Liberté, Égalité, Fraternité, République Française Trésor Direction générale
Accueil » » Les services économiques à l'étranger » Brésil
 

Brésil

1. Cinquième pays du monde par sa superficie (8,5 millions de km²) et sa population (201 millions d’habitants, dont 82% en zone urbaine), le Brésil est un géant économique doté du 7e PIB mondial.

Après 10 ans d’une croissance supérieure 3,5% par an, tirée par un secteur primaire très performant et l’expansion de la consommation intérieure, le PIB brésilien atteint à 2 213 Mds$ en cumulé sur 12 mois au T3 2014.

Du côté de l’offre, le secteur primaire fait du Brésil un géant agricole, (6% du PIB en 2013, ayant généré 54 M€ d’excédent) permettant au Brésil d'être le 4e exportateur agricole mondial. Le pays demeure le premier producteur mondial de café, de jus d’orange, de sucre, de soja et le 2e de viande bovine et de volaille.  Les ressources minières sont également abondamment exploitées, le Brésil étant le 2e exportateur mondial et minerai de fer et les ressources du sous-sol regorgent de minerais (bauxite, or, manganèse, nickel, phosphate, platine, étain, uranium, terres rares) auxquels s’ajoutent les réserves pétrolières : selon l’Agence internationale de l’énergie, le Brésil pourrait devenir le 6e producteur mondial d’or noir en 2035 avec une production 6 millions de barils/jours.

Du côté de la demande, le Brésil reste un marché profond et en croissance avec une classe moyenne représentant plus de 100 millions d’habitants, résultat d’une politique de redistribution conduite sous la présidence de Lula (2002-2010) durant laquelle 31 millions de brésiliens sont sortis de la pauvreté. L’attrait de ce grand marché fait du Brésil le 4e pays récepteur d’IDE (65 Md$ en 2013). En effet en raison de barrières protectionnistes (13% de droits de douane en moyenne), une implantation est souvent nécessaire pour pénétrer ce marché : le taux d’ouverture du Brésil demeure faible (9,6% contre 22% en France) et sa part dans les échanges mondiaux n’est que de 1,3% en 2013.

2. Cependant, depuis 2011, le Brésil est entré dans une phase de ralentissement. Après une faible année 2012 (1%) et une année 2013 en demi-teinte (2,5%), l’activité s’est révélée atone en 2014 (0,2%). Les perspectives pour 2015 sont à peine meilleures avec une reprise inférieure à 1%.

Plusieurs goulots d’étranglement entravent en effet l’expansion de l’économie brésilienne. Ces défis structurels, générant un « coût Brésil » pour les investisseurs, concernent l’état des infrastructures, lié à un déficit d’investissements (le taux d’investissement est 17% du PIB contre 25% dans les émergents), le poids de la bureaucratie et la fiscalité (36% du PIB soit le le plus élevé des pays émergents) ainsi que le déficit de productivité du capital humain et le manque d’innovation.

En outre, la croissance est bridée par des fondamentaux macroéconomiques durablement dégradés. L’inflation demeure résistante proche de la borne haute de la cible à 6,5%, en dépit du resserrement monétaire opéré depuis avril de 2013 (le taux directeur de la Banque Centrale s’élève, en octobre 2014 à 11%, faisant du Brésil l’un des pays où le coût du capital est le plus élevé). Les finances publiques continuent de se détériorer avec la disparition de l’excédent primaire en 2014.  

Enfin, plusieurs moteurs de la croissance apparaissent aujourd’hui éteints ou en recul. L’industrie est touchée par une crise de compétitivité, la production industrielle étant en recul depuis 18 mois et sa part dans le PIB a diminué de 27,3% à 24,9% en 5 ans. Côté demande, si la consommation des ménages (65% du PIB) croît à un rythme modéré, l’investissement est en recul à 16,5% du PIB en septembre 2014 contre 19,5% en 2010. Par ailleurs, les comptes extérieurs sont durablement dégradés avec un déficit courant dépassant 3,7% du PIB en octobre 2014. La dépréciation du réal fin 2014 n’a permis ni un rétablissement de la compétitivité ni une diminution des importations.  Ces constats ont mené l’agence de notation Moody’s à réviser la perspective de la note du Brésil (Baa2) de « stable » à « négative », après que S&P a dégradé en mars la note du pays à BBB-.  La nouvelle équipe économique du second mandat de Dilma Rousseff s’est assignée comme objectif principal de restaurer de la confiance vis à vis des investisseurs et des premières mesures ont été annoncés en ce sens (ajustement budgétaire en 2015, resserrement monétaire à 11,75% fin 2014), dans un contexte où l’affaire de corruption présumée touchant Petrobras (1ère entreprise du pays) pourrait avoir un effet systémique sur l’économie du pays.

Dans ce paysage, quelques éléments positifs permettent de minimiser les risques. La dette publique demeure faible (60% du PIB), avec une faible exposition à l’extérieur, limitant le risque de change. Ensuite, l’ampleur des réserves de change (379 Mds USD) permet au pays de se prémunir contre les chocs externes. Enfin, le taux de chômage demeure faible (4,8% fin 2014).

3. Malgré ce contexte de ralentissement, les relations économiques bilatérales demeurent fortes. Le commerce bilatéral a représenté plus de 8 Md€ en 2013 dont 4,7 Mds€ d’exportations françaises. La France se situe au 9e rang des fournisseurs du Brésil (celui-ci étant 16e fournisseur français) avec une part de marché de 2,7%. La structure des exportations françaises est composée de matériels de transports (30%), d’équipements mécaniques et de matériel électronique (23%) et de produits chimiques (17%). En matière d’IDE, la France se situe au 5e rang des investisseurs avec 6% du stock.

4. Le Service économique régional de Brasilia et ses délégués à Rio et Sao Paulo ont pour mission :

  • Le suivi des questions économiques et financières (équilibres macro, secteur financier...).
  • L’analyse des politiques sectorielles brésiliennes (agriculture, industrie, projets d’infrastructure).
  • L’ouverture du marché aux entreprises françaises: identification des barrières, notamment non-tarifaires, d’accès au marché et démarches auprès des autorités locales.
  • L’approfondissement de la relation économique bilatérale: développement des échanges commerciaux, des relations bilatérales et multilatérales (G20, négociations financières et commerciales multilatérales, relations avec l’UE), organisation des visites officielles et animation des enceintes de dialogue bilatéral. Ces initiatives s’effectuent en coopération avec les principaux acteurs économiques français présents au Brésil : l’Agence française de Développement (AFD), UbiFrance, l’Agence française pour les investissements internationaux (AFII), les Conseillers du commerce extérieur de la France (CCEF) et la Chambre de commerce franco-brésilienne (CCFB).
  • Brésil - brèves économiques et financières n°446 – du 31 décembre au 8 janvier - 09/01/2015

    Résumé Lors de sa prise de poste, le nouveau gouvernement précise son programme d’ajustement budgétaire Après 13 ans d’excédents, la balance commerciale est déficitaire de 3,9 Mds$ en 2014. La production industrielle surprend négativemen...

  • Résultats économiques au 3ème trimestre 2014 - 23/12/2014

    D’après l’Institut brésilien de géographie et de statistiques (IBGE), le PIB brésilien se reprend timidement à +0,1% au T3 2014 alors qu’il avait enregistré deux reculs consécutifs de 0,2% et 0,5% lors des deux premiers trimestres de l’année. Ce r...

  • Situation économique et financière du Brésil - 22/12/2014

    Structure de l’économie : 7e puissance mondiale, le Brésil a longtemps vu sa croissance tirée par l’expansion de son marché intérieur et la forte demande externe adressée à son secteur agricole. Avec un PIB de 2 240 Mds€ en 2013, le Brésil est ...

  • Le commerce extérieur du Brésil au 1er semestre 2014 - 18/12/2014

    Les échanges bilatéraux du Brésil ont atteint 223,6 Mds USD au premier semestre 2014, marquant une baisse de 3,6% par rapport à l’année antérieure. Les exportations sont en retrait pour la troisième année consécutive (-3,4%), après le pic enregist...

Brésil

Focus sur

Les investissements des entreprises françaises au Brésil : perspectives 2010-2014

 

Alors que le Brésil connaît un ralentissement économique important -0,2% en 2014 et autour de 0,5% prévus pour 2015) , la persistance des IDE à un niveau élevé semble traduire le maintien d’une c...

- 23/12/2014

Pays/secteurs : les couples gagnants à l’international

Etude pays-secteurs

Quels vont être les besoins de la population mondiale dans les 10 prochaines années ? Dans quels secteurs l’offre commerciale française sera-t-elle la mieux adaptée à cette demande ? Quels sont les pa...

- 02/08/2013

Service Public service-public.fr LEGIFRANCE, le service public de la diffusion du droit legifrance.gouv.fr http://www.gouvernement.fr gouvernement.fr France.fr france.fr

© Ministère des Finances et des Comptes publics - Ministère de l'Économie, de l’Industrie et du Numérique - 2014