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Guinée équatoriale

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Mars 2017 

GUINEE EQUATORIALE

 

Président de la République : M. Teodoro Obiang Nguema Mbasogo

Premier Ministre, chef du gouvernement : M. Francisco Pascual Obama Asue

Ministre des Finances et du Budget : M. Miguel Engonga Obiang Eyang

Ministre de l’Economie, de la Planification et des Entreprises publiques : M.Eucario Bakale Angüe

Ministre du commerce : M. Antonio Pedro Olivera Boropu.

 

1. Situation politique

Le président Obiang (74 ans), au pouvoir depuis 1979 suite à un coup d’Etat, a été réélu pour un nouveau mandat de 7 ans lors de l’élection présidentielle du 24 avril 2016 avec 93,7% des voix. Les avancées de l’affaire dite des « biens mal acquis », déclenchée suite à une plainte de Transparency International contre la famille Obiang, ont refroidi les relations avec la France.

2. Situation économique et financière

2.1 Eléments structurels sur l’économie

L’économie équato-guinéenne a été bouleversée par la découverte du champ pétrolier Zafiro en août 1996. Au cours de la décennie 2000, le PIB a été multiplié par plus de 10. Aujourd’hui, c’est une économie quasi monoproductrice d’hydrocarbures qui représentent 99% des exportations. Le gaz et le pétrole sont exploités par les entreprises anglo-saxonnes (Hess, ExxonMobil, Marathon, Noble) et minoritairement japonaises (Marubeni et Mitsui), dans la liquéfaction de gaz. La production a entamé un déclin qui devrait se poursuivre graduellement à moyen terme, les principaux champs étant matures. Les réserves de pétrole prouvées se chiffrent à 1,2 milliard de barils soit environ 10 années de production au rythme actuel. Huit nouveaux contrats d’exploration d’hydrocarbures ont toutefois été signés, dont quatre on shore (Rio Muni, partie continentale). Le potentiel gazier parait élevé; la construction d’un second train de liquéfaction alimenté uniquement à partir des ressources équato-guinéennes était envisagée avant la baisse des cours, de même qu’un complexe pétrochimique également autoalimenté. La production des sites existant a toutefois commencé à décliner fortement.

Les autres activités du secteur primaire  (agriculture, pêche, sylviculture) ont été marginalisées.

Le BTP tiré par l’investissement public, consacré à des projets souvent pharaoniques, avant la crise des matières premières, s’est depuis lors effondré. L’industrie se limite à une brasserie concurrencée par les importations frauduleuses et  à une cimenterie à l’arrêt.

Le secteur tertiaire a connu un début de développement : quelques hôtels sont ouverts, trois opérateurs de télécommunication et cinq banques sont actifs,

Le gouvernement entend mener une politique de diversification qui s’annonce difficile vu la qualité de la gouvernance du pays et la faiblesse de ses ressources humaines.

La croissance exceptionnelle et récente s’est accompagnée d’une amélioration lente et sans commune mesure des conditions de vie de la population, comme l’indique un indice de développement humain (IDH) 2015 qui place le pays à la 138ème position, en contraste avec son PIB/ habitant de 12 541$.

2.2 Conjoncture économique

L’économie guinéenne est entrée en dépression depuis 2013, les taux de croissance ayant atteint -4,1% en 2013. -0,5% en 2014, -7,4% en 2015 et -9,9% en 2016 selon le FMI, la BEAC indiquant +0,2% en 2014, –9,5% en 2015 et -8,2% en 2016.

La Guinée équatoriale est frappée de plein fouet par la baisse des cours et la chute de la production des hydrocarbures. La production de pétrole brut s’est établie à 9,8 MT en 2016 (204 200 barils/jour), contre 10,8 MT en 2015 (soit une baisse de 15,7%), et 11,8 MT en 2014. La production de gaz en forte baisse en 2015 (-46%, à 44,2 M barils),  a connu un léger rebond de 7,4% en 2016 à 47,5 M barils.

L’inflation serait passée de 4,3% en 2014 à 1,7% en 2015 et 1,5% en 2016, en raison notamment de la baisse du pouvoir d’achat des ménages.

La croissance des crédits bruts du système bancaire a atteint +1,4% en 2016, les dépôts baissant en revanche de 17,5% après une baisse de 12,3% en 2015. Le taux de créances en souffrance  passe de 17,9% à 26,1%, mais leur  taux de provisionnement s’est  accru, passant de de 45,6% à 51,9% %.

Le déficit des paiements courants selon le FMI diminuerait de 16,8% du PIB en 2015 à  11,8% en 2016 sous l’effet de la baisse des investissements publics à fort contenu en importations.

Les avoirs extérieurs nets du pays ont baissé de plus de 81% en 2016 après une baisse de 47% en 2015, de même que la contribution en compte d’opération qui est négative depuis le mois de novembre 2016.

 2.3 Finances publiques

Les données budgétaires officielles doivent être interprétées avec prudence compte tenu de l’importance des dépenses extrabudgétaires. Selon la Direction générale du Budget, les recettes propres atteindraient 1590,4 Mds FCFA à fin décembre 2016, contre 2064 Mds FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 23%. Les dépenses se réduiraient de 8,7% à 2128,5 Mds FCFA, contre 2331,4 Mds FCFA en 2015. Cet ajustement serait porté par la réduction des dépenses en capital de 26,7% à 1207 Mds FCFA. En conséquence,  le déficit budgétaire se creuse, passant de 266,7 Mds FCFA à 538,1 Mds FCFA. Des arriérés considérables sont accumulés vis à vis des entreprises, notamment les entreprises françaises de BTP.

 3. Relations avec la communauté financière internationale

 3.1. FMI

La Guinée Equatoriale n’est pas sous-programme du FMI. La conclusion d’un programme avec le Fonds est  attendue, en cohérence avec les recommandations du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEMAC du 23 décembre 2016, pour une sortie de crise. Cette conclusion se heurte notamment à des problèmes techniques dus à la pauvreté des données disponibles. En novembre 2016, une revue art IV a été présentée au Conseil du FMI. Les administrateurs du Fonds insistent sur l’urgence à définir des éléments clés de la stratégie d’ajustement qui devrait inclure une mobilisation plus importante des recettes non pétrolières, la rationalisation des exonérations fiscales et l’accroissement de l’efficacité des investissements, en accordant une priorité aux investissements dans l’éducation et la santé. L’amélioration du climat des affaires reste une priorité.

 3.2. Banque mondiale

La Banque mondiale fournit un appui en matière de recueil de statistiques et d’élaboration de comptes nationaux

 3.3. Banque africaine de développement (BAfD)

Deux projets sont en cours : Appui à la gestion des finances publiques (14,2M€) et Développement du système de santé (13,5 M€). Ils comportent une part importante de cofinancement national.

3.4. Union Européenne

La Guinée équatoriale refusant l’article 11 de l’accord de Cotonou relatif à la Cour pénale internationale, le pays n’a pas accès au FED.

4. Situation de la dette

La manne pétrolière a permis à la Guinée Equatoriale de sortir du cycle de rééchelonnements en Club de Paris (son dernier accord date de 1994). Le pays -quasiment sans dette extérieure jusqu’en 2008-, a contracté de nouveaux emprunts à partir de 2009, essentiellement avec la Chine. L’encours (dette intérieure et extérieure) est ainsi passé de 0,8 % du PIB fin 2008 à 14% fin 2015, avec un doublement de la dette entre 2013 et 2015.  Jusqu’en 2013, la quasi-totalité (93%) de la dette était due à la Chine, avec une ligne de crédit de 2 Mds USD accordée par l’Eximbank China pour les projets d’infrastructures. La dette équato-guinéenne est considérée comme soutenable par le FMI et atteindrait 19,6% du PIB en 2016 dont 11,4% de dette extérieure.

 5. L'aide bilatérale française

L’AFD n’intervient pas en Guinée Equatoriale compte tenu du niveau de son PIB/ habitant. Les actions du service de coopération et d’action culturelle concernent essentiellement le domaine linguistique et la gouvernance.

 6. Présence économique française

6.1. Commerce extérieur

Les exportations françaises vers la Guinée équatoriale ont baissé de 43,8% en 2016, après une diminution de -25,8% en 2015, pour atteindre 43 M€. Cette baisse est imputable pour l’essentiel au poste « équipements mécaniques et le matériel électrique » (-53,4% à 13,9 M€) suite à la diminution des investissements publics, et aux postes « autres produits industriels » (-50,3% à 11,8 M €) et « produits des industries agroalimentaires » (-11,2% à 13,6M€) suite notamment à la baisse du niveau de vie des populations.

Les importations françaises de Guinée Equatoriale ont baissé de 87,5% à 44,8 M€ (contre -52,2% en 2015), en raison pour l’essentiel de la baisse de 88% des exportations d’hydrocarbures qui représentent 99% du total.

 6.2. IDE et présence française

Les IDE d’origine française représentent un stock de 128 M€ en 2014. Bien que les entreprises françaises  soient absentes des activités d’exploration et de production pétrolières, on dénombre 18 filiales françaises, les principales étant actives dans les télécommunications (Orange, actionnaire à 40% de Getesa), la distribution (Total distribution, CFAO), l’hôtellerie (Accor), le BTP (Bouygues, Vinci, Razel), l’ingénierie (Egis, Veritas), la Banque (Société générale), l’agroalimentaire (Castel), le transport (Air France, Bolloré Africa Logistics). Le climat des affaires est particulièrement difficile. Orange a fait jouer une clause de retrait en cas d’arrivée d’un nouvel opérateur, et face au refus de l’Etat de racheter ses parts, a obtenu en novembre 2014 de la CCI un arbitrage condamnant ce dernier à payer 132 M€. L’Etat ne s’est pas exécuté. La Société générale a souhaité se retirer de Guinée  équatoriale après avoir été mise en cause dans l’affaire des biens mal acquis, mais dit renoncer à partir compte tenu des difficultés rencontrées pour vendre ses parts.

La politique d’assurance-crédit 2017 de la France pour la Guinée Equatoriale est fermée.

Ressources

  • Echanges bilatéraux entre la France et la Guinée Equatoriale - 11/05/2017

    En 2016, nos exportations et nos importations vers et en provenance de la Guinée Equatoriale baissent fortement, respectivement de 44% et de 87%. Tous les postes d’exportation sont concernés, en relation avec la forte récession que connait la Guin...

  • Lettre d'Afrique Centrale n°7 - 04/05/2017

    Ce numéro de la LAC est axé sur les résultats des  échanges 2016 de la France avec l’Afrique centrale.   Nos exportations avaient baissé de 2% en 2015. Sans surprise, la détérioration de la conjoncture se traduit par une nouvelle baisse de nos exp...