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Irlande

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Le Service économique de l’Ambassade (SE) fait partie du réseau international de la direction générale du Trésor et est chargé de l’analyse et de la veille sur les sujets économiques, financiers, et sur les politiques publiques sectorielles, notamment dans le cadre d’études comparatives internationales. Le SE est aussi l’une des composantes du dispositif d’appui au développement international de nos entreprises, incluant Business France, la Section irlandaise des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (« CCEF »), la Chambre de Commerce franco-irlandaise (FICC). Le SE assure le pilotage des opérateurs dédiés de l’Etat et contribue, en cohérence avec Business France, au développement des exportations, aux objectifs d’accompagnement à l’international des PME et ETI, et à l'attractivité des investissements étrangers en France.

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Avec une population de 4,64 millions d’habitants et un PIB nominal de 214 Md€ en 2015, l’Irlande est l’archétype de la « petite économie ouverte ». Son modèle de développement se fonde sur le dynamisme de ses exportations, et sur sa capacité à attirer les investissements directs à l’étranger (IDE), dont le stock équivaut à 165% du PIB. L’attractivité de l’Irlande se fonde en partie sur son régime fiscal, et notamment sur son taux d’impôt sur les sociétés à 12,5%. La main-d’œuvre irlandaise, qualifiée et anglophone, est un autre facteur du succès de l’Irlande auprès des investisseurs internationaux. Avec une croissance de 7,8% en 2015 (après +5,2% en 2014), l’Irlande est l’économie la plus dynamique de l’Union européenne pour la deuxième année consécutive.

L’Irlande est convalescente après la crise économique et financière de 2008-2013

Le modèle économique irlandais actuel était déjà en place durant la période du « tigre celtique », qui a vu l’économie de l’Irlande converger avec les autres économies de la zone euro, grâce à des taux de croissance annuels compris entre 4,5% et 6,5%. Dès le début des années 2000, cependant, le dynamisme économique, conjugué au développement rapide du crédit, a alimenté une bulle immobilière et une hausse généralisée des coûts et des salaires. Entre janvier 2005 et septembre 2007, les prix immobiliers ont ainsi augmenté de de 35% à Dublin seul, et de 28,5% dans le reste du pays. 

En 2002 et 2007, le gouvernement a mené une politique budgétaire procyclique, les dépenses supplémentaires étant par ailleurs financées par des ressources fiscales non pérennes, liées au secteur de la construction en plein boom. L’éclatement de la bulle immobilière, vers la fin de l’année 2007, aggravé par le déclenchement de la crise financière mondiale en septembre 2008, a plongé l’Irlande dans une profonde récession. Le PIB irlandais s’est contracté de près de 20 % entre 2008 et 2010.

Contrainte à restructurer et à recapitaliser ses banques (à hauteur de 64 Md€, soit 40% du PIB), l’Irlande a dû solliciter l’aide des instances multilatérales à la fin de l’année 2010. Le plan de renflouement du pays s’est accompagné de mesures drastiques de consolidation budgétaires, destinées à juguler l’envolée du déficit public, proche de 43% au quatrième trimestre 2010, et à maîtriser l’endettement de l’Etat, passé de 50% à 110% du PIB entre 2009 et 2011. 

Face à la crise, les Irlandais ont affiché un très large consensus pour préserver le modèle de développement économique national. La coalition gouvernementale Fine Gael/Labour, arrivée au pouvoir en 2011, a pu mettre en œuvre les mesures d’ajustement prévues par le plan, sans mouvement de contestation majeur. D’importantes mesures de réduction des salaires et d’augmentation de la productivité dans le secteur public ont ainsi pu être négociées avec les syndicats, dans le cadre des accords de Croke Park (2010) et de Haddington Road (2013).

Les facteurs de la reprise actuelle

Après deux ans et demi de récession, l’économie irlandaise a renoué avec la croissance en 2011 (+2,8%), même si le PIB a évolué plus lentement en 2012 et 2013 (+0,1% et +1,4%). Tirée au départ par les exportations des secteurs de la chimie-pharmacie et des TIC, la croissance s’est rééquilibrée et renforcée en 2014 (+5,2%) grâce au rebond de la demande interne. En 2015, selon les premières estimations, la croissance a atteint environ 7,8%.

La situation sociale du pays a également bénéficié de la reprise économique : 142 000 emplois ont été créés entre janvier 2012 et décembre 2015, et le taux de chômage est passé de 15,1% à 8,8% sur cette période. Enfin, l’effort d’assainissement des finances publiques semble porter ses fruits. Outre les restrictions budgétaires, le fort rebond des recettes fiscales (notamment de l’impôt sur les sociétés) ont permis à l’Irlande de dépasser ses objectifs en termes de déficit (1,5% du PIB en 2015) et d’endettement public, qui est repassé en deçà de 100% du PIB.

D’importants défis attendront le gouvernement qui sera formé à l’issue des élections de février 2016. Tout d’abord, le retour de la croissance a mis un peu plus en lumière le déficit de l’offre immobilière, qui touche particulièrement Dublin. Le gouvernement a réagi en simplifiant les normes de construction, mais cela ne suffira pas à relancer la construction de nouveaux logements. Les prix de l’immobilier ont rebondi depuis le point bas de mars 2013 (+23%) mais restent inférieur de près de 44% à leur pic de 2007. D’autre part, le bilan des banques irlandaises reste grevé par la masse des prêts non performants hérités de la crise et qui représentent encore 19,6% de leurs portefeuilles. L’assainissement du secteur bancaire devra donc se poursuivre pour assurer un financement suffisant de l’économie, et notamment du tissu des PME irlandaises.

Les relations économiques entre la France et l’Irlande

La France et l’Irlande entretiennent d’excellentes relations, marquées par des points de convergence concernant la politique agricole commune et l’approfondissement de la gouvernance de la zone euro. En 2015, la valeur du commerce bilatéral de marchandises s’élevait à 8,9 Md€, pour près d'un tiers d'exportations françaises et deux tiers d'importations de biens irlandais. A noter que l’Irlande est un important fournisseur de services pour la France, avec, notamment, des exportations de services informatiques à hauteur de 3,1 Md€. Les investissements bilatéraux sont aussi conséquents, tant de l’Irlande vers la France (encours de 2,7 Md€ à fin 2014) que de la France vers l’Irlande (15,3 Md€).

  • Eire Eco - Juin 2016 - 09/06/2016

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  • Eire Eco du 1er avril 2016 - 05/04/2016

    Synthèse économique et financière de l'Irlande au 1er avril 2016.

  • Eire Eco du 1er mars 2016 - 02/03/2016

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  • Eire Eco du 1er février 2016 - 01/02/2016

    La synthèse économique et financière de l’Irlande au 1er février 2016 + tableaux des indicateurs économiques (annuels et mensuels).

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