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Inde

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L'économie indienne a connu une croissance moyenne de près de 7% depuis 19921.     Une économie dynamique en tertiarisation rapide

Avec 1,3 Md d’habitants estimés en 2016, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine. Selon le FMI, le PIB indien s’est établi sur l’exercice budgétaire 2016-17 à 2 439 Mds $, ce qui fait du pays la septième puissance économique mondiale, entre la Grande Bretagne et le Brésil. L'Inde se hisserait même au troisième rang mondial, à parité de pouvoir d’achat, après les États-Unis et la Chine ; elle pourrait, selon une récente étude du cabinet PwC, dépasser les Etats-Unis à l’horizon 2040. Le PIB par habitant est pour sa part estimé à 1 850 à dollars courants sur la même période (7 170 $ PPP) et classe l’Inde à la 144ème position, sur un échantillon de 189 pays.

 

La consommation des ménages est le principal moteur de l'économie indienneAprès avoir atteint un pic à 7,9 % sur l’année budgétaire 2015-16 (avril-mars), la croissance du PIB, retombée à 7,1% sur le dernier exercice, montre des signes de ralentissement depuis la mi-2016. Le FMI et la Banque, qui ont récemment abaissé à 6,7 % leurs prévisions pour 2017-18 (7% pour la Banque mondiale), prévoient néanmoins un rebond dès 2018. L’économie indienne demeure portée par le dynamisme de sa consommation intérieure, tant publique que privée, qui représentait respectivement 11,7 et 58,8 % du PIB sur le dernier exercice. L’investissement privé, obéré par le retournement du cycle du crédit, la sous-utilisation des capacités industrielles et l’accumulation de prêts non-performants dans le secteur bancaire, demeure en revanche atone (+ 2,4 % en 2016-17). Alors qu’il représentait 34,3 % du PIB en 2011-12, sa part est désormais retombée à 27,1%.

 

Les services représentent désormais plus de 50% de la valeur ajoutée bruteL’économie indienne est entraînée par le dynamisme de son secteur tertiaire, qui représentait sur le dernier exercice 53,8% de la valeur ajoutée totale malgré un léger ralentissement de son rythme de croissance (de 9,7% à 7,7%). Le secteur industriel (28,8% de la valeur ajoutée, 21,2% hors-construction) a lui aussi ralenti (de 8,8 % à 5,6%), au contraire du secteur primaire, auquel une bonne mousson a permis d’afficher sa plus forte croissance depuis trois ans (+ 4,9%). La part de ce secteur dans la valeur ajoutée totale continue cependant à reculer (- 0,1 point à 17,4% du PIB) alors qu’il emploierait encore la moitié de la population active.

 

2.     Des fondamentaux solides

Les fondamentaux de l’économie indienne se sont nettement consolidés entre 2013 et 2016. Longtemps considérée comme un facteur d’instabilité, l’inflation est maîtrisée depuis trois exercices. Elle s’est établie à 4,5 % en 2016-17, conformément à la cible de moyen terme fixée par les autorités (4 %, +- 2 points).

Le solde courant s'est légèrement creusé depuis la fin 2016Le déficit courant, s’est fortement contracté depuis 2013 (0,8 % du PIB en 2016-17, après 1,1% en2015-16). Il a cependant atteint au T2 2017 un pic à quatre ans de 2,4% du PIB. Le solde des échanges de biens, structurellement déficitaire (108 Mds $ en 2016), n’est qu’en partie contrebalancé par l’excédent des échanges de services (+ 66 Mds $) et le solde des revenus (30 Mds $), auquel contribuent notamment les transferts des migrants. La bonne orientation des flux d’IDE et de portefeuille garantit jusqu’à présent un financement aisé des besoins externes ; elle a permis la constitution de réserves de change qui dépassaient fin 2017 400 Mds $ (17% du PIB, 85% de la dette à court terme).

 

Le déficit budgétaire des administrations centrales a été ramené à 3,5% en 2016-17 du PIB ; il devrait selon la loi de finances tomber à 3,2 % en 2017-18. Le gouvernement a sur cet exercice revalorisé de 17,1 % à 2 225 Mds ? (environ 30 Mds €) l’enveloppe consacrée aux infrastructures, qui représente désormais 10,4 % du total, contre 1 290 Mds ? (soit 17 Mds €, + 11,8 %) pour le développement rural, premier poste de dépense hors-dépense et service de la dette.

3.     Une économie en transformation…

L’élection, en 2014, du Premier ministre Narendra Modi sur une plate-forme réformiste a été suivie de d’une série de mesures destinées à améliorer le climat des affaires : simplification des procédures d’approbation, libéralisation des octrois de licence, relèvement des plafonds d’investissement étrangers dans de nombreux secteurs, adoption d’un code des faillites, mise en œuvre d’une taxe unifiée sur les biens et services (GST) sur l’ensemble du territoire, intensification de la campagne d’inclusion financière (campagne « Jan Dhaan »). Le gouvernement a par ailleurs annoncé, dans le cadre d’une campagne de lutte contre la corruption et la fraude fiscale, le retrait instantané de 86% de la monnaie en circulation le 8 novembre 2016.

L’Inde pourrait devenir la troisième puissance économique mondiale à l’horizon 2030. Ses atouts sont nombreux et la distinguent de son voisin chinois : forte baisse du ratio de dépendance du fait d’une dynamique démographique favorable, classe très nombreuse d’entrepreneurs privés et valeurs bien ancrées de démocratie et d’État de droit. Compte tenu de ces perspectives encourageantes, l’Inde capte une part croissante des flux mondiaux d’investissement étrangers : elle en a été en 2016 le 9ème récipiendaire mondial avec des entrées de 44,5 Mds $. De nombreux goulets d’étranglement physiques et réglementaires persistent cependant et l’accès au marché indien reste difficile. Le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale classe ainsi l’Inde au 100ème rang mondial sur un échantillon de 190 économies (+ 30 places par rapport au classement 2016) et met en exergue la persistance d’un retard important pour des indicateurs comme le respect des contrats et le paiement des impôts (164ème rang) ou l’octroi des permis de construction (181ème).

4.      … Mais qui fait encore face à d’importants défis

L’Inde reste encore handicapée par des vulnérabilités socio-économiques qui pèsent sur sa croissance à long terme. Outre les faiblesses de l’éducation primaire ou secondaire (plus de 30 % de la population adulte reste encore analphabète), la faible employabilité des diplômés, la forte mortalité infantile, l’Inde fait face à une pauvreté très répandue (environ 60 % de la population vivait encore avec moins de 3,1 $ par jour en 2011). Les régions les plus riches sont, du point de vue du développement, comparables à celles d’Asie du Sud-Est tandis que les régions les plus pauvres ont des caractéristiques semblables à l’Afrique sub-saharienne. Le travail informel représenterait, selon l’OIT, plus de 90% de l’emploi total (et plus de 80% de l’emploi non-agricole).

Les inégalités sont également fortes entre les couches sociales, les genres et entre les zones urbaines et rurales (écart de rémunération de près de 45 %). Si les deux tiers de la population vivraient encore dans les zones rurales, le pays apparaît de surcroît confronté au défi d’une urbanisation rapide : la population urbaine, actuellement estimée à 410 millions d’habitants (avec 43 villes de plus d’un million d’habitants), devrait doubler à l’horizon 2050. Les besoins d’infrastructures sont colossaux ; ils coûteraient chaque année, selon la Banque mondiale, entre un et deux points de croissance potentielle.

5.      Des échanges franco-indiens en rééquilibrage

Les échanges commerciaux entre la France et l’Inde, traditionnellement excédentaires en faveur de cette dernière, se sont progressivement rééquilibrés depuis deux ans ; le déficit français au titre des échanges de biens est ainsi passé de 2,6 Mds € en 2014 à 760 M€ en 2016 et 475 M€ sur les 9 premiers mois 2017 (400 M€ sur l’année glissante). La France apparaît enfin comme le cinquième ou sixième investisseur G20 en Inde avec un stock de 5,75 Mds € selon la Banque de France.

Ressources

  • Le commerce extérieur de l'Inde en 2016-17 - 30/11/2017

    Après deux années moroses marquées par la chute du cours des matières premières et l’atonie de la demande mondiale (la valeur des échanges avait été parfaitement stable en 2014-15 avant de se contracter de 9,4 % en 2015-16), le secteur externe ind...