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Cameroun

Septembre 2017              

 I. Situation politique

Le Président Paul Biya (84 ans), au pouvoir depuis le 6 novembre 1982, a dû faire face à trois crises majeures : tentative de coup d’état de 1984 imputée à des proches de l’ancien Président Ahidjo, opération villes mortes en 1991 pour demander une démocratisation du régime, et émeutes de Douala en 2008 suite à la hausse des prix des produits de première nécessité. Paul Biya a été réélu fin 2011 pour un nouveau mandat de 7 ans. Son parti, le RDPC, a largement remporté les élections législatives de septembre 2013 (148 députés sur 180).

La situation sécuritaire  reste préoccupante : les incursions de Boko Haram au Cameroun se poursuivent, avec une moindre intensité mais des attentats suicides continuent à avoir  lieu fréquemment. La Force Multinationale Mixte constituée des armées des pays du bassin du lac Tchad a été mise en place mais opère avec des moyens très limités. Un mouvement de contestation  a été lancé en novembre 2016 dans les régions anglophones de l’ouest. Cette contestation, dont le courant extrémiste souhaite la scission du pays en deux parties (anglophone et francophone), dénonce principalement la marginalisation des régions anglophones par le pouvoir central.

Les élections présidentielles et législatives doivent avoir lieu en octobre 2018.

II.  Situation économique

1. Eléments structurels

Si L’économie camerounaise est la plus diversifiée de la région et représente plus du tiers (39% en 2016) du PIB de la CEMAC, elle reste toutefois très dépendante de productions non transformées.

- L’agriculture représente 22,2% du PIB en 2014. Elle inclut des cultures de rente très variées (cacao, café, banane, coton, palmier à huile, canne à sucre, caoutchouc) et un important secteur vivrier (banane plantain, maïs, manioc…). Les cultures de rente s’essoufflent : la relance des filières café et cacao vieillissantes est difficile, la filière coton est en difficulté malgré la reprise récente des cours, et le dynamisme des plantations de banane, palmier à huile et caoutchouc est limité par la présence d’entreprises publiques en crise. Le secteur bois, tiré par les importations de la Chine, connait une croissance soutenue.

- Le secteur secondaire représente 30,1% du PIB en 2014.

Les hydrocarbures demeurent une ressource importante, toutefois, leur poids dans le PIB et dans les exportations se réduit considérablement depuis 2014 (4,03% du PIB en 2016 contre 6,3% en 2015 et 28,5% des exportations en 2016 contre 44% en 2015). La production pétrolière, après avoir atteint un maximum de 180.000 barils / jour en 1985, a décru à 61.000 barils / jour en 2011, puis est repartie à la hausse pour approcher 100.000 barils / jour en 2015 et 2016. L’exploitation du gaz est aujourd’hui limitée à l’approvisionnement du marché local. La compagnie franco-britannique Perenco a installé fin 2015 une unité de liquéfaction d’une capacité de 30.000 tonnes de GPL par an. Un potentiel gazier significatif existe à moyen terme, sous réserve de redressement des cours.

Le BTP est le secteur qui connait la croissance maximale ; il bénéficie d’une demande publique importante (routes, barrages, port de Kribi) et de nombreux projets privés (logements, hôtels).

L’industrie reste limitée à des secteurs traditionnels (raffinage pétrolier, boissons, sucrerie, huile, savon, farine, aluminium, ciment, métallurgie, transformation du bois) et est peu compétitive, handicapée notamment par des coûts élevés, l’insuffisance de l’investissement et l’accès médiocre à l’offre électrique.

- Enfin, le secteur des services (47,7% du PIB en 2014) est dominé par les transports (Port de Douala et bientôt Port de Kribi), le commerce, la téléphonie mobile et les services financiers.

L’économie camerounaise est toutefois en phase de rendements décroissants (une étude de la Banque mondiale montre que la productivité globale des facteurs a une contribution négative à la croissance) et sa structure varie peu depuis les années 1990.

La relative diversification de l’économie camerounaise ne se reflète pas dans ses échanges ; l’essentiel des exportations (environ 80%) est le fait de produits pas ou peu transformés (pétrole brut, grumes et sciages, cacao, banane, caoutchouc, café, coton) et la balance commerciale apparaît structurellement déficitaire.

Au total, l’économie camerounaise dans laquelle de grands espoirs était placés dans les années 1970-1980, a connu une évolution décevante, même si elle demeure dominante dans la CEMAC.

2. Conjoncture économique

La croissance camerounaise a accéléré progressivement sur la période récente, mais amorce une décélération : elle est passée d’environ 2% en 2009 à 5,9% en 2015 et  4,7% en 2016 selon le FMI. Cette croissance est tirée par l’investissement public avec de grands projets structurants (port de Kribi, barrage de retenue de Lom Pangar, centrale hydroélectrique de Memvé’ele etc.) mais dont la mise en service est souvent retardée et la construction d’infrastructures de « prestige » (stades), le tout moyennant un endettement en augmentation rapide.

Cette croissance apparaît peu inclusive : le taux de pauvreté est passé de 39,9% en 2007 à 37,5% en 2014, soit un taux comparable à celui des PMA. La baisse de la pauvreté en ville est en partie compensée par sa hausse en zone rurale, particulièrement au Nord. Les dépenses d’éducation et de santé sont moindres que dans des pays de développement comparable et les indicateurs sociaux sont faibles.

- Après les manifestations violentes contre la vie chère en 2008, le Gouvernement a suspendu des droits de douane sur les produits de première nécessité (poisson, riz, farine), mais il vient de rétablir une taxe de 5% sur le riz. Depuis 2010, l’inflation en valeur moyenne est restée inférieure à 3%. Elle est passée sous la barre des 2% (1,9%) en 2014 malgré la baisse des subventions aux carburants ayant conduit à une hausse moyenne du prix à la pompe de 15% en juillet 2014, compensée en partie par la baisse des taxes sur les transports. La hausse du prix des carburants et la taxation des boissons alcoolisées a toutefois entraîné, avec un certain délai, une légère accélération de l’inflation, qui a atteint 2,7% en 2015. Le rétablissement récent des droits de douanes sur le riz n’a pas eu un impact réel sur l’inflation qui se situe à 0,9% en 2016 selon l’Institut National de Statistique. Le ralentissement de la croissance a un effet modérateur sur la hausse des prix : les prix des produits à la consommation finale des ménages ont augmenté de 0,5% au cours du premier semestre 2017 par rapport au même semestre de l’année 2016. Cette hausse était de 1,3% il y a un an.

 - L’encours de crédit des banques a augmenté de 5,7% entre décembre 2015 et décembre 2016, les dépôts augmentant de 3,9%. La liquidité bancaire se resserre. Le taux de créances en souffrance est passé de 12,6% à 14,6%, ce qui est élevé. 

- Le déficit de la balance commerciale[1] se creuse pour passer de 220 Mrd FCFA en 2015 à 470 Mrd FCA en 2016, sous l’effet d’une hausse des importations de 8% et d’une quasi-stagnation des exportations (+ 0,5%). Cette quasi-stagnation est la résultante d’évolutions divergentes : café +1,3%, coton +6,5%, banane +2,5%, caoutchouc +17,2% ; mais pétrole -17,7%, cacao -2,9%, bois -4,6%, aluminium -14,9%.

- Le solde des paiements courants passe de -4,1% du PIB en 2015  à -6,2% du PIB en 2016 et le solde global de 2,9% à -4,6%. Les avoirs extérieurs nets du Cameroun baissent de 34,4% sur l’année 2016 et ses dépôts en compte d’opération de 60%.

3. Finances publiques

Selon la BEAC, les recettes budgétaires 2016 ont atteint 2897,3 Mrd FCFA (-5,9% par rapport à 2015) dont 472,2 Mrd FCFA de recettes pétrolières (-15,1%) et 2425,1 Mrd FCFA de recettes non pétrolières (-3,8%). Les estimations du FMI ne s’en éloignent pas sensiblement (2838 Mrd FCFA de recettes budgétaires et 425 Mrd FCFA de recettes pétrolières). La baisse des recettes pétrolières est due à la forte baisse des exportations en valeur (cf. supra) ; la baisse des recettes non pétrolières est essentiellement due à celle de l’impôt sur les sociétés et sur le revenu, ainsi qu’à celle des recettes non fiscales. Les dépenses budgétaires ont atteint 3925 Mrd FCFA (+14,9%). Cette hausse est essentiellement le fait des dépenses en capital (+38,5%, à cause notamment des investissements de la CAN). Les dépenses courantes augmentent de 3,9%, les économies sur les transferts (-19,5%) venant compenser en partie l’augmentation des salaires et traitements (+3,9%), des dépenses en biens et services (+7,4%) et des intérêts de la dette (+150%). Le déficit budgétaire base engagements passe de 1,9% du PIB à 5,6% du PIB en 2016. Les arriérés intérieurs s’accumulent.

En LFI 2017, le gouvernement a fait l’hypothèse d’un taux de croissance du PIB à 6,1% contre 4,8% en 2016.  Le FMI ne prévoit que 4,0% de croissance. Le PIB du secteur non pétrolier croitrait à hauteur de 5,7% (contre 4,9% en 2016 et 4,3% en 2017 pour le FMI) et le déficit extérieur s’établirait à 3,2% en 2017 contre une prévision du FMI de 4,5% en 2016 et 4% en 2017. En outre, le prix du baril de pétrole camerounais est prévu à 40$ et l’inflation à 3%. Sur la base de ces hypothèses de cadrage macro-économique, le budget 2017 s’établit à  4373,8 Mds FCFA en hausse de 0,6% par rapport au budget révisé pour 2016. Les recettes internes sont en hausse de 7,9% par rapport aux réalisations 2016, avec une augmentation de 27,8% des recettes pétrolières. Les dépenses courantes sont en hausse de 3,9% ce qui correspond à une hausse des dépenses de personnel de 4,5% à 998,5 Mds FCFA, des dépenses de biens et services de 4% à 693,7 Mds FCFA et des transferts et subventions de 2,3% à 367,2 Mds FCFA. Les dépenses en capital augmentent de 4% à 1586,9 Mds FCFA.

4. Situation de la dette

Dans le cadre de l’initiative PPTE, le Cameroun a vu sa dette extérieure réduite de 5,6 Mrd € à 1,6 Mrd € en 2006. Le ratio dette/PIB a atteint un plancher de 9,7% en 2008. Depuis lors, la dette a connu une forte croissance qui s’accélère depuis 2013, d’abord par l’endettement à des conditions non concessionnelles auprès de nouveaux bailleurs (Chine en premier lieu), puis par émission d’un Eurobond à  près de 10% en 2015.

Le stock de dette totale est lui passé de 19% du PIB en 2013 à 34,1% en 2016 dont 22,7% du PIB correspond à la dette extérieure selon le FMI.  Des arriérés intérieurs significatifs sont accumulés. En trois ans (2013-2015), la soutenabilité de la dette extérieure a été classée successivement de risque faible à risque moyen, puis risque élevé par le FMI, ceci sur la base de projections n’incluant pas l’émission de l’Eurobond mais conduisant à un ratio dette/PIB à 42,5% en 2020.

5. Relations avec les bailleurs

5.1. FMI

Le Cameroun a conclu le 26 juin 2017 un programme de Facilité Elargie de Crédit de 3 ans avec le FMI d’un montant de 483 M DTS (environ 400 Mds FCFA) correspondant à 175% de sa quote part, conformément aux résolutions du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEMAC le 23 décembre 2016 à Yaoundé;  qui a vu la participation de Mme Lagarde. Un premier décaissement de 94 Mds FCFA (124 M DTS) est intervenu à la suite de la conclusion du programme, le prochain, d’un montant de 82,8 M DTS devrait intervenir en décembre 2017, à l’issu de la de la première revue du programme.

 5.2. Banque mondiale

Le portefeuille de la Banque mondiale inclut 18 projets d’un montant total de 1474.8 5 M$. Les principaux projets en cours de décaissement : Projet de transport d’électricité et de réforme du secteur (325M USD) ; Projet de développement du secteur des transports (192 M USD) ; Barrage de Lom Pangar (132 M USD) ; Traitement d’urgence ces crues (108 M USD),  Développement des marchés agricoles (100 M USD) ; Centrale à gaz de Kribi (82 M USD) ; Eau et développement urbain (80 M USD), Transport multimodal (71 M USD) ; Compétitivité agriculture (60 M USD) ; Education (53 M USD). La Banque mondiale, comme la BAD, l’UE et la France doivent dans le cadre de programme FEC avec le FMI, apporter un appui budgétaire au Cameroun. Les annonces récentes de remise en cause de la stratégie du secteur électricité constituent toutefois un irritant pour la Banque mondiale et pour la BAD.

5.3. Banque africaine de développement

La BAD a adopté une stratégie 2015-2020, qui repose sur deux piliers : renforcement des infrastructures agricoles et de transport et renforcement de la gouvernance. A mi-2017, le Portefeuille actif de la comprenait 15  projets en cours, essentiellement dans le secteur des infrastructures,  pour un montant total d’environ 845 MUSD. Les principaux projets sont : Programme routier Batchenga-Lena (146 M USD),  Corridor Bamenda-Enugu (126 M USD) ; Route Kumba-Manfe (66 M USD, Aménagements hydrauliques  de Lom Pangar (62 M USD).

5.4. Union européenne

L’enveloppe du 11ème FED (2014-2020) est en augmentation de 11 % à 282 M EUR. 178 M EUR seront consacrés au développement rural et 78 M EUR seront consacrés au financement de projets d’appui à l’amélioration de la gouvernance. 20 M EUR financeront les mesures d’appuis, d’accompagnement de la programmation, de préparation et de mise en œuvre. L’approche projets a été jusque-là privilégiée mais l’UE envisage de recourir à terme à des appuis budgétaires sectoriels.

5.5. Autres bailleurs

Les financements chinois sont devenus très importants sur les dernières années (550 Mds FCFA en 2011, 490 Mds en 2012  et 190 Mds en 2013,  400 Mds en 2015), 588 Mrd FCFA depuis début 2016 (seconde phase du Port de Kribi et barrage de 75 MW dans l’Adamaoua)

Les principaux projets sont, outre les projets précités : première phase du Port de Kribi, logements sociaux, centrale hydroélectrique de Memvé’ele, 1er tronçon de l’autoroute Douala-Yaoundé, Adduction d’eau potable Yaoundé.  

6. L'aide bilatérale française

L’activité de l’AFD au  Cameroun concerne de nombreux secteurs : agriculture, eau-assainissement, infrastructure et développement urbain, éducation, santé, secteur productif.

Dans le cadre d’une remise de dette bilatérale additionnelle, le Cameroun bénéficie du processus C2D :

- Le second C2D qui porte sur la période 2011-2016 bénéficie d’un montant de 326 M EUR  (signé en juillet 2011). Il est concentré principalement sur l’agriculture et le développement rural (60%),  les infrastructures et le développement urbain (34%) et  la formation professionnelle (5 %). Les montants de ce second C2D sont intégralement engagés mais les décaissements pourraient s’étaler jusqu’en 2019.   

 - Un troisième C2D a été signé le 30/06/2016. Il porte sur 611,4 M€ sur 2017-2025. Ses affectations sont les suivantes : Agriculture et développement rural  (30%), Infrastructures et aménagements urbains (25,6%) ; Appuis budgétaires sectoriels (30,3%) ; Gouvernance et renforcement des capacités (1,5%), Appuis transversaux et partenariats (2,7%)

 - L’AFD a octroyé des prêts souverains, jusqu’à fin 2015, où le Cameroun a été déclassé en risque élevé de soutenabilité de la dette par le FMI. Son activité est désormais limitée à l’octroi de prêts non souverains, en vertu de la doctrine Lagarde. Le portefeuille vivant de l’AFD est de 1,5 Mrd € (octrois)

Les prêts octroyés en 2015 sont : un prêt souverain de 70 M € (pont sur le Wouri) et un prêt non souverain de 46 M€ à Aéroports du Cameroun pour la réfection de la piste de l’aéroport de Douala. Les octrois de 2016 se sont élevés à 108, 4 M€, pour l’essentiel au titre du C2D. 18,7 M€ de garanties Ariz ont été octroyés la même année aux banques pour des prêts aux PME.

7. Présence commerciale française

7.1. Commerce extérieur

- Après une baisse sensible de 7,5% en 2014, les exportations françaises vers le Cameroun ont baissé de 1,5% en 2015 puis 2,1% en 2016 pour atteindre 631 M€. Au premier semestre 2017, elles se contractent de 20,9% à 261 M EUR, Cette baisse est le fait de toutes les grandes rubriques hormis les machines industrielles et agricoles et machines diverses (+19,1%) et les produits chimiques, parfums et cosmétiques (+20,7%). Le premier poste d’exportation est « préparations pharmaceutiques » (-51% à 38,5 M EUR, soit 14,8% du total) suivi du malt (-6,7% à 11,4 M EUR soit 4,4% du total), les matériels de transport (-41,1% à 10 M EUR soit 3,8% du total). La France est le 3ème fournisseur du Cameroun en 2015 avec 10,5% des importations derrière la Chine et le Nigéria, dont la place varie beaucoup, en fonction des ventes de pétrole.

- Les importations françaises depuis le Cameroun augmentent au premier semestre 2017 de 85%pour atteindre 221,1 M EUR. Cette forte augmentation résulte de la reprise des achats de pétrole brut qui atteignent 100 M EUR pour un montant quasi nul un an plus tôt.  Arrivent ensuite les fruits tropicaux et subtropicaux (+0,5% à 50,3 M EUR, soit 22,7% du total), le cacao et le chocolat (+6,4% à 27 M EUR soit 12,2% du total), l’aluminium (+176% à 14,6 M EUR soit 6,6% du total), les bois transformés ou non (-30,2% à 10,9 M EUR soit 4,9% du total) et le café et le thé (-37,6% à 5,6 M EUR soit 2,5% du total%) . Au total, notre excédent commercial se réduit au premier semestre 2017 de 210,4 M€ à 39,9 M€.

7.2. IDE et présence française

Le stock d’IDE français au Cameroun s’établit en 2014 à 906 M EUR en diminution de 18% par rapport à 2013, selon la Banque de France. La baisse a commencé en 2013, après une période de croissance pendant laquelle le stock d’IDE français au Cameroun est passé de de 544,3 M EUR en 2008 à 1 076,6 M EUR en 2012. Le stock d’IDE Français au Cameroun est le troisième d’Afrique centrale, après le Gabon et le Congo, qui bénéficient d’investissements pétroliers.

En termes de répartition, les activités financières et d’assurance constituent de loin le premier secteur d’investissement avec 64,6 % du stock en 2013 (666,5 M EUR). La prépondérance du secteur financier est notamment due à la présence de nombreuses filiales au Cameroun de groupes bancaires français (Société Générale, BPCE) mais également du secteur de l’assurance (Axa, Gras Savoye…). Le second secteur est celui du commerce, qui représente 131,5 M EUR en 2013 (13,2 % du stock).

La présence française est très diversifiée. Elle est le fait d’une centaine de filiales et de 200 entreprises appartenant à des ressortissants français. Elle est significative dans l’exploitation pétrolière (Perenco qui a repris les activités de Total E&P), l’agro-industrie et le bois (Cie fruitière -bananes, Bolloré -huile de palme, Vilgrain -sucre et farine, Castel -boissons- Rougier et Pasquet -bois), le BTP (Vinci/Sogea-Satom, Fayat/Razel, Bouygues/DTP Terrassement), l’industrie (Lafarge -ciment, Air Liquide), les autres services (Bolloré -terminal à conteneurs et chemin de fer-, CMA-CGM/Delmas, Necotrans, Bureau Veritas), les activités financières (cf.supra), les télécommunications (Orange), la distribution (CFAO/Laborex -véhicules et produits pharmaceutiques, Total -produits pétroliers raffinés- Super U, Casino). EDF a signé fin 2013 un accord avec l’Etat pour la construction puis l’exploitation d’un barrage hydroélectrique (Nachtigal, non loin de Yaoundé) dont le coût est estimé à 1 Mrd USD. La réalisation de ce barrage pourrait être remise en cause par le changement de stratégie de l’Etat dans le secteur. Un groupement Bolloré-CGA CGM- CHEC (Chine) a obtenu en 2015 la concession  du terminal à conteneurs du Port de Kribi,Necotrans obtenant la concession du terminal polyvalent en association avec un groupement d’entreprises locales. Cette concession serait remise en cause par la cession des actifs du groupe Necotrans. CFAO retail, en partenariat avec Carrefour, devrait installer deux centres commerciaux et 4 supermarchés et compte investir 88 M EUR sur 4 ans. Une franchise FNAC a été ouverte à Douala. Casino prospecte en vue de nouvelles implantations.



[1] Source : BEAC

Ressources

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    Au premier semestre 2017, nos exportations vers le Cameroun se contractent de 20,9% par rapport au premier semestre 2016, contre une contraction de 2,1% sur l’année 2016. Nos importations en provenance du Cameroun en revanche augmentent fortement ...

  • Echanges bilatéraux franco-camerounais en 2016 - 11/05/2017

    En 2016, nos exportations et nos importations vers et en provenance du Cameroun se contractent de 2,1% et de 13%. La diminution des échanges franco-camerounais est le fait des principaux produits échangés (céréales, produits pharmaceutiques à l’ex...