Les échanges de biens entre la France et le Panama en 2018

La bonne performance des exportations françaises vers le Panama, combinée à des importations structurellement très marginales, donne lieu à un excédent notable de 438,6 M EUR (CAF/FAB), portée notamment par une exportation exceptionnelle d’aéronefs. En 2018, une renaissance du dynamisme des flux commerciaux, notamment à l’exportation confirme la position du Panama comme un des clients majeur de la région Amérique Latine.

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Les exportations françaises vers le Panama enregistrent une hausse notable en 2018 pour dépasser de 37,8 % leur niveau de 2017. Elles se sont établies à 457 M EUR (FAB), ce qui fait du Panama notre sixième client en Amérique latine. Il est important de mentionner que depuis 2014, les exportations vers le Panama n’avaient plus dépassé les 332 M EUR (FAB), démontrant une nouvelle dynamique du marché local et de la présence de grandes entreprises françaises au sein du marché panaméen. La France est le premier pays européen fournisseur de la Zone Franche de Colon (2e zone de réexportation au monde) et le 7e pays au niveau mondial fournisseur de cette zone.

 

   1. Une renaissance du dynamisme des flux commerciaux, notamment à l’exportation

En 2012 et 2013 les exportations françaises vers le Panama s’établissaient a plus de 800 M EUR, couplées à un niveau d’importations encore très marginal, dégageant un excédent commercial de plus de 800 M EUR ; à partir de 2014, les exportations françaises se sont fortement repliées, s’établissant à 295 M EUR, représentant une baisse de 63,8% par rapport à 2013. Cette diminution des exportations s’est stabilisée jusqu’en 2016, pour ensuite retrouver un dynamisme des flux commerciaux, notamment à l’exportation à partir de 2017.

Malgré la baisse constatée entre 2014 et 2016, les exportations françaises vers le Panama restent dynamiques, pour atteindre en 2018 un niveau jamais dépassé depuis 2014 (457 M EUR, +37,8% par rapport à 2017 et +58,5% par rapport à 2016). Cette hausse est essentiellement portée par « les produits de la construction aéronautique et spatiales » qui ont connu une augmentation très importante entre 2017 et 2018, pour comptabiliser 189 M euros (contre moins de 200 K EUR en 2017), représentant 41,4% des exportations françaises vers le Panama et s’expliquant par la vente d’ATR à une société privée mexicaine dont le siège est à Panama (courant d’affaires bénéficiant d’une assurance-crédit). Le second poste des exportations françaises vers le Panama sont les « parfums, cosmétiques et produits d’entretien » qui, malgré une baisse de 8%, par rapport à 2017 représentent 18,7% du total des exportations françaises. Une partie de ces exportations s’explique notamment par la présence de l’Oréal au Panama. Les « produits pharmaceutiques », bien qu’ayant connu pour deuxième année consécutive une légère baisse de 0,2%, se maintiennent comme un poste clé des exportations françaises vers le Panama. Enfin les exportations « de boissons alcooliques distillées » diminuent légèrement en 2018, occupant le quatrième poste d’exportations françaises, passant de 44,3 M EUR en 2017 à 43,8 M EUR en 2018.

En ce qui concerne les contributions importantes mais encore isolées du commerce extérieur au Panama en 2018, les « locomotives et autre matériel ferroviaire roulant » qui ne comptabilisaient que 164 K EUR en 2017, atteignent en 2018 1,8 M EUR. Cette hausse peut être en partie expliquée par le chantier de la ligne 2 du métro dans lequel Alstom est impliquée pour la fabrication des trains. Les « articles de voyage, de maroquinerie, de sellerie et de bourrellerie », continuent pour une deuxième année consécutive leur progression avec une hausse de 3,6% pour atteindre 5,1 M EUR en 2018, pouvant notamment s’expliquer par la présence de boutiques de grandes marques de luxe françaises telles que Louis Vuitton, Chanel, Hermès.

Concernant les contreperformances ponctuelles, on observe le déclin important des exportations de « machines pour l’extraction ou la construction » (-58,3%), de « matériel de levage et de manutention » (-43,9%) et des « navires et structures flottantes » et « bateaux de plaisance » qui avaient déjà enregistré en 2017 une baisse remarquable des exportations, rappelant la grande volatilité de ces lignes, qui étaient dans le passé des postes clés des exportations françaises. Alors que l’exportation de « vins» avait connu une hausse en 2017, cette dernière subit une diminution de 17,9% en 2018.  

Les données des douanes panaméennes situent pour 2018 les importations venant de France et destinées au marché local à un niveau de 163,3 M USD, légèrement en baisse par rapport à son niveau de 2017 (165,4 M USD), représentant une baisse de 1,3%.  En 2018, selon les douanes panaméennes les exportations de produits français vers la Zone Libre de Colon sont de 212 M USD, stables depuis 2017 (211 M USD), marquant une stagnation de l’activité de la zone. Cette bonne performance vers la Zone Franche de Colon place la France au septième rang parmi les pays fournisseurs de la ZLC, et au premier rang en ce qui concerne les fournisseurs européens.

Selon les données des douanes françaises, le Panama se place au 6ème rang parmi nos exportations en Amérique Latine et de loin au 1er rang en Amérique Centrale. Toutefois, si l’on exclut le flux d’exportations d’ATR (exceptionnel – ce poste entrait pour moins de 200 K EUR en 2017 dans nos exports – et destiné à un opérateur aérien mexicain), les exportations françaises sur le Panama ont tendance à se réduire significativement.

 

   2. Malgré une légère hausse des importations panaméennes, le Panama reste un pays fournisseur « en marge »

Bien que les importations de produits panaméens soient encore très marginales, ces dernières ont connu une augmentation de 45,8% pour atteindre 18,8M EUR en 2018. Le Panama reste toutefois un fournisseur moindre pour la France au sein de la région Amérique Latine se plaçant en 23e position, derrière Haïti et au 11ème rang en Amérique Centrale. Cela étant principalement dû au faible appareil productif panaméen, restant un pays fortement importateur de produits.

Les « préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche » sont le premier poste d’importations vers la France, comptabilisant 3 M EUR (+56,8% par rapport à 2017). Alors qu’une baisse importante des importations de « fruits tropicaux et subtropicaux » avait été observée en 2017, ces dernières ont fortement augmenté en 2018 (+114%) pour comptabiliser 1,9 M EUR. La même tendance est constatée pour les « boissons alcoolisées distillées », dépassant 1M EUR. « Les huiles et graisses végétales et animales » ont augmenté de 72,5% pour représenter 9% des importations (1,7M EUR), tout comme les « matériaux de construction et produits minéraux » et les produits de la construction automobile (485 K EUR, +2297%). Les importations des « produits pharmaceutiques » et des « produits de l’industrie textile » ont toutes deux diminuées, respectivement de 29,9% et de 49,8%.

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