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BRESIL- Brèves économiques et financières du 9 au 15 juin 2017

Brèves économiques et financières

Semaine du 9 au 15 juin 2017

Résumé :

  • L’inflation, en nette baisse en ce premier semestre, atteint désormais 3,6% sur 12 mois fin mai.
  • Les ventes de détail surprennent positivement en avril (+1% en g.m.) stimulées par les retraits du FGTS
  • Malgré une hausse en avril, les services (+1% en g.m.) montrent des signes de dégradation.
  • Le gouvernement cherche à s’adapter aux difficultés budgétaires, qui s’aggravent en mai.
  • L’investissement pourrait baisser quatrième année consécutive de baisse en 2017.
  • « The killer chart » : Le rétablissement de l’économie sera plus tardif que lors des crises précédentes.
  • Évolution des marchés du 9 au 15 juin 2017.

L’inflation, en nette baisse en ce premier semestre, atteint 3,6% sur 12 mois en mai

Selon l’institut national des statistiques, l’IBGE, l’inflation (IPCA) en mai a enregistré une augmentation mensuelle de +0,31% (contre +0,14% en avril). Sur les douze derniers mois, l'IPCA s’établit à 3,6%, le niveau le plus faible depuis mai 2007, soit 10 ans. L’inflationpoursuit ainsi sa trajectoire favorable, avec anticipation par rapport aux attentes du marché. Sur les cinq premiers mois de l’année, l’inflation atteint un niveau relativement faible de 1,4%.

Dans le détail, cette évolution de l'indice sur la période est illustrée notamment par la hausse des dépenses de logement (2,1%), de la santé (+0,6%) en raison du recalibrage de certains tarifs de l’électricité (+9%) et des médicaments (+0,8%). A l’inverse, ces hausses sont contrebalancées par la déflation des produits alimentaires (-0,35%) et des transports (-0,4%). Il faut également noter la hausse des prix de l’habillement (+1%), tandis que les autres groupes stagnent.

Cette forte décrue de l’inflation reflète cependant un niveau d’activité et surtout de consommation encore convalescent, notamment dans un contexte de fort chômage. D’un autre côté, le niveau d’inflation pourrait pousser la BCB à maintenir le rythme de l’assouplissement monétaire, de 100 pdb par Comité de Politique monétaire, afin de stimuler l’investissement et le crédit, qui tardent à répondre.

Finalement, cette évolution rapide démontre la capacité de réaction de l’inflation face à l’activité, tout en rappelant qu’au Brésil, celle-ci s’effectue aussi bien à la baisse qu’à la hausse.

Les ventes de détail surprennent positivement en avril, stimulées par les retraits du FGTS

Toujours selon l’IBGE, après deux mois consécutifs de baisse, le secteur du commerce de détail voit son résultat bondir en avril en comparaison à mars, de façon significative, de +1% en un mois, ne permettant toutefois pas de compenser les pertes des deux mois précédents (-0,4% en février et -1,2% en mars).

En l’occurrence, la grande distribution se reprend légèrement de +2% m.m (après une baisse de -5,6% en mars). Surtout, les ventes sont tirées par le matériel de bureau (+10,2%). À l’inverse, l’ameublement (2,8%) et la papeterie (-4,1%) sombrent en avril.

Ces résultats positifs d’avril sont, selon l’IBGE, le résultat des retraits des fonds FGTS ainsi que d’un gain de pouvoir d’achat, corolaire de la baisse de l’inflation.

Le commerce de détail reste cependant en convalescence, comme l’illustre l’évolution sur 12 mois, de -4,6%, tout comme l’acquis de l’année qui reste négatif (-1,6%). Comparé au quatre premiers mois de 2016, les chutes sont particulièrement notables dans le matériel de bureau (-7,7%), les combustibles (-5,2%) et la grande distribution (-1%), tandis que l’habillement (+6,3%) et l’ameublement ménager (+2,2%) passent dans le vert.

En considèrent le commerce de détail amplifié, incluant l’automobile et la construction, l’acquis sur l’année 2017 empire légèrement (-1,8%) tout comme le cumulé sur les douze derniers mois (6,3%).

Bien que les effets des retraits des fonds FGTS soient temporaires, ceux-ci pourraient permettre d’améliorer la croissance du T2, prévue négative, le commerce de détail continue de souffrir d’une demande grippée par le chômage. 

Malgré une hausse en avril (+1%), les services montrent des signes de dégradation

Toujours selon l’IBGE, le secteur des services reste sur une pente ascendante. Secteur prépondérant de l’économie brésilienne (73% du PIB), les services continuent leur lente dégradation. Ainsi, malgré une hausse des ventes de +1% entre avril et mars, provient davantage d’une correction de la chute de mars (-2,6%) que d’une hausse des volumes. En effet, alors que les transports (+1% m.m) augmentent, les secteurs des services à la famille (0%) et les services d’information et communication (-0,2%) stagnent, corrigeant les données de mars.

Ainsi, en glissement annuel, les mois de 2017 restent sur une pente ascendante : l’activité d’avril est 5,6% inférieure à avril 2016, une donnée négative pour le 25e mois consécutif. De même, en cumulé sur 12 mois, l’activité des services se rétracte de -5%.

Ces résultats préoccupants, feraient des services le principal écueil de l’économie brésilienne en 2017, après avoir résisté au départ de la crise. Aujourd’hui, les volumes de ventes des services dont 15% inférieurs à fin 2014.En cumulé sur l’année et sur les douze derniers mois, toutes les familles de services diminuent.

L’activité du mois d’avril devrait cependant connaître un résultat favorable d’environ +1%. 

Le Gouvernement cherche à s’adapter aux difficultés budgétaires, qui s’aggravent en mai

Selon les données préliminaires du Siafi, les recettes fédérales en mai ont connu une nouvelle déconvenue –soit une nouvelle baisse en termes réels par rapport à mai 2016- obligeant le gouvernement à chercher de nouvelles économies et recettes additionnelles afin d’honorer l’objectif de déficit primaire de 139 Mds R$ pour 2017, sans pour autant effectuer une hausse d’impôt généralisée.

En effet, les données montrent des résultats décevant pour les impôts liés à l’activité économique, ce qui laisse présager une baisse de la production. Surtout, l’écart avec l’objectif de déficit primaire du gouvernement grandit et pourrait déjà dépasser 40 Mds R$, alors que structurellement les derniers mois de l’année demeurent ceux dont les déficits sont les plus élevés.

Par conséquent, la chambre des députés a voté une loi permettant d’annuler les precatorios, soit les dettes judiciaires dues par les organes publics, afin de les réquisitionner par le Tesouro. En outre, les petites créances, non demandés par le créancier depuis plus de deux ans et déposées dans les organes officiels pourraient être réquisitionnés par le Tesouro. Ces deux mesures, en lecture au sénat, permettraient de générer plus de 8 Mds R$ de recettes supplémentaires, ce qui comblerait légèrement l’écart budgétaire du début d’année.

Le Gouvernement espère une forte reprise au second semestre afin que des recettes supplémentaires viennent combler les résultats budgétaires décevants. Le cas échéant, il sera difficile d’atteindre la cible de déficit primaire. 

L’investissement pourrait baisser pour la quatrième année consécutive de baisse en 2017

La plupart des agences et banques du pays ont réduit leur prévision d’investissements cette année, ce qui signifierait une quatrième année consécutive de baisse. En effet, les investisseurs seraient désormais dans l’expectative et opteraient pour une attitude attentiste, retardant à l’année prochaine des éventuels investissements.

En outre, les résultats du premier trimestre du côté de la FBCF (formation brute de capital fixe) ont été plus mauvais que prévus et le taux d’investissement continue ainsi de chuter en proportion du PIB, passant de 20,7% du PIB au T1 2014 à 15,6% du PIB au T1 2017. Pour mémoire, le taux d’investissement d’autres pays émergents est bien supérieur et atteint 44% du PIB en Chine, 31% en Inde, 25% en Russie et 19% en Afrique du Sud.

De plus, la trajectoire de ce premier semestre de la FBCF est défavorable selon l’IPEA : sur les cinq premiers mois de l’année, l’investissement continue de baisser de -5% comparé à la même période de 2016. Sur 12 mois la chute apparaît désormais difficile à résorber : celle-ci se chiffre à -6%.

En conséquence, alors que les analystes tablaient sur une légère reprise de l’investissement, celui-ci devrait finalement se résorber d’environ -2%. Le taux d’investissement pourrait alors passer sous la barre symbolique des 15%, et deviendrait alors une composante majeure des carences structurelles du Brésil. La productivité à moyen-terme pourrait en effet être affectée par ce manque d’investissement. 

« The killer chart ». Le rétablissement de l’économie sera plus tardif que lors des crises précédentes: la plus grande récession de l’histoire brésilienne illustrée

Croissance durant les périodes de récession, trimestre précédent la contraction = base 100 :

          Croissance durant les périodes de récession, trimestre précédent la contraction = base 100 :        

 Évolution des marchés du 9 au 15 juin 2017

Indicateurs[1]

Variation

Semaine

Variation

Cumulée sur l’année

Niveau

Bourse (Ibovespa)

-0,8%

+3,7%

62 073

Risque-pays (EMBI+ Br)

-2pt

-42pt

286 pts

Taux de change R$/$

-0,1%

+0,8%

3,28

Taux de change R$/€

+0,4%

+7,8%

3,70

Clause de non-responsabilité - Le Service Économique Régional s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Rédacteurs : Stéphane GODARD-Conseiller Financier ; Jonathan THEBAULT- Adjoint Financier.

 



[1] Données du mercredi 14 juin à 12h localement. Férié le 15 juin.


Publié le 14/06/2017
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