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Développement du mobile banking dans la zone UEMOA

Les services financiers via la téléphonie, ou mobile banking, se développent et se diversifient à un rythme soutenu dans la zone UEMOA depuis 2009. A fin 2016, la valeur globale de l’ensemble des opérations de mobile banking a atteint 17,3 Mds€ (20% du PIB régional), soit une hausse de 53% par rapport à 2015. Cette activité, qui a vocation à renforcer l’inclusion financière dans la zone, ne portent pour l’instant que sur des services financiers de base (retraits et dépôts d’espèces sur un compte électronique dédié, transferts d’argent, paiements de factures…), avec une prédominance des opérations de rechargement de compte et de retrait d’espèces.

 1.    Une activité en pleine expansion et qui renforce l’inclusion financière en zone UEMOA

Le mobile banking existe dans tous les pays de la zone UEMOA. Il a été lancé en 2009 en Côte d’Ivoire et au Sénégal, avant de s’étendre progressivement aux autres pays. A la souscription, chaque abonné se voit attribuer un compte de monnaie électronique adossé à son numéro de téléphone. Deux types de services financiers sont offerts à ce jour. Il s’agit d’une part des services qui impliquent l’usage de monnaie fiduciaire (dépôts et de retraits d’espèce à partir d’un point de service dédié) et d’autre part ceux qui sont effectués en monnaie électronique (paiements de factures, transferts d’argent de compte à compte, achats de crédits téléphoniques…).

 L’activité connaît une expansion rapide et soutenue dans la zone.

Au 31 décembre 2016, la zone comptait 33 initiatives de mobile banking  (contre 11 en 2010). Ces initiatives sont pour la très grande majorité le fruit de partenariats entre banques et compagnies de télécommunication. Les plus importants partenariats ont été noués par les filiales régionales des groupes BNP Paribas, Société générale, Ecobank, Bank of Africa (filiale de la Banque marocaine du commerce extérieur-BMCE) avec les sociétés de téléphonie Orange, Moov (Emirats arabes unis) et MTN (Afrique du Sud). Les principales offres (76% de part de marché) du marché sont :

-       Orange money, mise en œuvre par Orange dans cinq pays de l’Union (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger et Sénégal), en association avec les filiales de BNP Paribas dans les différents Etats, sauf au Niger où le partenariat est avec Bank of Africa et au Burkina Faso avec Ecobank ;

-       MTN money, partenariat entre MTN et les filiales de la Société générale en Côte d’Ivoire, d’Ecobank au Bénin et en Côte d’Ivoire, de la BOA et de Diamond bank (Nigéria) au Bénin et UBA (Nigéria) en Côte d’Ivoire ;

-       Moov Flooz, partenariat entre Moov et la banque commerciale ivoirienne NSIA en Côte d’Ivoire.

Ensemble, ces 33 initiatives ont enregistré 716,6 millions de transactions en 2016, soit six fois plus qu’en 2010. La valeur de ces transactions a atteint 17,3 Mds€, soit une hausse de 92% en moyenne annuelle depuis 2010. Cette performance est soutenue par le nombre croissant de souscripteurs. Celui-ci a plus que triplé depuis 2010, passant de 11 millions à près de 36,5 millions. Le taux d’activité (comptes actifs sur total de comptes) ressort à 35%, soit près de 12,6 millions de comptes actifs, contre 9,9 millions en 2015.

Le dynamisme de l’activité est favorisé par l’extension rapide du réseau de distribution.

Globalement, le nombre de point de services (Guichets automatiques, terminaux de paiements électroniques et agents distributeurs) a plus que doublé entre 2014 et 2015 pour s’établir à près de 94 000, soit en moyenne 220 utilisateurs par point de service.

Le mobile banking renforce considérablement l’inclusion financière dans la zone.

Ainsi, le taux global d’utilisation des services financiers via la téléphonie mobile a atteint 65% en 2016, contre un taux moyen de bancarisation au sens strict (nombre de personnes titulaires de comptes de dépôt et de crédits dans les banques/population adulte) de seulement 14%.

L’activité se consolide à l’échelle de l’Union, sur fond de dynamique hétérogène selon les pays.

La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali ont concentré à eux trois 84% de la valeur des transactions et 65% du total des abonnés en 2016. Le marché ivoirien est le plus important, tant en termes de valeur des transactions (7,5 Mds€, +120% par rapport à 2014) qu’en nombre d’abonnés (12,8 millions, soit 35% du total de l’Union). Il est suivi de celui du Burkina Faso avec 3,7 Mds€ (+516% depuis 2014) et 4,1 millions d’abonnés ; du Mali avec 3,3 Mds€ de transactions (+170% depuis 2014) et 6,8 millions d’abonnés, du Bénin avec 1,4 Md€ de transactions (contre 29 M€ en 2014) et 4,3 millions d’abonnés. Le Sénégal, avec 611 M€ (+109%) et 4,4 millions de clients, le Togo avec 401 M€ de transaction (contre 8 M€ en 2014) et 2 millions de clients et le Niger avec 329 M€ (+97%) et 2,1 millions de clients, ont également enregistré des évolutions soutenues. Le marché bissau-guinéen est encore très modeste avec seulement 0,9 M€ de transaction en 2016.

 2.    L’activité est dominée par les opérations en monnaie fiduciaire (dépôts et retraits d’espèces)

L’activité est largement dominée par les opérations en monnaie fiduciaire, notamment les rechargements de compte (dépôts) et les retraits d’espèces. Ceux-ci ont respectivement représenté 40% et 35% de la valeur globale des transactions. Ainsi, une grande partie (88%) des fonds déposés sur les comptes électroniques est directement retirée en espèces, sans être impliquée dans aucun autre type de transaction.

Les 12% restant des dépôts demeurent sous forme de monnaie électronique et permettent d’exécuter plusieurs transactions, notamment les transferts d’argent nationaux (2,6 Mds€ en 2016 contre 229 M€ en 2013) et transfrontaliers (729 M€ en 2016), les paiements marchands (386 M€ en 2016), les paiements de facture, notamment d’eau, d’électricité et d’abonnement à des chaînes de TV satellitaires (285 M€), les achats de crédits téléphoniques (250 M€) et les paiements de salaires (67 M€).

Les services plus élaborés, tels que les paiements de taxes, d’impôts, la souscription à une police d’assurance, la manipulation de compte bancaire (virements, dépôts…), sont accessoirement effectués à ce jour, mais devraient occuper une place plus importante au cours des toutes prochaines années.

 3.        Plusieurs défis restent à relever pour consolider et étendre l’activité

Les principaux portent sur :

-          le renforcement de la concurrence dans le secteur : la position dominante d’un nombre limité d’acteurs est de nature à maintenir une tarification élevée qui dissuade nombre de personnes à souscrire à une offre ;

-          le développement de services plus élaborés. Cela passe par une vulgarisation du mobile banking au sein des administrations publiques et des autres acteurs de l’écosystème financier (compagnies d’assurance, de microfinances, marchés boursiers...) ;

-          l’autorisation des transferts internationaux hors UEMOA : en l’état actuel, les transferts d’argent via le mobile banking ne peuvent s’effectuer qu’entres comptes détenus dans les pays de l’UEMOA. Les transferts internationaux hors UEMOA sont interdits à ce jour par la BCEAO.


Publié le 14/09/2017