Relations économiques bilatérales entre la France et la République tchèque

En 2019, le montant des échanges commerciaux entre la France et la République tchèque a atteint 12,7 Mds EUR, en hausse de seulement 1,8% par rapport à l’année 2018 (contre +7,2% en 2018). La France accuse avec ce pays, 2ème partenaire commercial parmi les Etats entrés dans l’UE en 2004 (derrière la Pologne), son premier déficit commercial en Europe centrale : 3,3 Mds EUR. Ce déficit s’est creusé par rapport à 2018 (2,8 Mds EUR), les importations provenant de République tchèque ayant continué de progresser (+4,8 %) tandis que les exportations vers cet Etat ont légèrement reculé (-2,8%). La part de la République tchèque dans les exportations de la France (hors matériel militaire) est stable ces dernières années, de 1% (4,7Mds EUR) ; celle dans les importations françaises a un peu augmenté pour s’établir à 1,4% en 2019 (8 Mds EUR). La France maintient sa position de 6ème fournisseur et 4ème client de la République tchèque.

  • Depuis 2004, des échanges en forte progression ... 

En 2019, les échanges commerciaux entre la France et la République tchèque ont continué à augmenter, mais de seulement +1,8% par rapport à 2018, contre +7,2% en 2018 et près de +7% en moyenne au cours des 5 années précédentes Ils ont ainsi atteint un nouveau plus haut historique, à 12,7 Mds EUR, selon les douanes françaises. La France a exporté vers ce marché de proximité 4,7 Mds EUR (en baisse de 2,8% par rapport à 2018) et importé 8 Mds EUR (+4,8% par rapport à 2018).

Si le montant des échanges bilatéraux a fortement progressé depuis l’entrée de la République Tchèque dans l’UE (+103% pour les exportations, +283% pour les importations), c’est sur un mode déséquilibré, alimentant notre déficit qui s’est établi à 3,3 Mds EUR en 2019, dont 2,1 Mds EUR attribuables au seul secteur automobile.

Les échanges commerciaux sont essentiellement constitués d’équipements mécaniques, de matériels électriques, électroniques et informatiques et de matériel de transport, dans un sens comme dans l’autre (42% des exportations françaises en République tchèque et 71% de nos importations). Les produits pharmaceutiques et les produits chimiques, parfums et cosmétiques sont les principaux produits qui nous permettent de dégager un excédent commercial (respectivement 408 M EUR et 478 M EUR)

  • ...qui se traduisent par un déficit commercial structurel 

L’implantation de nombreux groupes étrangers en République tchèque s’expliquent non pas par la taille du marché mais par la compétitivité des coûts de production. C’est la raison pour laquelle la plupart des industriels français implantés en République tchèque exportent la majorité de leur production vers la France, à l’instar de Toyota-Peugeot-Citroën (TPCA), qui exporte 99% de sa production locale. Par ailleurs, le déficit commercial de la France avec la République tchèque (3,3 Mds EUR) ne constitue pas une anomalie au regard de nos concurrents européens. L’Allemagne, qui utilise largement le potentiel de sous-traitance industrielle tchèque, accuse pour la cinquième année consécutive un déficit commercial dont l’écart tend à se creuser (17,3 Mds EUR), malgré une position de 1er fournisseur et une part de marché de 25% dans les importations tchèques.

  • Des échanges concentrés sur l’automobile et les équipements et matériels mécaniques, électroniques, électriques et informatiques

Le principal poste d’exportations françaises vers la République tchèque (27%, -6% par rapport à 2018, +68% par rapport à 2000) concerne un regroupement assez vaste intitulé « équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique ». Plus précisément, la France exporte surtout des machines industrielles et agricoles, des équipements électriques et ménagers, des ordinateurs et équipements périphériques, des appareils de mesure ou encore des composants et cartes électroniques.

Hormis ce groupe de biens, la France exporte majoritairement vers la République tchèque des véhicules et équipements automobiles (14,6% , -9% par rapport à 2018, +128% par rapport à 2000), des produits chimiques, parfums et cosmétiques (13%, -0,6% par rapport à 2018, +277% par rapport à 2000), des produits pharmaceutiques (10%, +6% par rapport à 2018, +366% par rapport à 2000) et des produits métallurgiques et métalliques (10%, -6,5% par rapport à 2018, +189% par rapport à 2000).

Inversement, la France importe principalement de République tchèque des biens regroupés sous la même nomenclature «  équipements mécaniques, matériel électrique, électronique et informatique » ([1]) (35%, +1% par rapport à 2018, +528% par rapport à 2000) et des véhicules et équipements automobiles (36%, +13% par rapport à 2018, +859% par rapport à 2000). Dans une moindre mesure, on trouve également des produits métallurgiques et métalliques (5,6%, -1,5% par rapport à 2018, +347% par rapport à 2000).



([1]) Dans le détail, les principaux postes d’exportations sont les mêmes que pour les importations.


 

Publié le