue à Paris les 13-14 décembre 2017, la ministre nigérienne du Plan a présenté le PDES 2017-2021 avec l’objectif d’obtenir 7 Mds€ des bailleurs internationaux et 10Mds€ des investisseurs privés. De fait, le recueil des annonces des PTF, à hauteur de 12,7 Mds USD, et des promesses des investisseurs privés, de l’ordre de 10,3 Mds USD, s’élève à un total de 23 Mds USD, soit nettement plus que les 17 milliards qu'espérait le gouvernement. Dans ce contexte, les fonds arabes ont annoncé 375 M$, la France a annoncé 400M€, l’UE 1.000 M€, la BAfD 1.200 M$ et la BM 2.500 M$.

En 2016, les échanges franco-nigériens se sont tassés. Ainsi, les exportations de la France vers le Niger ont diminué de -27,9% avec un volume de 128,9 MEUR (moyenne Afrique de l’Ouest à -12,6%), tandis que les importations de la France en provenance du Niger ont chuté de -55,5% avec un volume de 220,0 MEUR (moyenne Afrique de l’Ouest à -26,5%). En Afrique de l’Ouest (15 pays), le Nigeria (1.156,4 MEUR/-10,8%) reste le 1er client de la France devant la Côte d’Ivoire (1.073,4 MEUR/-3,0%) et le Sénégal (758,3 MEUR/-1,1%), alors que le Niger n’occupe que le 10ème rang. A l’échelle de l’Afrique subsaharienne (52 pays), le Niger est en 2016 le 23ème client de la France (128,9 M EUR), son 9ème fournisseur (220,0 MEUR) et son 5ème solde négatif (-91,1 MEUR).

Sur la période janvier-octobre 2017, les échanges de la France avec le Niger ont retrouvé des couleurs. Ainsi, sur les 10 premiers mois de 2017, les exportations de la France vers le vers le Niger augmentent de +18,5% avec un volume de 125,1 MEUR (moyenne Afrique de l’Ouest à -3,2%). Sur cette même période, les importations de la France en provenance du Niger augmentent de +14,0% avec un volume de 227,6 MEUR (moyenne Afrique de l’Ouest à +17,2%). A l’échelle de l’Afrique subsaharienne (52 pays), le Niger est le 20ème pays client de la France (125,1 MEUR/+18,5%), le 9ème pays fournisseur de la France (227,6 M EUR/+14,0%), mais aussi son 4ème solde négatif (-102,5 MEUR).

Les autorités nigériennes doivent continuer leurs efforts pour améliorer le climat des affaires et attirer plus de ressources en faveur du financement du secteur privé qui demeure très faible. Le pays progresse régulièrement dans le classement Doing Business, à la 144ème place en 2018 (150ème en 2017), mais reste dans le bas du classement (sur 190 pays).

SE Ouagadougou/Niamey, décembre 2017