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Bhoutan

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Enclavé entre la Chine et l’Inde, le Bhoutan est le plus petit pays du sous-continent indien (700 000 habitants pour 3894 km²). Il a retrouvé depuis 2014 des taux de croissance élevés grâce à l’expansion soutenue des secteurs secondaire et tertiaire (+ 8,5 et + 8,2 % en 2016 selon les estimations de la Banque mondiale). Ces deux secteurs représentent respectivement 41 et 43% du PIB, contre seulement 16% pour le secteur primaire.

 La croissance du PIB s’est élevée à 5,2 % en 2015 et devrait,  selon les prévisions du FMI, s’établir à 6 % en 2016 et 6,4 % en 2017. La Banque centrale projette, pour sa part, une croissance moyenne de 10,2% pour les deux années budgétaires à venir. Les mauvaises conditions climatiques de juillet 2016 ont cependant entraîné d’importants dégâts, endommageant notamment les infrastructures avec un coût estimé à 8 M$, qui pourraient ralentir quelque peu le rythme de croissance estimé pour 2016.

L’activité économique au Bhoutan est désormais liée depuis plusieurs années au développement des capacités de production hydroélectriques (projets Punatsangchhu-I, Punatsangchhu-II, Mangdechhu, Dagachhu et Basochhu en particulier). Soutenues par d’importants financements étrangers, et en particulier d’origine indienne (mais, dans le dernier cas cité, de source autrichienne), le développement des capacités hydroélectriques devraient permettre au Bhoutan, déjà exportateur net d’électricité, d’augmenter de près de 5 200 MWh sa capacité électrique totale à l’horizon 2026 et de tirer ainsi profit de la forte demande indienne. On notera par ailleurs que le Bhoutan a, en outre, développé et étendu son réseau routier, notamment dans le Sud du pays. Malgré un renforcement, depuis juillet 2014, de la politique de taxation des véhicules importés (à des taux qui peuvent s’étaler de 55% à 180%), la mise en œuvre de ces projets a entraîné une hausse notable du ratio d’endettement public, lequel dépassait encore 100% du PIB à fin septembre 2016.

Alors qu’il occupe une place de choix dans l’économie bhoutanaise depuis le début des années 2000, le secteur touristique a été affecté, récemment, par les préoccupations manifestées par les voyageurs après les tremblements de terre qui sont survenus dans l’Himalaya en avril et mai 2015. Les recettes touristiques ont ainsi reculé de 9,5% à 69 M$ au cours de la dernière année budgétaire. Les arrivées des visiteurs demeurent toujours fortement encadrées dans le cadre d’une stratégie qui vise à développer un tourisme à forte valeur ajoutée et qui demeure respectueux de l’environnement.  Toutefois, le tourisme indien, qui n’est pas soumis aux mêmes contraintes, a explosé au cours des trois dernières années, ce qui n’a pas été sans créer quelques tensions au sein du secteur.

L’activité demeure bien orientée dans les services grâce, notamment, à l’essor du commerce de gros, soutenu par les ventes de matériaux de construction. La construction a bénéficié de la hausse significative des dépenses publiques d’investissement, en augmentation de 10 % sur l’exercice budgétaire 2015-16 (juillet 2015 - juin 2016) grâce notamment à une forte progression des subventions pour les secteurs prioritaires (tourisme, agro-industrie, construction, artisanat).

Le secteur bancaire continue quant à lui croître à un rythme soutenu alors que les encours de crédit au secteur privé, portés par la demande des ménages, ont progressé de 15,5 % sur la dernière année budgétaire (11,1% en 2014, mais jusque 50% en 2009) après avoir marqué un coup d’arrêt au début de la décennie. Les secteurs de la construction, de l’immobilier et des services industriels sont les principaux récipiendaires des crédits bancaires, auxquels l’accès demeure en revanche plus difficile pour les PME.

Les politiques monétaire et budgétaire demeurent largement expansionnistes. Le recouvrement des recettes fiscales, déjà élevé par rapport aux pays d’Asie méridionale (13,2% du PIB en 2015-16 pour des recettes totales de 31,5% du PIB) devrait progresser significativement au cours des prochaines années suite à la révision récente des taux d’imposition sur le revenu et sur les sociétés ; les finances publiques devraient quant à elles, à moyen et long terme, être soutenues par les retombées des grands projets hydroélectriques. Si le secteur public garde un rôle majeur dans l’économie bhoutanaise, le plafonnement, depuis 2015, du nombre de postes dans la fonction publique, d’une part, et le relatif relâchement de la réglementation des affaires, d’autre part (progression de la 148ème place sur 185 pays du classement Doing Business en 2012 à la 73ème place sur 190 pays en 2017), notamment dans le cadre du 11ème plan quinquennal, se sont montrés propices au développement du secteur privé lors de ces dernières années.

Repassé, depuis 2014-2015, en-deçà de 10%, le taux d’inflation continue quant à lui sa décélération, notamment en raison de la faiblesse des prix des produits agricoles et pétroliers. Les prix à la consommation devraient augmenter, selon les prévisions du FMI, de 4,4 % en 2016 et de 4,6 % en 2017 alors que l’inflation s’élevait encore à 11,3 % en 2013. L’évolution des prix au Bhoutan demeure toutefois très dépendante des prix de gros sur le marché indien, d’où proviennent 80% des importations et vers lequel sont convergent 90% des exportations bhoutanaises.

Structurellement déficitaire et creusée par le dynamisme de la consommation intérieure, mais surtout par les investissements publics dans les infrastructures, la balance courante devrait s’établir à - 27,8 % du PIB en 2016 et à - 31,5 % en 2017 selon les dernières prévisions du FMI. Le gouvernement a, face à ces niveaux élevés, déclaré vouloir faire de la réduction du déficit de la balance des transactions courantes une des priorités du 22ème plan quinquennal qui sera mis en place à partir de 2018. La soutenabilité à long terme de la balance courante sera en grande partie déterminée par les retombées des projets hydroélectriques.

Après avoir fortement puisé dans ses réserves en 2011/2012 afin de maintenir l’ancrage de la devise bhoutanaise (le Ngultrum, devise officielle du Bhoutan, évolue à parité fixe avec la roupie indienne) à la roupie indienne, la Banque centrale a, depuis lors, graduellement reconstitué et diversifié ses réserves de change, qui s’établissent désormais aux alentours de 1 Md $ (soit environ 10 mois d’importations). Un peu moins d’un cinquième de ces réserves sont libellées en roupies indiennes.

La démonétisation inattendue des coupures de 500 et 1000 roupies indiennes, qui circulent largement au Bhoutan, a généré un choc économique pour un pays qui dépend aussi fortement de l'Inde. L’autorité monétaire bhoutanaise (RMA) négocie actuellement avec la Reserve Bank of India (RBI) et le gouvernement indien le remboursement des roupies indiennes démonétisées recueillies par la RMA, estimées à 2,4 Mds INR (33 M€).

 

Ressources

  • [ASIE DU SUD] Lettre d’Asie du sud - Octobre 2015 - 02/11/2015

    Inde – Publication de la contribution indienne : accent mis sur l’agenda des solutions positives Pakistan –  Un pays en proie aux effets du changement climatique dont la contribution nationale se fait attendre Bangladesh – Contribution à la lutt...