Accueil » Ressources » La direction générale du Trésor » Les services économiques à l'étranger » Danemark
 

La transition énergétique au Danemark

La transition énergétique au Danemark

Le Danemark bénéficie d’une image très verte. Le pays a certes des défis à relever, mais présente des objectifs climatiques ambitieux et des solutions technologiques innovantes.

1/ De fortes ambitions climatiques 

Le Danemark qui avait accueilli la COP15 en 2009 affiche des objectifs très ambitieux et veut être précurseur pour la transition énergétique. Le pays vise l’indépendance aux énergies fossiles pour 2050.

Pour cela, il s’est fixé en 2012 des objectifs intermédiaires pour 2020 :

- réduire de 37% les émissions de CO2 par rapport à 1990 ;

- réduire de 12% la consommation totale d’énergie par rapport à 2006 ;

- porter à 50% la consommation d’électricité provenant de source éolienne.

Cette ambition s’explique par une prise de conscience précoce de la nécessité de l’indépendance énergétique et de l’avantage compétitif que constitue l’avance dans le domaine de la transition énergétique pour les entreprises. Ainsi, le Danemark investit dans la recherche et communique largement sur son image verte exemplaire et ses technologies innovantes pour promouvoir ses exportations. Symbole de cette vision pragmatique, l’organisation State of Green est issue d’un partenariat public-privé entre les différents ministères concernés et les organisations professionnelles (industrie, agriculture, énergie et éolien).

 2/ Des défis importants pour le Danemark : transition énergétique et environnement

Depuis 1972, le Danemark produit du pétrole et du gaz de la mer du Nord et il est estimé que ces activités ont rapporté plus de 43 milliards d’euros à l’Etat danois entre 1973 et 2011. Depuis 1997, le Danemark est un exportateur net d’énergie, mais il est estimé qu’il deviendra un importateur net d’énergie à partir de 2018. Pour faire face à ce défi, le Danemark a investi dans les énergies renouvelables, et principalement dans les éoliennes.

En 2014, la consommation effective d’énergie du Danemark est constituée de 38% de pétrole, 27% d’énergies renouvelables, 18% de gaz, 14% de charbon et de 2% de déchets et d’électricité importée. Pour ce qui est du mix électrique, l’éolien représente 39% de la consommation totale d’électricité au Danemark, ce qui montre que l’objectif de 50% en 2020 est très réaliste. Le Danemark étant raccordé au réseau électrique nordique Nord Pool, il doit parfois acheter de l’électricité pour compenser ses besoins, ainsi que les fluctuations de sa production d’énergie éolienne. Ainsi, indirectement le pays consomme parfois de l’énergie nucléaire suédoise à travers ce réseau.

Les subventions aux énergies renouvelables (suppléments prix, prix de rachat et recherches) sont financées par la taxe « PSO » (Public Service Obligation). Ce système a été remis en cause par la Commission européenne en 2014 du fait de la potentielle distorsion de concurrence entre les producteurs d’électricité danois et les producteurs étrangers. En effet, la taxe PSO est appliquée à toutes les consommations d’électricité au Danemark, que l’électricité soit produite au Danemark ou à l’étranger. Or, le produit de la taxe PSO ne peut subventionner que des projets au Danemark. La Commission a autorisé la prolongation de ce système de subvention de manière temporaire pour 2015-2016, grâce à la mise en œuvre d’une solution test d’accès aux subventions pour les producteurs d’énergies solaire étrangers. Le Danemark devra revoir ce système à compter de 2017.

Le Danemark est un des pays d’Europe qui produit le plus de déchets municipaux par habitant (1,8 tonnes par an). Cela peut s’expliquer par les habitudes de consommation, mais aussi par une tradition, comme dans d’autres pays nordiques, d’incinération des déchets pour fournir de l’énergie. Cependant, cela évolue et 63% des déchets municipaux sont aujourd’hui recyclé et 29% incinérés.

Un autre défi majeur est le transport ferroviaire, car la grande majorité des lignes danoises fonctionnent au diesel. Le Danemark a donc lancé un grand programme d’investissement pour électrifier son réseau. Seul 23% des lignes ferroviaires sont électrifiées actuellement.

Le Danemark est le 4ème pays du monde avec l’empreinte écologique la plus élevée, d’après le rapport du WWF, qui mesure l’ampleur des pressions qu’exercent les humains sur les écosystèmes et la capacité de la Terre à se régénérer.

3/ Un secteur vert moteur et des initiatives ambitieuses

Pour faire face aux défis du futur, le Danemark a de nombreuses solutions à offrir :

- Éolien : leader mondial (Vestas) et centre de test unique pour les éoliennes géantes ;

- Réseau électrique intelligent : le projet test européen d’EcoGrid sur l’île de Bornholm (28000 pers.) ;

- Chauffage urbain : centrales utilisant des sources renouvelables (biomasse et solaire) ;

- Biocarburant : leader dans les enzymes pour le bioéthanol de 2e génération (Novozymes) ;

- Traitement de l’eau : savoir-faire reconnu, baignade ouverte au public dans le port de Copenhague ;

- Adaptation : solution pour faire face à la montée des eaux (solution d’urbanisme, toits verts…) ;

- Financement : différents fonds de pension danois investissent de manière exemplaire dans des projets verts au Danemark et à l’étranger (Parc éolien construit par Vestas au Kenya).

Les initiatives locales se sont multipliées au Danemark depuis 10 ans. La ville de Copenhague a pour objectif d’être neutre en carbone d’ici 2025 et pour la ville d’Aarhus d’ici 2030. L’île de Samsø est déjà neutre en carbone et vise l’indépendance aux énergies fossiles d’ici 2030.


Publié le 03/02/2017
Danemark

Focus sur

@FR_Eco_Denmark

- 14/12/2017

Informations générales

 

Population

5,7 millions

Superficie

43 098 km²

Nature du régime

Monarchie parlementaire

Chef de l’Etat

Reine Margrethe II

Premier mini...

- 11/05/2012