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L’Egypte dans le rapport sur la compétitivité mondiale 2017/2018

 

Publication annuelle du Forum Economique Mondial, le rapport sur la compétitivité classe les économies du monde sur la base de 114 indicateurs visant à mesurer leur niveau de productivité. On notera que ce classement reflète essentiellement la perception du secteur privé, les indicateurs étant pour la plupart calculés à partir des réponses données par des hommes d’affaires (cadres et dirigeants d’entreprises).

En 2017, l’Egypte se classe 100ème sur 137 pays, en progression de 15 places par rapport à l’année précédente(115/138). Il s’agit de la plus importante progression parmi les pays de la région ANMO. Dans le cas de l’Egypte, la progression sur les indicateurs qualitatifs s’apprécie en comparaison avec les années 2014 et 2015, les données issues des questionnaires de 2016 ayant été écartées (en raison d’un doute sur la qualité des résultats, très différents des années précédentes).

Parmi les 12 grandes catégories examinées, l’Egypte affiche tout d’abord une forte progression dans celle des «Institutions » (+23 places ; 64ème rang), la plupart des indicateurs s’étant largement améliorés, notamment ceux relatifs à la criminalité et à la fiabilité des services de police. Elle progresse également sur le pilier des « Infrastructures » (+25 places,71ème rang)grâce aux progrès généraux en termes de qualité des infrastructures de transport (routes, voies ferrées, ports, aéroports) mais également grâce à l’amélioration de la fourniture d’électricité.

Les personnes interrogées font aussi état d’un meilleur fonctionnement du marché des biens (+22 places, 90ème rang) grâce notamment à une concurrence accrue sur le marché domestique, une diminution des situations de position dominante, une politique agricole plus équilibrée, la réduction des barrières non-tarifaires ainsi que la baisse du nombre de procédures (de 7 à 4) et de la durée (de 8 à 6,5 jours) nécessaires pour démarrer une entreprise. Enfin, les personnes interrogées constatent un net développement du marché financier (+34 places, 77ème rang), notamment en termes d’accès au crédit bancaire, de disponibilité du capital-risque, de solidité financière des banques et de réglementation relative aux échanges de valeurs mobilières.

Si l’Egypte peut toujours compter sur la profondeur de son marché domestique pour assurer sa croissance (25ème rang, idem en 2016), le rapport met néanmoins en évidence la persistance d’un environnement économique dégradé (132ème rang ; +2 places). L’Egypte souffre en effet d’un déficit et d’une dette publique élevés, d’un taux d’épargne national faible et d’une inflation forte. De surcroît, l’Egypte pâtirait d’un marché du travail particulièrement inefficient (134ème rang ; +1 place) qui se caractériserait, entre autres, par une faible flexibilité (forts coûts de licenciement), une forte déconnexion entre salaires et productivité, un manque d’attractivité des talents et un faible taux de participation des femmes à la population active.

Malgré une légère progression, le rapport met aussi en exergue un retard dans le domaine de l’innovation (109ème place ; +13 places), notamment en termes de niveau de dépenses en R&D, de partenariat universités-entreprises et de qualité des institutions scientifiques de recherche. Il met également en évidence d’importantes lacunes dans le secteur de l’éducation, les personnes interrogées fustigeant entre autres la qualité des systèmes d’enseignement primaire (133ème rang) et secondaire (130ème rang) ainsi que le manque de services de formation spécialisés (135ème rang).

Enfin, l’enquête souligne les principales difficultés du monde des affaires : l’instabilité du cadre législatif apparait comme le premier handicap (15,2% des répondants), suivi de l’inflation (14,2%), de la corruption (9,8%) et de la lourdeur de la bureaucratie (9%).

Sources : rapports sur la compétitivité mondiale 2016-2017 et 2017-2018


Publié le 26/10/2017