Contexte macroéconomique
Deuxième pays le plus peuplé du continent africain (plus de 85 millions d’habitants), pays relativement stable dans la Corne de l’Afrique, l’Ethiopie a connu, ces dernières années, une croissance annuelle proche de 10%, soit l’une des plus fortes croissances économiques enregistrées dans un pays d’Afrique subsaharienne non producteur de pétrole.
Actuellement, la croissance reste assez élevée mais ralentit sensiblement ; le FMI prévoit un taux de croissance de 7,5% en 2011 et de 6% en 2012 (valeurs inférieures aux estimations officielles).
Les principaux indicateurs macroéconomiques restent globalement satisfaisants ; un satisfecit pour les exportations qui ont progressé de 40% sur les deux dernières années, mais un motif d’inquiétude concernant l’inflation, repartie à la hausse début 2011.
L’Ethiopie affiche une balance commerciale déséquilibrée vis-à-vis de la France et de ses autres partenaires commerciaux, en important plus qu’elle n’exporte. Ses principaux fournisseurs sont les pays du Golfe persique (produits pétroliers), la Chine et l’Inde. La quasi-totalité des échanges commerciaux de l’Ethiopie s’effectuent par Djibouti (seul accès maritime depuis la fermeture du port érythréen d’Assab en 1998),
Pays éminemment agricole (rôle central de l’agriculture dans l’économie et la vie sociale du pays : plus de 40 % du PIB, 60% des exportations, 80 % des emplois), encore très peu industrialisé, l’Ethiopie donne un caractère prioritaire au renforcement de ses infrastructures de base ; en particulier, électricité, télécommunications et transport. Le pays s’est engagé, notamment avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, dans un vaste programme de développement.
Le plan quinquennal – Growth & Transformation Plan (GTP) – du gouvernement éthiopien pour la période 2010-2015 – est particulièrement volontariste.
Les secteurs-clés qui semblent présenter le plus de potentiel de développement dans les années à venir sont : électricité, télécommunications, transports, agriculture, eau et services urbains, …
Des intérêts économiques français en croissance
Echanges commerciaux bilatéraux et investissements français
Notre relation commerciale continue à progresser de manière régulière (en 2010, 114,7 M EUR d’exportations de produits français vers l’Ethiopie et 41,6 M EUR d’importations)[i] et atteint des niveaux jamais enregistrés (près de trois fois plus qu’au début des années 2000). Les ventes de produits pharmaceutiques, en nette progression, constituent le premier poste de nos exportations ; les achats de café, le premier poste de nos importations. Le solde commercial est structurellement déséquilibré, en excédent pourla France (73,12 M EUR en 2010).
Les principaux IDE français, significatifs, sont très visibles : bière et vin (BGI CASTEL), produits pétroliers (TOTAL). Ces deux sociétés sont leaders sur leur marché.
Principaux contrats remportés récemment par nos entreprises
Secteur aéronautique :
EADS : commande par Ethiopian Airlines de douze Airbus A350 XWB. Livraison 2017.
Secteur électrique :
VERGNET : construction d’une ferme éolienne de 120 MW dans la région du Tigré. Chantier en cours.
ETDE (groupe BOUYGUES) : rénovation des réseaux électriques à Addis Abeba, interconnexion électrique avec Djibouti.
ALSTOM Grid (ex-AREVA T&D) : dispatching électrique national.
Secteur des télécommunications :
FRANCE TELECOM : contrat de management de 2 ans auprès de l’opérateur public national Ethio Telecom (ex-ETC).
Secteur de l’ingénierie :
EGIS-BCEOM : études dans le domaine des routes et du renforcement institutionnel notamment.
BRL, SEURECA, SOGREAH ont récemment remporté des marchés dans le secteur de l’eau.
i Il convient de noter également que nos entreprises ont remporté des contrats non négligeables ces dernières années, prospectés et signés par les maisons mères françaises mais dont les produits sont parfois livrés à partir de sites de productions délocalisés. Ces marchés de fourniture ne sont pas reflétés dans les statistiques douanières françaises.