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Argentine

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Développements récents

A la tête de la coalition Cambiemos, regroupant les libéraux-conservateurs (PRO), les radicaux (UCR) et les socio-démocrates (CC-ARI), Mauricio Macri a été élu Président le 22 novembre 2015, à l’issue d’un second tour, face au candidat peroniste Daniel Scioli, avec 51,4% des voix. Son élection met fin à une période de 12 ans pendant laquelle Nestor Kirchner (2003-2007) puis Cristina Kirchner (2007-2015) ont successivement assumé les fonctions présidentielles. Son cabinet, formé le 10 décembre 2015, est dirigé par Marcos Peña et comporte 20 ministres.

La sortie du strict régime de contrôle des capitaux – ou «  cepo », expression traduisant une situation de blocage – mise en place par l’ancienne administration et constituant l’une des principales promesses de campagne de Mauricio Macri, a été annoncée par le Ministre des finances Alfonso Prat-Gay le 16 décembre 2015. Le peso s’est alors dévalué de 30%, cotant à environ 14 peso pour un dollar. L’écart entre les taux de change officiel et parallèle (marché qui s’était développé suite à la mise en place du contrôle des changes en 2011, après la réélection de l’ancienne Présidente) qui tutoyait 50% au cours des semaines précédant la dévaluation, s’est depuis stabilisé en-dessous de 5%. Toute personne physique ou morale le souhaitant peut désormais acheter jusqu’à 2 M USD par mois sans passer par une procédure d’approbation de la Direction des impôts (AFIP). Afin de stabiliser le marché des changes et renforcer le niveau des réserves libellées en dollars, les autorités escomptent convertir en dollar une partie des yuans en dépôts à la Banque Centrale (BCRA), réaliser un emprunt en devises auprès de banques internationales, et une liquidation des stocks agricoles accumulés en anticipation d’une dévaluation, pour un volume de financement total de 15-20 Mds USD. Le gouvernement a également entamé une libéralisation du compte financier : dorénavant les entreprises pourront rapatrier les dividendes et obtenir des devises pour importer.

Après son élection, Mauricio Macri a levé la plupart des retenciones, taxes à l’exportation de matières premières et agro-industrielles, qui avaient été mises en place par la précédente administration. Seule la taxe frappant les exportations de soja n’a pas été supprimée, mais abaissée de 35 à 30%.

Facteurs structurels

Huitième pays du monde par sa superficie (2,8 M km², soit plus de 5 fois la France), l’Argentine représente la 4e plus grande population d’Amérique Latine (40 M d’habitants selon le recensement de 2010, après 37 M recensés en 2001), derrière le Brésil, le Mexique et la Colombie.

Avec un PIB estimé à environ 600 Mds USD en 2015, l’Argentine est la 3e économie d’Amérique Latine, derrière le Mexique et le Brésil, et la 21e puissance mondiale. Son revenu par habitant (12 700 USD en 2014) la place au 3e rang en Amérique latine, derrière l’Uruguay et le Chili. Selon le PNUD, le pays occupe le 1er rang continental et la 40e place mondiale en 2014 en termes d’Indice de Développement Humain, devant le Chili (42e), faisant de l’Argentine un pays de « très haut niveau de développement humain ».

L’Argentine dispose d’un clair avantage comparatif dans le secteur primaire (60% des exportations sont des produits primaires ou primaires transformés),  agriculture et agroalimentaire notamment mais aussi ressources minières, qui représentent aujourd’hui une source essentielle de devises. La filière soja, notamment, pèse près de 30% des exportations (soit environ 20 Mds USD). En outre, l’Argentine se classerait au 2ème rang mondial par ses réserves de gaz de schiste (22 710 Mds de m3) et au 4ème rang par ses réserves en pétrole de schiste (27 Mds de bbl) techniquement extractibles. Les importantes subventions énergétiques dont bénéficie le secteur pétrolier, du fait de prix sur le marché domestique fixé à un niveau supérieur au prix de marché, permettent l’exploitation de quelques puits de pétrole non conventionnel, et ce en dépit du fait que les cours soient à des niveaux historiquement bas.

Situation des comptes publics

En 2015 la croissance aura été faible mais positive selon les premières estimations, alors que 2014 avait été marquée par un faible niveau d’activité (de +0,5% selon le gouvernement, mais par une récession de -2,8% selon les consultants privés). Le niveau d’activité enregistré ne semble pas s’inscrire dans une perspective de reprise durable, la croissance ayant été stimulée en 2015 par une hausse drastique de la consommation publique, non soutenable sur le moyen terme. Les comptes publics argentins se sont progressivement dégradés depuis 2010, le déficit budgétaire s’établissant à 2,5% en 2014 et étant attendu en forte hausse en 2015 (jusqu’à 6 à 7% du PIB hors prise en compte des transferts de la BCRA et de l’organisme de sécurité sociale). La correction du déficit public en 2016 et au-delà, suite au dérapage budgétaire observé sous l’ancienne administration, devrait ainsi peser sur le niveau d’activité.

Cette forte dégradation du déficit public est intervenue dans un contexte ou l’Argentine, disposant d’un accès aux marchés de capitaux internationaux très limité[1], a eu recours au financement monétaire pour combler son déficit, induisant une forte croissance de la liquidité et exacerbant des pressions inflationnistes déjà très vives. La dette publique demeure à des niveaux raisonnables, de l’ordre de 45% du PIB en 2015. La dette publique en devises détenue par des créanciers privés ne représente que 8,5% du PIB et ne constitue a priori pas un facteur de risque.

Politique monétaire et de change

Selon le Ministre des finances Alfonso Prat-Gay, et en l’absence d’un indicateur public fiable, l’inflation du prix des biens de consommation aurait atteint environ 30% en 2015. L’objectif des autorités est de ramener l’évolution du niveau des prix sous la barre des 10% au cours du mandat du Président Macri, et entre 20% et 25% dès 2016. Lors de son discours d’investiture en tant que nouveau Président de la Banque centrale de la République Argentine (BCRA), M. Sturzenegger a en outre fait de la lutte contre l’inflation son objectif principal, et s’est prononcé pour l’adoption de cibles d’inflation.

Le taux de change évolue selon un régime flottant, la BCRA se réservant toutefois la possibilité d’intervenir si « le peso est trop fort ou trop bas ».

Comptes extérieurs

Faute de financement externe, l’excédent commercial a été de loin la principale source de devises, permettant à l’Argentine d’honorer ses échéances extérieures. Durant la précédente administration, les autorités ont tenté d’économiser les réserves de change en maîtrisant les flux commerciaux entrants via des « déclarations préalables » obligatoires (ou « DJAI »), soumises à l’approbation des autorités, dispositif ayant fait l’objet d’une condamnation de l’Argentine a l’OMC en août 2014. Ce dispositif a été assoupli par la nouvelle administration et est  remplacé par un système intégral de suivi des importations (SIMI) qui distingue deux types de contrôle : les licences automatiques devant être approuvées sous 72h, et les licences non automatiques sous 30 à 40 jours.

Malgré la diminution des importations (-10% en 2015 à environ 60 Mds USD), l’excédent commercial de l’Argentine a fortement baissé et représente 2 Mds USD en 2015 contre près de 7 Mds en 2014, du fait d’un fort recul des exportations (-16%), atteignant leur plus faible niveau depuis 2009. Si la baisse des cours du soja explique en partie ces difficultés, l’appréciation du peso en termes réels, en raison de la forte inflation des dernières années et de la relative stabilité du taux de change nominal jusqu’à décembre 2015, a considérablement pénalisé la compétitivité des entreprises exportatrices.

Compte tenu du déficit structurel de la balance des services d’une part, et du poste des paiements des intérêts et dividendes d’autre part, la balance courante est devenue déficitaire à partir de 2010 et ce pour la première fois depuis 2002 (+3% du PIB en moyenne entre 2002 et 2009). Le déficit courant a atteint -1% du PIB en 2014. L’arrivée à la présidence de Mauricio Macri, dont l’un des principaux objectifs est de normaliser les relations du pays avec les marchés internationaux, et notamment de mettre fin au conflit avec les fonds procéduriers et aux barrières commerciales non conformes aux règles de l’OMC, devrait faciliter le retour des investisseurs étrangers, relativement peu présents ces dernières années (les IDE entrants ont représenté 1,8% du PIB en moyenne depuis 2011, contre 3,3% au Brésil et 5,3% en Uruguay).

La surévaluation du peso argentin sur la période 2010-2015, alimentée par une inflation persistante, la baisse des cours du soja et des matières premières de manière générale, ont fragilisé la situation sur le plan externe. Dans ce contexte, les réserves de change avaient fortement diminué depuis 2010, passant de 52 à 31 Mds USD en trois ans (-40% environ), avant de se stabiliser en 2014 suite à la mise en place d’une ligne de crédit (« swap ») avec la Banque centrale de Chine (qui n'a finalement pas été réllement mobilisée avant 2016). Au cours de l’année 2015, les réserves de la BCRA ont diminué à 24 Mds USD. Le retour à un niveau de change plus conforme aux fondamentaux de l’économie devrait permettre d’alléger la pression sur les réserves.

Orientation de la politique économique

L’ensemble des mesures économiques prises par le Président Macri lors des premières semaines de son mandat vont dans le sens d’une plus grande insertion dans le commerce international ainsi qu’une normalisation des relations avec les marchés financiers. Les IDE sont désormais perçus comme un des principaux leviers de croissance par les autorités argentines, en rupture avec le gouvernement précédent. S’il table sur une légère croissance comprise entre 0,5% et 1% en 2016, le Ministre des finances prévoit une croissance moyenne annuelle de 4,5% au cours des trois années suivantes. L’orientation de la politique économique conservera toutefois un volet social conséquent avec un objectif de réduction de la pauvreté[2] : les dépenses sociales devraient rester stables en % du PIB et la baisse des subventions avoir lieu en préservant les franges les plus vulnérables de la population (revalorisation de la première tranche d’imposition sur le revenu, extension du programme d’aide sociale Asignacion por hijos, mis en place par l’ancienne Présidente Cristina Kirchner, aux professions indépendantes).



[1] Alors que l’Argentine a entamé le remboursement des créances en souffrance auprès du Club de Paris en 2014,  les agences de notation ont placé le pays en situation de défaut sélectif en juillet 2014, des suites d’un litige avec des détenteurs de titres émis sous juridiction américaine avant la crise de 2001, résultant du défaut argentin

[2] L’indice officiel de mesure de la pauvreté n’est plus diffusé depuis 2013. Selon les estimations de l’Université Catholique Argentine (UCA), le taux de pauvreté s’est élevé à 28,7% en 2014.

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