La croissance a ralenti en 2010 (+3,3%) par rapport aux deux années précédentes (+5,6% en 2008 et +4,9% en 2009) qui avaient bénéficié de l’excellente performance du secteur primaire. En 2010, c’est le secteur non agricole qui tire la croissance (+5%) et qui compense le recul de l’activité agricole (-7,1%). Le PIB par habitant s’élève à 2900 dollars.
Le taux de chômage est affiché à 9,1% (comme en 2009) grâce à la baisse du chômage urbain (13,7%), mais le chômage des jeunes est structurel (17,6%).
Tout en restant élevé, le taux d’investissement brut a légèrement reculé à 34% du PIB, reflétant le ralentissement de l’investissement privé. Le taux d’épargne est resté stable à 31,5% du PIB. Des mesures ont été prises dans le cadre de la dernière loi de finances pour développer l’épargne financière.
L’inflation est contenue (0,9% en 2010 et une inflation annuelle moyenne de 2% sur les cinq dernières années). Ce bon résultat reflète entre autre l’effet stabilisateur sur les prix intérieurs du système de subventions publiques aux prix de la farine, du sucre et des produits pétroliers, qui compense l’impact de la hausse internationale des cours des matières de base.
Le dirham est indexé sur un panier de devises où prédomine l'euro (80%) devant le dollar, ce qui lui confère une relative stabilité. Sur 2010, le dirham s’est apprécié près de 0,8% face à l’euro et déprécié de 4% face au dollar. En 2010, un euro valait 11,153 dirhams et un dollar, 8,418 dirhams.
Les échanges commerciaux du Maroc (53 Mds USD) ont progressé de 18,6% par rapport à 2009. Le déficit commercial s’est maintenu autour de 18 Mds USD, soit 20% du PIB. Les exportations ont progressé de 30,8%, portées par la hausse de 97% des ventes de phosphates et dérivés. Hors produits phosphatés, les ventes augmentent de 18,3% par rapport à 2009. Les importations affichent une hausse de 13,3%, tirées par le renchérissement des prix des matières premières. Si les premiers partenaires commerciaux du Maroc demeurent la France et l’Espagne, la Chine paraît avoir distancé les autres pays en tant que 3ème fournisseur du royaume (8,4% en 2010, 7,8% en 2009).
En 2010, la balance courante afficherait un déficit plus faible (4,4% du PIB au lieu de 5% en 2009), bénéficiant du retour à la hausse des recettes du tourisme (+6,3%) et des transferts financiers des Marocains de l’étranger (+7,7%).
Les recettes d’investissements directs étrangers (IDE) progressent de 28,8% en 2010, passant de 25,3 Mds MAD à 32,6 Mds MAD. Les réserves de changes sont de 24 Mds USD à la fin janvier 2011, soit 7 mois d’importations.
En 2010, le déficit budgétaire se creuse (4,2% contre 2,2% du PIB en 2009). Cela est imputable à la baisse des recettes fiscales (dans laquelle intervient la réforme du barème d’imposition des revenus) et à la hausse des subventions publiques aux prix intérieurs (qui représentent 3,3% du PIB en 2010 contre 1,7% en 2009). L’année 2011 sera particulièrement sensible sur ce chapitre, avec l’annonce en février dernier du quasi-doublement des subventions aux prix à la consommation inscrites à la loi de finances. Une réforme est en cours d’expérimentation au profit d’aides ciblées vers les populations démunies.
La dette publique est maitrisée : elle représente 59,4% du PIB en 2009, dont 20,7% au titre de la dette extérieure. En septembre 2010, le Maroc a d’ailleurs facilement emprunté 1 Md EUR sur les marchés internationaux à travers une émission d’obligations à 10 ans (taux d’emprunt à 4,50%).
Signe d’une stabilité macroéconomique et d’une solidité financière reconnue par les investisseurs étrangers, la notation risque pays du Maroc s’améliore. En mars 2010, Standard&Poors a révisé le rating de la dette à long terme de BB+ à BBB-, deuxième amélioration depuis sa notation initiale en 1998. En même temps, la dette à court terme passe de B à A3. Selon cette notation, le Maroc rentre dans la catégorie « Investment Grade ». Le Maroc avait été réévalué en catégorie 3 dans le classement de l’OCDE en octobre 2006, au même rang quela Tunisieet l’Algérie.
Les dix ans de règne du roi Mohammed VI (fêtés en juillet 2009) ont vu le lancement de nombreux plans sectoriels orientés vers le secteur privé (Emergence industrielle et off-shoring, plan Azur pour le tourisme, plan Maroc vert pour l’agriculture). De grands projets publics (Réseau autoroutier national, Port de Tanger Med, Tramway, TGV) sont parallèlement mis en œuvre.
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