Pays d’Asie Centrale à l’histoire millénaire, l’Afghanistan retrouve progressivement sa place naturelle de carrefour stratégique de civilisations et d’échanges. Engagé depuis le début 2011 dans une phase de transitions politique, sécuritaire et économique, le pays, quoique face à d’importants défis encore à relever, n’en est pas moins une terre d’opportunités majeures, présentes et futures réelles, qu’il convient de saisir ou qui méritent pour le moins un suivi très attentif de la part de nos entreprises.
Un pays d’Asie centrale à l’histoire millénaire au relief complexe
Si le mystère subsiste sur ce que fut l’Afghanistan à l’ère préhistorique des fouilles et des textes sacrés confirment le passage des Aryens évoquant Ariana, terre comprise entre l’Indus, l’Hindou-Kouch, l’Océan Indien et la Parthie. Etat-tampon dès le Vème siècle avant notre ère, l’Afghanistan verra ensuite se succéder de nombreux conquérants et civilisations. Chacun y laissera son empreinte et contribuera à façonner un monde aux cultures riches et variées qui ne s’unifiera que tardivement, principalement sous l’impulsion d’un groupe ethnique, les Pathans. Née des différentes ères coloniales, la grande diversité afghane se retrouve aujourd’hui au travers de sa population (30,6 millions d’habitants) composée des ethnies Pachtoune, Tadjik, Ouzbèk, Turkmène et Hazâra. Egalement au travers d’un relief difficile caractérisé par une barrière montagneuse d’orientation sud-est/nord-est (l’Hindou-Kouch aux dizaines de sommets dépassant les 6000 mètres d’altitude), par des vallées profondément encaissées et isolées aux accès difficiles ainsi que par des plaines (Nord, Ouest, Sud du pays). Notons que le relief, aujourd’hui encore, en raison d’un réseau insuffisamment dense de communications, influe fortement sur les mentalités et continue à œuvrer en faveur du développement d’un sentiment d’appartenance régional. Enfin que la multitude afghane s’exprime sur une superficie de 100 000 kms supérieure à celle de la France.
Une place naturelle de carrefour stratégique de civilisations et d’échanges
Située aux frontières des mondes persans, indiens, chinois et russes, l’Afghanistan, après plusieurs décennies de conflits mais aussi d’efforts considérables, retrouve progressivement sa place naturelle de carrefour stratégique de civilisations et d’échanges. Le pays constitue pour ses voisins un territoire incontournable pour le transit commercial et des matières premières, notamment des hydrocarbures situées au Turkménistan. Il est également, même si cela reste encore à affiner, un territoire aux ressources naturelles abondantes et variées plus que jamais nécessaires à l’essor économique et industriels des pays de la région ou de grandes puissances plus éloignées (terres rares, lithium, cuivre…). Ces atouts, très favorables à une stabilité durable du pays sont encouragés par les autorités afghanes qui associent les pays voisins à l’émergence d’un ensemble centre-asiatique cohérent et structuré.
D’importants défis à relever mais de réelles opportunités à saisir ou à suivre attentivement
Depuis 2008, d’indéniables et réels efforts ont été consentis par les autorités afghanes aidées par la communauté internationale. S’ils doivent être poursuivis, notamment dans les domaines de la lutte contre la corruption, de la simplification et de l’accélération des procédures administratives, de la modernisation et de la consolidation des cadres législatifs ou réglementaires ainsi que dans celui du renforcement du contexte sécuritaire (encore fragile dans certaines provinces du pays plus particulièrement du Sud et du Sud-est), il n’en demeure pas moins que de véritables progrès prometteurs ont été accomplis. Ils touchent la vie politique (2ndes élections présidentielle et parlementaire en 2009-2010, Loya Jirga…), la sécurité (montée en puissance des forces nationales afghanes de sécurité, transfert progressif par la communauté internationale de la responsabilité de la sécurité des villes, d’aéroports, de provinces… aux autorités afghanes…) et l’économie (Conférence internationale de Kaboul en juillet 2010, identification et mise en œuvre de priorités nationales sous financements internationaux, mise en service d’infrastructures énergétiques et de communication propices au déploiement industriel, restructuration du secteur bancaire et financier, meilleure efficacité de la fiscalité, accroissement sensible des recettes de l’Etat, maintien d’un taux de croissance l’un des plus élevé de la région…). Si rien ne permet encore de dire avec certitude quel sera l’issue de ces évolutions l’optimisme peut raisonnablement être au rendez-vous et les opportunités qui s’offrent dès à présent (télécommunication, eau, transport aérien de fret et de passagers, agriculture, matériaux de construction, services) ou qui se profilent à court et moyen termes (infrastructures ferroviaires, exploitation minière, pétrolière, raffinage, agrobusiness…) méritent pour le moins un suivi et une prise de contact avec les acteurs locaux concernés.
Le rôle du service économique de Kaboul (SEK)
Dans cette phase particulière de transitions, notamment économique, que connait l’Afghanistan, le SEK assure l’identification et le suivi des acteurs et des projets locaux et régionaux sous financements bilatéraux ou multilatéraux offrant des opportunités pour nos entreprises. Il assure également l’accompagnement de ces dernières auprès des autorités afghanes -administratives et du secteur privé- dans leurs recherches d’information et leurs démarches de prospection et d’implantation en Afghanistan. Enfin, en liaison avec le Service économique régional de New Delhi dont il dépend, il contribue à l’information sur les risques macroéconomiques et financiers et, en étroite collaboration avec Ubifrance, à la promotion de nos savoir-faire et technologies.
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