Situation économique en 2012 et perspectives 2013
1/ Le redémarrage de l’économie tarde, avec une croissance au 3ème trimestre très décevante
La croissance au 3ème trimestre, par rapport au 2ème, avec +0,6% est très décevante. Sur un an la croissance du PIB est de 0,9%, ce qui place le Brésil en dernière place des BRICS. La consommation interne reste le moteur de l’activité grâce à la hausse des salaires et du crédit. Le salaire moyen est de 1810 BRL (883 USD), avec un chômage de 4,9%. Le crédit est dynamique (+16,6% par an) mais les taux d’intérêts restent élevés à 29,3% en moyenne. Cependant, le moteur s’essouffle, sous l’effet de l’endettement des familles. L’activité industrielle baisse (-2,5% en 1 an), l’inflation se situe à 5,53% et le solde de la balance commerciale recule de 34,8%, plus mauvais résultat depuis 10 ans, sous l’effet du ralentissement économique mondial et du protectionnisme argentin.
2/ Les mesures de relance n’ont eu que peu d’effets à ce stade.
La Banque Centrale (BC) a baissé le taux directeur de 12,5% à 7,25% en un an, plus bas niveau historique. Elle est aussi intervenue pour faire baisser le réal de 40% face au dollar et le maintenir dans un « tunnel » de 2 à 2,10 réaux pour 1 dollar. Le gouvernement a multiplié les mesures avec des exonérations fiscales sur les produits industriels, une stimulation du crédit, une baisse des charges patronales, un plan de privatisations pour développer les infrastructures pour plus de 100 Mds USD. D’autres mesures sont prévues en 2013, comme la poursuite de la baisse des charges patronales et la baisse des tarifs de l’électricité de 20%.
3/ Les perspectives pour 2013 ne sont pas aussi favorables.
Du côté des exportations, la situation mondiale ne devrait pas évoluer fondamentalement et les termes de l’échange sont moins favorables pour le Brésil avec la baisse du réal. Les importations restent nécessaires pour combler le déficit industriel du pays et se sont renchéries.
Sur le volet interne, du côté de la demande, les marges de manœuvre ont quasiment toutes été épuisées pour favoriser la consommation. En revanche, la masse salariale devrait continuer de croître sous l’effet de l’augmentation automatique du SMIC (+9% en 2013), ce qui sera un facteur favorable. L’effort devra donc porter sur l’offre. Le gouvernement n’a plus de marges budgétaires pour investir. L’investissement domestique reste insuffisant et les conditions de financement des entreprises sont encore trop chères. Les IDE sont donc primordiaux et devraient se maintenir en 2013. Par ailleurs, le pays manque d’infrastructures et de main d’œuvre qualifiée.
La croissance en 2012 sera certainement proche de 1%. La compétitivité est aujourd’hui l’enjeu majeur pour le Brésil. Les autorités se sont engagées dans cette voie mais il faudra que les annonces soient concrétisées et elles n’auront pas d’effet immédiat. Les prévisions de croissance du marché pour 2013, aujourd’hui de 3,3%, semblent surévaluées. Pour la stimuler, les autorités pourraient être tentées de continuer de pousser le réal à la baisse, mais ce qui risque de favoriser l’inflation.