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Jamaïque

Ce pays est rattaché à la zone de compétence du site suivant : Mexique, Panama

S’inscrivant dans la moyenne de la Caraïbe (PIB/habitant de 4 970 USD en 2015), l’économie jamaïcaine peine à se développer en dépit d’une localisation avantageuse (proximité d’importants partenaires commerciaux, notamment les Etats-Unis, et du canal de Panama dont l’élargissement en 2016 devrait bénéficier au port de Kingston). Malgré un revenu par habitant voisin de 5 000 USD, ce pays de 2,8 millions d'habitants (auxquels s'ajoute une diaspora de plus de 2 millions d’individus) souffre d'un fort niveau de pauvreté et de chômage (12,7 % début 2017 conte encore 16,3 % en avril 2013), d'une qualité de formation initiale et professionnelle insuffisante et d'un indice de criminalité et d'insécurité élevé. Il en résulte un climat des affaires qui nuit aux entrées d’IDE (5,7 % du PIB en 2016) et à l’investissement (14 % du PIB) ainsi qu’une compétitivité qui reste à améliorer, malgré des améliorations récentes (75ème rang sur 140 au classement Compétitivité Globale du WEF en 2016-2017 contre 86ème pour 2015-2016 ; au 67ème rang sur 190 au classement Doing Business 2017).

Largement tournée vers les Etats-Unis (près de 40% des exportations, 65 % des touristes -hors croisiéristes- et plus de 60 % des transferts de fonds des émigrés), l’économie repose principalement sur les exportations de bauxite et d’alumine, les transferts de fonds des migrants (environ 2 Md USD, 16% du PIB en 2016) et le tourisme (5% du PIB). Le secteur touristique est en hausse en 2017 avec des résultats supérieurs aux projections, pour la première fois le pays a accueilli 1 million de touristes avant la fin du 1er semestre. Le secteur agricole, auparavant développé, requiert des réformes structurelles (productivité, foncier) et a particulièrement souffert des ouragans au cours des années récentes avec l’arrêt de la production de bananes pour l’exportation et la chute de 50 % de la production de sucre ; le pays est désormais fortement dépendant des importations de denrées alimentaires, mais également d’hydrocarbures (le pétrole compte pour un quart de la facture des importations).

La Jamaïque est, depuis des années, prise dans un cercle vicieux : la dette est proche de 125 % du PIB et son service absorbe plus de 40% des recettes de l’Etat (28 % pour les seuls intérêts). Les nécessités de refinancement sont coûteuses en prime de risque, éviction du secteur privé et attrait d’IDE. Le fardeau que représente la dette publique ne permet pas de dégager les ressources budgétaires suffisantes pour le déploiement d’infrastructures et le financement de programmes sociaux, pourtant nécessaires. En 2016, le pays s’est engagé dans un programme FMI (Stand-By Agreement), après un premier programme de trois ans qui a marqué un franc succès de réalisation. Le Fonds a salué les efforts du gouvernement pour renforcer les fondamentaux économiques et la mise en place des réformes structurelles (législation fiscale, amélioration de l’efficacité du secteur public et baisse de la masse salariale). L’objectif d’excédent primaire de 7 % du PIB est réalisé systématiquement depuis quatre ans, en ligne avec les cibles du FMI, et devrait participer à la réduction de l’importante dette publique.  Ce programme laisse entrevoir une amélioration, encore superficielle pour l’heure, de la situation économique et de l’endettement. La croissance atteindrait +1,5 % en 2016 et devrait légèrement augmenter en 2017 (+2 %) selon le Fonds.

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