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Koweït : le secteur de l'eau

Pour réduire le sévère et préoccupant stress hydrique auquel le pays est soumis, un ambitieux programme de désalinisation de l’eau de mer est en cours de mise en œuvre.

1/ Des contraintes climatiques et géologiques très sévères.

Le Koweït se présente comme un pays désertique disposant d’une façade maritime longue de 499 km, le nord et le sud-est du pays sont bordés par les eaux du Golfe. Le climat semi-aride du Koweït se caractérise par des saisons bien marquées : un été chaud, long et parfois humide et un hiver relativement froid et court. L’été, les températures varient entre 30°C et 50°C. La pluviométrie y est de 110 mm par an, soit 3 fois inférieure à la moyenne marseillaise et 8 fois inférieure à la moyenne de la France.

Situé au fond du Golfe Arabo-Persique, le pays ne profite d’aucun point d’eau naturel alors que son sous-sol est gorgé de pétrole. Ayant développé une importante industrie pétrolière au cours des 40 dernières années, l’émirat consomme des grandes quantités d’eau pour la faire fonctionner, tout en devant satisfaire une demande croissante d’eau potable pour la population en augmentation constante  (+ 6,96 % par an), ce qui complexifie la problématique de son approvisionnement et classe la sécurisation de ses ressources hydrauliques au rang de priorité stratégique nationale.

2/ Des réponses pragmatiques à la demande croissante en eau.

Créée à Mina Al Ahmadi par la compagnie pétrolière koweïtienne, la première usine de dessalement d’eau de mer date de 1951. Depuis la fin des années 2000, la demande globale koweïtienne en eau connaît une croissance annuelle de 7 % et atteint plus de 350 millions de m3 par an, ce qui a imposé la construction de sept unités de traitement de l’eau. Aujourd’hui, 90 % de la demande sont satisfaits par le dessalement de l’eau du Golfe.

Au niveau de la région, le Koweït est un pays précurseur dans le traitement et le dessalement des eaux. A ce titre, le ministère koweïtien de l’électricité et de l’eau continue de stimuler la réalisation de projets financés par des partenariats publics-privés sous l’égide de l’autorité koweïtienne pour les projets de partenariats-KAPP.

Depuis les années 60, grâce aux retombées financières des ressources pétrolières, les prix subventionnés de l’eau à la consommation n’avaient pas augmenté et cette stagnation des prix a favorisé le processus de sédentarisation de la population. Dans le cadre du plan national de développement « vision du Koweït 2035 » et pour assurer une gestion durable des ressources, le gouvernement poursuit ses efforts de planification. Actuellement, la capacité de dessalement atteint 1,65 M de m3/J dont 1,47 M de m3/J par distillation instantanée à plusieurs étages (MSF) et 0,17 M de m3 par Osmose Inverse (OI). A moyen-long terme, l’augmentation annoncée de la population nécessitera une diversification accrue des procédés de production d’eau, destinée à la consommation humaine et à usage industriel ou agricole, en valorisant notamment le traitement des eaux usées, désormais accessible aux acteurs privés.

3/ Des projets d’envergure pour assurer l’avenir.

A Sulaibiya, par distillation à plusieurs étages et osmose inverse, 375 000 m3 d’eaux usées sont traitées chaque jour pour produire 311 250 m3 d’eau potable quotidiennement. Le ministère des travaux publics doit valoriser la station de Sulaibiya pour obtenir 600 000 m3 supplémentaires d’eau traitée par jour. L’unité traite les eaux usées de Mishref, Riqqa et Ardiya ; la distribution se fait principalement vers les zones agricoles de Wafra et Zahra.

Le projet Shamal Az-Zour (au sud du pays) concerne la construction de plusieurs unités (en 5 phases) de distillation à effets multiples capables de produire 486 432 m3 d’eau potable par jour, ce qui équivaut à 20 % de la production nationale. Le ministère de l’électricité et de l’eau du Koweït achètera l’intégralité de la production dans le cadre d’une convention d’achat à long terme, pour 40 ans (ECWPA). Shamal Az Zour représente également 10 % de la capacité de génération d’électricité du pays. La phase 1 est désormais achevée et l’unité concernée est pleinement opérationnelle.

Shuwaikh RO Project a la capacité de traiter 136 000 m3 par jour, fournissant de l’eau potable à près de 450 000 habitants, soit environ 12 % de la population du pays.

Parmi les projets à venir, la station de Doha-Est, d’une capacité de 378 500 m3 par jour, devrait être achevée vers 2023 et l’unité 2 de Shuaiba devrait fonctionner en 2022.

En outre, le gouvernement koweïtien souhaite utiliser l’énergie solaire pour mieux répondre aux besoins énergétiques sans affecter l’environnement. Le dessalement dit « solaire » pourrait servir à chauffer directement l’eau ; cette technique, adaptée aux petites quantités, pourrait s’appliquer à la construction d’habitations individuelles. Une technologie novatrice, prenant en compte les vents de sable fréquents de janvier à avril au Koweït, pourrait être employée.

Commentaire :

Lors du sommet international de l’eau à Abu Dhabi (début 2017), l’Etat du Koweït a déclaré vouloir augmenter sa capacité de 100 %, d’ici 2035, ce qui devrait offrir de nombreuses opportunités aux entreprises françaises.


Publié le 31/07/2017