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Mexique

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Le Mexique, 2ème économie d’Amérique latine (le PIB était de 1 258 Mds USD en 2013, 14ème rang mondial), dispose d’un vaste marché intérieur de 120 M d’habitants. Le pays bénéficie d’une image rénovée et engageante avec une ouverture commerciale de 36% du PIB. Classé « investment grade », défenseur du libre-échange et de l’intégration commerciale, en particulier vers le Pacifique[1], le Mexique se distingue en tant que partisan du libre-commerce (notamment au G20), défenseur de l’intégration commerciale et détracteur des barrières protectionnistes. Il dispose d’un solide réseau de 10 accords de libre-échange concernant 45 pays et de 30 accords de promotion et de protection réciproque des investissements (APPRI). Economie émergente, le Mexique a privilégié ces dernières années l’assainissement de ses comptes publics et le renforcement de sa résistance aux chocs externes au détriment de sa croissance. Le pays dispose d’une économie ouverte de marché où le secteur privé a été à l’origine de 81,8% de la production brute totale du pays en 2013[2]. Après un ralentissement de la croissance en 2013 (1,1%), celle-ci a rebondi en 2014 (2,4% selon le FMI), tout en restant décevante par rapport aux prévisions formulées par le gouvernement fin 2013 (3,9%). De la bonne mise en œuvre des réformes structurelles entreprises par le gouvernement Peña Nieto dépendra la croissance de l’économie mexicaine pour les prochaines années. Le FMI a récemment revu à la hausse sa prévision de croissance pour 2015 à 3,5%.

Signe de la confiance des investisseurs, le gouvernement a réalisé cette année plusieurs émissions obligataires en devises étrangères[3]. Depuis de nombreuses années, d’importants progrès ont été réalisés afin de renforcer la stabilité macroéconomique via un policy mix conservateur et une politique d’endettement public particulièrement prudentielle. Dans le cadre de la mise en œuvre des réformes structurelles, cette dernière est cependant en passe d’être assouplie, notamment au travers d’une hausse tendancielle de la dépense publique (25,9% du PIB en 2013 contre 25% en 2011). La politique monétaire centrée sur la stabilité des prix a permis de maintenir le taux d’inflation relativement proche de la cible de la Banque centrale de 3% +/- 1%[4]. Depuis 2008/2009, les autorités monétaires poursuivent une stratégie ininterrompue d’accumulation de réserves de change, lesquelles ont atteint 191,5 Mds USD (soit 15,1% du PIB, fin août 2014). La banque centrale a baissé son principal taux d’intérêt directeur à 3% en juin 2014, soit -0.5pdb. Le secteur bancaire mexicain est sain, solvable, correctement capitalisé et supervisé selon les meilleures pratiques en matière de normes prudentielles, de gestion des risques, de comptabilité et de gouvernance. Le taux de créances douteuses est l’un des plus bas parmi les émergents (en dessous de 3,5%) et la réforme financière, adoptée définitivement fin 2013, renforce la réglementation du secteur financier.

Alors qu’un certain nombre d’émergents ont bâti leur croissance sur un élargissement de la classe moyenne et une captation de valeur ajoutée, le Mexique n’a pas encore dérogé à son modèle axé sur les exportations de produits à faible contenu local, essentiellement à destination des Etats-Unis[5]. Les réformes entreprises visent à ouvrir davantage le pays aux investissements étrangers et sont stratégiques pour le renforcement de la compétitivité de l’économie nationale et l’élévation durable du rythme de croissance. Ainsi, la réforme du secteur des télécommunications vise à renforcer la concurrence dans un secteur fortement concentré grâce à l’instauration d’un régulateur doté de pouvoirs importants. Parallèlement, la réforme des secteurs de l’électricité et des hydrocarbures a pour principal objectif de redresser le niveau de production de pétrole en déclin (2,3 M de barils/jour en 2014 contre 3,4 M en 2004), de développer l’exploration et l’exploitation en eaux profondes, de promouvoir les filières du gaz et du pétrole de schiste et de libéraliser la production d’électricité.

Malgré des atouts certains, le Mexique reste un pays en développement et accuse d’importants retards en termes de développement social et humain. 52,3% de la population vivait en-dessous du seuil de pauvreté en 2013, et le PIB par habitant (10 629 USD en 2013) continue de masquer de très fortes inégalités : les 20% les plus démunis perçoivent moins de 5% des revenus nationaux. Avec un indice de développement humain de 0,756, le Mexique se situe en 2013 au 71ème rang sur 121 pays. De nombreux dysfonctionnements structurels grèvent la compétitivité du pays (classé 61ème sur 148 pays à l’indice 2014-2015 du Forum Economique Mondial, soit un déclassement de 6 places par rapport à 2013) à l’instar d’une forte dépendance vis-à-vis des revenus pétroliers (33% des recettes fédérales depuis le début de l’année 2014), d’un déficit d’infrastructures (transports, éducation et santé notamment), de sous-investissements en R&D (0,4% du PIB en 2013, en stagnation), de restrictions à la concurrence dans certains secteurs clés (énergie, transports), de la faiblesse de sa productivité (stagnation de la productivité du travail[6]), de l’importance de l’économie informelle (57,3% de la population active en août 2014 ne reflétant pas le taux de chômage réel qui officiellement est de 5,2% de la population active au T3 2014) et d’une pression fiscale très modeste (de 24,3% du PIB en 2013[7] contre 30% en moyenne en Amérique latine).


[1] Pays membre de l’Alliance du Pacifique, il prend part aux négociations du Partenariat Trans-Pacifique.

[2] Source : Institut national de statistiques (INEGI).

[3] 1 Md de Livres Sterling sur 100 ans en mars, 1 Md d’Euros sur 15 ans en avril et 12,3 Mds de Yens (environ 117 M USD) sur 20 ans en juillet.

[4] Inflation de 4,22% g.a. en septembre 2014

[5] L’intégration internationale du Mexique repose encore largement sur son appartenance à l’Accord de Libre Echange Nord-Américain (ALENA) en vigueur depuis 1994, et ce malgré la volonté affichée de diversifier ses partenaires commerciaux : les Etats-Unis ont absorbé 81,3% des exportations mexicaines en 2013 (chiffre relativement stable depuis 2007).

[6] +1,9% entre 2008 et 2013 selon les chiffres de l’INEGI.

[7] FMI

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