Indicateurs et conjoncture

Flash information (09/05/2018): suite à la déclaration du Président Trump en date du 8 mai 2018 annonçant la sortie unilatérale des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action -JCPOA- ou « Accord de Vienne »), la Direction générale du Trésor recommande à ce stade aux opérateurs économiques de  prendre connaissance des dernières directives publiées par le Trésor américain (Office of Foreign Assets Control -OFAC), consultables via le lien ci-après : https://www.treasury.gov/resource-center/sanctions/Programs/Documents/jcpoa_winddown_faqs.pdf

 

Avec un PIB de 404 Mds USD en 2016, l’Iran se situait au 29e rang des économies mondiales. Ses 80 millions d’habitants (dont environ 41% de moins de 25 ans et 73% d’urbains) en font le premier marché du Moyen-Orient par la taille. Le PIB par habitant était de 5000 USD en 2016 (19 300 USD en PPA) et l’indice de développement humain de 0,774 (69e rang mondial).

Alors que l’Iran est doté des quatrièmes réserves mondiales prouvées de pétrole et des premières réserves prouvées de gaz, la dépendance de son économie au secteur des hydrocarbures reste forte. Cependant, fort de sa base industrielle (automobile, ciment, sidérurgie, mines, pharmacie, etc.), l’Iran est une des économies les plus diversifiées de la région.

Au plan macroéconomique, l’Iran a connu une contraction cumulée de son PIB réel de 8,0% sur les exercices 2012/2013 et 2013/2014 sous l’effet des sanctions renforcées mises en place à partir de 2012. Après un éphémère rebond en 2014/2015 (+3,2%), la croissance a été de nouveau négative (-1,6%) en 2015/2016. A contrario, l’année 2016/2017 a été celle du rebond. Selon les dernières estimations du FMI, la croissance du PIB en volume se serait établie à 12,5% en année pleine.

 Ce regain d’activité serait essentiellement imputable à la reprise plus rapide qu’attendu de la production et des exportations de pétrole brut. En glissement annuel, elles ont progressé respectivement de 23% à 3,5 M de b/j et de 84% à 2 M de b/j sur l’année 2016, et de 9% à 3,8 M de b/j et de 11% à 2,2 M de b/j sur les  onze  premiers mois de 2017. Elles ont renoué avec leur niveau d’avant sanctions.

La reprise actuellement à l’œuvre pourrait perdre en intensité à mesure que la production pétrolière se rapproche de son plafond théorique en l’absence d’investissements étrangers, alors même que le secteur non pétrolier ne constitue pas un relai de croissance tout à fait pérenne à ce stade. Le FMI prévoit en effet que la croissance décélère à 4,2% au terme de l’exercice 2017/2018.

  En raison du durcissement des sanctions internationales, nos échanges commerciaux avec l’Iran se sont effondrés ces 10 dernières années, ramenés à 515 MEUR en 2014 alors qu’ils s’élevaient à 3,7 Mds EUR en 2004. Pour la première fois depuis 2010, ils sont repartis à la hausse en 2015, tirés par la progression de nos exportations (+24% à 562 MEUR). Ce redémarrage s’est fait à la faveur de la bonne tenue de nos ventes de produits pharmaceutiques et d’équipements médicaux. Le redressement de nos échanges s’est amplifié en 2016 (+235% en glissement annuel). Cette tendance résulte de la bonne tenue de nos exportations (+28% à 722 MEUR), mais surtout de la très forte progression de nos importations (+2000% à 1,4 Md EUR) à la faveur de la reprise de nos enlèvements de pétrole brut rendue possible par la levée des sanctions. Elle s’est renforcée au cours des 11 premiers mois de 2017, notamment s’agissant de nos exportations qui ont progressé de 118% à 1,3 Md EUR.

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