<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xml:lang="fr-fr" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"><title type="text">Trésor-Info - Publications de la direction générale du Trésor - Roberto-Azevedo</title><subtitle type="text">Flux de publication de la direction générale du Trésor - Roberto-Azevedo</subtitle><id>FluxArticlesTag-Roberto-Azevedo</id><rights type="text">Copyright 2026</rights><updated>2017-05-29T00:00:00+02:00</updated><logo>/favicon.png</logo><author><name>Direction générale du Trésor</name><uri>https://localhost/sitepublic/</uri><email>contact@dgtresor.gouv.fr</email></author><link rel="alternate" href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Flux/Atom/Articles/Tags/Roberto-Azevedo" /><entry><id>06fa4c03-dee4-454a-9c47-9790f31ba46d</id><title type="text">Ouverture commerciale, croissance et inégalités :  actes des Entretiens du Trésor 2017</title><summary type="text">L'édition 2017 des Entretiens du Trésor a  porté  sur le  thème « Ouverture commerciale, croissance et inégalités ».  Cette conférence a visé à alimenter de manière constructive, objective et nouvelle, le débat sur l’ouverture commerciale, à mettre en lumière ses conséquences sur l’accroissement des inégalités, et à nourrir les réflexions sur les politiques à entreprendre.</summary><updated>2017-05-29T00:00:00+02:00</updated><link rel="alternate" href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2017/05/29/ouverture-commerciale-croissance-et-inegalites-actes-des-entretiens-du-tresor-2017" /><content type="html">&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'&amp;eacute;dition 2017 des Entretiens du Tr&amp;eacute;sor a&amp;nbsp; port&amp;eacute; &amp;nbsp;sur&amp;nbsp;le&amp;nbsp; th&amp;egrave;me &amp;laquo; Ouverture commerciale, croissance et in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s &amp;raquo;.&amp;nbsp; Cette conf&amp;eacute;rence a vis&amp;eacute; &amp;agrave; alimenter de mani&amp;egrave;re constructive, objective et nouvelle, le d&amp;eacute;bat sur l&amp;rsquo;ouverture commerciale,&amp;nbsp;&amp;agrave;&amp;nbsp;mettre en lumi&amp;egrave;re ses cons&amp;eacute;quences sur l&amp;rsquo;accroissement des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s, et&amp;nbsp;&amp;agrave; nourrir les r&amp;eacute;flexions sur les politiques &amp;agrave; entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Joseph Stiglitz, professeur &amp;agrave; l&amp;rsquo;universit&amp;eacute; de Columbia et prix Nobel d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie&lt;/strong&gt;, souligne que l&amp;rsquo;id&amp;eacute;e selon laquelle le commerce international serait un jeu &amp;agrave; somme positive est, lorsque ses externalit&amp;eacute;s n&amp;eacute;gatives ne sont pas trait&amp;eacute;es, remise en cause depuis une trentaine d&amp;rsquo;ann&amp;eacute;es dans le monde acad&amp;eacute;mique. En l&amp;rsquo;absence de plein emploi dans les pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s, le libre-&amp;eacute;change peut entrainer des destructions d&amp;rsquo;emplois &amp;agrave; un rythme plus rapide que les cr&amp;eacute;ations d&amp;rsquo;emplois. Ces gains limit&amp;eacute;s de l&amp;rsquo;ouverture commerciale sont de plus en plus in&amp;eacute;galement r&amp;eacute;partis : les travailleurs les moins qualifi&amp;eacute;s sont ceux qui en b&amp;eacute;n&amp;eacute;ficient le moins. La r&amp;eacute;partition des richesses devient d&amp;rsquo;autant plus in&amp;eacute;galitaire que le pouvoir de n&amp;eacute;gociation des salari&amp;eacute;s s&amp;rsquo;amoindri. Des mesures sociales d&amp;rsquo;accompagnement sont donc n&amp;eacute;cessaires pour compenser les effets n&amp;eacute;gatifs du libre-&amp;eacute;change.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;M&amp;ecirc;me si les gains nets anticip&amp;eacute;s des nouveaux accords commerciaux sont faibles, Stiglitz d&amp;eacute;fend l&amp;rsquo;id&amp;eacute;e d&amp;rsquo;une int&amp;eacute;gration &amp;eacute;conomique approfondie. En raison de l&amp;rsquo;interconnexion des &amp;eacute;conomies par le biais de la division du processus de production, toute mesure protectionniste pourrait repr&amp;eacute;senter un co&amp;ucirc;t substantiel, tant au niveau national que pour l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La question qui se pose actuellement pour la communaut&amp;eacute; internationale est de savoir quelle r&amp;eacute;ponse apporter face &amp;agrave; la mont&amp;eacute;e du protectionnisme am&amp;eacute;ricain. Selon Joseph Stiglitz, il appartient au reste du monde de renforcer les r&amp;egrave;gles du droit commercial international pour r&amp;eacute;pondre &amp;agrave; ce repli outre-Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" href="https://www.flickr.com/photos/dgtresor/31817109823/in/album-72157679797709595/" data-flickr-embed="true" data-header="true" data-footer="true"&gt;&lt;img style="margin-right: auto; margin-left: auto; display: block;" src="https://c1.staticflickr.com/1/695/31817109823_3c3f4b6987_c.jpg" alt="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" width="800" height="533" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Roberto Azev&amp;ecirc;do, directeur g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral de l&amp;rsquo;Organisation mondiale du commerce&lt;/strong&gt;, a rappel&amp;eacute; que lors du sommet du G20, les chefs d&amp;rsquo;&amp;Eacute;tat avaient exprim&amp;eacute; leurs inqui&amp;eacute;tudes sur les risques que peuvent repr&amp;eacute;senter l&amp;rsquo;ouverture commerciale mondiale. Ces difficult&amp;eacute;s objectives ne doivent pas faire oublier les b&amp;eacute;n&amp;eacute;fices de cette ouverture commerciale. Elle g&amp;eacute;n&amp;egrave;re des emplois (en France par exemple, 20% des emplois sont li&amp;eacute;s aux exportations), elle permet de maintenir les prix bas et soutient par cons&amp;eacute;quent la consommation. Elle a soutenu l&amp;rsquo;augmentation du niveau de vie des plus pauvres (1 milliard de personnes seraient sorties de la pauvret&amp;eacute; gr&amp;acirc;ce au commerce international).&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;L&amp;rsquo;ouverture commerciale est souvent identifi&amp;eacute;e comme la seule responsable de l&amp;rsquo;accroissement des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s. En r&amp;eacute;alit&amp;eacute;, 80% des emplois ont &amp;eacute;t&amp;eacute; d&amp;eacute;truits ces derni&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es en raison du progr&amp;egrave;s technologique. Ce diagnostic est essentiel pour mener les politiques &amp;eacute;conomiques adapt&amp;eacute;es &amp;agrave; la lutte contre l&amp;rsquo;accroissement des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s. Sans une attention forte port&amp;eacute;e aux politiques redistributives, les gains induits par l&amp;rsquo;ouverture commerciale continueront d&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre r&amp;eacute;partis de mani&amp;egrave;re in&amp;eacute;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" href="https://www.flickr.com/photos/dgtresor/31817115163/in/album-72157679797709595/" data-flickr-embed="true" data-header="true" data-footer="true"&gt;&lt;img style="margin-right: auto; margin-left: auto; display: block;" src="https://c1.staticflickr.com/1/451/31817115163_55c357e33d_c.jpg" alt="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" width="800" height="534" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Marie-Ange Debon, directrice g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale adjointe du groupe Suez&lt;/strong&gt;, souligne qu&amp;rsquo;il est important de ne pas limiter le d&amp;eacute;bat sur l&amp;rsquo;impact du libre-&amp;eacute;change au seul commerce des marchandises mais qu&amp;rsquo;il faut &amp;eacute;galement prendre en compte l&amp;rsquo;impact du commerce des services et des flux de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le secteur des infrastructures, notamment les infrastructures environnementales sont un exemple de l&amp;rsquo;impact positif de l&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration commerciale sur le d&amp;eacute;veloppement et la r&amp;eacute;duction des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Par ailleurs, elle indique que la notion de pays n&amp;rsquo;est pas toujours la plus pertinente pour penser le commerce international ; il faut plut&amp;ocirc;t r&amp;eacute;fl&amp;eacute;chir en termes de territoires ce qui complexifi encore les n&amp;eacute;gociations internationales. La notion d&amp;rsquo;infrastructure en particulier doit &amp;ecirc;tre pens&amp;eacute;e plut&amp;ocirc;t multi-pays. Les territoires, mais aussi les villes prennent de plus en plus de poids par rapport aux pays dans ces &amp;eacute;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Branko Milanovic, &amp;eacute;conomiste&lt;/strong&gt; et auteur de &lt;span class="s12"&gt;&lt;em&gt;Global inequality a new approach for the Age of Globalization, &lt;/em&gt;montre que parall&amp;egrave;lement au ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;ne de mondialisation depuis les ann&amp;eacute;es 1980, deux groupes sociaux se sont enrichis : les classes moyennes des pays &amp;eacute;mergents et les 1% les plus riches des pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s. Ceux qui en ont le moins b&amp;eacute;n&amp;eacute;fici&amp;eacute; sont les classes moyennes inf&amp;eacute;rieures des pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s. On observe donc deux ph&amp;eacute;nom&amp;egrave;nes conjoints : d&amp;rsquo;un c&amp;ocirc;t&amp;eacute; une certaine convergence des niveaux de vie entre pays en voie de d&amp;eacute;veloppement et pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s, et de l&amp;rsquo;autre un accroissement des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s &amp;agrave; l&amp;rsquo;int&amp;eacute;rieur des pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s. Cela s&amp;rsquo;explique selon lui notamment par une redistribution pas assez plate des gains de l&amp;rsquo;ouverture commerciale&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le fait que l&amp;rsquo;ouverture commerciale soit b&amp;eacute;n&amp;eacute;fique de mani&amp;egrave;re agr&amp;eacute;g&amp;eacute;e ne permet en aucun cas de r&amp;eacute;pondre au scepticisme de cette &amp;laquo; g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration perdue &amp;raquo; qui a perdu son emploi et ne pourra en retrouver. La majeure partie du choc li&amp;eacute; &amp;agrave; cette ouverture commerciale semble cependant derri&amp;egrave;re nous, 15% des emplois &amp;eacute;tant touch&amp;eacute;s aujourd&amp;rsquo;hui contre 30% pour la p&amp;eacute;riode pr&amp;eacute;c&amp;eacute;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Philippe Jahshan, pr&amp;eacute;sident de l&amp;rsquo;ONG Coordination Sud&lt;/strong&gt;, se propose de relayer la perception de l&amp;rsquo;ouverture commerciale par la soci&amp;eacute;t&amp;eacute; civile. Du point de vue du d&amp;eacute;veloppement durable on peut constater des effets plut&amp;ocirc;t n&amp;eacute;gatifs. L&amp;rsquo;ouverture commerciale a mis en concurrence les classes moyennes des pays en voie de d&amp;eacute;veloppement avec les classes moyennes des pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s, mettant par l&amp;agrave; m&amp;ecirc;me en concurrence les diff&amp;eacute;rents syst&amp;egrave;mes sociaux. Entre l&amp;rsquo;Occident et l&amp;rsquo;Asie, elle s&amp;rsquo;est faite au d&amp;eacute;triment des classes moyennes occidentales. Cette concurrence se fait bien souvent au b&amp;eacute;n&amp;eacute;fice des mod&amp;egrave;les sociaux les moins soutenables avec des risques de dumping fiscal accrus. Cela, ajout&amp;eacute; &amp;agrave; un contexte de fraude fiscale non jugul&amp;eacute;e, d&amp;eacute;t&amp;eacute;riore les finances publiques des pays partenaires et nuit &amp;agrave; la capacit&amp;eacute; des &amp;Eacute;tats &amp;agrave; mener des politiques sociales ambitieuses. L&amp;rsquo;impact est &amp;eacute;galement n&amp;eacute;gatif en ce qui concerne le climat, favorisant notamment l&amp;rsquo;accroissement des circuits longs et le poids du transport maritime par exemple, qui demeure tr&amp;egrave;s polluant. L&amp;rsquo;impact est encore plus net dans les pays en d&amp;eacute;veloppement, o&amp;ugrave; l&amp;rsquo;ouverture au commerce touche et appauvrit les paysans locaux et les agricultures familiales fondamentales pour la subsistance et la r&amp;eacute;silience de populations enti&amp;egrave;res. Toute lib&amp;eacute;ralisation commerciale produit des gagnants et des perdants. Or les moyens de compensations pour les perdants sont tr&amp;egrave;s insuffisants au regard des besoins et des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s massives par cons&amp;eacute;quent se d&amp;eacute;veloppent.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Les accords de nouvelle g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration accentuent ces effets en voulant davantage s&amp;rsquo;attaquer aux volets r&amp;eacute;glementaires et en introduisant des instances juridiques priv&amp;eacute;es pour r&amp;eacute;gler les diff&amp;eacute;rends, empi&amp;egrave;tent sur la capacit&amp;eacute; des &amp;Eacute;tats &amp;agrave; r&amp;eacute;guler.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La d&amp;eacute;mocratie est la question la plus fondamentale mise en avant par la pol&amp;eacute;mique autour des accords commerciaux. Apr&amp;egrave;s une p&amp;eacute;riode o&amp;ugrave; le libre-&amp;eacute;change a pu produire de la lib&amp;eacute;ralisation politique, il y a &amp;agrave; craindre qu&amp;rsquo;une poursuite d&amp;rsquo;une mondialisation d&amp;eacute;r&amp;eacute;gul&amp;eacute;e ne produise d&amp;eacute;sormais un affaiblissement d&amp;eacute;mocratique et un retour autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;La fermeture n&amp;rsquo;est cependant pas la solution. Mais pour rester ouvert, il faut reconsid&amp;eacute;rer la politique commerciale non pas comme une fin mais comme un moyen d&amp;rsquo;atteindre des objectifs plus &amp;eacute;lev&amp;eacute;s, comme ceux du D&amp;eacute;veloppement durable (ODD). Le droit commercial ne doit pas prendre le dessus sur tous les autres. Par cons&amp;eacute;quent ces accords doivent &amp;ecirc;tre sign&amp;eacute;s en coh&amp;eacute;rence avec les diff&amp;eacute;rents accords internationaux ou normes sociales et environnementales (COP, OIT, &amp;hellip;) afin de s&amp;rsquo;assurer que le commerce est bien au service d&amp;rsquo;un projet politique juste et durable.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Paul Romer, chef &amp;eacute;conomiste de la Banque mondiale&lt;/strong&gt;, a expliqu&amp;eacute; que les d&amp;eacute;bats th&amp;eacute;oriques autour de l&amp;rsquo;impact &amp;eacute;conomique de l&amp;rsquo;ouverture commerciale, source de transformations socio-&amp;eacute;conomiques, suscitent des r&amp;eacute;actions ambivalentes. Il est essentiel de se concentrer plut&amp;ocirc;t sur ses effets concrets. Le commerce international a permis aux pays en voie de d&amp;eacute;veloppement, en aidant &amp;agrave; la diffusion des nouvelles technologies, l&amp;rsquo;am&amp;eacute;lioration de leur niveau de vie. Aucun pays n&amp;rsquo;est pr&amp;ecirc;t &amp;agrave; renoncer &amp;agrave; ces avanc&amp;eacute;es. Par cons&amp;eacute;quent, il y a fort &amp;agrave; parier que les pays en voie de d&amp;eacute;veloppement ne suivront pas la voie protectionniste vers laquelle se tournent certains pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Le commerce n&amp;rsquo;est pas seul responsable de l&amp;rsquo;accroissement des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s, et il existe une large palette de politiques publiques &amp;agrave; la disposition des &amp;Eacute;tats pour faire face &amp;agrave; ces dommages collat&amp;eacute;raux. Les &amp;Eacute;tats-Unis et le Danemark ont &amp;eacute;t&amp;eacute; confront&amp;eacute;s depuis les ann&amp;eacute;es 1990 aux m&amp;ecirc;mes mutations &amp;eacute;conomiques mais n&amp;rsquo;ont pourtant pas connu les m&amp;ecirc;mes &amp;eacute;volutions en mati&amp;egrave;re d&amp;rsquo;in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s. Les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s ont baiss&amp;eacute; au Danemark (le coefficient Gini est pass&amp;eacute; de 31% &amp;agrave; 21%) alors qu&amp;rsquo;elles se sont accrues aux &amp;Eacute;tats-Unis (le coefficient Gini a cru de 43% &amp;agrave; 47%). En choisissant la voie du protectionnisme, les &amp;Eacute;tats renoncent &amp;agrave; affronter ces enjeux fiscaux de redistribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" href="https://www.flickr.com/photos/dgtresor/32506509901/in/album-72157679797709595/" data-flickr-embed="true" data-header="true" data-footer="true"&gt;&lt;img style="margin-right: auto; margin-left: auto; display: block;" src="https://c1.staticflickr.com/1/623/32506509901_b77b37a032_c.jpg" alt="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" width="800" height="531" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc Demarty, directeur g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral du commerce &amp;agrave; la Commission europ&amp;eacute;enne&lt;/strong&gt;, indique que les accords commerciaux sont un moyen de r&amp;eacute;guler la mondialisation en int&amp;eacute;grant de nouveaux sujets comme les bonnes pratiques et la coop&amp;eacute;ration r&amp;eacute;glementaire, la dimension sociale et environnementale, la protection de la propri&amp;eacute;t&amp;eacute; intellectuelle et des investissements ou encore la concurrence. Dans une large mesure, contr&amp;ocirc;ler les normes revient &amp;agrave; contr&amp;ocirc;ler les march&amp;eacute;s (m&amp;ecirc;me si la coop&amp;eacute;ration r&amp;eacute;glementaire n&amp;rsquo;est pas de la co-l&amp;eacute;gislation), dont l&amp;rsquo;acc&amp;egrave;s reste un aspect d&amp;eacute;terminant des n&amp;eacute;gociations commerciales. Si le d&amp;eacute;veloppement du commerce fait des perdants, il est incontestablement un jeu &amp;agrave; somme positive et ce n&amp;rsquo;est pas le r&amp;ocirc;le de la politique commerciale de traiter cette question, qui doit toutefois l&amp;rsquo;&amp;ecirc;tre par ailleurs par des politiques d&amp;rsquo;accompagnement cibl&amp;eacute;s en mati&amp;egrave;re de formation et de protection sociale. Les pr&amp;eacute;occupations d&amp;eacute;mocratiques des soci&amp;eacute;t&amp;eacute;s civiles au regard de la transparence des n&amp;eacute;gociations commerciales doivent &amp;ecirc;tre &amp;eacute;galement prises en compte. La d&amp;eacute;fense de nos int&amp;eacute;r&amp;ecirc;ts dans les objectifs de politique commerciale se traduit par des effets positifs sur la croissance et l&amp;rsquo;emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;S&amp;eacute;bastien Jean, directeur g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral du CEPII&lt;/strong&gt;, interroge dans son propos la l&amp;eacute;gitimit&amp;eacute; des accords commerciaux, dits de &amp;laquo; nouvelle g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration &amp;raquo; qui disposent de clauses non commerciales (clauses sociales, environnementales, fiscales). Ces clauses peuvent se justifier par la capacit&amp;eacute; du commerce &amp;agrave; &amp;ecirc;tre utilis&amp;eacute; comme levier pour accro&amp;icirc;tre la coop&amp;eacute;ration dans d&amp;rsquo;autres domaines, mais &amp;eacute;galement par le fait qu&amp;rsquo;une plus grande facilit&amp;eacute; de commerce entre deux pays tend &amp;agrave; rendre plus co&amp;ucirc;teux des &amp;eacute;carts de r&amp;eacute;gulation dans d&amp;rsquo;autres domaines. Cependant, ces clauses non commerciales peuvent pr&amp;eacute;senter l&amp;rsquo;inconv&amp;eacute;nient d&amp;rsquo;aboutir &amp;agrave; une surcharge voire &amp;agrave; une paralysie des n&amp;eacute;gociations &amp;ndash; notamment en renfor&amp;ccedil;ant le caract&amp;egrave;re non mixte des accords &amp;ndash;, et portent le risque d&amp;rsquo;une ing&amp;eacute;rence dans les affaires nationales. Il para&amp;icirc;t donc n&amp;eacute;cessaire de rechercher une meilleure int&amp;eacute;gration des clauses non commerciales dans les accords. Plusieurs pistes peuvent ainsi &amp;ecirc;tre explor&amp;eacute;es : privil&amp;eacute;gier une approche en termes de minima et de principes de base garantis ; s&amp;rsquo;accorder sur des &amp;eacute;l&amp;eacute;ments qui soient v&amp;eacute;rifiables ; adopter des engagements automatiques ; et accepter de renoncer &amp;agrave; des engagements commerciaux s&amp;rsquo;ils entrent en confrontation avec d&amp;rsquo;autres objectifs &amp;ndash;, le commerce n&amp;rsquo;&amp;eacute;tant qu&amp;rsquo;un outil et non une fin en soi.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Yann Delabri&amp;egrave;re, pr&amp;eacute;sident de Faurecia&lt;/strong&gt;, souligne l&amp;rsquo;importance de la pr&amp;eacute;servation des grands accords r&amp;eacute;gionaux, notamment de l&amp;rsquo;ALENA, au regard du contexte actuel : toute rupture des tarifs intrar&amp;eacute;gionaux aura des impacts dommageables sur l&amp;rsquo;industrie US : la Russie et le Br&amp;eacute;sil, protectionnistes pour leur march&amp;eacute; automobile afin de favoriser une industrie locale, ont abouti &amp;agrave; des &amp;eacute;checs. Or, 15-20% de la production automobile d&amp;rsquo;Am&amp;eacute;rique du Nord est d&amp;eacute;j&amp;agrave; r&amp;eacute;alis&amp;eacute;e au Mexique ainsi que 50% de la production de composants automobiles. Par ailleurs, la Grande-Bretagne&amp;nbsp;est un producteur automobile plus important que la France.. Les enjeux li&amp;eacute;s aux normes (&amp;eacute;lectriques, de connectivit&amp;eacute;&amp;hellip;) vont prendre &amp;eacute;galement de l&amp;rsquo;importance compte tenu du march&amp;eacute; en croissance des voitures connect&amp;eacute;es/autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Enfin, en termes de priorit&amp;eacute;s, l&amp;rsquo;essentiel de la croissance de l&amp;rsquo;industrie automobile a lieu d&amp;eacute;sormais en Asie du Sud-est (Philippines, Indon&amp;eacute;sie, Tha&amp;iuml;lande) et 60% du march&amp;eacute; des v&amp;eacute;hicules sera en Chine en 2030 : l&amp;rsquo;UE doit orienter ses r&amp;eacute;flexions vers l&amp;rsquo;Asie, notamment les pays d&amp;rsquo;Asie du Sud-est et l&amp;rsquo;ASEAN.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Yann Delabri&amp;egrave;re insiste &amp;eacute;galement sur le fait que le commerce international n&amp;rsquo;est pas la cause des diffcult&amp;eacute;s de secteurs manufacturiers&amp;nbsp;aux &amp;Eacute;tats-Unis et en&amp;nbsp;Grande-Bretagne&amp;nbsp;et que l&amp;rsquo;Allemagne ne doit pas &amp;ecirc;tre absente du d&amp;eacute;bat : au cours des 15 derni&amp;egrave;res ann&amp;eacute;es , 1,5 millions de voitures ont &amp;eacute;t&amp;eacute; produites en moins en France, mais l&amp;rsquo;Allemagne en a produit autant en plus, avec pourtant les m&amp;ecirc;mes r&amp;egrave;gles de commerce international. Enfin, l&amp;rsquo;&amp;eacute;duction et l&amp;rsquo;interaction des recherches public-priv&amp;eacute; doivent &amp;ecirc;tre pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Pervenche Ber&amp;egrave;s, d&amp;eacute;put&amp;eacute;e europ&amp;eacute;enne&lt;/strong&gt;, estime que le commerce international fonctionne par cycle : nous sommes aujourd&amp;rsquo;hui &amp;agrave; un changement de mod&amp;egrave;le. Elle ne se dit pas pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; renoncer &amp;agrave; une certaine cr&amp;eacute;ation de richesses via le commerce, et &amp;agrave; sa distribution. Simplement, le contexte a profond&amp;eacute;ment chang&amp;eacute; : &lt;br /&gt;1/ l&amp;rsquo;OMC n&amp;rsquo;a pas traduit les espoirs initiaux m&amp;ecirc;me si cela ne condamne pas toutes les n&amp;eacute;gociations multilat&amp;eacute;rales &amp;agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;chec : la COP a &amp;eacute;t&amp;eacute; un succ&amp;egrave;s ; c&amp;rsquo;est une source d&amp;rsquo;espoir ; &lt;br /&gt;2/ l&amp;rsquo;enjeu de la d&amp;eacute;finition des normes : l&amp;rsquo;&amp;eacute;mergence de nouveaux acteurs comme la Chine a d&amp;eacute;j&amp;agrave; conduit depuis des ann&amp;eacute;es les pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s &amp;agrave; chercher au FMI, par exemple, &amp;agrave; d&amp;eacute;finir des normes accept&amp;eacute;es par les &amp;eacute;mergents avec un r&amp;eacute;sultat mitig&amp;eacute; ; &lt;br /&gt;3/ le d&amp;eacute;veloppement de nouveaux domaines d&amp;rsquo;&amp;eacute;changes commerciaux : les biens mat&amp;eacute;riels ou les donn&amp;eacute;es informatiques ne sont pas comparables : la question nouvelle de la protection des donn&amp;eacute;es personnelles est jusqu&amp;rsquo;ici sous-&amp;eacute;valu&amp;eacute;e ; &lt;br /&gt;4/ l&amp;rsquo;arriv&amp;eacute;e au pouvoir de Donald Trump va donner un coup de frein au commerce ; &lt;br /&gt;5/ le Brexit : Theresa May a &amp;eacute;t&amp;eacute; coh&amp;eacute;rente avec son camp : elle demande &amp;agrave; recouvrer sa capacit&amp;eacute; &amp;agrave; n&amp;eacute;gocier seule des ALE. &lt;br /&gt;Pascal Lamy estime qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit du passage d&amp;rsquo;accords de protection &amp;agrave; des accords de pr&amp;eacute;caution. L&amp;rsquo;agenda offensif de l&amp;rsquo;Union, c&amp;rsquo;est celui des normes pour le secteur de l&amp;rsquo;automobile. La Commission europ&amp;eacute;enne doit prendre conscience de ce nouvel &amp;acirc;ge et proposer une nouvelle doctrine.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Celle-ci doit: &lt;br /&gt;1/ tenir compte des NSE, des IG, SPS ; &lt;br /&gt;2/ se saisir de la probl&amp;eacute;matique fiscale ;&lt;br /&gt;3/ exiger des listes positives de march&amp;eacute;s publics&amp;nbsp;; &lt;br /&gt;4/ disposer de m&amp;eacute;canismes de r&amp;egrave;glements des diff&amp;eacute;rends, cour permanente ou autres modalit&amp;eacute;s ; &lt;br /&gt;5/ le refus de la coop&amp;eacute;ration r&amp;eacute;glementaire car la capacit&amp;eacute; des &amp;Eacute;tats &amp;agrave; l&amp;eacute;gif&amp;eacute;rer est fondamentale. &lt;br /&gt;Ces conditions ne sont pas r&amp;eacute;unies dans le CETA. La question d&amp;rsquo;acc&amp;egrave;s au march&amp;eacute; n&amp;rsquo;est pas la seule : c&amp;rsquo;est une question qui int&amp;eacute;resse le l&amp;eacute;gislateur et la transparence est critique. Aussi, il faut refonder la doctrine du commerce international et r&amp;eacute;agir &amp;agrave; la menace de dumping fiscal du Royaume-Uni. Pervenche Ber&amp;egrave;s ajoute : &amp;laquo; il faut enfin faire vivre le concept de juste &amp;eacute;change, qui est un concept plus riche que celui de libre &amp;eacute;change &amp;raquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Guntram Wolff, directeur de l&amp;rsquo;institut Bruegel&lt;/strong&gt;, a indiqu&amp;eacute; que l&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration &amp;eacute;conomique a b&amp;eacute;n&amp;eacute;fici&amp;eacute; &amp;agrave; de nombreux pays. En Europe par exemple, on a observ&amp;eacute; suite &amp;agrave; la dynamique d&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration de l&amp;rsquo;Union europ&amp;eacute;enne et le rattrapage &amp;eacute;conomique des pays d&amp;rsquo;Europe de l&amp;rsquo;est, une r&amp;eacute;duction des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s entre pays et une convergence des niveaux de vie. Ce mod&amp;egrave;le social europ&amp;eacute;en a &amp;eacute;t&amp;eacute; plus efficace que le mod&amp;egrave;le anglo-saxon dans la r&amp;eacute;duction des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Donald Trump semble vouloir revitaliser le vivier d&amp;rsquo;emplois dans le secteur manufacturier gr&amp;acirc;ce &amp;agrave; des mesures protectionnistes. &amp;Agrave; long terme cette politique ne servira en r&amp;eacute;alit&amp;eacute; pas l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie am&amp;eacute;ricaine. Cela pourrait d&amp;rsquo;ailleurs avoir des cons&amp;eacute;quences dommageables pour l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie europ&amp;eacute;enne. La baisse des flux commerciaux entre les &amp;Eacute;tats-Unis et l&amp;rsquo;Europe pourrait conduire &amp;agrave; une contraction du PIB de 0,4% et la destruction de 240 000 emplois d&amp;rsquo;apr&amp;egrave;s l&amp;rsquo;&amp;eacute;tude r&amp;eacute;cente men&amp;eacute;e par Hylke Vandenbussche (ces chiffres semblent sous-estimer la vuln&amp;eacute;rabilit&amp;eacute; de l&amp;rsquo;Europe aux flux de capitaux am&amp;eacute;ricains, insuffisamment pris en compte par le mod&amp;egrave;le). L&amp;rsquo;OMC devrait concentrer ses efforts sur la lutte contre les risques croissants de l&amp;rsquo;augmentation des tarifs douaniers am&amp;eacute;ricains vis-&amp;agrave;-vis de l&amp;rsquo;Europe. Parall&amp;egrave;lement l&amp;rsquo;Europe devrait se doter de mesures notamment fiscales pour &amp;ecirc;tre pr&amp;ecirc;te &amp;agrave; faire face &amp;agrave; des politiques am&amp;eacute;ricaines non compatibles avec les r&amp;egrave;gles de l&amp;rsquo;OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Philippe Aghion, professeur au Coll&amp;egrave;ge de France&lt;/strong&gt;, a pr&amp;eacute;sent&amp;eacute; synth&amp;eacute;tiquement son analyse &amp;eacute;conomique sur les relations entre le commerce, la croissance et l&amp;rsquo;innovation, fond&amp;eacute;e sur la th&amp;eacute;orie de la croissance schump&amp;eacute;t&amp;eacute;rienne. Dans les pays d&amp;eacute;velopp&amp;eacute;s, la croissance &amp;agrave; long terme est port&amp;eacute;e par l&amp;rsquo;innovation. Le commerce peut contribuer &amp;agrave; renforcer la croissance par l&amp;rsquo;innovation pour au moins trois raisons : il accro&amp;icirc;t le volume du march&amp;eacute; (effets de taille de march&amp;eacute;), augmentant ainsi le volume des rentes pour les innovateurs ; il stimule la concurrence (effet de concurrence) ; enfin il facilite les transferts de technologie (effet de diffusion des connaissances). D&amp;rsquo;un autre c&amp;ocirc;t&amp;eacute;, le commerce g&amp;eacute;n&amp;egrave;re de l&amp;rsquo;in&amp;eacute;galit&amp;eacute; et fragilise notamment les personnes peu qualifi&amp;eacute;es ou les personnes qui n&amp;rsquo;ont pas la possibilit&amp;eacute; de se r&amp;eacute;adapter. Il est de ce fait essentiel de veiller &amp;agrave; ce que la lib&amp;eacute;ralisation de l&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie et des &amp;eacute;changes s&amp;rsquo;appuie sur un syst&amp;egrave;me &amp;eacute;ducatif pleinement inclusif ainsi que sur une r&amp;eacute;forme du march&amp;eacute; du travail conduisant &amp;agrave; une v&amp;eacute;ritable s&amp;eacute;curisation des parcours professionnels. Ce serait une grave erreur que de ne pas accompagner la lib&amp;eacute;ralisation des &amp;eacute;changes de politiques actives d&amp;rsquo;&amp;eacute;ducation, de formation, et de protection des individus contre les risques li&amp;eacute;s au processus de destruction cr&amp;eacute;atrice. Les politiques de lib&amp;eacute;ralisation &amp;agrave; &amp;laquo; la Reagan &amp;raquo; ou &amp;agrave; &amp;laquo; la Thatcher &amp;raquo;, qui ont oubli&amp;eacute; la dimension inclusive, ont conduit &amp;agrave; des impasses populistes aux &amp;Eacute;tats-Unis (avec Trump) et en Grande-Bretagne (avec le Brexit).&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a title="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" href="https://www.flickr.com/photos/dgtresor/31785735414/in/album-72157679797709595/" data-flickr-embed="true" data-header="true" data-footer="true"&gt;&lt;img style="margin-right: auto; margin-left: auto; display: block;" src="https://c1.staticflickr.com/1/727/31785735414_49ae0a3885_c.jpg" alt="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" width="800" height="531" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Martin Kaufman, directeur adjoint du D&amp;eacute;partement de la strat&amp;eacute;gie, de la politique et d&amp;rsquo;examen au FMI&lt;/strong&gt;, a soulign&amp;eacute; que l&amp;rsquo;on s&amp;rsquo;est derni&amp;egrave;rement davantage concentr&amp;eacute; sur l&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration commerciale, aussi bien au niveau r&amp;eacute;gional que mondial, compte tenu de barri&amp;egrave;res commerciales persistantes (e.g., barri&amp;egrave;res non tarifaires, harmonisation r&amp;eacute;glementaire, la protection des investissements), l&amp;rsquo;av&amp;egrave;nement des chaines de valeur mondiales, et du d&amp;eacute;fi pos&amp;eacute; par le d&amp;eacute;veloppement des flux de services. L&amp;rsquo;enjeu majeur est aujourd&amp;rsquo;hui celui de poursuivre l&amp;rsquo;int&amp;eacute;gration commerciale dans un nouveau contexte de d&amp;eacute;fiance vis-&amp;agrave;- vis de la mondialisation dans de nombreux pays, et d&amp;rsquo;&amp;eacute;viter l&amp;rsquo;escalade des tensions commerciales. Cela pousse &amp;agrave; remettre certaines questions en perspective : comment rendre le commerce plus inclusif ? Comment endiguer les potentielles fragmentations commerciales ? Comment faciliter une r&amp;eacute;allocation plus efficace des travailleurs et des ressources dans les secteurs en expansion ? Comment ins&amp;eacute;rer ces probl&amp;eacute;matiques dans nos futures initiatives en mati&amp;egrave;re commerciale ?&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Liina Carr, secr&amp;eacute;taire conf&amp;eacute;d&amp;eacute;rale &amp;agrave; la conf&amp;eacute;d&amp;eacute;ration europ&amp;eacute;enne des syndicats&lt;/strong&gt;, a expliqu&amp;eacute; que le CES n&amp;rsquo;est pas anti-commerce. Toutefois les n&amp;eacute;gociations commerciales ne peuvent pas &amp;ecirc;tre soutenues par le monde syndical dans leur forme actuelle et ce pour deux principales raisons : i) les n&amp;eacute;gociations commerciales sont conduites en secret en particulier TiSA et CETA et malgr&amp;eacute; les avanc&amp;eacute;es s&amp;rsquo;agissant de la n&amp;eacute;gociation du TTIP, il n&amp;rsquo;est toujours pas possible d&amp;rsquo;avoir acc&amp;egrave;s aux positions am&amp;eacute;ricaines ; ii) les n&amp;eacute;gociations commerciales, qui vont aujourd&amp;rsquo;hui bien au-del&amp;agrave; de la lev&amp;eacute;e des droits de douanes, ne tiennent pas compte des besoins et aspirations des syndicats et des citoyens en particulier s&amp;rsquo;agissant de la protection des services publics et de la protection du droit &amp;agrave; r&amp;eacute;guler des &amp;Eacute;tats (les droits des travailleurs et les conditions de travail, les normes sociales et environnementales, sant&amp;eacute; et protection des consommateurs) qui est mis &amp;agrave; mal par les m&amp;eacute;canismes sp&amp;eacute;ciaux de r&amp;egrave;glement des diff&amp;eacute;rends investisseurs/&amp;Eacute;tats (ISDS) qui supposent la mise en place d&amp;rsquo;un syst&amp;egrave;me juridictionnel s&amp;eacute;par&amp;eacute;.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;De mani&amp;egrave;re plus transversale elle sugg&amp;egrave;re une coop&amp;eacute;ration plus &amp;eacute;troite entre l&amp;rsquo;OMC et l&amp;rsquo;OIT. En effet la mondialisation doit aussi tenir compte des questions relatives aux droits de l&amp;rsquo;homme, droits environnementaux et sociaux. Mme Carr souligne &amp;eacute;galement l&amp;rsquo;importance d&amp;rsquo;une coh&amp;eacute;rence et d&amp;rsquo;une meilleure articulation entre le commerce international, les besoins sp&amp;eacute;cifiques et le mod&amp;egrave;le social de chaque pays, en particulier les pays les moins avanc&amp;eacute;s (PMA). Mme Carr &amp;eacute;voque enfin les questions fiscales qui, m&amp;ecirc;me si elles sont r&amp;eacute;gul&amp;eacute;es au niveau national, elles ont des implications internationales touchant directement les travailleurs et peuvent mettre &amp;agrave; mal la concurrence &amp;eacute;quitable d&amp;egrave;s lors que les multinationales peuvent obtenir des avantages fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Sur la base de l&amp;rsquo;exp&amp;eacute;rience du Mexique, &lt;strong&gt;Juan Manuel Gomez Robledo, ambassadeur du Mexique en France&lt;/strong&gt;, a expliqu&amp;eacute; en quoi l&amp;rsquo;articulation entre le syst&amp;egrave;me commercial multilat&amp;eacute;ral et les accords r&amp;eacute;gionaux est satisfaisante et facilite la r&amp;eacute;gulation des conflits commerciaux. Le Mexique a adh&amp;eacute;r&amp;eacute; au GATT en 1986 et a ensuite conclu de nombreux accords de libre-&amp;eacute;change r&amp;eacute;gionaux et bilat&amp;eacute;raux (46), tandis que des n&amp;eacute;gociations sont en cours avec la Jordanie, la Turquie, le Br&amp;eacute;sil et l&amp;rsquo;Argentine. Le Mexique a aussi n&amp;eacute;goci&amp;eacute; des accords de protection des investissements, qui ont permis de renforcer la cr&amp;eacute;dibilit&amp;eacute; et l&amp;rsquo;attractivit&amp;eacute; du pays pour les investisseurs internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;L&amp;rsquo;ambassadeur estime que les approches multilat&amp;eacute;rale et r&amp;eacute;gionale sont compl&amp;eacute;mentaires. D&amp;rsquo;une part, les accords r&amp;eacute;gionaux permettent une croissance plus rapide des flux commerciaux mais ne vont pas &amp;agrave; l&amp;rsquo;encontre des r&amp;egrave;gles de l&amp;rsquo;OMC. &amp;Agrave; l&amp;rsquo;&amp;eacute;poque, certains juristes avaient le sentiment que la multiplication des accords allait conduire &amp;agrave; un d&amp;eacute;sordre juridique. Dans la pratique, ce risque ne s&amp;rsquo;est pas r&amp;eacute;alis&amp;eacute;. Le Mexique, qui a eu recours de nombreuses fois aux proc&amp;eacute;dures de r&amp;egrave;glement des diff&amp;eacute;rends comme plaignant ou d&amp;eacute;fendeur &amp;ndash; &amp;agrave; l&amp;rsquo;OMC ou dans les accords r&amp;eacute;gionaux - estime que ces m&amp;eacute;canismes sont tr&amp;egrave;s efficaces et offrent des solutions stables aux conflits commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Hendrik Bourgeois, directeur des affaires publiques de General Electric Europe&lt;/strong&gt;, estime que si l&amp;rsquo;ouverture commerciale et la mondialisation favorisent bien l&amp;rsquo;innovation, l&amp;rsquo;entreprenariat, la concurrence et la croissance, on assiste n&amp;eacute;anmoins &amp;agrave; une recrudescence des demandes de retour des barri&amp;egrave;res commerciales. Il semble que le commerce international serve aujourd&amp;rsquo;hui de bouc &amp;eacute;missaire face aux critiques sur la croissance, l&amp;rsquo;emploi et la mont&amp;eacute;e des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s alors que le probl&amp;egrave;me central reste celui de la productivit&amp;eacute;. Longtemps consid&amp;eacute;r&amp;eacute;e comme une mati&amp;egrave;re technique (r&amp;eacute;duction des barri&amp;egrave;res tarifaires), la question du commerce international est d&amp;eacute;sormais &amp;eacute;minemment politique, et donc pol&amp;eacute;mique. Cela tient notamment au fait que les accords commerciaux traitent d&amp;eacute;sormais les questions de r&amp;egrave;glementation, d&amp;rsquo;environnement, etc. Dans ce contexte, il est crucial que l&amp;rsquo;UE repense la gouvernance et les m&amp;eacute;canismes r&amp;eacute;gissant sa politique commerciale. La position de la Commission, qui d&amp;eacute;tient une comp&amp;eacute;tence exclusive sur la question, est en effet d&amp;eacute;licate : elle a besoin d&amp;rsquo;un mandat politique solide pour conduire les n&amp;eacute;gociations commerciales de mani&amp;egrave;re plus l&amp;eacute;gitime et plus inclusive, notamment au service de nos PME.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;Si le diagnostic est tr&amp;egrave;s largement partag&amp;eacute; sur le fait que le commerce international cr&amp;eacute;e de la richesse&lt;strong&gt;, Philippe Martin, professeur d&amp;rsquo;&amp;eacute;conomie &amp;agrave; Sciences Po&lt;/strong&gt;, indique qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;en va pas de m&amp;ecirc;me s&amp;rsquo;agissant des moyens de r&amp;eacute;duire les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s induites par la mondialisation. Les politiques publiques n&amp;rsquo;ont pas su redistribuer efficacement les b&amp;eacute;n&amp;eacute;fices du commerce au profit des &amp;laquo; perdants &amp;raquo; de la mondialisation que ce soit via les politiques fiscales ou par les politiques de formation professionnelle ou d&amp;rsquo;&amp;eacute;ducation. La mondialisation n&amp;rsquo;est pas soutenable politiquement si au m&amp;ecirc;me moment o&amp;ugrave; elle contribue &amp;agrave; augmenter les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s les gouvernements voient leur base taxable se d&amp;eacute;localiser et le financement de leurs politiques publiques se r&amp;eacute;duire. L&amp;rsquo;acceptation de la mondialisation commerciale passe donc par la ma&amp;icirc;trise de la mondialisation financi&amp;egrave;re, via une lutte affirm&amp;eacute;e contre les pratiques fiscales non-coop&amp;eacute;ratives et l&amp;rsquo;&amp;eacute;vasion fiscale. L&amp;rsquo;UE doit utiliser le levier des accords commerciaux pour promouvoir la coop&amp;eacute;ration fiscale. Cette question du lien entre commerce et fiscalit&amp;eacute; se pose d&amp;rsquo;autant plus fortement aujourd&amp;rsquo;hui dans le contexte de la mise en place du nouveau gouvernement am&amp;eacute;ricain qui entend remettre &amp;agrave; plat la fiscalit&amp;eacute; des affaires mais &amp;eacute;galement dans les futures n&amp;eacute;gociations autour du Brexit.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: justify;"&gt;&lt;strong&gt;Angel Gurria, Secr&amp;eacute;taire g&amp;eacute;n&amp;eacute;ral de l&amp;rsquo;OCDE&lt;/strong&gt;, souligne que nous connaissons une p&amp;eacute;riode critique o&amp;ugrave; l&amp;rsquo;on constate une perte de confiance g&amp;eacute;n&amp;eacute;rale et une forte aggravation des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s de revenu et de patrimoine en une g&amp;eacute;n&amp;eacute;ration au sein de la zone OCDE (le revenu des 10% les plus riches est autour de 10 fois sup&amp;eacute;rieur &amp;agrave; celui des 10% les plus pauvres, contre un ratio de 7 dans les ann&amp;eacute;es 1980 ). Si les causes du rejet de la mondialisation sont nombreuses, les cons&amp;eacute;quences en sont claires alors que les tendances protectionnistes s&amp;rsquo;am- plifient. Il faut donc cr&amp;eacute;er une mondialisation &amp;laquo; plus inclusive &amp;raquo;, qui int&amp;egrave;gre notamment les concepts de coop&amp;eacute;ration et d&amp;rsquo;engagements partag&amp;eacute;s et &amp;eacute;galement rechercher une productivit&amp;eacute; plus inclusive. Dans un contexte pr&amp;eacute;occupant de ralentissement marqu&amp;eacute; de la croissance de la productivit&amp;eacute; et d&amp;rsquo;aggravation des in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s, l&amp;rsquo;OCDE a lanc&amp;eacute; des travaux pour &amp;eacute;tudier la relation entre la productivit&amp;eacute; et les in&amp;eacute;galit&amp;eacute;s (sujet notamment discut&amp;eacute; lors de la r&amp;eacute;union minist&amp;eacute;rielle de l&amp;rsquo;OCDE de 2016, et a publi&amp;eacute; l&amp;rsquo;&amp;eacute;tude intitul&amp;eacute;e : &amp;laquo; l&amp;rsquo;articulation entre productivit&amp;eacute; et inclusivit&amp;eacute; &amp;raquo;). Les pouvoirs publics doivent reconna&amp;icirc;tre les changements mais aussi les risques li&amp;eacute;s &amp;agrave; l&amp;rsquo;automatisation pour une certaine partie de la population (&amp;eacute;tude PIAAC de l&amp;rsquo;OCDE ; ainsi qu&amp;rsquo;un nouveau projet horizontal de l&amp;rsquo;OCDE sur la transformation num&amp;eacute;rique au service de la croissance inclusive et du bien-&amp;ecirc;tre). L&amp;rsquo;OCDE m&amp;egrave;ne une v&amp;eacute;ritable r&amp;eacute;forme fiscale pour plus de justice et de transparence. La coop&amp;eacute;ration internationale en mati&amp;egrave;re fiscale, notamment avec le projet BEPS ( &amp;laquo; Base Erosion and Profit Shifting) &amp;raquo; et l&amp;rsquo;&amp;eacute;change automatique d&amp;lsquo; informations, est essentielle. La r&amp;eacute;union minist&amp;eacute;rielle de l&amp;rsquo;OCDE qui se tiendra d&amp;eacute;but juin 2017 aura pour th&amp;egrave;me &amp;laquo; Faire de la Mondialisation l&amp;rsquo;instrument d&amp;rsquo;une vie meilleure pour tous &amp;raquo;.&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: left; line-height: 10pt; text-indent: 0pt;"&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style="text-align: center; line-height: 10pt; text-indent: 0pt;"&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;➡️ &lt;a title="Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017" href="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Evenements/2017/01/31/les-entretiens-du-tresor-ouverture-commerciale-croissance-et-inegalites-entretienstresor-31-janvier-2017"&gt;Les Entretiens du Tr&amp;eacute;sor 2017&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</content><thumbnail url="https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/06fa4c03-dee4-454a-9c47-9790f31ba46d/images/visuel" xmlns="media" /></entry></feed>