Le commerce de biens entre la France et le Costa Rica en 2017.

Après une baisse des échanges français avec le Costa Rica de 7,6% en 2016, ils sont repartis à la hausse en 2017, enregistrant 5,7% de croissance pour atteindre 277,6 M EUR, selon les données des douanes françaises. Cependant, les exportations françaises vers le Costa Rica ont légèrement diminué de 0,8% (à 59,7 M EUR), alors que les importations ont crû de 7,6% dans le même temps, atteignant 217,9 M EUR. Le solde, structurellement déficitaire, ressort ainsi à -158 M EUR.

Les échanges commerciaux entre la France et le Costa Rica ont progressé en 2017. Le Costa Rica est notre 2ème client en Amérique centrale derrière le Panama, et notre premier fournisseur. C’est sur la composante des importations que notre commerce bilatéral a construit sa dynamique.

La relation franco-costaricienne se caractérise par des échanges en stagnation, concentrés sur le commerce courant. La présence des grands groupes français sur place se limite à trois cimenteries de Lafarge-Holcim, Teleperformance qui emploie 2 500 personnes, Schneider Electric et Legrand qui disposent d’une base régionale. Total s’est récemment retiré de la distribution de carburants.

1. Des exportations concentrées sur les biens de consommation, faute de grands contrats et de lien industriel.

Après avoir observé une courbe régulière de croissance et avoir passé le cap de 60 M EUR en 2016, les exportations françaises enregistrent une légère baisse en 2017. Malgré une forte chute de 13,8%, les ventes de produits pharmaceutiques demeurent le premier poste d’exportations (7,1 M EUR), suivis des matériels et équipements électriques qui ont atteint 5,4 M EUR (+1,9%). En troisième position, se situent les produits chimiques (3,8 M EUR ; +6,3%), devant les moteurs, génératrices et transformateurs électriques (3 M EUR ; +20,2%). On note également les fortes augmentations des exportations de parfums et produits de toilettes (+100,9% ; à 1,8 M EUR) ainsi que des véhicules automobiles (+92% ; à 1,2 M EUR). La composition de ces échanges fait nettement apparaître que le Costa Rica est un marché de biens de consommation pour le commerce extérieur français.

2. Les importations françaises reflètent les secteurs clé de l’appareil productif du Costa Rica.

Du côté de nos importations, après une chute de 12,1% en 2016, elles repartent à la hausse en 2017. Les produits agricoles (sylvicoles, pêche et aquaculture) sont le premier poste, représentant 42,8% de nos achats (93,4 M EUR ; +23,2%), notamment les fruits (77,8 M EUR ; +28,6%) et les légumes (10,9 M EUR ; +14%), le Costa Rica étant notamment premier exportateur mondial d’ananas et troisième de bananes. Le second poste des importations est le matériel médical de pointe, spécialité du pays, dont les achats ont progressé de 4,9% en 2017, à 84,6 M EUR (38,8% des importations). Concernant les achats de produits agroalimentaires, les jus de fruits ont baissé de 18,6% (12,7 M EUR). En revanche les importations de conserves sont restées relativement stables (10,9 M EUR ; +1,4%). On constate la forte hausse des achats des huiles et graisses de montants négligeables à plus d’1 M EUR en 2017.

3. Une contradiction des données de chaque pays à mettre sur le compte du transit par des marchés tiers.

Cependant, selon les douanes costariciennes, le Costa Rica enregistre un déficit commercial avec la France de -98 M USD en 2017. En 2017, les exportations costaricaines vers la France auraient ainsi diminué de 15,8%  (12,1 M USD) alors que les importations auraient augmenté de 13,5% (110,1 M USD).

L’étude des données de douanes du Costa Rica montre également que les importations du pays en provenance de la France concernent en premier lieu les produits pharmaceutiques. En effet, les douanes montrent qu’en 2017, le Costa Rica a importé pour 11,9 M USD de médicaments, soit une baisse de 34,3% par rapport à 2016 (18 MUSD). Du côté français, il s’agit bien de notre premier poste d’exportation à 7,6 M EUR. De plus, pour le Costa Rica, l’importation de vaccins pour utilisation médicale représente 6,9 M USD (en baisse de -10,8%). Or, pour la France, le second poste d’exportations est les matériels et équipements électriques, qui n’apparaissent pas parmi les importations en provenance de France. Enfin, on note l’importante augmentation des importations des appareils à rayons X (appareils à usages médicaux) de 3424%, passant de 229 K USD en 2016 à 8,1 M USD en 2017. Côté français, « les exportations « d’équipements d’irradiation médicale électro médicaux et électro thérapeutiques » ont augmenté de 16,1% à 555 K EUR seulement, et les exportations « d’instruments et fournitures à usage médical et dentaire » ont progressé de 31,6% pour atteindre 1,6 M EUR.

Cette différence dans les données entre les 2 pays peut s’expliquer par la méthodologie des douanes costariciennes. En effet, les flux de marchandises costariciennes transitent principalement par le port de Rotterdam et/ou d’Anvers pour l’Europe alors que les produits français passent par les ports du Panama et la Zone libre de Colon pour l’Amérique centrale. Pour les exportations, les douanes n’enregistrent que le pays de destination immédiate. Pour les importations, les douanes prennent en compte le pays d’origine.

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Jusqu’ici, la croissance costaricienne, qui bénéficie largement de la demande des ménages, se prête à un certain dynamisme des biens de consommation, que les données françaises ne reflètent peut-être pas fidèlement, en raison des circuits d’acheminement.

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