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Madagascar

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Madagascar affiche un PIB de 10,6Md USD et une population de 23 millions d’habitants, soit un PIB par habitant estimé entre 450 et 460 dollars, ce qui classe Madagascar parmi les dix pays les plus pauvres du monde. La faiblesse de l’économie se retrouve au niveau d’autres indicateurs : IDH (151e), Doing  Business (163e), Transparency International (133e). La Banque mondiale et la Banque africaine de développement classent toutes les deux Madagascar parmi les Etats fragiles. Cet état des choses résulte d’une trajectoire de croissance particulièrement erratique depuis l’indépendance, où chaque cycle d’accélération du développement a été neutralisé par une crise politique induisant systématiquement une régression du revenu par habitant (91% des habitants vivent avec moins de 2 USD par jour). Madagascar émerge lentement de la dernière crise politique et économique : faute de ressources, en raison de l’érosion des recettes fiscales (inférieures à 10% du PIB durant la période dite de « transition » entre 2009 et 2013) et de la suspension partielle de l’aide internationale, les dépenses publiques ont chuté de 17,4% du PIB en 2008 à 13,5% du PIB en 2013. Elles commencent maintenant à se redresser et devraient atteindre 18,5% du PIB en 2017. Pendant les cinq années de la « transition », le service de la dette a été honoré, sans dérapage de la masse monétaire, sans recours excessif à l’emprunt ni déficit budgétaire conséquent jusqu’en 2013. Cependant, les budgets sociaux se sont effondrés, et l’investissement public s’est contracté de 7,7% du PIB en 2008 à 3,1% du PIB en 2013, l’investissement privé passant de 33% à 16% sur la même période (affecté par l’effondrement des IDE). Au final, le taux de croissance moyen est estimé à 0,6% sur la période 2009-2013, provoquant un appauvrissement de la population (taux de croissance démographique de 2,8%).

L’économie malgache souffre encore des conséquences de ces années de crise, et la croissance peine à décoller : 2,3% en 2013, 3,3% en 2014 et 3,1% en 2015. Toutefois le taux de croissance du PIB devrait atteindre 4,1% sur 2016 et l’année 2017 devrait être celle d’une reprise, certes encore modérée, mais réelle (prévision de 4,5% du FMI et des autorités). Les secteurs les plus porteurs (agroalimentaire, tourisme, exportations, travaux publics, grande consommation) connaissent peu à peu une croissance plus forte. En 2017, le secteur secondaire porterait l’essentiel de la croissance, en particulier les Zones Franches Industrielles (+11,2%), l’agro-industrie (+7,7%) et les industries extractives (+5% dans l’hypothèse d’une remontée progressive des cours des matières premières). Le secteur primaire devrait progresser de 2,8%, en particulier grâce à l’agriculture (+3,5%). Enfin le secteur tertiaire devrait croître de 5,1%, tiré par le BTP (+12,8%). Toutefois, l’économie malgache nécessite des investissements importants (moyens de production électrique notamment) que l’instabilité politique persistante et des conditions économiques peu favorables ne permettent pas de susciter. Enfin, le Plan National de Développement (PND) à 5 ans, repose sur des hypothèses de croissance  peu réalistes - supérieures à 7%, quand le FMI table aujourd’hui sur une croissance à 5% à l’horizon 2019 - et sur une programmation peu opérationnalisée et mal articulée avec les autres programmes de développement (Programme d’Urgence Présidentiel notamment). Enfin, les capacités de l’Etat, financièrement et institutionnellement faibles, ne permettent pas de créer les conditions favorables au développement du pays.

Madagascar dispose en effet de très faibles capacités financières, notamment en raison du niveau de recettes fiscales (10,8% du PIB prévus sur 2016, l’un des plus faibles du monde), dont l’amélioration constitue une priorité pour les partenaires financiers de Madagascar, particulièrement le FMI. Le gouvernement, qui s’est engagé à élargir l’assiette fiscale, peine à mettre en œuvre une politique fiscale efficace (augmentation du nombre de contribuables mais collecte inefficace), rendue ambiguë par la création de nombreuses zones franches à définition extensive. Toutefois, des réformes d’envergure sont en cours au sein de l’administration fiscale avec le soutien du FMI, qui commencent à donner des résultats (prévision de 11% du PIB pour la collecte fiscale en 2017).

Par ailleurs, le niveau élevé des subventions aux entreprises publiques déficitaires – en particulier la Jirama, compagnie de l’eau et de l’électricité) constitue un fardeau financier important pour l’Etat, que les autorités tentent de réduire avec le ferme soutien des partenaires techniques et financiers. Le FMI a ainsi fixé un plafond de subvention à la Jirama à 300 Mds MGA pour 2016, appelé à se réduire progressivement d’ici 2019. Par ailleurs, la compagnie aérienne publique Air Madagascar fait quant à elle l’objet d’une restructuration pour lui permettre de retrouver la rentabilité. Un partenaire capitalistique est en cours d’identification avec le soutien de la Banque mondiale.

Cette faible mobilisation des ressources domestiques a induit un gap de financement important en 2014, 2015 et 2016 comblé in extremis en 2014 par les contributions d’aide budgétaire des bailleurs de fonds (UE, AFD/France, Banque mondiale, Banque africaine de développement).

L’analyse de soutenabilité de la dette par le FMI a été actualisée et est passée en risque « modéré » en novembre 2015. Cette dégradation s’explique par des perspectives de croissance économique plus faibles que prévues, une évolution à la hausse du taux de pression fiscale bien plus lente qu’anticipée, des perspectives de soutien budgétaire inférieures aux projections et surtout une dépréciation rapide du MGA face à l’USD, alourdissant le poids de la dette extérieure libellée en devises. Bien que le niveau d’endettement public reste modéré, sa progression nécessite donc d’être suivie avec attention car : (i) les forts besoins d’investissement vont conduire à un recours à une combinaison d’emprunts domestique et externe y compris non concessionnel (même si le FMI a plafonné à 200 M USD pour l’année à venir l’enveloppe des prêts extérieurs non concessionnels); (ii) l’évolution de la dette publique reste vulnérable à une absence de rebond significatif de la pression fiscale ; (iii) les données relatives à la dette publique intérieure n’intègrent pas l’intégralité de la dette résultant des arriérés de paiements intérieurs, ni bien entendu le recours massif aux avances statutaires de la Banque centrale ; (iv)  le pays ayant déjà bénéficié en 2004 de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés, les créanciers du Club de Paris pourraient difficilement accorder de nouveaux allègements de dette.

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