Bilan des IDE en Oman en 2016

Après un flux négatif de -2,7 Mds USD en 2015, conséquence d’ajustements importants dans le secteur pétrolier en réponse à la chute des cours du baril, les IDE entrants en Oman se sont établis à 142 M USD en 2016, soit 0,2 % du PIB. Au plan régional, le Sultanat d’Oman a capté moins de 1 % des flux d’IDE entrants dans le Golfe en 2016. Atteignant près de 30 % du PIB en 2016, le stock d’IDE entrants en Oman reste, lui, élevé. Il est concentré à 45 % dans le secteur des hydrocarbures. Pour des raisons essentiellement historiques et compte tenu notamment du poids de Shell et BP dans ce secteur, le Royaume-Uni demeure de loin le premier investisseur étranger dans le pays avec 39 % du stock d’IDE entrants. Malgré un net repli en 2016, le stock d’IDE français en Oman a fortement crû dans la période récente, compte tenu du développement des programmes d’investissements en partenariat-public-privé. Il s’élevait en 2016 à 921 M EUR, faisant de la France le 6ème principal pays en termes de stock d’investissements en Oman.

Conséquence des incertitudes pesant sur les cours du pétrole, les flux d’IDE entrants vers Oman ont été stables en 2016

Après avoir enregistré des flux d’investissements directs étrangers (IDE) entrants négatifs de -2,7 Mds USD en 2015, le Sultanat d’Oman n’a attiré que 142 M USD en 2016. Ces résultats, qui traduisent une forte volatilité, illustrent l’ampleur des incertitudes ayant pesé sur l’économie omanaise en lien avec la chute des cours du baril de pétrole à partir de la mi-2014 et la remontée graduelle de ces derniers à partir du 3ème trimestre 2016. En 2016, Oman n’a capté que 0,8 % de la totalité des flux d’IDE entrants vers les pays du CCG contre 50,2 % pour les Emirats arabes unis et 41,6 % pour l’Arabie Saoudite. Le Sultanat figure même à la dernière place des pays du CCG, derrière le Qatar (4,3 %), le Bahreïn (1,6 %) et le Koweït (1,5 %). Les chiffres préliminaires des autorités omanaises pour 2017 semblent cependant indiquer une forte reprise des flux d’IDE entrants de l’ordre de 2,1 Mds USD (2,9 % du PIB), dopés par la remontée des cours du pétrole et le programme national d’accélération de la diversification économique, Tanfeedh. Dans ce contexte, la future loi sur les IDE (Foreign Investment Law) devrait encourager les IDE entrants au Sultanat avec la possibilité à terme pour les entreprises étrangères de détenir 100 % du capital, levant ainsi l’obligation d’avoir recours à un partenaire local.

Le niveau du stock d’IDE entrants en Oman rapporté au PIB a progressé en 2016 pour atteindre 29 % contre 26 % en moyenne entre 2011 et 2016. Cette évolution s’explique avant tout par le fait que le stock d’IDE s’est maintenu en 2016 (+0,8 %) alors que le PIB nominal s’est fortement réduit, de -9,5 %. En 2017, le stock d’IDE atteindrait 21 Mds USD selon les autorités omanaises, une projection optimiste au regard de la capacité du pays à financer des projets d’envergure nécessitant d’importants investissements étrangers. Pour des raisons historiques, le Royaume-Uni est le 1er investisseur étranger en Oman (39 % du stock), reflet en particulier des investissements des deux majors BP et Shell. Les Emirats arabes unis se classaient au 2ème rang avec 13 % du stock total devant le Koweït (6 %), le Qatar (6 %), le Bahreïn (5 %), et les Etats-Unis (4 %). Aujourd’hui limitée, la place de la Chine devrait croître rapidement dans les prochaines années notamment du fait au projet de cité industrielle chinoise au sein de la Zone Economique Spéciale de Duqm (ZESD), dont l’investissement total prévu s’établirait à 13 Mds USD, soit l’équivalent de plus de 60 % du stock actuel d’IDE entrants. Sur le plan sectoriel, l’industrie pétrolière capte la majorité du stock d’IDE entrants à savoir 45 % en 2015, en baisse toutefois par rapport à la période précédant la chute des cours (54 % en 2014). Elle est suivie du secteur financier (18 %) et du secteur manufacturier (16 %).

En termes de stocks omanais à l’étranger, les Emirats arabes unis sont la principale destination des investissements omanais, absorbant 25 % de l’encours total en 2015. Dans la période récente et de façon notable, Oman tend à se désengager rapidement du Bahreïn, particulièrement touché par la crise financière. Ce dernier captait 15 % du stock d’IDE en 2007 pour ne représenter que 3 % de ce même stock en 2015.

En termes de stocks d’investissements directs, la France se classe au 6ème rang des pays pourvoyeurs d’investissements au Sultanat

Tout comme en 2015, les flux d’IDE français vers Oman ont été négatifs en 2016 (-363 M EUR contre -160 M EUR en 2015), du fait de la faiblesse persistante du prix du baril jusqu’à mi-2016, les investissements français restant concentrés dans l’industrie pétrolière. Même sur longue période, les flux d’IDE français demeurent relativement limités, le point le plus haut au cours des 15 dernières années ayant été atteint en 2012 avec des volumes de 227 M EUR seulement. En revanche, le stock d’IDE français a progressé de manière significative ces dernières années, passant de 592 M EUR en 2011 à 921 M EUR en 2016. En 2015, le stock français d’IDE avait atteint un niveau de 1,3 Md EUR, la contraction enregistrée en 2016 (de -27,1 %) s’expliquant par d’importants désengagements dans les secteurs financier (-380 M EUR) et manufacturier (-170 M EUR). Sur les cinq dernières années, le taux de croissance annuel moyen du stock d’IDE français s’est établi à +9,3 %. Cette forte hausse s’explique à la fois par une tendance générale à l’internationalisation des entreprises françaises, en particulier des grands groupes, mais aussi par le développement rapide dans la période récente de nombreux projets en Oman sous forme de partenariats publics privés dans des secteurs d’excellence pour plusieurs de nos groupes.

Sur la base des données de la Banque de France et en comparaison des données de comptabilisation des stocks d’IDE entrants par les autorités omanaises, la France apparaissait en 2016 au 6ème rang des principaux pays pourvoyeurs d’investissements au Sultanat d’Oman. Malgré la baisse de -27,1 % du stock d’IDE, la France détiendrait ainsi 5 % du stock d’IDE entrants en 2016. Pour 2017 et 2018, le stock français d’IDE entrants devrait continuer de croître, les entreprises françaises ayant obtenu plusieurs contrats significatifs.

Le stock d’IDE omanais en France demeure quant à lui marginal. Il atteignait 23 M EUR en 2016 (en repli de -5,8 %), principalement constitué d’investissements dans l’immobilier et l’hôtellerie.

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