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Cameroun

 Le Cameroun à la mi-2015

 

I.                  Situation politique

 Le Cameroun a connu deux chefs d’Etat depuis l’accession à l’indépendance, le 1er janvier 1960. Après la présidence d’Ahmadou Ahidjo (1960-1982), c’est son ancien Secrétaire général (1968) puis Premier Ministre (1975) Paul Biya qui a accédé à la magistrature suprême le 6 novembre 1982. Le Président Biya, né en 1933 à Mvomeka'a (Sud), a été élu à six reprises en 1984, 1988, 1992, 1997, 2004 et 2011 (78% des voix). La limitation du nombre de mandats présidentiels a été supprimée en 2008.

Le Président Bya a dû faire face à trois crises majeures : tentative de coup d’état de 1984, opération villes mortes en 1991 pour demander une démocratisation du régime, et émeutes en 2008 suite à la hausse des prix des produits de première nécessité. Depuis la restauration du multipartisme en 1991, le nombre de partis a augmenté de de manière considérable pour atteindre plus de 250 formations. Le parti présidentiel du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) domine  la vie politique avec 148 sièges sur 180 à l’Assemblée nationale, 82 sièges sur 100 au Sénat et enfin 305 mairies sur 327 municipalités. Dans l’opposition, seul le Social Democratic Front (SDF) de John Fru Ndi, né en 1941 à Bamenda (North-West), a obtenu des scores électoraux à deux chiffres, sans toutefois parvenir à provoquer d’alternance. Les prochaines élections générales (présidentielle, législatives, sénatoriales et municipales) sont prévues pour 2018

 Le gouvernement camerounais est confronté à une situation sécuritaire tendue, avec depuis 2013 des incursions meurtrières de la secte terroriste Boko Haram dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Elles sont accompagnées de pillages, d’enlèvements, d’assassinats et récemment d’attentats (attaque à Fotokol le 12 juillet à Maroua, capitale de l’Extrême-Nord, les 22 et 25  juillet 2015). Un front régional de lutte contre la secte s’est constitué après le sommet de Paris de mai 2014 et une Force Multinationale Mixte de 8700 hommes doit être mise en place par les pays du bassin du lac Tchad (Cameroun, Niger, Nigéria, Tchad) et le Bénin. Une visite du Président nigérian élu au printemps 2015, Muhammadu Buhari, a eu lieu en août et illustre le réchauffement des relations bilatérales camerouno-nigérianes, dégradées depuis le conflit sur la presqu’ile de Bakassi (1993-2006).

 Le Président de la République a effectué en visite d’Etat au Cameroun le 3 juillet 2015, 14 ans après la dernière visite présidentielle, effectuée par le Président Chirac en 2001. »

 

II.               Situation économique

 

1. Eléments structurels

L’économie camerounaise est la plus diversifiée de la région et représente le 1/3 du PIB de la CEMAC.

- Le secteur primaire hors pétrole représente 21,4 % du PIB en 2013. L’agriculture inclue à la fois des cultures de rente très variées (cacao, café, banane, coton,  palmier à huile, canne à sucre, caoutchouc) et un important secteur vivrier (banane plantain, maïs, manioc,…). Les hydrocarbures demeurent une ressource importante (3,5 % du PIB pour l’extraction en 2013). La production pétrolière, après avoir atteint un maximum de 180.000 barils / jour en 1985, a décru à 61.000 barils / jour en 2011, puis est repartie à la hausse pour atteindre 100.000 barils / jour en 2015. L’exploitation du gaz, aujourd’hui limitée à l’approvisionnement du marché local, présente un potentiel significatif à moyen terme : Engie ex GDF Suez va investir près de 6 Mds USD dans une usine de liquéfaction de gaz à Kribi.

Le secteur secondaire représente 20,2% du PIB. Le BTP est le secteur qui connait la croissance maximale ;  il bénéficie d’une demande publique importante (routes, barrages, port de Kribi) et de nombreux projets privés (logements, hôtels). L’industrie reste limitée à des secteurs traditionnels (raffinage pétrolier, boissons, sucrerie, huilerie, savonnerie, minoterie, aluminium, ciment, métallurgie, transformation du bois) et est peu compétitive, handicapée notamment par des coûts élevés, l’insuffisance de l’investissement privé et l’accès médiocre à l’offre électrique.

- Enfin, le secteur des services (55% du PIB en 2013) est dominé par les transports (Port de Douala en premier lieu), le commerce et la téléphonie mobile.

Malgré cette diversification, l’essentiel des exportations (80%) est fait de produits pas ou peu transformés (pétrole brut, grumes et sciages, cacao, banane, caoutchouc, café, coton).

Le Cameroun a été classé 116ème sur 144 par le  Global Competitiveness Report 2014-2015, derrière le Kenya (90ème), le Gabon (106ème), le Ghana  (111ème), le Sénégal (112ème) et la Côte d’ivoire (115ème) , mais devant l’ Ethiopie (118ème) et le Nigéria (127ème). Le déficit d’infrastructure est l’un des déterminants majeurs de ce classement.

 Le Cameroun a été classé 136ème sur 175 à l’ indice de perception de la corruption de Transparency international 2014, derrière le Gabon (94ème) et La Côte d’Ivoire (115ème), mais devant le Nigéria (136ème), le Kenya (145ème), le Congo (152ème) et la RDC (154ème).

2. Conjoncture économique

-La croissance camerounaise a accéléré progressivement sur la période récente, mais amorce une décélération : elle est passée d’environ 2% en 2009 à 5,5% en 2013.  Selon le FMI, elle aurait été de 5,1 % en 2014 et devrait atteindre 5,2 % en 2015. La BEAC estime la croissance à 6,3% en 2014 mais prévoit une décélération à 5,5 % en 2015. En juillet 2015, le Gouvernement fait état d’une prévision de 6,4% sans que les hypothèses retenues soient à ce stade connues. Le gouvernement tente de dynamiser l’économie avec de grands projets structurants (port de Kribi, barrage de retenue de Lom Pangar, centrale hydroélectrique de Memvé’ele.). A ces grands projets déjà engagés, viendrait s’adjoindre un « Plan d’urgence » annoncé fin 2014 et portant sur une grande variété de secteur (transport, communication, eau …). Le montant annoncé de ce plan est sans précédent : 925 Mds FCFA sur la période 2015-2017 en plus des dépenses d’investissements déjà budgétés (Budget d’investissement public de l’ordre de 1 150 Mds FCFA en 2015). Le gouvernement prévoit de financer la majeure partie de ces investissements par des prêts d’établissements bancaires locaux et de faire en 2015 son entrée sur le marché financier international en émettant pour 1,5 Md USD d’obligations.

La croissance n’a pas réduit le taux de pauvreté (40%), les dépenses d’éducation et de santé sont moindres que dans des pays de développement comparable et  les indicateurs sociaux sont faibles.

 -Depuis les manifestations violentes contre la vie chère en 2008, le Gouvernement a suspendu des droits de douane sur  les produits de première nécessité (poisson, riz, farine).  Le carburant à la pompe est en outre subventionné. Depuis 2010, l’inflation en valeur moyenne est restée inférieure à 3%. Elle est passée sous la barre des 2% (1,9%) en 2014 malgré la baisse des subventions aux carburants ayant à une hausse moyenne du prix à la pompe de 15% en juillet 2014,  compensée en partie par la baisse des taxes sur les transports. La hausse du prix des carburants a toutefois conduit, avec un certain délai, à une accélération de l’inflation, qui est passée de 1,3% au premier trimestre 2014 à 2,8% au premier trimestre 2015. Selon les prévisions du FMI (juillet 2014) L’inflation devait atteindre  2% en  2015, mais les dernières prévisions de l’INS (été 2015) tablent sur une inflation de 3%, sous réserve que la détente des prix des produits alimentaires se poursuive. Les troubles sécuritaires, en gênant les exportations vers le Nigéria créeraient un excès d’offre sur certains produits.

-le marché du crédit est en expansion : les crédits distribués par les banques ont augmenté de 13 % entre  avril 2014 et avril 2015. Les créances brutes en souffrance augmentent de 23 % entre les deux dates et représentent 13% des encours en fin de période, ce qui est élevé.

-Les exportations fob du Cameroun ont atteint 3302 Mds FCFA en 2014[1], soit une hausse de 10%  par rapport à 2013, la hausse de la production pétrolière ayant plus que compensé la baisse des prix intervenue à mi- année. Les principaux postes sont[2] : « Huiles brutes de pétrole » 48%, « Cacao brut » 11%, « Bois et ouvrages en bois » 10%, « Carburants et lubrifiants »  7%, « Coton brut » 4%,   Aluminium et produits dérivés 4%, , « crevettes congelées » 1.5%,  et les « bananes fraiches » 1,2%.

Les importations  fob [3]ont atteint 3466 Mds FCFA en 2014, soit une hausse de 12% par rapport à 2013, à cause surtout de l’augmentation des volumes de pétrole importés. Les principaux postes sont les hydrocarbures (28%), les « machines et appareils mécaniques » (9%), les « machines et appareils électriques » (7%),  les céréales (6,5%), les « véhicules automobiles et tracteurs » 6%. 

Le déficit de la balance commerciale se creuse et atteint 164 Mds FCFA, soit un taux de couverture des importations par les exportations de 95% en 2014.

 Le déficit de la  balance des services se creuse et atteint 306 Mds FCFA. Le déficit des paiements courants atteint 678 Mds FCFA,  et passe ainsi de 3,8% du PIB en 2013 à 4,3% du PIB en 2014.

Entre août 2014 (hausse des prix du pétrole) et mars 2015 (dernier montant connu), les avoirs du Cameroun en Compte d’opération sont passés de 640 Mds FCFA à 540 Mds FCFA (-15.6%).

Le taux de couverture des engagements à vue par les avoirs extérieurs est passé de 94,4% en mars 2014 à 89,5% en mars 2015.

 

3. Finances publiques

-Le budget 2014 a été basé sur une baisse des recettes internes de 1% du PIB sur la base de revenus pétroliers réduits et de dégrèvements fiscaux à l’investissement. Les objectifs de recettes internes de 2703 Mds FCFA ont été dépassés (2756 Mds perçus sur la base des estimations au 31/12[4]. Les objectifs d’Emprunts et Dons ont été également dépassés (692 Mds FCFA vs 609 Mds FCFA grâce à un surcroit de prêts projets).

Les objectifs de dépense ont été fixés à 3009 Mds, soit une baisse de 2,5% du PIB jugée peu réaliste par le FMI. Selon les dernières estimations du gouvernement, l’objectif de maîtrise des dépenses courantes (2009 Mds FCFA) a été tenu, mais les dépenses d’investissement ont atteint 1085 Mds FCFA pour 1000 Mds FCFA budgétés. L’importance des dépenses de subvention aux carburants est soulignée par le FMI. L’Etat est conduit à accumuler des arriérés vis-à-vis de la Société Nationale de Raffinage (SONARA).

L’objectif de  service de la dette  de 303 Mds FCFA a été respecté.

Le solde budgétaire de base (ie hors investissements sur ressources extérieures) est positif, conformément aux critères de la Zone CEMAC. Le déficit global base caisse est estimé à 3,1% du PIB par la BEAC.

-Le gouvernement a bâti sa prévision budgétaire 2015 sur des hypothèses macro-économiques assez optimistes (5,8 % de croissance du PIB, dopée par des investissements privés encouragés par la loi du 18 avril 2013 qui leur accorde un régime fiscal avantageux) ainsi que sur un scénario de prix du pétrole largement invalidé depuis (89,6 USD par baril).

 es recettes internes  budgétées s’élèvent à 2963 Mds FCFA, soit une hausse de 7% par rapport aux estimations 2014. Ce montant se décompose en 751,2 Mds FCFA de recettes pétrolières et 2212 Mds FCFA de recettes non pétrolières. Sur la base d’un prix du baril de 58,1 USD et d’une parité FCFA/USD de 1 USD = 579,4 FCFA, la BEAC table sur des recettes pétrolières de 512 Mds FCFA[5]. Elle prévoit des recettes non pétrolières de 2172 Mds FCFA. Les objectifs d’emprunts et dons sont de 783 Mds FCFA, dont 320 Mds FCFA d’émission de titres publics.

Les dépenses courantes sont budgétées à 2160 Mds FCFA, soit une hausse de 7,5% par rapport aux estimations 2014. Les dépenses en capital sont budgétées à 1150 Mds FCFA, soit une hausse de 6%. Ces dépenses en capital sont divisées en 425 Mds FCFA (+ 46%) sur financement extérieur, 650 Mds FCFA sur ressources propres (+ 1,7%) et 75 Mds FCFA en dépenses de restructuration (+ 7,1 %). Le Cameroun est donc de plus en plus dépendant des investissements extérieurs (bailleurs multilatéraux et financements bilatéraux) pour l’exécution des grandes infrastructures vitales à la croissance de l’économie.

La charge de la dette publique camerounaise s’établirait en 2015 à 436,7 Mds FCFA soit une augmentation de 44,2 % par rapport à 2014. Cette augmentation importante résulte plus de la dette intérieure (+ 65 % à 327,2 Mds FCFA) que de la dette extérieure (+ 4,9 % à 109,5 Mds FCFA). Cette charge de la dette est appelée à s’alourdir puisque le gouvernement vient de réviser le plafond d’endettement de 320 à 900 Mds en 2015 (en prévision de l’émission de 1,5 Md USD soit 750 Mds FCFA).

 

4. Relations avec les bailleurs

4.1. FMI

Le dernier programme triennal de facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) (28 M USD) s’est achevé en janvier 2009. Une Facilité de Protection contre les Chocs Exogènes (FPCE) à accès rapide, représentant 50% de la quote-part (67 Mds FCFA) a été accordé en juillet 2009. Aucun nouveau programme n’est en vue. La dernière mission au titre de l’article IV,  en mai 2014, a souligné les risques liés à la montée de l’endettement et à l’accumulation d’arriérés.

4.2. Banque mondiale

Une stratégie nouvelle doit être adoptée en 2015. A ce jour,  la Banque mondiale apporte un soutien dans trois grands domaines : « le renforcement des investissements dans les infrastructures énergétiques, de transport et de télécommunications ; la conduite d’activités visant à assurer un usage transparent, équitable et durable des ressources naturelles ; et le développement de filières économiques à haut potentiel ainsi que l’amélioration du climat des affaires ».

Au 30/06/2015, le portefeuille de l’IDA inclut 34 prêts d’un montant initial de 1,56 Md USD, avec un reste à décaisser de 0,59 Md USD et 4 dons d’un montant initial de 134 M USD et d’un reste à décaisser de 119 M USD. 19 projets sont en cours de décaissement.

Les principaux projets en cours de décaissement : Barrage de Lom Pangar (132 M USD) ; Traitement d’urgence ces crues (108 M USD),  Développement des marchés agricoles (100 M USD) ; Centrale à gaz de Kribi (82 M USD) ; Eau et développement urbain (80 M USD), Transport multimodal (71 M USD) ; Compétitivité agriculture (60 M USD) ; Education (53 M USD).

Le Cameroun est admissible au guichet de la BIRD depuis 2014.

4.3. Banque africaine de développement

La BAD adopté une stratégie 2015-2020, qui repose sur deux piliers : renforcement des infrastructures agricoles et de transport et renforcement de la gouvernance. Le Cameroun est éligible à la fois aux ressources de la BAD, sur lequel seront imputés la plus grande part des concours futures, et du FAD.

Au  30 mai 2015, le Portefeuille actif de la BAD  (y inclus projets régionaux) comprenait 19 projets, essentiellement dans le secteur des infrastructures, pour un total d’engagements de 846 M USD, avec un reste à décaisser de 485,3 M USD. Les principaux projets sont : Programme routier Batchenga-Lena (146 M USD),  Corridor Bamenda –Enugu (126 M USD) ; Route Kumba-Manfe (66 M USD, Aménagements hydrauliques  de Lom Pangar (62 M USD).

4.4. Union européenne

L’enveloppe du 11ème FED (2014-2020) est en augmentation de 11 % à 282 M EUR. 178 M EUR seront consacrés au développement rural (renforcement de capacité des Communes, petits aménagements, marchés, structures de stockage, routes de désenclavement) et 78 M EUR seront consacrés au financement de projets d’appui à l’amélioration de la gouvernance (Gestion des finances publiques, Justice, Etat Civil). 20 M EUR financeront les mesures d’appuis, d’accompagnement de la programmation, de préparation et de mise en œuvre. L’approche projets a été jusque-là privilégiée mais l’UE envisage de recourir à terme à des appuis budgétaires sectoriels. 

4.5. Autres bailleurs

Les financements Chinois sont devenus très importants sur les 5 dernières années (550 Mds FCFA en 2011, 490 Mds en 2012  et 190 Mds en 2013, 400 Mds en 2015).

 Les principaux projets sont : Port de Kribi, logements sociaux, centrale hydroélectrique de Memvé’ele, 1er tronçon de l’autoroute Douala-Yaoundé, Adduction d’eau potable Yaoundé. Ils représentent un total d’engagements de 1,7 Md EUR.

La finance islamique monte en puissance (la BIsD arrive juste après les principaux bailleurs multilatéraux en termes de prêts signés). Enfin, l’Allemagne, le Japon, la Belgique, l’Espagne, l’Inde, et plus récemment la Corée et la Turquie, sont inégalement actifs.

La Banque de Développement des Etats d’ Afrique Centrale  participe au financement du programme d’investissement d’AES-Sonel (devenue ENEO après reprise par le fonds britannique ACTIS), chantier naval de Limbé et de la route Batchenga-Lena.

 

5. Situation de la dette

-L’aboutissement de l’initiative PPTE en avril 2006 a permis une importante réduction de la dette publique extérieure passée de 5,6 Mds EUR à 1,65 Md EUR (1082 Mds FCFA). Cette dette connait une forte croissance, qui s’accélère depuis 2013. Elle a atteint 2560 Mds FCFA fin 2014. Elle est détenue à concurrence de 58% par les bailleurs bilatéraux  et 38% par les bailleurs multilatéraux  et 4% par les Banques commerciales. La Chine détient à elle seule 39% du total, suivie par la Banque Mondiale (16%) et la France (14%). Il est à noter que l’essentiel de la dette française sera annulée via le mécanisme du C2D.

 -La dette intérieure atteint 927 Mds FCFA au 31/12/2014, dont 393 Mds FCFA de titres publics. Un recours croissant à des émissions de titres publics est observé, qu’elles soient à court terme (fréquentes émissions de bons du Trésor, à 3 mois, 6 mois, un an) ou à moyen terme dont la première étape a été l’emprunt obligataire de 200 Mds FCFA de décembre 2010 à échéance 2015. En 2014, le Cameroun a réitéré cette opération  pour un montant de 150 Mds à échéance de 5 ans.  Pour 2015, la loi de finance initiale prévoyait la possibilité d’émettre pour 320 Mds FCFA de titres publics contre 280 Mds en 2014. Récemment le gouvernement a annoncé la révision de ce montant à 900 Mds FCFA pour le seul exercice 2015. Cet endettement serait réalisé à hauteur de 1,5 Mds USD par un emprunt sur les marchés internationaux, qui, s’il se concrétise, serait le premier pour le Cameroun.

-La dette publique totale atteint donc 3487 Mds FCFA soit 22% du PIB.  Ce niveau d’endettement est à ce stade modéré mais sa croissance a conduit la Banque mondiale et le FMI à faire passer le risque sur la dette de « faible » à « modéré » en 2014. Le scénario de base du FMI table sur un taux de 38,4% en 2019 (hors dette vis-à-vis de la France, annulable).

 

5. L'aide bilatérale française

L’activité de l’AFD au  Cameroun concerne de nombreux secteurs : agriculture, eau-assainissement, infrastructure et développement urbain, éducation, santé, secteur productif.

Dans le cadre d’une remise de dette bilatérale additionnelle, le Cameroun bénéficie du processus C2D :

-          Le premier C2D qui portait sur la période 2006-2011, a bénéficié d’une enveloppe globale de 537 M EUR. Les fonds ont été intégralement mobilisés pour huit programmes en cours d’achèvement. Si tous les montants ont été engagés, 87 M EUR restent à décaisser.

-          Le second C2D qui porte sur la période 2011-2016 bénéficie d’un montant de 326 M EUR  (signé en juillet 2011). Il est concentré principalement sur l’agriculture et le développement rural (60%) mais également les infrastructures et le développement urbain (34%) ainsi que la formation professionnelle (5 %). Les montants de ce second C2D sont intégralement engagés mais les décaissements pourraient s’étaler jusqu’en 2019.   

-          Un troisième, et éventuellement dernier C2D, est en cours de négociation. Les modalités précises ne sont pas encore arrêtées notamment en ce qui concerne la durée et le montant de l’enveloppe attribuée. Celui-ci pourrait porter sur la période 2016-2024 pour un montant d’environ 500 à 595 M EUR.

Outre le C2D, l’AFD octroie des prêts souverains, avec des limites programmées de  80 à 100 M EUR de 2014 à 2017/2018 et de 50 M EUR les années suivantes. Les derniers prêts souverains concernent :

-          Un projet d’aménagement urbain des capitales régionales (60 M EUR de prêt souverain et 60 M EUR issus du financement C2D, en 2014)

-          Un projet complémentaire d’aménagement des accès du pont sur le Wouri (45 M EUR en 2014) afin d’améliorer la fluidité du trafic.

-          La route Batchenga-Yoko- Lena (70 M EUR 2015)

-          Un prêt a été octroyé à Aéroport du Cameroun pour la réfection de la piste de Douala (46 M EUR en 2015)

 

6. Présence commerciale française

6.1. Commerce extérieur

-Les exportations françaises ont atteint 654,3 M EUR en 2014 (-7,5% par rapport à 2013, après deux années de croissance marquée). Elles sont essentiellement constituées de produits pharmaceutiques, de biens d’équipement et de produits agricoles. La France premier fournisseur du Cameroun jusqu’en 2013, occupe aujourd’hui la troisième place, derrière le Nigeria et la Chine. Sa part de marché n’a cessé de s’éroder au cours des vingt dernières années, passant de 38% en 1990 à environ 14,1% en 2013, et s’établit à 16,2% hors hydrocarbures en 2013.

 -Les importations françaises ont atteint  229,9 M EUR (+1% par rapport à 2013). Ces importations sont dominées par les produits agricoles, sylvicoles, de la pêche et de l’aquaculture (52%). Dans ce groupe, les produits les plus demandés en France en provenance du Cameroun restent les fruits tropicaux et subtropicaux (89 M EUR) en baisse de 6,5%, suivis du cacao et ses dérivés (61,3 M EUR) qui connaissent une forte augmentation de 33,4% après 10,4% en 2013.

6.2. IDE et présence française

-Le stock d’IDE français au Cameroun s’établit en 2013 à 1 034,7 M EUR en diminution de 3,9 % par rapport à 2012 selon la Banque de France. Cette diminution marque une rupture car, depuis 2008, le stock d’IDE français au Cameroun était en constante augmentation, passant de 544,3 M EUR en 2008 à 1 076,6 M EUR en 2012. Le stock D’IDE Français au Cameroun est le troisième d’Afrique centrale, après le Gabon et le Congo, qui bénéficient d’investissement pétroliers.

En termes de flux français au Cameroun, le bilan 2013 est négatif de 4,1 M EUR après des flux positifs de 38,5 M EUR en 2012.

En termes de répartition, les activités financières et d’assurance constituent de loin le premier secteur d’investissement avec 64,6 % du stock en 2013 (666,5 M EUR), en repli de 38 M EUR (-5,4%) par rapport à 2012. La prépondérance du secteur financier est notamment due à la présence de nombreuses filiales au Cameroun de groupes bancaires français (Société Générale, BPCE …) mais également du secteur de l’assurance (Axa, Gras Savoye …). Le second secteur est celui du commerce, qui représente 131,5 M EUR en 2013 (13,2 % du stock) contre 141,5 M EUR en 2012 soit une baisse de 7 %.

-La présence française est diversifiée. Elle est le fait d’une centaine de filiales et 200 entreprises appartenant à des ressortissants français. Elle est significative dans l’exploitation pétrolière (Perenco qui a repris les activités de Total E&P), l’agro-industrie et le bois (Cie fruitière -bananes-, Bolloré –huile de palme-, Vilgrain -sucre et farine-, Castel –boissons-, Rougier et Pasquet –bois-), le BTP (Vinci/Sogea-Satom, Fayat/Razel, Bouygues/DTP Terrassement), l’industrie (Lafarge –ciment-, Air Liquide), les autres services (Bolloré –terminal à conteneur de Douala s et chemin de fer ( Camrail)-, CMA-CGM/ Delmas, Bureau Veritas), les télécommunications (Orange), la distribution (CFAO/Laborex –véhicules et produits pharmaceutiques, bien que le groupe ait été racheté par le japonais Toyota Tsusho Corporation –, Ubipharm –produits pharmaceutiques-, Total –produits pétroliers raffinés- Super U, Casino). Les flux d’investissements français concernent majoritairement l’augmentation des capacités des entreprises déjà présentes. GDF-SUEZ développe actuellement avec la SNH un projet de liquéfaction de gaz de 6 Mds USD (cf. supra). EDF a signé fin 2013 un accord avec l’Etat et la SFI pour la construction d’un barrage hydroélectrique (Nachtigal, non loin de Yaoundé) dont le coût estimé à 800 M USD. EDF exploitera à terme le barrage dont l’électricité serait notamment vendue à l’aluminerie ALUCAM (ex-filiale de Rio Tinto Alcan) pour laquelle l’Etat cherche un repreneur. Enfin, le groupement Bolloré Africa Logistique, CMA-CGM, China Harbour Engineering Corporation s’est vu attribuer en août 2018 le contrat de concession du terminal à conteneurs du Port de Kribi et le groupement Necotrans – Kribi Port Multi Operators (KPMO) s’est vu attribuer la concession du terminal polyvalent.

 

 



 

[1] Source : Beac

[2] Source : Douanes (avec divergences par rapport à la BEAC)

[3] Source : Beac

[4] Source : PLF 2014

 [5] Prévisions BEAC au30/06/2015

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