Jusqu’à l’indépendance du Sud Soudan, le Soudan était le plus grand pays d’Afrique subsaharienne (2ème aujourd’hui après la RDC). Il a connu une dernière décennie faste, mais va traverser de profondes transformations structurelles.
Le développement de l’industrie pétrolière a nourri une croissance forte et ascendante, souvent à deux chiffres (10% en 2007 ; 8 % en moyenne), mais qui a ralenti en 2009 et 2010 (6% ; 5.1%). Le dynamisme de l’économie a permis la réalisation de nombreux projets d’infrastructures (transport, énergie, télécommunications), aux Soudanais d’accéder aux produits manufacturés du monde et à Khartoum de caresser le rêve d’une urbanisation rappelant les Emirats. Cependant, l’économie soudanaise reste structurellement déséquilibrée et dépendante des importations, et les revenus pétroliers ont bénéficié principalement à la capitale. Le Soudan se classe au 150eme rang mondial par son Indice de Développement Humain.
Le 9 juillet 2011, la région du Sud-Soudan a accédé à l’indépendance, faisant de la nouvelle République du Sud-Soudan le 55e état d’Afrique. Pour le nouvel Etat, les défis sont immenses, les années de conflit n’ayant jamais permis le développement. Le Soudan, qui a perdu près d’un tiers de son territoire, un quart de sa population et les 3/4 de ses revenus pétroliers, devra mener à bien la transformation structurelle de son économie et œuvrer au rétablissement de la paix au Darfour, au Sud Kordofan et dans l’Etat du Nil bleu. En outre une normalisation de ses relations avec la communauté internationale occidentale (dette extérieure, sanctions commerciales états-uniennes, inculpation du Président Omar al-BASHIR par la Cour Pénale Internationale) est devenue indispensable pour entrevoir un avenir économique serein.