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Panama

 Le Panama, petite économie de 3,5 M d’habitants, bénéficie d’une situation géographique avantageuse l’ayant incité à se spécialiser dans les services (80% du PIB). L’économie repose sur trois piliers : la Zone franche de Colón (2ème plate-forme de redistribution de biens de consommation au monde), le Centre Bancaire International (100 banques/82 Md USD d’actifs) et les services maritimes (Canal et infrastructures portuaires et de logistique, pavillon de complaisance, etc.). Le Panama capte 5% du commerce maritime mondial (hors pétrole) et 31% du commerce Asie-Pacifique/côte Est des États-Unis; on peut désormais y ajouter, comme facteur d’expansion, le hub aérien des « Amériques » de la compagnie Copa Airlines, entreprise fleuron du pays.

Malgré sa taille, le pays centre-américain abrite plusieurs grands projets ce qui en fait un marché convoité par les investisseurs étrangers : construction d’un 3ème jeu d’écluses sur le Canal de Panama qui doublera sa capacité en 2016, avec en corollaire des projets portuaires et de ponts; métro de la capitale avec un plan directeur de 4 lignes d’ici 2025. Cette croissance économique s'appuyant sur les investissements publics et le commerce extérieur a rapidement repris malgré un ralentissement suite à la crise de 2008-2009. Le PIB, qui a franchi la barre des 44 Md USD fin 2014 (PIB/habitant : 11.800 USD), a enregistré un taux de croissance de 8,5% en moyenne sur la dernière décennie, 8,4% en 2013, 6,6 % en 2014. Cette dynamique est tirée par la consommation domestique, irriguée par le crédit bancaire local (solide, bien supervisé et peu exposé à l’extérieur) et le BTP (7 Md USD en projets d’investissements privés sur 2012-2014). En bémol, l’inflation, traditionnellement faible, s’est inscrite en hausse depuis 2005 avant de ralentir à 2,6% en 2014. Le pays étant dollarisé (absence de Banque centrale et donc de politique monétaire), seule la politique budgétaire permet d'influer sur une croissance que beaucoup considèrent en surchauffe. Les équipes du FMI ont notamment plaidé pour un resserrement budgétaire afin de calmer la hausse des prix, l'endettement public et les déficits du compte courant (-10,8% du PIB en 2014).  

Le nouveau « plan quinquennal » d’investissements publics 2015-2019 (19,5 Md USD), vise à alléger la dépendance de l’économie vis-à-vis du Canal et à faire du pays un centre régional de logistique multimodal et « multi-secteurs » (développement de « clusters »), mais aussi une plate-forme régionale de développement des affaires compétitive. Si les activités autour du Canal restent l’un des meilleurs atouts du pays, l’essor de nouvelles filières est à l’ordre du jour : le tourisme et le secteur minier (cuivre, surtout).  Malgré la promulgation d'une loi de responsabilité budgétaire qui fixe un entre autres : un objectif d'excédent primaire, un seuil maximum de déficit budgétaire de 1% du PIB et une dette publique maximum de 40% du PIB, le Panama a été incapable de respecter cette loi et multiplie les exemptions. Les autorités ont créé en 2012 un « fonds souverain », initialement abondé à hauteur de 1,2 Md USD par l’actuel Fonds fiduciaire au développement (FFD) puis, dès 2015, par les revenus excédentaires du canal (au-delà de 3,5% du PIB). La dette publique à fin 2014 s’élevait à 41,8% du PIB selon le FMI. Elle est en lien avec la dynamique de croissance (grands chantiers, investissements et consommation privés), dans un contexte de déficit budgétaire de plus en plus inquiétant (4% en 2014). L’actuel gouvernement s’est engagé à ramener cette dette à 33,8% du PIB, d’ici fin 2019.

Sur le plan externe, les déficits extérieurs devraient diminuer à mesure que les grands travaux publics diminuent. Le déficit du compte courant atteint -10,8% du PIB. Il est largement financé par les IDE qui sont les plus élevés de la région Amérique centrale (34% du total) et le 8ème à l’échelle de l’Amérique latine (après le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Argentine, le Pérou, la République Dominicaine et le Venezuela). Ses IDE se sont élevés en 2013 à 4 Md USD et poursuivent à un rythme notable sur les trois premiers trimestres 2014 (+21,4%, 3,63 Md USD).

Le pays a poursuivi son ouverture au commerce mondial en signant de nouveaux accords de libre-échange (ALE) avec des partenaires de premier plan (Pérou, États-Unis, Canada, Colombie, zone AELE, Mexique) ainsi que l’important accord d’association UE-Amérique centrale, dont le volet commercial est déjà appliqué à titre provisoire. L’ALE signé en 2014 avec le Mexique lui permettra d’intégrer prochainement l’Alliance du Pacifique. Le Panama espère aussi prochainement concrétiser des ALE avec la Corée du Sud, Israël et l’Afrique du Sud.

Si le Panama a largement dominé les classements de la croissance en Amérique latine au cours de ces dernières années, une grande partie des bénéfices de cette croissance a été captée par les catégories les plus aisées de la population. Le taux de pauvreté est certes en baisse, mais les inégalités restent élevées en matière d'éducation, de santé et d'accès aux services basiques en particulier dans les provinces autonomes à majorité indienne. La mise en place d'un développement plus durable bénéficiant à un plus grand nombre reste un défi à relever. Le ralentissement de la croissance en Amérique latine, couplé à un dérapage des dépenses publiques font également peser une nouvelle contrainte sur le pays qui devra mener des réformes dans les dépenses publiques (en particulier dans le domaine des subventions).

Le Service Économique Régional (SER) de Panama a la responsabilité du suivi macroéconomique et financier du Panama, des pays andins et des multiples États de la Caraïbe. Il élabore des notes d’analyse sur le risque-pays, les systèmes financiers, les grandes problématiques monétaires et de change. Il contribue à la préparation des instructions pour nos  administrateurs au sein des institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale, Banque Interaméricaine de Développement) ainsi que pour la Représentation permanente de la France à Bruxelles auprès de la Commission européenne. Il entretient des relations étroites avec les Services Économiques de la région à La Havane, Bogota, Lima, Saint Domingue et Caracas) et l'antenne à Quito. Ses principaux interlocuteurs dans les pays couverts sont les ministères de l’Économie et des Finances ainsi que les Banques centrales, les économistes et les représentants des institutions financières internationales.

Le SER assure en permanence la veille sectorielle des activités les plus dynamiques de la petite économie émergente du Panama ainsi que le suivi exhaustif des nombreux grands projets d’infrastructures en cours et des grands contrats intéressant, notamment nos grands groupes du BTP et nos équipementiers (secteurs du transport, de l’énergie et de l’environnement, etc.)

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- 25/05/2016

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