Liberté, Égalité, Fraternité, République Française Trésor Direction générale
Accueil » » Les services économiques à l'étranger » Kenya
 

Kenya

Avec un PIB estimé à 69 Mds USD en 2015, l’économie kenyane est à la fois la plus importante mais également la plus résiliente de la Communauté de l’Afrique de l’Est, en raison de la diversité de ses secteurs d’activité et de sa faible dépendance aux exportations de matières premières. Le pays a connu une décennie de croissance forte qui lui a permis d’accéder au statut de pays à revenu intermédiaire. Outre qu’elle s’est accompagnée d’un accroissement marqué des inégalités sociales et territoriales, cette performance a largement été alimentée par les investissements publics, au prix d’une dégradation continue des finances publiques et de la position extérieure du pays. En dépit du ralentissement de l’effort d’investissement public en 2016 et de la réduction des importations, qui ont atténué les tensions extérieures, le pays reste vulnérable aux chocs externes, en particulier au resserrement de la politique monétaire américaine. Le financement du développement du pays constitue un levier irremplaçable pour la France au Kenya, désormais sa première exposition souveraine en Afrique subsaharienne. A cet égard, la visite du Ministre de l'économie et des finances en février 2017 a permis de réaffirmer l’engagement de la France dans le développement du pays, notamment par la signature des conventions pour le financement du barrage de Ruiru II.

Alors qu’elle joue un rôle de premier plan dans le financement de son développement, les relations économiques et commerciales qu’entretient la France avec le Kenya sont encore trop faibles, au regard notamment de la taille de l’économie kenyane et des mutations économiques et sociales que traverse le pays. L’enjeu pour la France réside dans le rééquilibrage de sa relation avec le Kenya vers un partenariat économique plus large. Au demeurant, cette évolution est amorcée par les entreprises françaises qui privilégient aujourd’hui le Kenya pour établir leur base commerciale et industrielle régionale. La signature de l’accord entre le groupe PSA et les autorités kenyanes pour l’implantation d’une ligne d’assemblage de véhicules de la marque Peugeot à l'occasion de la visite du Ministre témoigne de l’intérêt marqué des industriels français pour le pays et au-delà  pour le marché intégré de la communauté d’Afrique de l’est.

L’urbanisation rapide du pays, l’essor de la classe moyenne, la culture de l’entreprenariat et de l’innovation, tous ces facteurs concourent à renforcer l’attractivité du Kenya pour les exportateurs et investisseurs français. C’est pourquoi le développement de nos intérêts économiques repose sur l’articulation renforcée de nos soutiens financiers avec l’offre des entreprises françaises dans les secteurs prioritaires pour le développement du pays. Dans cette perspective, le renforcement de la présence française doit porter principalement sur les secteurs des énergies renouvelables, du développement urbain (eau-assainissement, transports, déchets), de l’économie numérique, de l’éducation et de la santé.     

1. La plus importante économie de la Communauté d’Afrique de l’Est est confrontée à la soutenabilité de son modèle de développement

Le Kenya est d’abord une économie de services, à la source d’innovations majeures répliquées dans tout le continent. Le secteur tertiaire représente plus de 50 % du PIB du pays ; le niveau de développement des services de transports, de médecine, d’éducation ou encore du secteur financier fait du Kenya une plate-forme régionale. Pour développer ces secteurs, le Kenya a su se montrer particulièrement innovant, notamment avec son système de paiement mobile M-Pesa, repris dans de nombreux pays d’Afrique mais aussi en Inde ou en Europe. Le Kenya est considéré comme un acteur de premier plan de l’économie numérique sur le continent, aux côtés du Nigéria ou de l’Afrique du sud.

Si les investissements publics ont permis de soutenir la croissance depuis une décennie, ils ont induit un creusement du déficit qui a atteint 8,6 % du PIB en 2015. Corollaire, la dette publique s’est également accrue dans le même temps, passant à plus de 50 % du PIB en 2015. Avec le programme Vision 2030, les dépenses publiques d’investissement ont quasiment doublé, passant de 6 % du PIB en 2011 à 11 % en 2015. La mise en œuvre de la décentralisation est un facteur aggravant, les 47 comtés créés en 2013 se finançant quasi exclusivement grâce aux transferts du budget national. La trajectoire de la dette publique est toutefois jugée encore soutenable par le FMI.

2. Le creusement du déficit commercial depuis les années 2000 souligne les enjeux du modèle de développement kenyan. La croissance tirée par les investissements publics a favorisé l’augmentation des importations de biens, alors que l’impact de ces investissements sur la capacité d’exportation du pays n’est pas encore avéré. Le Kenya n’a pas pleinement profité de la décennie de croissance pour opérer la transformation en profondeur de son modèle exportateur, encore trop dépendant de productions à faible valeur ajoutée, à l’exception notable des produits de l’horticulture.

Qui plus est, certains secteurs industriels ont clairement souffert de l’ouverture du marché aux biens importés à bas prix, notamment dans le textile, l’agroalimentaire et l’industrie mécanique. La stratégie d’industrialisation portée aujourd’hui par les pouvoirs publics dans ces trois secteurs, vise à la fois à renforcer le secteur exportateur par des productions à plus forte valeur ajoutée, mais également à reconquérir le terrain perdu sur le marché domestique.

Des facteurs structurels pèsent cependant sur les performances du pays à l’exportation, notamment l’affaiblissement de sa compétitivité hors-prix. Le creusement du déficit commercial au cours des années 2010 en est le résultat, la baisse observée en 2015 n’étant que l’effet conjoncturel de la diminution du prix des produits pétroliers. Cette tendance est d’autant plus inquiétante que des enjeux majeurs se profilent. Les exportations de produits horticoles vers l’Union Européenne - qui représentent 16% des exportations totales du Kenya et 75 % des exportations du secteur - sont directement menacées par la non-ratification de l’accord de partenariat économique entre l’UE et l’ensemble des pays de la CAE, qui se traduirait par la réintroduction de droits de douane et de quotas sur les exportations kényanes vers l’UE. Les tensions au sein de la CAE, qui constitue toujours le premier marché d’exportation du Kenya, pèsent également sur les exportations kenyanes et contribuent à la multiplication de barrières non-tarifaires au sein même de la zone.

Le déséquilibre de la balance commerciale est aujourd’hui en partie compensé par les entrées de devises liées à l’activité du port de Mombasa et celles issues des transferts de migrants. Les importations de biens d’équipement ne sont réalisées que parce qu’elles sont financées, limitant les tensions sur les réserves de change et la balance des paiements. La tendance observée concernant les exportations de biens n’en est pas moins préoccupante. Il s’agit d’une source de vulnérabilité pour l’économie kenyane, qui continue de s’endetter en devises à un rythme soutenu.

 3. L’accompagnement de l’élévation de l’économie kenyane dans la chaine de valeur mondiale est un enjeu pour nos intérêts économiques à moyen terme

Les échanges commerciaux entre la France et le Kenya ont enregistré en 2015 une augmentation de 26% par rapport à 2014, à 280 M EUR, soit un montant jamais atteint depuis 10 ans. Ces échanges se caractérisent par leur caractère structurellement excédentaire pour la France et par la diversité des postes d’exportations françaises. Alors que le Kenya n’est pas un client d’Airbus, nos exportations reposent sur une gamme large de produits, tels que les biens d’équipements électriques, informatiques et mécaniques, l’automobile, les parfums et cosmétiques et la pharmacie, ou encore les produits agroalimentaires. La dynamique enregistrée par ces différents postes indique que l’offre française rencontre la demande du marché kenyan, notamment sur le segment en croissance des classes moyennes urbaines.

Au-delà de ces performances encore modestes au regard de la taille de l’économie kenyane, le phénomène le plus marquant est l’intérêt croissant des entreprises françaises pour le Kenya comme destination d’investissements productifs. Le retour industriel de Peugeot en est le symbole, mais d’autres entreprises françaises ont franchi le pas au cours des cinq dernières années, telles que Schneider Electric, L’Oréal, Danone, Essilor, Bonduelle, Vinci, Egis, Accor, Sodexho, ou envisagent de le faire comme Dassault Systèmes ou encore Société Générale.  Avec un stock d’IDE français représentant 10 % du stock total d’IDE au Kenya en 2015, la France serait ainsi le 4e investisseur au Kenya. Selon le FMI, le pays devrait rester beaucoup plus dynamique que le reste de l’Afrique Subsaharienne dans les années à venir et continuer d’attirer les investisseurs étrangers dans le secteur des services – commerce, tourisme, services financiers - et dans l’industrie agroalimentaire, l’automobile et la construction navale notamment.

L’environnement législatif et règlementaire a été profondément reformé pour renforcer le Kenya dans son rôle de plateforme régionale d’investissement, par la suppression notamment de toutes les contraintes relatives à la participation étrangère dans les sociétés kenyanes. Enfin, le dispositif des zones économiques spéciales mis en place en 2015 offre un cadre fiscal, financier et règlementaire parmi les plus incitatifs en Afrique Subsaharienne. C’est pourquoi le Kenya a enregistré la plus forte progression des pays africains (+21 places) en 2016 dans le classement des pays pour le climat des affaires réalisé tous les ans par la Banque Mondiale (Doing Business).

Mais des risques sont identifiés qui pourraient affaiblir l’attractivité du Kenya : la faiblesse de la croissance mondiale et le repli protectionniste américain redouté, la problématique récurrente de la corruption dans la sphère publique qui provoque le retrait des grands groupes mondiaux d’Afrique Subsaharienne. Le Brexit et les difficultés rencontrées dans la ratification de l’accord de partenariat économique avec l’Union Européenne enfin pourraient avoir un effet à long terme sur l’insertion du pays dans le commerce mondial et surtout sur l’investissement des entreprises européennes au Kenya.

Kenya

Focus sur

Objectif Afrique, lettre d’information économique hebdomadaire

Visuel Objectif Afrique

- 17/02/2017

Les échanges commerciaux de la France avec l’Afrique subsaharienne en 2015

En 2015, l’Afrique subsaharienne représentait 43 % de nos ventes et 42 % de nos achats à l’Afrique. La part de l’Afrique subsaharienne dans nos échanges avec l’Afrique est en augmentation, puisqu’en 2...

- 07/04/2016

L’action du Service économique régional de Nairobi

Le Services économique régional de Nairobi a pour mission :

-          L’analyse et la veille économique et financière des pays sur lesquels il a une compétence directe – Burundi, Erythrée, Kenya, Ou...

- 07/09/2011

service-public.fr legifrance.gouv.fr gouvernement.fr france.fr

© Ministère de l'Économie et des Finances - 2017