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Argentine

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Huitième pays du monde par l'étendue de son territoire (2 796 400 km2), l'Argentine est le deuxième pays d'Amérique du Sud, par sa population : 40 millions d’habitants en 2008, dont 89 % sont urbanisés, et 31,5% établis dans la région métropolitaine de Buenos Aires. La densité moyenne de la population (13 hab. /km2) n'est donc pas représentative de l’occupation réelle du territoire. Grâce au rebond de croissance connu depuis 2003, l’Argentine réussissait à effacer dès 2007-2008 les effets désastreux sur le PIB et l’emploi de la grande crise de 2001 -2002 qui avait mis l’État et une partie de l’économie en défaut (plus de 100 Mds USD d’impayés) : la dévaluation massive du peso, des 2/3, rendue nécessaire par la perte de compétitivité de l’économie argentine sous l’ère de la « convertibilité » des années 90, a donné à l’industrie et à l’exportation argentine un énorme ballon d’oxygène dont elle profite encore aujourd’hui. L’excédent structurel des paiements courants et des finances publiques, qu’elle connaissait depuis 2003, tend à s’amenuiser, voire, dans le cas du budget, à s’inverser. La situation financière du pays n’en reste pas moins confortable, grâce au désendettement (la dette ne  représente plus que moins de 47 % du PIB), au dynamisme  des rentrées fiscales (+40% par an en moyenne depuis 2003), et à l’excédent commercial alimenté par les progrès de l’agriculture ,le niveau élevé des prix mondiaux des grains, et la prospérité brésilienne.

L’Argentine est pour nous un débouché moyen : entre le 30e et le 40e dans le monde, le second en Amérique Latine. Nos exportations, à 1Md d’euros en 2010, viennent de retrouver leur niveau d’avant-crise, pendant que le stock de nos investissements, mécaniquement affecté en montant par la dévaluation massive de 2002, ne s’est remis  à croître qu’à partir de 2006, à 2,6Mds USD aujourd’hui : nous comptons plus de 200 entreprises  présentes dans le pays ; Renault et PSA, Carrefour, Danone, qui disposent d’installations lourdes en Argentine, sont leaders sur leur marché.

Le service économique régional (SER) de Buenos Aires a pour objectifs de :

  • suivre, et autant que faire se peut, aider à liquider les contentieux du passé et leurs séquelles. L’Argentine a presque totalement (à 98%)  réglé son défaut « privé » : reste le défaut sur la dette souveraine, de la compétence du Club de Paris, pour un montant supérieur à 8Mds USD, dont la présidente argentine, d’abord en septembre 2008 puis en novembre 2010, a annoncé sa décision de la régler. Une demi-douzaine d’entreprises françaises sont par ailleurs toujours en instance d’arbitrage avec le gouvernement argentin auprès du CIRDI, pour un montant approximatif de « claims » de l’ordre de 4Mds USD. Le règlement de ces difficultés donnerait un coup de fouet aux investissements et aux financements étrangers, notamment français, en Argentine, grâce à la baisse des taux d’intérêt et du risque-pays, et à la réouverture de l’assurance-crédit qui en résulteraient ;
  • poursuivre l’observation attentive de la macro-économie argentine, caractérisée par la force de ses cycles, souvent accompagnés de crises plus ou moins marquées. La situation actuelle est marquée par un renversement durable des termes de l’échange au profit de l’Argentine grâce à l’augmentation des prix alimentaires. Les particularités de l’évolution argentine récente : hausse du prélèvement public, inflation à deux chiffres, progrès très rapides de l’agriculture font l’objet d’une attention toute particulière ;
  • faciliter l’accès au marché argentin et le développement de nos entreprises dans un environnement parfois mouvant , caractérisé par des difficultés récurrentes :celles-ci résultent de la priorité donnée par les autorités argentines à l’emploi domestique et de la volonté de préserver l’excédent du compte courant alors que l’Argentine n’a encore que difficilement accès aux marchés financiers internationaux :  le SER est fortement mobilisé, et constamment à l’écoute des entreprises françaises, auxquelles il offre conseils, suivi et « lobbying » ;
  • développer la coopération économique bilatérale ciblée, de façon à « accompagner » le développement argentin des entreprises françaises sur un marché qui peut être très rémunérateur  : préparation et/ou suivi d’accords sectoriels (agriculture, tourisme…),ou  portant sur la situation des Français actifs (VIE et stagiaires), ou de dispositifs visant à faciliter le financement des investissements français dans un pays presque dépourvu de système bancaire depuis 2002 ;
  • observer l’insertion économique internationale et régionale d’un pays qui est passé par des alternances fortes et répétées d’ouverture ou au contraire de protection de son marché et de son appareil productif : cela concerne moins les grands projets « structurants » régionalement  (même s’il en existe avec le Chili ou les voisins du nord dans le domaine des transports) que les progrès des organisations régionales (UNASUR et surtout Mercosur), et leurs relations avec l’extérieur (négociations UE/Mercosur en particulier) ;
  • contribuer, en liaison avec Ubifrance tout spécialement, à animer la communauté d’affaires française et francophile par la création ou le soutien d’organisations dédiées (CCI franco-argentine, Marianne, Lucullus, Café du Commerce, CCEF…) de façon à « crédibiliser » notre image économique auprès des entreprises et du secteur public argentins, et à offrir aux nouveaux arrivants français un environnement accueillant.

© Ministère de l'Économie et des Finances – Ministère du Commerce extérieur - 2012