Evolution récente de la situation en Tunisie
Le 14 janvier 2011, à l’issue d’un mouvement de contestation initié le 17 décembre 2010, par l’immolation d’un jeune habitant de Sidi Bouzid, Mohamed BOUAZIZI, le Président BEN ALI a quitté précipitamment le pouvoir. Zine El Abidine BEN ALI s’était emparé du pouvoir le 7 novembre 1987, après avoir déposé le Président BOURGUIBA ; depuis cette date, il dirigeait le pays dans le cadre de la politique « dite du changement », système marqué par l’hégémonie du RCD et une stabilité politique et sociale forte, acquise au prix d'un contrôle rigoureux de l’opposition, de la société civile et des médias. Une période de relative instabilité s’est ouverte, marquée par une certaine insécurité et la contestation du Gouvernement dont plusieurs membres avaient conservé les fonctions qu’ils occupaient du temps de l’ancien régime. Le 27 février, le Premier Ministre du gouvernement de transition M GHANNOUCHI démissionnait, remplacé par M Caïd ESSEBSI. L’élection d’une assemblée constituante a été annoncée pour le 24 juillet, puis reportée au mois d’octobre.
Au moment du déclenchement de la révolution, la Tunisie bénéficiait d’une situation économique et financière globalement favorable. Les événements traversés depuis par ce pays auront un impact majeur sur les résultats de l’année en cours. Les contacts noués par les autorités de transition avec les bailleurs de fonds et leur invitation par la France au récent G8 de Deauville ont permis d’obtenir de nouveaux financements pour faire face aux besoins nés de cette situation.
En 2010, le taux de croissance du PIB de la Tunisie a atteint 3,7% et la prévision pour 2011 s’établissait à 5,4%.
Les événements des premiers mois de l’année ont affecté fortement le fonctionnement de l’économie entraînant un recul significatif du PIB; en dépit de la persistance de difficultés sociales, un retour progressif à de meilleures conditions de fonctionnement a été observé par la suite. Le ralentissement concerne l’ensemble des secteurs, mais touche plus particulièrement le secteur touristique. En revanche, les activités industrielles exportatrices (industries mécaniques et électriques, filière textile, habillement et cuirs) ont bien résisté et la valeur des exportations concernant ces produits se situe pour les 4 premiers mois de l’année 2011 au même niveau que dans les derniers mois de 2010, dépassant de 25% leur niveau des 4 premiers mois de 2010. Dans ces conditions globalement défavorables et compte tenu également de l’impact croissant des événements de Libye, les autorités estiment que le taux de croissance pour l’année en cours sera faible, de l’ordre de 1% selon les autorités tunisiennes (0,5% selon le FMI).
Corrélativement, le taux de chômage qui s’établissait à 13% courant 2010 (23% pour les diplômés), sans prendre en compte le sous-emploi en milieu rural et la précarité de certains emplois, devrait connaître une progression significative et approcher 20% de la population active.
Ces perspectives ont conduit le gouvernement à mettre en œuvre un plan de relance économique et sociale annoncé le 1er avril et orienté autour de 4 volets : emploi, développement régional, soutien à l’économie et aides sociales.
La Tunisie paraît en mesure de faire face aux difficultés économiques actuelles, pour autant que la communauté internationale lui accorde certains concours pour atténuer la détérioration de sa position financière extérieure. Les premiers soutiens confirmés à Deauville sont venus de la Commission européenne, de la Banque Mondiale, de la BAfD et de la France (via l’AFD). A moyen terme, le potentiel de développement économique et social de la Tunisie demeure intact ; un retour à une croissance soutenue impliquera une reprise des investissements directs étrangers, liée à une meilleure visibilité de l’avenir du pays, notamment en ce qui concerne le processus de transition politique engagé.
Relations bilatérales et multilatérales : principaux enjeux
Depuis les années 1970,la Tunisiea adopté une stratégie de développement axée sur l’intégration à l’économie mondiale. D’un point de vue commercial, elle est partie prenante de deux grands régimes de préférences tarifaires : panarabe et pan-euro-méditerranéen. La Tunisie est l’un des premiers pays du sud dela Méditerranéeà s’être engagé dans le processus de Barcelone par un accord d’association avec l’UE dès 1995. Les exportations tunisiennes se sont développées principalement vers l’Europe, en relation étroite avec les flux d’investissement. L’UE est le 1er client dela Tunisieet son 1er fournisseur (2/3 des échanges). Cet accord est le cadre d’une coopération étroite et de financements importants. Les négociations entamées en 2008 sur les questions agricoles et le commerce des services et le droit d’établissement ne sont pas encore conclues, comme celles concernant l’octroi d’un statut avancé.
La Tunisie est un bénéficiaire majeur de l'APD française, qui fournit 68 % des flux bilatéraux. L’accord cadre de partenariat économique et financier, conclu le 28 avril 2008 confirme la disponibilité de l’ensemble des instruments de coopération,la Tunisiecumulant, de manière exceptionnelle, le bénéfice des interventions de l’AFD, dela RPEet du FASEP. Une ligne de crédit de 40 M€ pour financer l’achat de biens d’équipement français par les PME tunisiennes est mise en œuvre depuis fin 2009. La France conserve sa place de 1er client et de 1er fournisseur du pays. La Tunisie figure parmi les 25 premiers partenaires de la France.
Présentation du SER
Les principaux domaines d’intervention du Service économique en Tunisie sont :
- Analyser la situation économique et financière de la Tunisie, ainsi que les conditions d’accès au marché, au bénéfice des administrations françaises et des entreprises.
- Suivre l’évolution des relations bilatérales entre la France et la Tunisie dans le domaine économique : échanges commerciaux, investissements, partenariats industriels et technologiques.
- Participer à la coopération financière entre la France et la Tunisie, notamment au moyen des instruments de la Réserve pays émergents (RPE) et du Fonds d’études et d’aides au secteur privé (FASEP) et ligne de crédit destinée aux PME-PMI tunisiennes.
- Contribuer, par la collecte et l’analyse de l’information, à la définition des positions françaises sur les questions économiques, financières et commerciales dans le cadre communautaire, régional et multilatéral et relayer ces positions en Tunisie.
- Accompagner les actions de coopération des administrations économiques et financières françaises, qu’elles soient bilatérales ou s’appuient sur des financements européens ou multilatéraux.
- Coordonner et animer les travaux d’analyse économique et financière sur la Libye.
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