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Mauritanie

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Résumé : après deux années d’une conjoncture très difficile, l’économie mauritanienne apparait en capacité de passer d’une phase de maintien des équilibres à celle de soutien d’une croissance économique ayant pour objectifs majeurs création d’emplois et soutenabilité de la dette. A terme, des perspectives favorables se dessinent, liées essentiellement à la mise en valeur des hydrocarbures.

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L’économie mauritanienne vient de traverser deux années de conjoncture très difficile. Favorable depuis 2009, la trajectoire de son cadre macroéconomique a connu en 2015 une nette rupture. Supérieur pour la 3ème année successive à 5 % en 2014[1], le taux de croissance annuel du PIB n’était que de 2% en 2015 et de 1,5% en 2016. Selon le FMI, il devrait connaitre un léger rebond en 2017 (+3,8%). Cette évolution résulte essentiellement de l’effondrement des cours mondiaux du pétrole[2] et du fer (la tonne de fer est tombée de 135,4 USD en 2013 à 96,8 USD en 2014, à 55,2 USD en 2015 et à 43 USD en 2016) qui restent les principales productions et exportations mauritaniennes aux cotés de produits halieutiques[3]. Depuis le début de 2017, l’économie mauritanienne bénéficie de la reprise des cours mondiaux de la tonne de fer qui, ponctuellement, peuvent dépasser les 70 USD mais dont la moyenne annuelle ne devrait pas excéder 36 USD en 2017 (projections FMI). L’inflation reste contenue (+1,5% en 2016 et +3,6% en 2017) à la faveur de cours mondiaux des denrées alimentaires moins élevés que prévus. Le déficit du compte courant extérieur, qui a bénéficié de prix plus bas du pétrole (produit représentant 20% des importations du pays et dont le cours du baril a chuté de 104 USD en 2012 à 35 USD en 2016[4]), est estimé à 19 % du PIB. Au 31 décembre 2016, la dette mauritanienne publique et à garantie publique représente 94 % du PIB. Fin avril 2017, les réserves de change s’élèvent à 790 MUSD (6 mois d’importations hors industries extractives). Fragile, le système financier reste dominé par les banques[5], orientées essentiellement vers le court terme, et les assurances (12 sociétés d’assurance et deux caisses de retraite). Le marché des changes interbancaire reste inexistant.

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Ceci ne doit pas masquer un cycle de plusieurs années consécutives de solides performances économiques. Depuis le milieu des années 90, l’économie mauritanienne présente en effet des caractéristiques de croissance et de développement favorables, que ce soit en termes de PIB[6], de PIB/Habitants, d’inflation ou encore de diversification progressive de son économie[7]. Ceci lui permet de rester attractive pour les investisseurs d’autant plus que le pays bénéficie depuis le mois de mars 2017 d’un zonage sécuritaire plus favorable (lien). Des perspectives favorables se dessinent par ailleurs à moyen et long termes, liées essentiellement aux importantes découvertes de gaz (champ gazier d’Ahmeyim) au large des côtes de la Mauritanie (10 TCF) et du Sénégal (15 TCF). Des décisions d’investissements sont attendues courant 2018 avec pour objectif affiché par les opérateurs concernés (BP associé depuis décembre 2016 à la juniore américaine Kosmos Energy qui a découvert Ahmeyim) une production de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’horizon 2021. Mieux prise en compte par les autorités mauritaniennes, la diversification de leur économie offre potentiellement d’autres opportunités dans les secteurs des NTIC, de l’agriculture, de l’élevage, des énergies nouvelles et dans ceux, transverses, de l’environnement et de la transformation. Enfin, il convient de prendre en compte une dimension régionale non négligeable, la Mauritanie étant, avec ses deux ports (Nouadhibou, Nouakchott) une porte d’entrée/sortie pour ses voisins, notamment de l’Est avec lesquels elle s’efforce de renforcer ses échanges[8]./.


[1] Taux de croissance du PIB : 2012 (5,8%), 2013 (6,4%) et 2014 (6,6%).

[2] La Mauritanie possède un seul champ en production : Chinguetti (offshore). En fin de vie, il doit être fermé fin 2017.

[3] Le pays a deux accords de pêche dont celui avec l’Union européenne (contribution annuelle de 57,5 M€ au budget mauritanien).

[4] Cours du baril de pétrole (USD) : 2012 (105), 2013 (104,1), 2014 (96,2), 2015 (50,8), 2016 (34,8) et (projection) 2017 (41).

[5] Le secteur compte aujourd’hui 25 banques pour un marché étroit. En 2017 (FMI) le pays compte 4,1 millions d’habitants, le PIB/habitant est de 1300 USD. Il devrait être de 1360 USD en 2022. Le taux de bancarisation reste faible (6%). Enfin, et depuis 2012, il faut souligner que toutes les licences bancaires accordées l’ont été à des banques islamiques.

[6] PIB mauritanien 2007 : 2,8 Mds USD. Année 2015 : 4,1 Mds USD. Prévisions 2016 à 6,4 Mds USD et 2020 à 4 Mds USD (FMI).

[7] La répartition sectorielle du PIB 2014 la suivante : primaire (21%), secondaire (34,5%), tertiaire (39,1%) et autres (5,4%, administrations).

[8] La Mauritanie, qui a signé en mai 2017 un accord d’association avec la Cédeao est invitée par cette dernière à finaliser sa démarche en déposant une demande de pleine adhésion.

Ressources

  • Mauritanie : situation économique et financière, perspectives - 30/06/2016

    Résumé : la Mauritanie continue de faire face à une forte dégradation de ses termes de l’échange. L’économie présente toutefois sur le moyen et long termes, une évolution et des perspectives favorables. I/-La Mauritanie continue de faire face à u...