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Guinée équatoriale

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Juin 2016

GUINEE EQUATORIALE

 

Président de la République : M. Teodoro  Nguema Obiang Mbasogo

Vice-Président de la République, en charge de la défense nationale et de la Sécurité de l'Etat : M. Teodoro Nguema Obiang Mangue

Premier Ministre, chef du gouvernement : M. Francisco Pascual Obama Asue

Ministre des Finances et du Budget : M. Miguel Engonga Obiang Eyang

Ministre de l’Economie, de la Planification et des Entreprises publiques : M. Eucario Bakale Angüe

Ministre du commerce: M. Antonio Pedro Olivera Boropu

 

1. Situation politique

Le président Obiang (71 ans), au pouvoir depuis 1979 suite à un coup d’Etat, a été réélu pour un nouveau mandat de 7 ans lors de l’élection présidentielle du 24 avril 2016 avec 93,7% des voix. Un nouveau gouvernement a été nommé le  23 juin 2016. M. Teodoro Obiang fils a été nommé Vice-Président en charge de la défense nationale et de la sureté de l’Etat.

2. Situation économique et financière

2.1 Eléments structurels sur l’économie

L’économie équato-guinéenne a été bouleversée par la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996. Au cours de la décennie 2000, le PIB a été multiplié par plus de 10. Aujourd’hui, c’est une économie quasi monoproductrice d’hydrocarbures qui représentent 99% des exportations. Le gaz et le pétrole sont exploités par les entreprises anglo-saxonnes (Hess, ExxonMobil, Marathon, Noble) et minoritairement japonaises (Marubeni et Mitsui), dans la liquéfaction de gaz. La production a entamé un déclin qui devrait se poursuivre graduellement à moyen terme, les principaux champs étant matures. Les réserves de pétrole prouvées se chiffrent à 1,2 milliard de barils soit environ 10 années de production au rythme actuel. Huit nouveaux contrats d’exploration d’hydrocarbures ont toutefois été signés, dont quatre on shore (Rio Muni, partie continentale). Le potentiel gazier parait élevé; la construction d’un second train de liquéfaction alimenté uniquement à partir des ressources équato-guinéennes était envisagée avant la baisse des cours, de même qu’un complexe pétrochimique également autoalimenté. La production des sites existant a toutefois commencé à décliner fortement.

Les autres activités du secteur primaire  (agriculture, pêche, sylviculture) ont été marginalisées.

Le BTP a été tiré par l’investissement public. L’industrie se limite à une brasserie concurrencée par les importations frauduleuses et  à une cimenterie à l’arrêt.

 Le secteur tertiaire a connu un début de développement : Quelques hôtels sont ouverts, trois opérateurs de télécommunication et cinq banques sont actifs,

La croissance exceptionnelle et récente s’est accompagnée d’une amélioration lente des conditions de vie de la population, comme l’indique un indice de développement humain (IDH) 2015 qui place le pays à la 138ème position, en contraste avec son PIB/ habitant de 12.541$.

Le gouvernement entend mener une politique de diversification qui constitue un vrai défi compte tenu du climat des affaires et du manque de qualifications.

2.2 Conjoncture économique

La Guinée équatoriale est frappée de plein fouet par la baisse des cours et la chute de la production des hydrocarbures. La production de pétrole brut s’est établie à  10,76 MT en 2015 (242.000 barils/jour), contre 11,8 MT en 2014, et 13 MT en 2013. La production de gaz est passée de  82 M Barils en 2014 à 44,2  M Barils en 2015 (-46%). En conséquence, l’économie guinéenne est entrée en dépression, les taux de croissance ayant atteint -6,5% en 2013. -0,3% en 2014 et -10,1% en 2015 selon le FMI. L’inflation serait passée de 4,3% en 2014 à 3,5% en 2015, en raison notamment de la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

Le déficit des paiements courants serait passé de 10% du PIB en 2014 à 7% en 2015 sous l’effet de la baisse des investissements publics à fort contenu en importations.

2.3 Finances publiques

Les données budgétaires officielles doivent être interprétées avec prudence compte tenu de l’importance des dépenses extrabudgétaires. La Guinée équatoriale a engagé une politique de réduction de son déficit budgétaire, qui avait  atteint 9%  du PIB en 2012, puis 7,5% en 2013 et 6,8% en 2014. Le financement de ce déficit se fait notamment par ponction de réserves accumulées à l’extérieur. En 2015, la hausse des recettes non pétrolières (+19,3% à 403,8 Mds FCFA) aurait très partiellement compensé la baisse des recettes pétrolières (-25,7% à 1667 Mds FCFA) ; mais c’est  surtout la baisse des dépenses courantes (-10,4% à  684,5 Mds FCFA) et la baisse des dépenses d’investissement (-29,6% à 1646,9 Mds FCA) qui auraient permis de réduire le déficit base engagement à -260, 6 Mds FCFA, soit une diminution de 49,8% par rapport à 2014. Les arriérés de paiement s’accumulent toutefois, notamment vis-à-vis des entreprises de BTP.

 

3. Relations avec la communauté financière internationale

3.1. FMI

La Guinée Equatoriale n’est pas sous-programme du FMI. En juillet 2015, une revue art IV a été présentée au Conseil du FMI. Les autorités ont été appelées à élargir l’assiette fiscale, à améliorer la gestion de la trésorerie, à assainir le climat des affaires ; à améliorer le capital humain  et à rechercher une croissance plus inclusive.

3.2. Banque mondiale

La Banque mondiale fournit un appui en matière d’élaboration de statistiques et de comptes nationaux.

3.3. Banque africaine de développement (BAfD)

Quatre projets sont en cours : Gestion durable de la réserve de Rio (450.000€) ; Appui à la gestion des finances publiques (14,2M€) ; Développement du système de santé (13,5 M€) ; et Formation des cadres moyens et supérieurs (39 M€). Ils comportent une part importante de cofinancement national.

3.4. Union Européenne

La Guinée équatoriale refusant l’article 11 de l’accord de Cotonou relatif à la Cour pénale international, le pays n’a pas accès au FED.

 

4. Situation de la dette

La manne pétrolière a permis à la Guinée Equatoriale de sortir du cycle de rééchelonnements en Club de Paris (son dernier accord date de 1994). Le pays -quasiment sans dette extérieure jusqu’en 2008-, a contracté de nouveaux emprunts à partir de 2009, essentiellement avec la Chine. L’encours (dette intérieure et extérieure) est ainsi passé de 0,8 % du PIB fin 2008 à 12% fin 2014. Selon la BEAC, l’encours de la dette extérieure au 31/12/2015 est de 620,3 Mrd FCFA, dont 93% vis-à-vis de la Chine (pour l’essentiel tirages sur ligne de crédit de 2 Mds $  accordés par l’Eximbank pour des projets d’infrastructure). La dette est considérée comme soutenable par le FMI.

 

5. L'aide bilatérale française

L’AFD n’intervient pas en Guinée Equatoriale compte tenu du niveau de son PIB/ habitant. Les actions du service de coopération et d’action culturelle concernent essentiellement le domaine linguistique et la gouvernance.

 

6. Présence économique française

6.1. Commerce extérieur

Les exportations françaises vers la Guinée Equatoriale ont baissé de 25,8% en 2015 pour atteindre 76,6 M€. Cette baisse est imputable pour l’essentiel au poste « équipements mécaniques et le matériel électrique » (-39,1% à 29,8 M€) suite à la diminution des investissements publics, et aux postes « autres produits industriels (-13,5% à 23,6 M €) et « produit des IAA » (-17,8% à 15,4M€) suite notamment, dans les deux derniers cas, à la baisse du niveau de vie des populations.

Les importations françaises de Guinée Equatoriale ont baissé de 52,2% à 358 M€, en raison pour l’essentiel de la baisse de 50,2% des exportations d’hydrocarbures qui représentent 99% du total.

6.2. IDE et présence française

Les IDE d’origine française représentent un stock de 128 M€ en 2014. Bien que les entreprises françaises  soient absente des activités d’exploration et de production pétrolières, on dénombre 18 filiales françaises, les principales étant actives dans les télécommunications (Orange, actionnaire à 40% de Getesa), la distribution (Total distribution, CFAO), l’hôtellerie (Accor), le BTP (Bouygues, Vinci, Razel), l’ingénierie (Egis, Veritas), la Banque (Société générale), l’agroalimentaire (Castel), le transport (Air France, Bolloré Africa Logistics). L’activité des entreprises de BTP, qui avaient obtenu des très importants contrats, a fortement diminué.

Ressources

  • Echanges bilatéraux entre la France et la Guinée Equatoriale - 11/05/2017

    En 2016, nos exportations et nos importations vers et en provenance de la Guinée Equatoriale baissent fortement, respectivement de 44% et de 87%. Tous les postes d’exportation sont concernés, en relation avec la forte récession que connait la Guin...

  • Lettre d'Afrique Centrale n°7 - 04/05/2017

    Ce numéro de la LAC est axé sur les résultats des  échanges 2016 de la France avec l’Afrique centrale.   Nos exportations avaient baissé de 2% en 2015. Sans surprise, la détérioration de la conjoncture se traduit par une nouvelle baisse de nos exp...