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Inde

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Avec 1,3 Md d’habitants estimés en 2016, l’Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine. Selon le FMI, le PIB indien s’est établi sur l’exercice budgétaire 2015-16 à 2 073 Mds $, ce qui fait du pays la septième puissance économique mondiale, entre la France et l’Italie. Avec un PIB mesuré en parité de pouvoir d’achat, l'Inde se hisse cependant au troisième rang mondial, après les États-Unis et la Chine ; elle pourrait, selon une récente étude du cabinet PwC, dépasser les Etats-Unis à l’horizon 2040. Le PIB par habitant est pour sa part estimé à 1 581 $ sur la même période et classe l’Inde à la 140ème position sur un échantillon de 184 pays.

Malgré le contexte de ralentissement de l’économie mondiale, les fondamentaux économiques de l’Inde se sont largement améliorés depuis 2014. Ainsi, la croissance du PIB s’est établie à 7,9 % sur l’année budgétaire 2015-16 (7,2 % sur la période précédente) grâce, essentiellement, au dynamisme de la consommation intérieure. Elle est entraînée, en termes structurels, par le secteur des services dont la valeur ajoutée a enregistré une croissance de 9,8 % sur l’exercice. L’investissement privé, obéré par le retournement du cycle du crédit et la sous-utilisation des capacités industrielles et l’accumulation de prêts non-performants dans le secteur bancaire, demeure quant à lui atone.

Longtemps considérée comme un facteur d’instabilité, l’inflation est maîtrisée depuis deux exercices et s’est établie à 4,9 % en 2015-16. Après s’être élevé à 1,4 % en 2014-15, le déficit courant a pour sa part continué à se contracter pour représenter, sur l’année budgétaire 2015-16, 1,1 % du PIB. Si les comptes extérieurs demeurent ainsi bien orientés, le recul marqué des exportations (-15,7 % en glissement annuel) peut ainsi être souligné et est principalement expliqué par la chute du prix mondial des hydrocarbures dont l’Inde est l’un des principaux importateurs mondial. Contenu à 3,9 % en 2015-16, étiage depuis 2007-08, le déficit budgétaire des administrations centrales devrait être ramené cette année à 3,5% du PIB et à 3,2 % en 2017-18. Cette consolidation repose sur une diminution des dépenses d’investissement, alors que les dépenses de fonctionnement devraient augmenter sensiblement en raison des fortes revalorisations salariales du secteur public.

L’arrivée de Narendra Modi au poste de Premier ministre en 2014 s’est traduite par un retour de la confiance des investisseurs et une volonté manifeste de réformer l’économie. La décision de retirer de la circulation les deux principales coupures (500 et 1 000 roupies, soit 86 % des billets en circulation) le 8 novembre 2016, avec l’objectif annoncé de lutter contre l’argent noir et digitaliser l’économie indienne, illustre parfaitement cette intention et apparaît comme une mesure quasi-historique. Négatives à court terme, les conséquences économiques de la démonétisation demeurent difficiles à évaluer à plus longue échéance et dépendront largement de la vitesse de remonétisation de l’économie indienne.

L’Inde pourrait devenir la troisième puissance économique mondiale à l’horizon 2030. Ses atouts sont nombreux et la distinguent de son voisin chinois : forte baisse du ratio de dépendance du fait d’une dynamique démographique favorable, classe très nombreuse d’entrepreneurs privés et valeurs bien ancrées de démocratie et d’État de droit. Compte tenu de ces perspectives encourageantes, l’Inde capte une part croissante des flux mondiaux d’investissement étrangers. Ainsi, en 2015, les IDE nets entrants ont progressé de 27,8 % pour s’établir à 44,2 Mds $ en termes nets et font de l’Inde le dixième récipiendaire d’investissements étrangers au niveau mondial. De nombreux goulets d’étranglement physiques et réglementaires persistent cependant et rendent l’accès au marché indien difficile malgré la volonté du gouvernement d’ouvrir progressivement de nouveaux secteurs aux investisseurs étrangers. Le dernier rapport Doing Business de la Banque mondiale classe ainsi l’Inde au 130e rang mondial sur un échantillon de 190 économies et met en exergue la persistance d’un retard important pour des indicateurs comme l’exécution des contrats et le paiement des impôts (172ème rang) ou l’obtention des permis de construction (185ème).

L’économie indienne demeure par ailleurs caractérisée par des indicateurs sociaux économiques préoccupants qui pèsent sur la croissance à long terme. Outre les faiblesses de l’éducation primaire ou secondaire (plus de 30 % de la population adulte reste encore analphabète), la faible employabilité des diplômés, la forte mortalité infantile, l’Inde fait face à une pauvreté très répandue (environ 60 % de la population vivait encore avec moins de 3,1 $ par jour en 2011). Les régions les plus riches sont, du point de vue du développement, comparables à celles d’Asie du Sud-Est tandis que les régions les plus pauvres ont des caractéristiques semblables à l’Afrique sub-saharienne. Les inégalités sont également fortes entre les couches sociales, entre les genres et entre les zones urbaines et rurales (écart de rémunération de près de 45 %). Le pays demeure d’ailleurs largement rural (deux tiers de la population) et agricole (au moins 50 % de l’emploi et 16 % de la valeur ajoutée), même si l’urbanisation et l’industrialisation progressent rapidement. On notera également la part prédominante du travail informel qui représenterait, selon l’OIT, plus de 90% de l’emploi total (et plus de 80% de l’emploi non-agricole). Le besoin d’infrastructures demeure enfin colossal et coûterait, selon la Banque mondiale, entre un et deux points de croissance potentielle chaque année.

Les échanges commerciaux entre la France et l’Inde sont déséquilibrés au détriment de la France, bien que fortement volatils d’une année à l’autre : depuis 2000, le solde commercial de la France vis-à-vis de l’Inde a toujours été négatif, sauf en 2006 et 2007 du fait d’importantes exportations aéronautiques. Sur l’exercice budgétaire 2015-16, le débours commercial français s’est creusé, principalement entrainé par une contraction des exportations (-15,5 % à 3,7 Mds $) supérieure à celle des importations (-6,5 % à 4,6 Mds $ selon les chiffres indiens). Il s’établit à 903 M $ en 2015-16 contre 541 M $ sur l’exercice précédent. La France apparaît enfin comme le cinquième ou sixième investisseur du G20 en Inde avec 1,5 % du stock selon la Banque centrale et des flux de capitaux propres de 5,1 Mds $, soit 1,8 % du total, sur la période 2000-2016.

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