Les échanges commerciaux France - Pérou en 2016

 

Les échanges commerciaux entre la France et le Pérou en 2016 ont atteint un total de 762 M€, soit une progression de 12 %, après déjà un fort rebond en 2015 (+ 29 %). Néanmoins le commerce bilatéral a été relativement peu dynamique. En effet, les échanges ont surtout été tirés par la forte hausse de nos exportations qui augmentent de 27 % et atteignent 318 M€, grâce à la vente d’un satellite d’observation, sans quoi nos exportations auraient baissé de 9 %. Notre déficit commercial,

structurel, se réduit ainsi à 126 M€, en baisse de 29 %. Les importations françaises sont en légère augmentation de 3,2 %, à hauteur de 444 M€. Elles restent surtout concentrées sur les produits agricoles et agroalimentaires qui représentent 70 % de nos achats.

 

 

1/ Les échanges commerciaux bilatéraux connaissent en 2016 une hausse de 12% (762 M€) mais qui est en trompe l’œil

 

Le montant total des échanges commerciaux bilatéraux atteint 762 M€ en 2016 alors qu’il était de 680 M€ en 2015, soit une hausse de 12 %. Nos ventes au Pérou (318 M€ FAB) restent nettement en deçà de nos achats (444 M€ CAF). Ainsi notre déficit commercial, de nature structurelle, s’établit à 126 M€ en 2016 contre 179 M€ en 2015, soit une baisse de 29 %. Quant à notre taux de couverture, il remonte à 72 % en 2016, alors qu’il était de 58 % en 2015.

 

Ce résultat s’explique par une forte poussée de nos exportations (+ 27 %), alors que nos importations n’ont que légèrement progressé (+ 3,2 %). Toutefois cette bonne performance est à relativiser avec la vente exceptionnelle par la France au Pérou d’un satellite d’observation qui a dopé nos exportations (Cf paragraphe 2) et sans lequel le total des échanges bilatéraux aurait été quasiment stable. L’évolution des échanges est en fait très variable selon les secteurs, à la hausse ou à la baisse et reflète en fait une année 2016 assez peu dynamique pour notre commerce bilatéral.

 

Plus largement, le niveau global des échanges bilatéraux reste donc relativement faible et en deçà du potentiel des deux économies, particulièrement pour nos exportations. Cependant, celles-ci ne sont pas représentatives de la présence réelle des produits français car de nombreux groupes tricolores fournissent le marché péruvien à partir de centres de production et de distribution installés dans des pays tiers.

 

Le Pérou se classe en 2016 au 70 ème rang de nos clients et au 63 ème rang de nos fournisseurs, ne représentant qu’environ 0,1 % de notre commerce extérieur.

 

 

2/ Nos exportations progressent de 27 % (318 M€) tirées par un flux exceptionnel lié à la vente d’un satellite d’observation

 

Le contrat du satellite Peru-Sat1 par Airbus Defence and Space, lancé dans l’espace en septembre 2016, a fortement  accru le montant total de nos ventes vers le Pérou (ce même poste d’exportation « aéronefs et engins spatiaux » n’était que de 320 K€ en 2015). Ainsi, si nos exportations atteignent 318 M€ en 2016, en hausse de 27 %, il faut relativiser ce résultat car sans ce contrat exceptionnel, nos exportations auraient baissé de 9 % en 2016.

 

Avec le satellite, le pôle « matériels de transports » atteint 98,7 M EUR et devient notre deuxième pôle exportateur. Il comprend également les exportations de véhicules automobiles qui progressent fortement (6,2 M€, + 66,9 %).

 

Le pôle d’exportation « équipements mécaniques, matériels électriques, électroniques et informatiques » (81,8 M€, - 30 %), habituellement le plus important, est en chute : baisse du poste « machines industrielles et agricoles » (42,1 M€, - 38 %), baisse des « équipements électriques et ménagers » (22,2 M€, - 8,8 %) et baisse des « produits informatiques, électroniques et optiques » (17,4 M€, - 27 %).

 

Le pôle « produits industriels autres » (produits chimiques, pharmacie, parfums, cosmétiques) connait des résultats contrastés mais il enregistre au total une hausse (109,2 M€, +8,3 %) et devient notre premier pôle exportateur en 2016. Plusieurs postes sont en hausse : « produits pharmaceutiques » (32,1 M€, + 10,2%), « produits métallurgiques et métalliques (19,0 M€, + 84,1 %) et « produits en caoutchouc, en plastique et minéraux » (7,8 M €, +17,7 %) et d’autres sont en baisse : « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (37,3 M, - 3,6 %), « textile, habillement, cuir, chaussures » (2,7 M€, - 52,1 %) ; « bois, papier et cartons » (+2,2 M€, - 4,8 %).

 

Enfin, les exportations de « produits des industries agroalimentaires » sont encore en croissance en 2016, elles s’élèvent à 19,6 M€ soit une hausse de 13,8 % (après une hausse de 47 % en 2015). Parmi celles-ci, les exportations de produits laitiers (y compris fromages), vins de raisin et boissons alcoolisées atteignent respectivement : 6,8 M€ (stable), 1,5 M€ (baisse de 7 %) et 507 K€ (hausse  de 24%). Les exportations d’huiles et graisses (3,2 M€) baissent de 32 %.

 

Cependant la hausse de nos exportations de produits agroalimentaires s’explique par la progression et l’addition de plusieurs flux mineurs tels que les conserves à base de poisson et de produits de la pêche ou des aliments pour animaux. Le résultat des exportations de produits laitiers, en stagnation, est décevant alors que les exportations de vin et de spiritueux restent très faibles.

 

La plupart de nos grandes filiales locales n’apparaissent pas dans la liste des principaux importateurs de produits français au Pérou car elles s’approvisionnent par le biais de centres de production ou de distribution installés dans des pays tiers :

- Michelin fait ainsi venir ses produits d’un centre régional situé aux Pays-Bas ;

- L’Oréal importe au Pérou depuis la France mais aussi depuis ses unités de production au Mexique et aux États-Unis (les ventes annuelles de L’Oréal Pérou s’élèvent à près de 100 millions de dollars[1] alors que le montant total de nos exportations de parfums et de cosmétiques ne s’élevait qu’à 5,8 M€ en 2016) ;

- une part conséquente des approvisionnements de Legrand provient des filiales hors de France du groupe.

 

De plus, Alstom, Thales (hors secteur militaire), Veolia, Suez-Environnement, Saint-Gobain PAM, pour ne citer que quelques-uns des groupes français actifs au Pérou, participent tous de cette globalisation et sous-traitent une partie importante de la réalisation de leurs grands contrats à des filiales installées dans des pays tiers (en premier lieu l’Espagne).

 

La France est classée seulement au 23ème rang des fournisseurs du Pérou qui est notre 6ème pays client en Amérique latine, derrière le Brésil, le Mexique, l’Argentine, le Chili et la Colombie.

 

3) Les exportations péruviennes progressent de 3,2 % (444 M€) en 2016, avec des résultats contrastés et en hausse sensible pour les produits agricoles (fruits tropicaux surtout)

 

Nos achats de produits péruviens s’établissent à 444 M€ en 2016, en progression de 3,2%, après une forte progression en 2015 (+ 32 %). Les résultats sont contrastés avec une bonne tenue des exportations de produits agricoles (fruits tropicaux surtout qui représentent un quart de nos importations !) et de certains produits industriels (produits métallurgiques, produits chimiques) alors que les produits des industries agroalimentaires reculent, de même que les hydrocarbures et produits des industries extractives.

 

Les principaux pôles d’importation, qui couvrent environ 99 % de nos achats sont les 4 suivants :

- Les « produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture» (175,6 M€, + 26 %) dont les principaux postes agrégés sont « fruits tropicaux et subtropicaux (107,4 M€, + 33 %), plantes à boisson (35,5 M€, + 31 %), légumes et melons (8,3 M€, - 2,5 %), céréales (8 M€, - 18 %) et raisin (5,3 M€, - 10 %).

- Les «  produits des industries agroalimentaires » (140 M€,  - 9 %) dont les principaux postes sont « préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche (73,8 M€ ; - 14 %) et  «  préparations et conserves à base de fruits et légumes »  (51,3 M€, - 8 %).

- les « produits industriels » (85 M€, + 13 %) dont les principaux postes sont les suivants :

« textile, habillement, cuir et chaussures » (19,9 M€ (dont vêtements de dessous 11 M€), - 10 %), « produits chimiques, parfums et cosmétiques » (10,3 M€, + 150 %), « produits métallurgiques et métalliques » (49 M € (dont 38 M€ pour le plomb, le zinc et l’étain), + 24 %) et « bois, papiers et carton »  (4,7 M€, - 41 %).

- Les « hydrocarbures naturels, produits des industries extractives  » (42,5 M€, - 30 %) dont le principal poste est le gaz naturel (28,9 M€, - 39 %) ; ce flux assez important d’exportation de gaz naturel était apparu en 2015 mais a connu un repli en 2016.

 

Le Pérou se classe 5ème fournisseur de la France en Amérique Latine, derrière le Brésil, le Mexique, le Chili et quasiment à égalité avec l’Argentine  (4ème).

 

 

Alors qu’en 2015, une dynamique des échanges avait été relevée, le commerce bilatéral en 2016 est plutôt décevant. Alors que la croissance économique du Pérou s’est maintenue à un bon niveau, nos exportations n’ont pas progressé (hors effet satellite), elles restent modestes et l’impact de la mise en œuvre de l’ALE entre le Pérou et l’UE ne se fait pas vraiment sentir. Nos exportations agroalimentaires notamment ne décollent pas alors qu’il s’agit d’un secteur qui a bénéficié de concessions de la part du Pérou dans l’ALE. L’administration sanitaire péruvienne, toujours très tatillonne, constitue encore un frein à nos exportations alimentaires.

 

Plus largement, le faible niveau global de nos exportations s’explique surtout par l’absence de grands groupes français de distribution ou d’usines d’assemblage, de la faible part française dans les grands contrats d’équipements (hors militaire) et de l’approvisionnement du marché en produits ou marques français effectué majoritairement à partir de pays tiers qui constituent autant de freins structurels (et statistiques) pour améliorer notre position.

 

 



 

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