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Irlande

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Le Service économique de l’Ambassade (SE) fait partie du réseau international de la direction générale du Trésor et est chargé de l’analyse et de la veille sur les sujets économiques, financiers, et sur les politiques publiques sectorielles, notamment dans le cadre d’études comparatives internationales. Le SE est aussi l’une des composantes du dispositif d’appui au développement international de nos entreprises, incluant Business France, la Section irlandaise des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (« CCEF »), la Chambre de Commerce franco-irlandaise (FICC). Le SE assure le pilotage des opérateurs dédiés de l’Etat et contribue, en cohérence avec Business France, au développement des exportations, aux objectifs d’accompagnement à l’international des PME et ETI, et à l'attractivité des investissements étrangers en France.

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Avec une population de 4,76 millions d’habitants et un PIB de 256 Md€ en 2015, l’Irlande est l’archétype de la « petite économie ouverte ». Son modèle de développement se fonde sur le dynamisme de ses exportations, et sur sa capacité à attirer les investissements directs à l’étranger (IDE), dont le stock équivaut environ à 401 Md€, soit 157% du PIB. L’attractivité de l’Irlande se fonde en partie sur son régime fiscal, et notamment sur son taux d’impôt sur les sociétés à 12,5%. La main-d’œuvre irlandaise, qualifiée et anglophone, est un autre facteur du succès de l’Irlande auprès des investisseurs internationaux. L’estimation de la croissance irlandaise pour 2015 a été révisée, en juillet 2016, au niveau sans précédent de 26,3% (contre 7,8% précédemment).

L’Irlande est convalescente après la crise économique et financière de 2008-2013

Le modèle économique irlandais actuel était déjà en place durant la période du « tigre celtique », qui a vu l’économie de l’Irlande converger avec les autres économies de la zone euro, grâce à des taux de croissance annuels compris entre 4,5% et 6,5%. Dès le début des années 2000, cependant, le dynamisme économique, conjugué au développement rapide du crédit, a alimenté une bulle immobilière et une hausse généralisée des coûts et des salaires. Entre janvier 2005 et septembre 2007, les prix immobiliers ont ainsi augmenté de de 35% à Dublin seul, et de 28,5% dans le reste du pays. 

En 2002 et 2007, le gouvernement a mené une politique budgétaire procyclique, les dépenses supplémentaires étant par ailleurs financées par des ressources fiscales non pérennes, liées au secteur de la construction en plein boom. L’éclatement de la bulle immobilière, vers la fin de l’année 2007, aggravé par le déclenchement de la crise financière mondiale en septembre 2008, a plongé l’Irlande dans une profonde récession. Le PIB irlandais s’est contracté de près de 20 % entre 2008 et 2010.

Contrainte à restructurer et à recapitaliser ses banques (à hauteur de 64 Md€, soit 40% du PIB), l’Irlande a dû solliciter l’aide des instances multilatérales à la fin de l’année 2010. Le plan de renflouement du pays s’est accompagné de mesures drastiques de consolidation budgétaires, destinées à juguler l’envolée du déficit public, proche de 43% au quatrième trimestre 2010, et à maîtriser l’endettement de l’Etat, passé de 50% à 110% du PIB entre 2009 et 2011. 

Face à la crise, les Irlandais ont affiché un très large consensus pour préserver le modèle de développement économique national. La coalition gouvernementale Fine Gael/Labour, arrivée au pouvoir en 2011, a pu mettre en œuvre les mesures d’ajustement prévues par le plan, sans mouvement de contestation majeur. D’importantes mesures de réduction des salaires et d’augmentation de la productivité dans le secteur public ont ainsi pu être négociées avec les syndicats, dans le cadre des accords de Croke Park (2010) et de Haddington Road (2013).

Les facteurs de la reprise actuelle

Après deux ans de récession, l’économie irlandaise a renoué avec la croissance en 2010 (+2 %), même si le PIB a stagné en 2011, reculé en 2012 (-1,1%) et évolué plus lentement en 2013 (+1,1%). Tirée au départ par les exportations des secteurs de la chimie-pharmacie et des TIC, la croissance s’est rééquilibrée et renforcée en 2014 (+8,5%) grâce au rebond de la demande interne. En 2015, la croissance réelle du PIB a atteint le niveau record de 26,3% (voir infra).

La situation sociale du pays a également bénéficié de la reprise économique : plus de 150 000 emplois ont été créés entre janvier 2012 et mars 2016, et le taux de chômage est passé de 15,1% à 8,4% sur cette période. Enfin, l’effort d’assainissement des finances publiques semble porter ses fruits. Outre les restrictions budgétaires, le fort rebond des recettes fiscales (notamment de l’impôt sur les sociétés) ont permis à l’Irlande de dépasser ses objectifs en termes de déficit (2,3% du PIB en 2015) et d’endettement public, qui est passée à 78,7% du PIB à fin 2015 (voir infra).

Le gouvernement minoritaire du Fine Gael, qui a été formé après les élections de février 2016, doit répondre à de nombreux défis. Tout d’abord, le retour de la croissance a mis un peu plus en lumière le déficit de l’offre immobilière, qui touche particulièrement Dublin. Le gouvernement a réagi en simplifiant les normes de construction, mais cela ne suffira pas à relancer la construction de nouveaux logements. Les prix de l’immobilier ont rebondi depuis le point bas de mars 2013 (+36%) mais restent inférieur de près de 33,2% à leur pic de 2007. D’autre part, le bilan des banques irlandaises reste grevé par la masse des prêts non performants hérités de la crise et qui représentent encore 14,8% de leurs portefeuilles. L’assainissement du secteur bancaire devra donc se poursuivre pour assurer un financement suffisant de l’économie, et notamment du tissu des PME irlandaises.

La question des comptes nationaux irlandais

La révision récente des comptes nationaux irlandais pour 2015, qui a réévalué la croissance réelle du PIB à +26,3%, est une conséquence de la relocalisation de plusieurs multinationales (FMN) en Irlande, pour des raisons fiscales, au cours de l’année 2015. Ces FMN ont transféré une masse très importante d’actifs incorporels (brevets, copyrights) en Irlande, qui ont entraîné la prise en compte, dans la comptabilité nationale, de flux d’exportations supplémentaires considérables. L’institut irlandais de la statistique (CSO) a lui-même reconnu que le chiffre de 26,3% ne reflétait pas la dynamique de l’économie nationale. De fait, les exportations supplémentaires sont en grande partie produites à l’étranger, dans le cadre de contrats de sous-traitance, et n’entrent qu’en de très rares cas sur le territoire irlandais. L’impact sur l’emploi et le revenu disponible des ménages irlandais est donc quasiment nul. En revanche, la forte révision à la hausse du PIB courant a eu un effet important sur le ratio d’endettement public du pays, qui est passé de 93,8% à 78,7% par le seul « effet dénominateur » (la dette publique irlandaise est en effet restée stable à 201,3 Md€).

Les comptes nationaux de l’Irlande, économie ouverte et de taille relativement petite, sont, plus que pour les autres pays européens, soumis à la volatilité des chaînes de valeur mondiale.  Afin de mieux refléter la réalité économique du pays, les économistes irlandais s’accordent à utiliser d’autres indicateurs, moins soumis à l’activité des FMN, et plus révélateurs du dynamisme bien réel de l’économie nationale : la croissance de la consommation privée (+4,5%) et les progrès de l’emploi (+2,3% en 2015, soit 44 100 nouveaux emplois créés).

 Les relations économiques entre la France et l’Irlande

Les échanges économiques entre la France et l’Irlande sont riches et variés, du fait de la proximité géographique d’une part et de l’implantation en Irlande du siège Europe de nombreuses multinationales. En 2015, la valeur du commerce bilatéral de marchandises s’élevait à 8,9 Md€, la France étant le 7e client de l’Irlande et son 3e fournisseur. L’Irlande est également un important fournisseur de services pour la France, avec, notamment, des exportations de services informatiques à hauteur de 3,1 Md€. Les investissements bilatéraux sont également une composante majeure de la relation bilatérale, tant de l’Irlande vers la France (stock de 5 Md€ en 2015) que de la France vers l’Irlande (17,5 Md€). Près de 350 entreprises françaises disposent d’une implantation en Irlande.

 

 

 

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