Cuba a entamé un processus graduel de réformes structurelles depuis 2008 qui a eu comme point d’orgue, la tenue en avril 2011 du VIème Congrès du Parti communiste cubain (1ère fois depuis 1997). La nouvelle stratégie économique y est déclinée en 311 propositions. Parmi elles : l’ouverture au secteur privé et coopératives non agricoles (avec une égalité de traitement entre les secteurs public et privé), suppression du modèle de subventionnement universel qui devrait progressivement être remplacé par des subventions ciblées et poursuite des réformes agricoles. Qui plus est, le gouvernement s’est engagé à moderniser des structures de l’Etat (séparation des fonctions régaliennes de celles de production) et à réduire le poids des dépenses publiques (suppression d’emplois publics). Ces réformes visent à assainir les finances publiques afin d’adapter le pays à un environnement international globalisé.
Et pour cause, l’économie cubaine connait de nombreuses fragilités. Selon les données publiées par la CEPAL, le taux d’investissement ne représente que 8 % du PIB, là où il conviendrait qu’il se situe entre 20 et 30 %. La dépense publique dans l’économie reste très importante, ce qui a conduit à un profond déficit budgétaire (-6,7% en 2008 et -4,3% en 2009). En 2010 et 2011, le déficit budgétaire est réduit à 3,8 %. Les rendements agricoles sont très faibles et la production sucrière a été divisée par 8 en 10 ans. L’île importe plus de 70 % de sa consommation dans un contexte d’envolée des prix mondiaux (l’indice FAO des prix alimentaires s’accroit de 6 % entre juin et juillet 2012. A Cuba, les prix des produits agricoles ont augmenté de 19,8 % en 2011). Enfin, la dynamique démographique est négative ce qui devrait augmenter le taux de dépendance. La classe d’âge des personnes actives (15 – 59 ans) passera de 7,3 millions à 5,6 millions entre 2011 et 2035. Parallèlement, 3,6 millions de personnes auront plus de 60 ans en 2035 contre 2,0 millions en 2011
Néanmoins, le pays commence à engranger les premiers bénéfices des réformes. La croissance économique atteint 2,1% au cours du 1er semestre 2012, contre +1,9 % sur la même période en 2011. Pour l’ensemble de l’année 2012, l’objectif de croissance est de 3 %. Le nombre de travailleurs dans le secteur privé a doublé depuis 2010 pour atteindre 390 775 en juillet 2012. Au cours des 5 prochaines années, le secteur non-étatique pourrait représenter 40 à 45 % du PIB. Enfin plus de 47 000 prêts bancaires ont été octroyés à des particuliers (essentiellement pour les activités liées à la construction) entre décembre 2011 et juin 2012.
Basée en grande majorité sur l’offre de services, l’économie cubaine présente de belles perspectives concernant notamment les secteurs du tourisme et des biotechnologies. En ce qui concerne les investissements directs étrangers, la directrice des finances du ministère du Commerce extérieur et des Investissements étrangers (MINCEX), Mme Yamila Fernandez del Busto, a annoncé la modification pour décembre 2012, de la loi sur les investissements (Loi 77). L’Etat souhaite donner la priorité aux secteurs de l’économie générateurs de devises et espère que les grands projets d’infrastructures en cours auront des effets d’entrainement sur l’activité productive.
Cuba bénéficie de nombreux atouts, notamment dans le secteur des biotechnologies, des services, de la santé et du tourisme. Son industrie extractive offre un potentiel intéressant (pétrole et gaz); en particulier dans le nickel (3ème réserves mondiales prouvées de nickel) et le cobalt. Le PNUD classe le pays au 51ème rang mondial en termes d’indice de développement humain (0,776). Cuba, la plus grande île de la région des Caraïbes, est situé au carrefour entre l’Amérique latine et les Etats-Unis. Le pays est membre fondateur de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les peuples d’Amérique) et de la CELAC (Communauté d'États latino-américains et caraïbes).
Depuis l’arrivée au pouvoir en 1999 du Président vénézuélien M. Hugo Chavez, Cuba et le Venezuela connaissent une convergence politique qui favorise le rapprochement économique. Au service de cette alliance entre les deux pays, le savoir-faire cubain (santé, éducation, etc.) et la pétro-diplomatie vénézuélienne. L’accord de coopération économique intégral « Convenio integral de cooperación », signé en octobre 2000, a propulsé le Venezuela au 1er rang des partenaires économiques de Cuba (36 % de part de marché en 2010). Cuba n’en reste pas moins ouverte sur le monde, comme en témoigne la montée en puissance de la Chine et du Brésil. A la fin janvier 2012, la Présidente du Brésil, Mme Dilma Rousseff, a entamé sa tournée internationale par Cuba avec l’objectif d’approfondir les relations économiques entre les deux pays. Dans la foulée de cette visite, le Brésil a octroyé à Cuba 600 MUSD pour financer ses importations de produits brésiliens (400 MUSD pour l’alimentaire et 200 MUSD les biens d’équipements). En outre, le Brésil finance 75 % (683 MUSD) du coût de rénovation du port de Mariel (située à 45 km à l’Ouest de La Havane).
La France est relativement bien implantée sur l’île. En 2011, les exportations françaises vers Cuba se sont élevées à 202,6 MEUR, portées par la remarquable croissance des produits agricoles qui représentent aujourd’hui la moitié de la valeur de ce flux.
L’Ambassade de France à Cuba œuvre pour renforcer les relations bilatérales et soutenir les entreprises françaises à l’international. En son sein, le Service économique de La Havane a pour mission de :
- Suivre les enjeux macroéconomiques et financiers en liaison avec le Service économique régional basé au Panama
- Développer la relation économique institutionnelle bilatérale franco-cubaine.
- Appuyer et valoriser l’offre et la présence des entreprises françaises à Cuba.
- Analyser les relations de Cuba avec son environnement régional et notamment promouvoir les relations avec les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique et Guyane)