Situation économique et financière du Gabon

La situation économique du Gabon demeure fragile. Si la croissance a, en 2017, été faible à +0,5%, l’activité devrait sans doute être meilleure en 2018 à la faveur, notamment, d’une amélioration de l’environnement extérieur et d’une progression attendue de l’investissement ayant atteint un point bas l'année dernière. Le FMI prévoit ainsi une progression du PIB de + 2%  cette année. 

Le Gabon est engagé jusqu'en 2020 dans un Accord de crédit avec le FMI

Faisant face à de graves déséquilibres économiques provoqués, notamment, par la chute des prix du baril de pétrole ayant entrainé un creusement des déficits, une augmentation du stock de la dette et une importante diminution des réserves, le Gabon a décidé, fin 2016, d’ouvrir des négociations bilatérales avec le FMI afin de l’accompagner vers une sortie de crise, et structurer ses efforts d’ajustement.

Un accord triennal en faveur du Gabon, au titre du mécanisme élargi de crédit (MEDC), a ainsi été conclu en juin 2017.  Cet accord  vient en appui du Programme de relance économique (PRE) défini par les autorités, et s’élève à 464,4 millions de DTS sur 3 ans (soit environ 642 M$). Il a été complété par les engagements financiers d’autres bailleurs de fonds multilatéraux (Banque mondiale – Banque africaine de développement), ainsi que de la France.

Après un premier décaissement du FMI, intervenu immédiatement dès l’approbation de l’accord, le Gabon a bénéficié à nouveau en fin d’année dernière, à l’issue de la première revue du Conseil d’administration du Fonds, d’un autre décaissement d’environ 101,1 M$. Il est à souligner que le Conseil d’administration a approuvé, également, la demande des autorités gabonaises en faveur d’une dérogation pour non-observation du critère de réalisation relatif au plafond pour l’accumulation de nouveaux arriérés extérieurs de paiement par l’administration centrale. La deuxième revue l’accord est intervenue le 1er août dernier. Le montant total des décaissements du Fonds s’élève donc, à ce jour, à 300,7 M$.

La situation économique et financière reste encore fragile

S’il avait été fait le constat lors de la première revue de l’accord que la consolidation budgétaire initiée par les autorités avait eu des effets positifs sur la dette et les équilibres extérieurs, le FMI estimant que la mise en œuvre du programme était satisfaisante, le constat dressé en août dernier est moins favorable, les  résultats ayant été mitigés avec, en particulier, des dérapages fiscaux à la fin de l’année 2017 et au début de 2018. Ces dérapages ont compliqué la gestion de la trésorerie, compromettant, notamment, les efforts de gestion et de règlement des arriérés extérieurs et intérieurs. L’adoption d’une loi de finances rectificative en juin prévoyant un fort ajustement budgétaire a été un élément essentiel pour permettre l’adoption de la revue.

Ce nouveau budget s'appuie notamment sur des mesures inédites pour contenir la masse salariale du secteur public, facteur majeur de risque pour les finances publiques, et la réduction d’autres dépenses non prioritaires. L'élimination d'un grand nombre d'organismes publics semi-autonomes et le renforcement des contrôles sur les agences restantes devraient améliorer la transparence et l'efficacité des dépenses publiques. Des mesures ont également été prises pour accroître les recettes non pétrolières, en éliminant, notamment, la plupart des exemptions de droits de douane coûteuses. Afin de mieux gérer les risques en cas de sous-performance des recettes non pétrolières, le budget supplémentaire a introduit, par ailleurs, un mécanisme d’ajustement automatique des dépenses publiques.

Les perspectives à court terme sont toutefois un peu meilleures

Les perspectives économiques et financières du Gabon restent, à court terme, difficiles, mais la croissance devrait s’améliorer. Un léger rebond de l'activité est attendu en 2018 à la faveur, notamment d’une amélioration de l’environnement extérieur (hausse du prix du pétrole) et de perspectives plus favorables en matière d’investissement direct étranger (IDE). L’intensification de nouvelles activités dans les secteurs agroalimentaire et minier, et le retour progressif de la confiance du secteur privé, au regard du paiement des arriérés, devraient contribuer, par ailleurs, à ce rebond.

Force est de constater que la progression du PIB avait été fortement contrariée en 2017 du fait l’effondrement de la demande interne (-7,5% en 2017, contre 0,3% en 2016), et la faiblesse de l’investissement public et privé (-5,5% en 2017, contre -0,1% en 2016). Les secteurs du commerce et des services, ainsi que le BTP, dont l’activité est reliée à la commande publique, sont demeurés aussi très faibles en 2017, la grande distribution enregistrant un affaissement de son chiffre d’affaires.

L’année 2017 devrait constituer le creux de la crise économique que connait le Gabon depuis 3 ans. Le FMI prévoit une progression du PIB de + 2%  cette année, légèrement inférieure cependant à ses prévisions initiales. La troisième revue de l’accord FMI devrait intervenir en fin d’année.

 

 

 

 

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