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Le secteur agroalimentaire

L’Afrique centrale, qui dispose du plus grand potentiel agricole du continent, est la seule région d’Afrique où la malnutrition augmente encore aujourd’hui. On estime qu’au Congo-Brazzaville, le taux de prévalence de la malnutrition chronique est de 21,2%, soit un enfant sur 5.

La contribution du secteur agricole à la croissance nationale reste encore marginale. Selon la Banque des États d’Afrique centrale (BEAC), le poids de l’agriculture dans le PIB était de 4% en 2013 et  2014 et l’estime à 6,3% en 2015 et 7,6% en 2016, tandis que le FMI l’évalue à 3%. En dépit de son potentiel agricole - 10 millions d’ha de terres arables disponibles dont moins de 3% sont exploitées -, le faible rendement des petites exploitations vivrières oblige le Congo à assurer son autosuffisance alimentaire par l’importation, qui couvre quelque 70% de ses besoins de consommation, soit l’équivalent de 500 Md FCFA par an.

En raison de la récession économique marquée par la chute du cours du baril de pétrole depuis mi-2014, l’économie congolaise, n’a pas d’autre choix que de se diversifier. L’agro-industrie a été mise en avant comme l’un des piliers de la transition d’une économie de rente basée sur le pétrole vers une économie diversifiée par le Président de la République dans son programme de société "La marche vers le développement 2016-2021".

Le secteur agricole congolais demande à être structuré. Aujourd’hui, il est dominé par les petits agriculteurs qui cultivent sur des superficies allant d’1/2 ha à 1 ha de plantations, toutes cultures confondues (manioc, arachides, maïs, légumes…) et se servent de petits outils (houe, machette, brouette, etc.). Au travers de centres de machinismes agricoles, l’Etat congolais, parallèlement au secteur privé, a mis à disposition des petits agriculteurs des tracteurs moyennant la somme de 40 000 FCFA (61 EUR) pour 1 ha labouré. Mais le coût en est relativement élevé, compte tenu du niveau de production des exploitations et du défaut de maintenance.

Pour répondre aux besoins de crédits de proximité des petits agriculteurs, l’État a lancé des initiatives telles que la création en 1984 des Mutuelles congolaises d’épargne et de crédit (MUCODEC), d’abord sous forme de coopérative de petits producteurs agricoles dénommée Caisse rurale, coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC). Compte tenu de l’évolution des activités des MUCODEC, dont les prestations s’apparentent désormais à celles des banques, le ministère de l’Agriculture a créé un Fonds de soutien à l’agriculture (FSA), doté de 2 Md FCFA (3,04 M EUR), opérationnel depuis 2008. Ce fonds, qui à l’origine intervenait sous forme de dotation pour le matériel agricole, devrait se transformer en prêts à taux bonifiés  pour responsabiliser les agriculteurs. En dehors de ce fonds, des lignes de crédits destinées à acheter du matériel agricole sur des projets jugés stratégiques émargent au budget du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la pêche.

Conscient du potentiel non exploité que pourrait offrir le secteur agricole dans la diversification de son économie mais aussi des moyens limités du budget 2017 du ministère de l’Agriculture (à peine 69M EUR pour un programme ambitieux de 1,5Md EUR), l'État congolais entend s’appuyer sur des investisseurs privés et les bailleurs de fonds pour structurer son agriculture vivrière mais développer parallèlement une agriculture commerciale. En contrepartie, il met à disposition des terres ainsi qu’un cadre fiscal, foncier et douanier favorable.

Plusieurs entreprises étrangères sont déjà implantées : SARIS Congo, filiale de la société SOMDIAA (Vilgrain/Castel) et de l’Etat congolais (14 000 ha plantés de cannes à sucre), qui reste à ce jour le fleuron de l’agro-industrie congolaise (raffinage du sucre);  TOLONA, créée par un Français (20.000 ha), la société émiratie Front Line Development PartnerS (10.000 ha pour ses activités agricoles de canne à sucre, riz, soja et palmiers à huile, ), CIB, filiale du Singapourien Olam qui redynamise la filière cacaoyère dans le département de la Sangha. D’autres investisseurs, tels que le groupe sénégalais SEDIMA ou encore le sud-africain TRADY RIVER Farm, sont également en discussion avec les autorités congolaises pour l’acquisition de terres.

Au nombre des initiatives qui se concrétisent dans le secteur agro-industriel, Eco Oil Energie SA qui a débuté en 2015 la phase expérimentale de sa production d’huile de palme et de produits dérivés (margarine, huile de table et savon) dans le département de la Sangha. La société vient également de lancer à Kayes dans le département de la Bouenza une usine de production d’huile d’arachide et de jus de fruits ;  la startup française JTAgro, qui a inauguré en février 2017 une exploitation de 15 ha de culture maraichère, à Djeno dans le département du Kouilou ;

Les bailleurs de fonds soutiennent également cette dynamique.

La Banque Mondiale apporte son aide financière au travers de ses programmes PDARP de développement agricole et de réhabilitation des pistes rurales et du programme  PADE d’appui à la diversification de l’économie ; la FAO coopère avec la République du Congo sur un projet de Recensement général de l'agriculture (RGA) ; l’Union Européenne appuie la production maraichère dans le département de la Bouenza et l’AFD soutient un projet de remise en activité de la filière cacao. Le ministère de l’Agriculture lancera fin 2017 un programme de modernisation de l’agriculture de 100M USD financé par la Banque mondiale à destination des petits producteurs mais également de l’agriculture commerciale. La BDEAC, Banque des Etats d’Afrique centrale, mobilise également des prêts sur des projets structurants, y compris dans l’agriculture.

L’aide bilatérale reste encore timide mais la République de Cuba a entend appuyer le Congo sur la certification des sols, la production laitière en milieu rural et l’élevage porcin et de volaille. La coopération avec l’Italie s’illustre au travers du Centre italo-congolais de formation aux métiers de mécanisation agricole d’Otsende dans le département de la Cuvette, inauguré en 2015. Ce centre propose une formation de tractoristes machinistes aux Congolais. Une commission mixte sur l’agriculture devrait voir le jour entre le  Venezuela et la République du Congo, afin de faciliter la coopération agricole entre les deux pays. 


Publié le 08/05/2017

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