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Brésil

1.  Avec le 9e PIB mondial, le Brésil demeure un géant doté d’un vaste marché et d’une économie diversifiée.

Cinquième pays du monde par sa superficie (8,5 millions de km²) et sa population (206 millions d’habitants, dont 82% en zone urbaine), le Brésil est un géant économique doté du 9e PIB mondial (1800 milliards USD en 2016).

Le Brésil demeure un marché profond avec une classe moyenne représentant plus de 100 millions d’habitants, résultat d’une politique de redistribution conduite sous la présidence de Lula (2002-2010), durant laquelle 31 millions de Brésiliens sont sortis de la pauvreté. Le Brésil n’en demeure pas moins un pays aux fortes inégalités, dont le coefficient de Gini est supérieur à 0,5.

La diversification de l’économie demeure un atout majeur du pays. Le secteur primaire fait du Brésil un géant agricole, (5,5% du PIB en 2016) lui permettant d'être le 3e exportateur agricole mondial avec 7% des parts de marché mondiales, alors qu’il ne représente environ qu’1,4% du commerce mondial. L’agro-négoce, dans son ensemble, demeure un secteur particulièrement performant, représentant plus de 20 % du PIB Brésilien. Le pays est en effet le premier producteur mondial de café, de jus d’orange, de sucre, 2e producteur de soja et de viandes bovines et 3e en ce qui concerne les volailles et le maïs. Le Brésil se situe par ailleurs sur le podium des exportateurs mondiaux de produits miniers avec des ressources abondantes et diversifiées (fer, aluminium, métaux précieux…). Enfin, le Brésil est déjà le 10e producteur de pétrole en 2016 avec une production de 2,6 millions de barils/jour selon l’AIE et pourrait passer au 6e rang mondial d’ici 2035.

Le Brésil est également doté d’une industrie diversifiée (machines outil, énergie, matériels de transport, automobile, aéronautique, électronique) dont les fleurons sont Embraer (4e constructeur aéronautique mondial) et le géant pétrolier Petrobras et d’une économie de services moderne dotée elles aussi de géants sectoriels (dans la banque, l’assurance, la distribution ou la construction)

2. Après deux années de forte récession (chute cumulée de 8% du PIB), le pays rentre dans une phase de transition en 2017.

Après avoir connu une forte croissance annuelle de 3,5% en moyenne sur la période 2003-2013, tirée par un secteur primaire très performant et l’expansion de la consommation intérieure, le Brésil connaît depuis 2014 une forte contraction de son PIB, avec notamment une double récession de 3,8% en 2015 et de 3,6% en 2016. Ce retournement de conjoncture, marquée par une baisse inédite du PIB/habitant de plus de 10% en 3 ans, procède d’une conjonction de facteurs :

Sur le plan externe, la chute des cours des matières premières en 2015-2016 (soja, minerais, viande, pétrole) a fortement pénalisé le pays dont plus de 50% des exportations sont constituées de matières premières agricoles et minérales.

Sur le plan interne, les principaux moteurs de la croissance se sont éteints. L’investissement a ainsi reculé de près de 25% en 2015-2016, notamment dans les secteurs moteurs de la construction et de l’énergie. La résurgence de poussées inflationnistes (10,7% en 2015 et 6,3% en 2016 contre une cible de 4,5%), outre l’effet important sur la baisse du pouvoir d’achat des ménages, avait conduit la Banque Centrale à opérer un net resserrement de la politique monétaire dont le taux directeur SELIC était passé de 7,25% début 2013 à 14,25% en juillet 2015, taux qui a été maintenu jusqu’en juillet 2016. Cette politique avait fortement pénalisé la consommation et l’investissement notamment dans l’industrie (chute de la production industrielle de 20% en 2015-2016) alors même que le secteur productif brésilien est déjà pénalisé par les éléments traditionnels du « coût Brésil » (poids et complexité de la fiscalité, niveau de la bureaucratie, qualité des infrastructures, faible compétitivité de la main d’œuvre, coût du crédit, protectionnisme).

Enfin, la crise économique avait été renforcée par la crise politique en 2015-2016 qui avait généré une perte de confiance des investisseurs (volatilité du change, accroissement du risque pays) liée notamment à la capacité du gouvernement à résoudre le problème budgétaire (cf. infra). 

Début 2017, l’économie brésilienne, encore convalescente, semble rentrée dans une période de transition vers une reprise graduelle. Tout d’abord, la forte décrue de l’inflation -qui devrait rester cette année sous la cible de la BCB de 4,5%- a ouvert la voie à un assouplissement monétaire soutenu et continu de 300 points de base entre novembre 2016 et avril 2017 à 11,25%, taux qui pourrait encore baisser si la décrue de l’inflation se confirme. Le cours des matières premières, reparti à la hausse début 2017, soutient des exportations en forte augmentation, qui devraient permettre au Brésil de connaître le plus fort excédent commercial de son histoire, tiré notamment par la demande chinoise. Enfin, une timide reprise est en vue dans certains secteurs industriels (automobile et construction). L’année 2017 devrait ainsi connaître une croissance de +0,5%, avant une reprise vraisemblablement plus prononcée en 2018.

Si ce frémissement de reprise reste à confirmer, la demande intérieure reste, cependant, toujours grippée par un chômage élevé (13,7% au T1 2017) et qui pourrait atteindre 14% de la population active en cours d’année. En outre, la volatilité et les incertitudes du cours des matières premières invitent à la prudence quant aux prévisions pour la suite de l’année. Enfin, la situation politique demeure toujours une source d’inquiétude et d’instabilité potentielle.

3. La situation des finances publiques demeure critique et témoigne de l’urgence de réformes économiques profondes.

La crise économique a fait bondir le niveau de dette publique de 57% à 70% du PIB entre 2014 et 2016, notamment sous l’effet de déficits publics record (10,2% en 2015 et 9,2% en 2016). Ce dérapage budgétaire a valu au Brésil d’être dégradé en « speculative grade » par les trois principales agences de notation fin 2015.Le Président Temer, arrivé au pouvoir après la destitution de la Présidente Dilma Roussef en avril 2016, a ainsi placé l’assainissement des finances publiques au premier rang de ses priorités. En ce sens, son gouvernement a fait adopter en décembre 2016 un amendement constitutionnel gelant pour 20 ans l’évolution des dépenses publiques en termes réels Cet amendement doit désormais s’accompagner d’une ambitieuse réforme des retraites (dont le coût représente 40% des dépenses de l’Etat) afin de retrouver le chemin d’une trajectoire budgétaire soutenable ne grevant ni l‘investissement public ni les dépenses sociales (éducation, santé). Si le rééquilibrage budgétaire est toujours aussi nécessaire, les réformes du gouvernement sont conditionnées à sa capacité à maintenir une majorité parlementaire parfois fragile.

Certains indicateurs restent toutefois rassurants : la dette publique est détenue à 75% par des résidents ce qui limite le risque de dette externe, et le niveau des réserves de changes demeure conséquent, stabilisé autour de 370 Mds USD, permettant à la Banque Centrale de prévenir tout risque de change éventuel. En outre, le Brésil demeure un pays pleinement ouvert aux investissements internationaux, 7e destination mondiale pour les IDE avec un flux annuel de 80 Mds USD. L’attractivité du Brésil pour les investisseurs s’est encore renforcée avec le lancement en 2016 d’un vaste programme de concessions et privatisations dans les infrastructures et l’énergie.

4. La relation économique bilatérale demeure forte en matière de commerce et d’investissements.

La France et le Brésil entretiennent des relations économiques particulièrement anciennes et denses. La France demeure en 2015 le 5e investisseur en stock au Brésil avec environ 37 Mds USD. En 2016, alors que le Brésil reste une des premières destinations mondiales des IDE (79 Mds USD reçus en 2016), les flux d’IDE français en capital-investissement ont atteint 3,3 Mds USD, plaçant la France au 4e rang des investisseurs. Les entreprises françaises disposent de 850 filiales au Brésil, employant près de 500 000 personnes dans un nombre très diversifié de secteurs : distribution, automobile, aéronautique, matériaux de construction, hydrocarbures et énergies renouvelables, cosmétiques, hôtellerie, services bancaires, agroalimentaire etc.

Les échanges commerciaux bilatéraux franco-brésiliens ont marqué le pas en 2016, selon les Douanes Française (-9% par rapport à 2015) en raison d’une diminution conjointe des exportations françaises vers le Brésil (-10%%, à 4,3 Mds EUR) et des exportations brésilienne vers la France en (-7% à 2,7 Mds EUR). Avec 7 Mds EUR d’échanges en 2016, les relations commerciales bilatérales pâtissent de la situation économique brésilienne mais génèrent toujours, pour la 5e année consécutive un excédent commercial bilatéral important (+1,6 Mds EUR, le 6e le plus important pour la France en 2016).Dans le détail, la France améliore ses parts de marché (2,8%) et devient désormais le 7e fournisseur du Brésil et son 19e client, contre 9e et 21e respectivement l’année précédente. La structure des exportations françaises est principalement composée de matériels de navigation aérienne ou spatiale (35%), de produits chimiques et pharmaceutiques (17%) et d’accessoires pour véhicules automobiles (6%) alors que les exportations brésiliennes vers la France sont majoritairement composées de produits primaires : le complexe soja (24%), le minerai de fer (12%) et le complexe bois et papier (12%).

5. Le Service économique régional de Brasilia et ses délégués à Rio et Sao Paulo ont pour mission :

  • Le suivi des questions économiques et financières (macroéconomie, secteur financier...).
  • L’analyse des politiques sectorielles brésiliennes (agriculture, industrie, infrastructures…).
  • L’ouverture du marché aux entreprises françaises: identification des barrières, notamment non-tarifaires, d’accès au marché et démarches auprès des autorités locales.
  • L’approfondissement de la relation économique bilatérale: développement des échanges commerciaux, des relations bilatérales et multilatérales (G20, négociations financières et commerciales multilatérales, relations avec l’UE), organisation des visites officielles et animation des enceintes de dialogue bilatéral.

Ces initiatives s’effectuent en coopération avec les principaux acteurs économiques français présents au Brésil : l’Agence française de Développement (AFD), BusinessFrance, la Chambre de Commerce France-Brésil (CCFB) et les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF). 

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