Situé au nord de l´Amérique du Sud et à 800 km des côtes des Antilles françaises, le Venezuela est bordé sur sa partie septentrionale par la mer des Caraïbes, à l´est par le Guyana (ancienne Guyane anglaise), à l´ouest par la Colombie et au sud par le Brésil. Sa superficie recouvre 912 050 km2, soit sensiblement deux fois celle de la France, et ses côtes se déploient sur 3726 km (2718 km pour la façade caraïbe et 1008 km sur l´Atlantique).
Le Venezuela est dirigé depuis 1999 par un président charismatique, Hugo Chavez, qui s’emploie à développer un socialisme « bolivarien » très interventionniste, marqué par sa distance vis-à-vis des États Unis (qui restent cependant le 1er partenaire commercial du pays) et son rapprochement de nouveaux alliés, en Amérique latine et au delà, Chine en premier lieu. L’échéance des élections présidentielles en fin 2012 focalise la vie politique d’un pays marqué par un fort clivage de la population.
Avec un PIB estimé à 245 Mds USD en 2010 et doté des 2es voire 1eres réserves mondiales de pétrole grâce aux nouveaux gisements extra-lourds (314 Mds de barils), le Venezuela est théoriquement la 4e puissance économique d’Amérique Latine, derrière le Brésil, le Mexique et l’Argentine.
Dixième producteur mondial de brut, il a connu de 2000 à 2010 une croissance annuelle moyenne de +3,3%, marquée par une alternance de phases de récession et de croissance. Très sensible aux chocs externes, en particulier aux fluctuations des cours du pétrole, son économie, bouleversée également par le projet d’étatisation lancé par le Président Chavez, a chuté en 2009 et 2010 de-3,3% et -1,4% respectivement. Elle s’est cependant relevée à partir de la fin 2010 (+0,6% au 4e trimestre 2010, +4,5% au 1er trimestre 2011), et devrait poursuivre sa tendance à la hausse tant que le brut se maintiendra à un niveau élevé. Le FMI prévoit pour 2011 une reprise de +3,3% alors que les autorités tablent sur +4,5%, avec cependant le maintien d’une forte inflation et un gonflement de la dette qui reste toutefois à un niveau très soutenable.
Le modèle de croissance vénézuélien repose sur deux piliers : la consommation interne (72% du PIB) et une forte dépense publique (estimée à 32% du PIB pour 2011), orientée vers la redistribution de la rente pétrolière en faveur des strates les plus défavorisées de la population.
La balance commerciale reflète le poids significatif du pétrole dans l'économie du pays malgré les difficultés croissantes rencontrées par ce secteur, à l’instar de l’ensemble du tissu d’entreprises du pays. En 2010, les exportations pétrolières (32% du PIB), ont progressé en valeur de +15% à 62,3 Mds USD (94,8% du total) mais ont reculé en volume de -12% (2,4 Mb/j). Cette diminution, continue depuis 2005, s’explique par l’orientation d’une partie croissante des revenus pétroliers vers le financement de projets sociaux et politiques (dépenses publiques à l’intérieur et soutien aux alliés à l’extérieur) dans le cadre de la Révolution socialiste bolivarienne du 21e siècle prônée par le Président Chavez, au détriment des investissements de production. Les exportations hors pétrole, qui représentaient 35% du total dans les années 1990, se sont considérablement réduites (moins de 6% à 3,4 Mds USD), conséquence de l’affaiblissement de l'appareil productif et d'une dépendance accrue envers la rente pétrolière (syndrome hollandais). Après une chute en 2009 (-22%) et une stagnation en 2010, les importations (20% du PIB) apparaissent tendanciellement orientées à la hausse en raison de la dépendance accrue du pays vis-à-vis de l’extérieur. Le secteur public en absorbe une part grandissante (13 Mds USD soit 34% contre 24% en 2009 et 15% en 2005), conforme à l'élargissement de sa place dans l'économie du pays.
Sur le plan bilatéral, les échanges entre la France et le Venezuela (628,6 M EUR en 2010) font de ce pays notre 7e client du continent (3,4% du total de nos ventes), loin derrière le Brésil (33%), le Mexique (15%) et l’Argentine (9,7%). De son côté, la France n’est, hors grands contrats, qu’au 17e au rang des partenaires extérieurs du Venezuela (classement 2009) bien qu’elle en soit le 5e investisseur étranger. Les flux commerciaux bilatéraux ont enregistré en 2010 une progression de +15% (628,6 M EUR), surtout tirée par nos ventes (+17% à 359 M EUR), notamment pharmaceutiques (+ 28%, plus d’un tiers du total). Il en a résulté un accroissement de +29% de l’excédent en notre faveur (+92 M EUR), portant le taux de couverture à 134% sur l’année. Quelques grands contrats susceptibles d’être prochainement signés dans les secteurs de l’énergie et du transport pourraient dynamiser ces flux dans les toutes prochaines années.
Une journée Venezuela à Ubifrance, Paris, le 10 novembre 2011 a présenté les opportunités d’affaires pour les entreprises françaises. Elle sera suivie d’une mission de prospection multisectorielle en début 2012.
Le Service économique (SE) de Caracas, qui dispose également d’une compétence sur Trinité-et-Tobago, le Guyana, le Suriname et les Antilles Néerlandaises, a pour mission de :
- Suivre les enjeux macroéconomiques et financiers ;
- Développer la relation économique institutionnelle bilatérale franco-vénézuélienne ;
- Appuyer et valoriser l’offre et la présence des entreprises françaises au Venezuela ;
D’autres organisations (CCEF, Ubifrance, Chambre de Commerce Franco-Vénézuélienne) installées au Venezuela contribuent au développement de la relation économique franco-vénézuélienne.
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