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Brésil- Brèves économiques et financières du 3 au 9 mars 2017

Brèves économiques et financières

Semaine du 3 au 9 mars 2017

Résumé :

  • Une fin d’année difficile et une crise qui touche tous les secteurs: le PIB chute de -3,6% en 2016.
  • La production industrielle en janvier augmente pour la première fois en glissement annuel depuis 34 mois.
  • Le gouvernement explicite l’extension du PPI par un plan de 45 Mds R$ de privatisations, PPP et concessions.
  • L’OCDE affirme que le Brésil devrait connaître une reprise plus vigoureuse en 2018.
  • « The killer chart » Les taux élevés et la crise affectent l’épargne et l’investissement au Brésil.
  • Évolution des marchés du 3 au 9 mars 2017.

Une fin d’année difficile et une crise qui touche tous les secteurs: le PIB chute de -3,6% en 2016 et laisse un acquis de croissance négatif de -1,1% pour 2017

Selon l’IBGE, l’Institut national des statistiques, pour la huitième fois consécutive, le PIB trimestriel du Brésil se contracte, de -0,9% au T4 2016 comparé au T3, soit la pire statistique trimestrielle de l’année, et cumule ainsi une chute du PIB de -3,6% pour 2016.Cette donnée déçoit les marchés etmontre à la fois une fin d’année difficile ainsi qu’une crise généralisée dans l’ensemble de l’économie : sur l’année, seuls deux sous-secteurs de l’offre (sur douze) sont dans le vert.

En relation au trimestre précédent, la récession est portée par les services (-0,8%),qui souffre des transports (-2,1%) et du commerce (-1,2%), et l’industrie (-0,7%), qui pâtit de la construction (-2,3%), tandis que l’agriculture confirme les bonnes récoltes en progressant de +1%. Dans l’optique de la demande, les dépenses des administrations publiques stagnent (+0,1%), tandis que la consommation des ménages poursuit sa baisse (-0,6%), tout comme l’investissement (-1,6%), alors que la dynamique externe s’essouffle et que l’excédent commercial diminue de -8% (à 11,5 Mds USD), en raison d’une baisse des exportations (-1,8%) et une hausse des importations (+3,2%).

En glissement annuel, la baisse du PIB au T4 se chiffre à -2,5% (par rapport au T4 2015), soit une donnée négative pour le 11e trimestre consécutif mais qui laisse augurer un ralentissement de la récession. 

Sur l’ensemble de l’année, le PIB chute de -3,6%, reflet d’une contagion de la récession au secteur des services et d’une année particulièrement mauvaise sur le plan agricole, l’ensemble des composantes de l’offre chute : les l’agriculture (-6,6%), l’industrie (-3,8%) et les services (-2,7%). La consommation des ménages reste en berne (-4,2%) mais surtout, l’investissement poursuit en forte chute (-10,2%). En deux ans, la Brésil connait donc la pire crise économique de son histoire, avec une chute du PIB de plus de 7,2% en cumulé (ramenant le PIB réel au niveau de 2010), et une baisse du PIB par capita de 10%. Somme toute, cette crise se caractérise par une absence de î) fuite de capitaux, ii) de crise de la dette souveraine et iii) d’hyperinflation.

Finalement, la conjoncture semble confirmer une année de transition pour 2017. La reprise, mesurée, n’interviendrait qu’à faveur de la baisse de l’inflation –et l’assouplissement monétaire concomitant, de la continuation de la hausse des cours des matières premières et d’une récolte agricole exceptionnelle. Les autorités qui devront veiller à résorber un héritage statistique d’acquis de croissance de -1,1% pour 2017 (i.e. si la croissance de chaque trimestre venait à être nulle, 2017 se caractériserait par une nouvelle récession de -1,1%) sont donc confrontées à un véritable défi. Par ailleurs, une reprise plus difficile qu’espérée pourrait inciter à une accélération du rythme de l’assouplissement monétaire de la BCB ainsi qu’à de possibles hausses d’impôts afin de tenir la cible budgétaire.

La production industrielle de janvier augmente pour la première fois en glissement annuel depuis 34 mois, en janvier

Toujours selon l’IBGE, la production industrielle en janvier, si elle stagne en relation à décembre (-0,1% m.m), est supérieure de +1,4% à celle de janvier 2016, une première pour une comparaison en glissement annuel depuis 34 mois. De même, une première depuis 2014, l’indice de diffusion, qui calcule la proportion de produits industriels dont la production augmente, est supérieur à 50% durant deux mois consécutifs.  Ainsi, la production industrielle semble désormais avoir touché un point bas en novembre 2016, et connaît une légère amélioration qui semble en outre diffuse. Toutefois, l’IBGE rappelle que les niveaux de productions demeurent à un niveau très faibles, 20% inférieurs à ceux de 2013. Certains secteurs ont même chuté de plus de 50% en trois ans, comme l’informatique et les pièces automobiles.

Cette reprise se confirme en février selon l’Anfavea (Association des fabricants automobiles), avec une hausse de la production automobile de 39% en relation à février 2016. Paradoxalement, et en raison de bons résultats à l’export, les ventes de véhicules sont en baisse (de -8%) et confirment l’état convalescent de l’industrie du pays: en cumulésur 12 mois celle-ci baisse de -5,4%. Selon les analystes, la production industrielle devrait tout de même se reprendre légèrement cette année, avec une hausse attendue de +2,2%, loin de rattraper la baisse cumulée en 3 ans : le pouvoir d’achat des ménages reste toujours bridé par le chômage et les taux élevés. 

Le gouvernement explicite l’extension du PPI par un plan de 45 Mds R$ de privatisations, PPP et concessions

Le gouvernement a annoncé et explicité cette semaine un plan de privatisations, de concessions et de partenariats public-privé (PPP) plus ambitieux portant sur 70 projets et un montant de 45 Mds R$, intégrant désormais le Programme de Partenariat en Investissement (PPI). Si de nombreux projets avaient été déjà annoncés auparavant, ce nouveau plan fait la part belle à l’énergie et à l’assainissement. Ces projets devraient être cédés avant fin 2018 selon le gouvernement.

S’agissant de l’énergie, 35 nouvelles lignes de transmissions électriques seront concernées, pour un total de plus de 7 mille Km et dont les enchères commenceraient le 24 avril. Pour l’assainissement, 15 nouvelles compagnies parapubliques sont désormais concernées par le plan, et l’appel d’offre afin d’effectuer les études d’impacts devrait être lancé en avril pour 5 nouveaux États (Acre, Ceara, Paraíba, Rio Grande do Norte et Santa Catarina) après celui de fin février concernant les États de Pernambouco, Alagoas, Amapa, Maranhão, Para et Sergipe.

Enfin, la plupart des revenus des investissements attendus par le gouvernement provient de la rénovation pour 30 ans de cinq concessions ferroviaires et de sept terminaux portuaires, qui expirent durant la prochaine décennie et qui devrait rapporter 25 Mds R$ d’investissements. Le plan comporte aussi une section autoroutière.

À travers à ce plan, le gouvernement se désengage d’investissements dans les infrastructures et transfère cette carence structurelle au secteur privé, ce qui lui permet de soutenir sa politique de rééquilibrage budgétaire. 

L’OCDE affirme que les cours des matières premières permettront au Brésil de connaître une reprise plus vigoureuse en 2018

Dans le rapport de l’OCDE sur les perspectives économiques mondiales, les prévisions de croissance pour le Brésil sont confirmées pour 2017 (maintien à 0%) et revues à la hausse pour 2018 (+1,5%contre +1,2% auparavant). En effet, l’OCDE confirme que la croissance mondiale est, en ce début d’année, plus vigoureuse que prévue, entraînant une hausse des cours des matières premières, bénéfique à la Russie et au Brésil. En outre, ces deux pays connaissent un reflux de l’inflation salutaire à la reprise économique.

Le Brésil devrait tout de même connaître la pire croissance en 2017 parmi les grands pays, mais laisserait la place de lanterne rouge en 2018 au Japon. 

L’OCDE rappelle cependant les nombreuses incertitudes pesant sur la reprise mondiale, et brésilienne : la volatilité des cours des matières premières, les incertitudes politiques concernant les pays développés et les risques financiers dans de nombreux pays tels la Chine ou l’Italie. 

« The killer chart » : Les taux élevés et la crise affectent l’épargne et l’investissement au Brésil, au plus bas depuis 20 ans                        

Taux d’investissement et taux d’épargne brut, en % du PIB, au Brésil :

Taux d’investissement et taux d’épargne brut, en % du PIB, au Brésil :

Source : IBGE

Évolution des marchés du 3 au 9 mars 2017

Indicateurs[1]

Variation

Semaine

Variation

Cumulée sur l’année

Niveau

Bourse (Ibovespa)

-1,9%

+8,3%

64 835

Risque-pays (EMBI+ Br)

-3pt

-54pt

274 pts

Taux de change R$/$

+1,7%

-2,4%

3,17

Taux de change R$/€

+2,4%

-2,0%

3,36

Clause de non-responsabilité - Le Service Économique Régional s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Rédacteurs : Stéphane GODARD-Conseiller Financier ; Jonathan THEBAULT- Adjoint Financier.



[1] Données du jeudi à 12h localement.


Publié le 09/03/2017
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